La semaine dernière, les marchés ont décidé d’ignorer à peu près tout ce qui pouvait justifier de la prudence.
Le CPI américain de mars ressort à +3,3% en glissement annuel, la plus forte accélération mensuelle depuis 2022, portée à 75% par les prix de l’essence. Le détroit d’Ormuz, qui représente normalement 20% du transit pétrolier mondial, tournait toujours à 6% de sa capacité normale. Et pourtant, le S&P 500 a terminé la semaine sur ses niveaux d’avant-guerre.
Je me demande si vous avez une exposition à l’énergie dans votre portefeuille, via des actions en direct ou un ETF ? J’avais quelques lignes en stock picking l’an dernier, que j’ai soldées pour recentraliser vers des ETF. Beau manque à gagner quand on voit les performances depuis.
Pour revenir à ce qui s’est joué pendant la semaine, c’est pour moi un biais bien documenté en psychologie de l’investisseur : dès qu’une sortie de crise semble probable, les investisseurs surpondèrent les signaux positifs et sous-pondèrent les négatifs, même quand ces derniers sont objectivement plus sérieux. C’est exactement ce qui semble s’être passé lundi dernier, quand l’Iran a rejeté explicitement tout accord partiel, et que le S&P a quand même progressé. Le marché avait déjà choisi son récit. Si le sujet des biais psychologiques vous intéresse, on a commencé à en parler ici.
Ce que j’ai aussi trouvé intéressant, c’est la réaction de l’or pendant la semaine. Il a progressé mercredi en plein relief rally, c’est-à-dire le rebond technique qui suit une bonne nouvelle après une période de tension, ici l’annonce du cessez-le-feu. Quand je vois l’or monter en même temps que les actions en phase d’euphorie, j’ai l’impression que le marché s’assurait discrètement contre lui-même.
Sur le S&P 500, l’énergie était le seul secteur en rouge la semaine dernière, même s’il reste le plus performant de l’année.