Quitter une carrière prestigieuse quand on n'a plus vraiment besoin du salaire ? (1.1M de portefeuille / 1.7M de patrimoine)

Bonjour à tous,

Je poste ici car je suis à un moment un peu charnière, et j’aimerais avoir des avis extérieurs, idéalement de personnes qui ont déjà connu une transition pro / FIRE ou semi-FIRE.

J’ai entre 30 et 40 ans, marié, papa, avec un deuxième enfant qui arrive dans quelques mois. Je travaille depuis plusieurs années dans un secteur exigeant, dans un job très intense, très “voie royale”. C’est un métier que j’ai énormément travaillé pour atteindre, avec un niveau de sélection sévère, beaucoup d’heures, beaucoup de pression, et beaucoup de sacrifices personnels.

Le sujet, c’est que je commence à me demander sérieusement si je peux lever le pied, voire quitter ce job, ou au minimum trouver quelque chose de beaucoup plus calme.

Je ne pense pas que mon problème soit financier, mais psychologique.

J’ai un vrai blocage à quitter un chemin aussi difficile à atteindre. J’estime que si je sors de cette voie, je ne pourrai probablement pas y revenir. Ce métier est trop sélectif pour vraiment tolérer les allers-retours. Et même si rationnellement ce n’est peut-être pas si grave — je n’aurais sans doute pas envie d’y retourner — émotionnellement, ça ressemble à fermer une très grosse porte que j’ai mis 15-20 ans à ouvrir.

Depuis mes études, je suis dans une logique très discipline / performance / sécurité / accumulation. Ça m’a beaucoup apporté, clairement. Je ne renie pas du tout cette partie de moi, j’en suis fier. Mais aujourd’hui, je me demande si le jeu en vaut encore la chandelle, alors même que cette carrière a construit une grande partie de mon identité.

Il y a aussi un sujet familial. Ma femme travaille aussi, mais avec un rythme beaucoup plus raisonnable. Elle a même plutôt tendance à ralentir progressivement son rythme, à rechercher plus d’équilibre, alors que je reste dans une trajectoire très intense. Avec un deuxième enfant qui arrive, je ne veux pas devenir le père absent qui assure financièrement la famille mais qui rate les moments importants.

Côté chiffres :

  • Portefeuille boursier liquide : environ 1,1 M€

  • Non-coté : environ 200-300 k€, disponible d’ici 2030

  • Assurance-vie : environ 15 k€

  • Résidence principale : maison valorisée environ 1,5 M€, détenue à 70%, soit environ 1 M€ pour ma part

  • Crédit immobilier restant sur ma part : environ 630 k€ (donc c400k€ de valeur nette)

Mais surtout en face de ce patrimoine, mes dépenses personnelles sont restées très basses : environ 15 k€ de dépenses annuelles courantes moyennes, + 35 k€ par an de crédit immobilier. Donc un besoin annuel total de 50 k€.

Mon portefeuille boursier génère davantage que ces 50k€ depuis 2 ans (bien sûr à confirmer dans la durée). J’ai aussi l’option de déménager dans une région moins chère en supprimant/réduisant le crédit immobilier. Mais ce serait aussi un vrai choix de vie, pas juste une optimisation Excel.

A ce stade mon problème n’est pas vraiment financier, je pense que je suis déjà à peu près libre financièrement (quitte à déménager). J’ai surtout l’impression que maintenant que cette option devient concrète j’ai beaucoup de mal à accepter de fermer une porte professionnelle pour laquelle j’ai travaillé 20 ans.

A ma place, que penseriez-vous par exemple des options suivantes :

  • tenir encore 1-2 ans pour sécuriser davantage, malgré le stress et l’intensité / quasi burn-out ;

  • passer sur un job plus calme dès maintenant ;

  • faire une vraie pause de quelques mois / 1 an pour voir comment je vis sans salaire mensuel et avec mon portefeuille comme seule source de revenus ;

  • ou à changer plus radicalement de mode de vie, par exemple en déménageant ?

