Mon conjoint et moi nous questionnons sur l’intérêt ou non dans notre situation de recourir aux service d’un CGP.
Notre situation est relativement simple et classique :
Nous sommes un couple de trentenaires avec un enfant;
Notre patrimoine est d’environ 120 k€ hors épargne de précaution et résidence principale. Il est décomposé de la manière suivante : environ 48 k€ sur des livrets, 4 k€ en assurance-vie, 20 k€ en PEA et 20 k€ en PER et 30k€ d’épargne salariale actuellement (nous savons que les produits souscrits sont à modifier, car sans doute mal investis et trop riches en frais). Sur les AV, PER et épargne salariale, nous sommes investis environ à 2/3 actions et 1/3 fonds euros. Le PEA est investi en ETF MSCI World.
Nous venons d’avoir un premier enfant et nos objectifs sont classiques : financer des travaux et changer de voiture d’ici 5 ans, puis préparer notre retraite et les études de notre enfant (voire nos enfants ? si la vie le permet) sur le long terme (20+ ans);
Notre tolérance au risque: globalement faible pour nos dépenses à horizon 4-5 ans, et plus grande sur le volet qui servira à constituer notre patrimoine long terme.
Nous avons du mal à évaluer la capacité d’épargne mensuelle que nous allons pouvoir avoir dans les prochains mois du fait des frais de garde de notre enfant mais espérons pouvoir épargner 1k€ pour constituer notre patrimoine long terme, + quelques centaines d’euros pour préparer nos dépenses à horizon 4-5 ans.
Nous nous demandons si le recours aux services d’un CGP pourrait nous permettre d’accroître notre patrimoine plus rapidement que si nous nous en occupons nous-même.
Ma principale question est la suivante :
Est-ce qu’un CGP a réellement accès à des placements ou à des contrats auxquels un particulier n’aurait pas accès seul, et qui peuvent justifier le coût de l’accompagnement de celui-ci ?
Si certains d’entre vous ont fait appel à un CGP avec un patrimoine similaire, je serais très intéressée par vos retours : qu’est-ce que cela vous a réellement apporté ? Avec le recul, referiez-vous ce choix ?
Finalement, est-il suffisant de consulter les vidéos YouTube du type “palmarès des meilleures assurances vie” ou “top 10 des meilleures SCPI” pour faire son choix en autonomie, ou là encore, est-ce que les résultats sont biaisés par des partenariats et intérêts commerciaux?
Par rapport à notre niveau de patrimoine je ne sais pas si cela nous permet d’avoir accès à des produits différents de ceux auxquels les particuliers ont accès.
Ceci est un avis personnel qui n’engage que moi, mais je ne vois pas l’intérêt de faire appel ici à un CGP.
Outre le fait qu’il est déjà nécessaire d’en trouver un bon (moults sujets ici reviennent sur les conseils “intéressés” de nombreux CGP…), votre situation est assez classique. Il n’y a pas d’attentes particulières, pas de questionnement fiscal complexe… bref, un patrimoine en l’état actuel qui semble tout à fait gérable en autonomie.
Au vu de votre niveau de patrimoine et (a priori) de revenus, je ne vois vraiment pas l’intérêt de contacter un CGP. Vous pouvez très bien apprendre à gérer vos finances par vos propres moyens et ce sera amplement suffisant.
Je l’ai fait à mes tout débuts via un CGP indépendant. Je n’ai rien appris de très nouveau avec lui mais je manquais de temps avec le travail pour me poser, arrêter une stratégie, et la mettre en place. Passer par quelqu’un d’autre m’a donné un cadre pour sortir de l’attentisme. L’intérêt était plus psychologique qu’autre chose, comme payer un coach pour se forcer à aller au sport. Je suis resté un an avec lui le temps de bien me mettre sur les rails et je gère seul depuis, sans regrets.
C’est une façon de faire que je recommanderais à quelqu’un qui remet à plus tard et a besoin d’être pris par la main pour s’y mettre sérieusement (ce qui était mon cas). Sinon, on peut facilement apprendre à faire aussi bien tout seul. Il y a amplement assez de ressources disponibles gratuitement en ligne. Ça demande juste de passer un peu de temps à se renseigner et à faire de la veille.
Non la qualité du contenu Youtube est très hétérogène et le marché évolue avec le temps. Vous avez plus de chances d’apprendre des bêtises qu’autre chose si vous utilisez ça comme source principale.