Je précise que je ne cherche pas forcément à “ne plus rien faire, jamais”. Mais j’aimerais sortir d’un rythme qui me crame, retrouver du temps avec ma famille, du temps pour moi, du sport, des amis, des projets personnels, et ne plus avoir l’impression que toute ma vie est organisée autour d’un job extrêmement prenant qui contraint tout le reste.

Je suis preneur de vos retours, surtout si vous avez vécu une situation comparable (FIRE, changement de carrière, baisse volontaire du rythme). Et surtout, pour ceux qui ont quitté une carrière prestigieuse ou très prenante : est-ce que vous l’avez regretté ? Ou au contraire, est-ce que vous vous êtes demandé pourquoi vous ne l’aviez pas fait plus tôt ?

Merci d’avance pour vos avis

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Bonjour,

Le verbe “tenir” est très parlant et exclu d’office cette option. Il semble clairement que tu sois proche d’un point de rupture. Je parles en connaissance de cause.

Si le job en question est aussi sélectif que tu le présente et que tu as suivi la voie royale, il n’y a aucun obstacle à demander un congé sabbatique et revenir plus tard si tu te rends compte que tu en as besoin. Avec 15 20 ans dans le secteur et la 30aine tu seras toujours à ton pic d’employabilité.

Dans ta situation je ne me poserais même pas la question, tu n’as absolument rien à perdre. C’est difficile à évaluer sans connaître le métier et les écoles que tu as faites mais venant d’une voie royale ou élitiste comme tu dis, il n’y aura aucun obstacle pour toi à te reconvertir vers un autre secteur qui y verra un profil exceptionnel et sera prêt à payer pour ton profil… Pour moi c’est un non choix, ayant la sécurité financière toutes les portes te sont ouvertes, c’est juste une question de courage.

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Hello,

le sujet est plus philo que financier mais les deux sont liés.

Aimes tu ton job ou aimes tu l’aura qu’il t’apporte en société, l’admiration et la reconnaissance des proches ? La pression sociale peut être un vrai frein au bonheur.

Impossible de décider à ta place. Mais je te donnerais un seul conseil pour décider seul : pars avec ta femme et tes enfants 3 semaines en voyage dans un pays rustique, authentique et pauvre, pour déconnecter totalement du matérialisme français et de l’obsession du statut social. Tu trouveras la réponse au fond de toi au retour.

Quelques idées de voyages déjà vécus : Mongolie, Ethiopie… Tu trouveras des gens sans le sou et pourtant parfois plus heureux que nous.

Tu as sécurisé ta famille. Les années de vie ne peuvent pas s’acheter, donc si tu es au bord du burn-out et absent pour tes proches, il y a des questions à se poser.

Bon courage !

MJ

Avec 15 k€ de dépenses annuelles et 2 enfants, je ne pense pas que tu fasses grand chose dans la vie à part bosser. Et je ne pense pas que ce soit un budget tenable. Tes enfants grandiront, feront des études, sortiront.

Le problème n’est peut-être que psychologique. Si tu es bon, même en bossant 10% de moins, ton boss ne verra pas la différence, et aura de toute façon des difficultés à te remplacer.

Et tu ne flirteras plus avec le Burnout.

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Hello

Perso je n’irais pas sur un changement de vie immédiat, plutôt sur un job moins tendu dans un premier temps (front→mid dans mon jargon). Tout arrêter quand on est formaté au culte de la performance, c’est le bore out assuré.

Lever le pied sur l’actuel job, je déconseille aussi, en général c’est le management qui parvient à te sortir rapidement.

Bon courage, la bonne nouvelle c’est que tu disposes d’une certaine liberté :grinning_face:

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Quand quelqu’un parle de son job ou de sa carrière comme étant “prestigieux(se)”, il y a fort à parier qu’il va y rester. La partie du “tenir encore un ou deux ans” est aussi très, très courante. Pareil, quand on entend ça, on sait que cette fenêtre d’un ou deux ans est sans cesse repoussée. (L’autre raison que j’entends souvent, c’est : “ De toute façon, mes enfants sont encore jeunes, donc je ne peux pas voyager à plein temps.”)