Dans tous les cas la question à se poser n’est pas “quel est le meilleur support” mais “quels sont mes objectifs”, “quelle est mon appétence au risque”, et “quelles sont mes convictions”. C’est sur cette base qu’on décide de sa stratégie moyen/long terme, et qu’on voit ensuite quels supports permettent de la concrétiser.
Pas à votre niveau, et vous n’en avez de toute façon pas l’utilité.
En ce qui me concerne j’ai un patrimoine de 220k et je n’ai pas pris de CGP. C’est suite à une mauvaise performance de mon assurance vie souscrite auprès de ma banque que j’ai décidé de prendre les choses en main. Je me suis pas mal servi de l’IA pour débuter. Et faut dire aussi que je suis assez à l’aise avec les tableurs. Ca me permet de faire beaucoup de mesures et simulations. J’ai évalué et validé ses préconisations puis je me suis lancé :
Ouverture d’un PEA (bourso)
Fermeture d’un placement actions CEFP (de chez bourso)
Réallocation progressive de mon Livret Bourso+ vers le PEA (DCA accéléré)
Ouverture d’un nouvelle assurance vie (bourso)
Fermeture de mon assurance vie (de caisse d’épargne).
Ouverture d’un PER (Linxea)
Ca m’a pris quelques jour pour apprendre et me décider sur ma stratégie PEA. Je continue à apprendre Youtube, IA, ici même… Le PER est le dernier produit que j’ai ouvert. Quelque soit le produit, je prends le temps de l’évaluer avant de me décider. Simulation rapide avec l’IA. Puis simulation très précise avec un tableur.
Moi j’utilise un tableurs mais si vous ne voulez pas vous prendre la tête, faites le avec Finary. Les outils sont pratiques pour évaluer vos budgets, faire des simulations…
À mon sens, la seule chose dont vous avez besoin, c’est d’y consacrer… une minute par mois.
Chaque mois, vous achetez sur votre PEA la même somme, quoi qu’il se passe dans le monde. Vous investissez sur un ETF large (par exemple un MSCI World) à faibles frais, composé des principales entreprises mondiales.
Ça prend une minute par mois. Rien de plus.
Puis revenez dans dix ans refaire le point. Ou lorsque votre PEA aura atteint 150 k€.
Si vraiment vous ne souhaitez absolument rien faire vous-mêmes (ce que je trouve personnellement un peu dommage), je regarderais plutôt du côté des robo-advisors (Yomoni, Nalo, etc.). Vous n’aurez quasiment rien à gérer, mais cette simplicité a un coût : les frais viendront rogner une partie de la performance sur le long terme.
Je ne suis pas convaincu qu’un CGP soit la bonne réponse à votre situation. Votre patrimoine est simple, vos objectifs le sont aussi. Le risque est surtout de repartir avec un produit que vous ne comprendrez pas vraiment, et qui intégrera, d’une manière ou d’une autre, la rémunération de l’intermédiaire.
À mon sens, votre temps sera bien mieux investi à lire un ou deux bons livres sur l’investissement qu’à chercher le « meilleur » produit ou le « meilleur » CGP. Une stratégie simple, comprise et appliquée pendant vingt ou trente ans a de bonnes chances de faire le reste.
Nous allons donc nous y pencher de plus près et nous poser les bonnes questions afin de définir la stratégie que nous souhaitons adopter et sortir de l’attentisme dans lequel nous sommes.
Quelles sont les sources, sites, ouvrages que vous me conseilleriez de consulter ?
Je n’ai rien contre y consacrer un peu de temps chaque mois et au départ. En effet il n’est pas nécessaire d’avoir une stratégie complexe et le temps joue en notre faveur.
Il faut garder en tête qu’aucune source n’est parfaite. Il y a toujours un angle, ou un biais. L’important selon moi est de faire le tour des sujets fondamentaux, approfondir avec des recherches complémentaires, et simplement faire de la veille sur le long terme pour acquérir une vraie culture personnelle du sujet. Tu peux faire ça en écoutant des podcasts de qualité (celui de Xavier Delmas par exemple), en lisant des échanges sur différents forums/subreddits, en lisant l’actualité économique, etc. Toujours en faisant preuve d’esprit critique et en n’oubliant jamais que, dans le fond, personne ne détient la vérité absolue, aucune stratégie n’est parfaite, et l’investissement demeure une démarche profondément subjective.