Je connais beaucoup de personnes qui sont en position de prendre une retraite très anticipée. Les seules qui l’ont effectivement fait sont celles qui y ont été un peu forcées.

Le problème de ta situation (si je comprends bien), c’est que tu ne peux pas vraiment te mettre en situation de “retraite” pendant quelque temps. Tu ne peux pas, par exemple, prendre six mois de congé ni te réserver 10 à 20 heures par semaine pour te préparer.

Demain tu es en retraite, tu fais quoi de tes journées / prochains mois?

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Je n’ai pas vécu cette transition, mais j’y pense souvent. C’est même dans cette direction que j’essaie de construire progressivement le patrimoine famillial.

Pour le passage à l’acte, j’ai l’impression qu’avant de réfléchir au patrimoine, il faudrait peut-être réfléchir au chapitre de vie qui vient après.

L’exercice peut paraître un peu bête, mais essaie d’oublier un instant l’argent, le boulot et même le patrimoine.

Où est-ce que tu te vois vivre avec ta famille ?

Toujours dans cette maison ? Ailleurs ? Une autre région ? Un autre pays ? En ville ? Avec un jardin ?

Puis imagine une journée. Du matin au soir. À quoi elle ressemble ? Que fais-tu et dans quel ordre ?

Je trouve que cet exercice fait souvent ressortir des choses auxquelles on ne pensait pas. Des envies qui deviennent non négociables, ou au contraire des choses dont on se rend compte qu’elles n’ont finalement pas tant d’importance.

En te lisant, j’ai surtout l’impression que tu regardes ce que tu pourrais perdre :
« si je pars, c’est définitif »,
« et si je regrettais ? ».

Peut-être que prendre un peu de temps pour imaginer la suite t’aiderait aussi à voir ce que tu pourrais y gagner.

Bon courage pour cette réflexion.

tu aimes ton job, alors pourquoi le quitter.

mais tu as besoin de respirer => pourquoi ne pas passer à temps partiel ?

Profite de ce qui est important pour toi. Si ta famille est vraiment importante, tu feras ce pas de côté, et tu le feras sans regret.

Perso, j’étais comme toi, cadre dans un grand groupe du CAC40 (pas aussi brillante que toi, mais un bel avenir tracé néanmoins, pas à rougir de ce que j’avais accompli et fière de ce qui me restait à accomplir). Le voie semblait toute tracée. Un patrimoine proche du tien aussi.

Et un jour, une maladie grave est venue frapper l’un de nos enfants alors adolescent. Là, tout a basculé. Mon mari et moi sommes passés à temps partiel à 50% chacun. Contraints au début mais maintenant que les choses vont bien mieux, nous pourrions reprendre nos anciennes vies à 100%. Mais pourquoi ? Nous voyions les choses différement, préférons profiter l’un de l’autre et des enfants. Pourquoi gagner plus ? Nous n’avons pas besoin de plus.

Alors oui, nos carrières sont stoppées. Mais perso, les 2/3j que je passe au boulot me rendent heureuses de retrouver mes collégues, je continue à gérer des projets intéressants (j’en gère moins) et le reste du temps, je profite. pour moi, pour mon mari, pour mes enfants. Et ça me va très bien…

Bref, c’est mon histoire… mais c’est aussi juste pour rappeler que la vie ne se passe jamais comme prévu et qu’il est important de profiter MAINTENANT :slight_smile:

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Toutes les réponses apportées sont bonnes mais comme tu es le seul à pouvoir y répondre, je te conseille de commencer par prendre un peu de temps pour toi. Il faut que tu te décolles de ton boulot pour prendre un peu de hauteur. Avec un patrimoine aussi élevé et des dépenses courantes aussi faibles, et ceci n’engage que moi, il y a un sujet de fonds à traiter. Il ne faudrait pas non plus que tu te retrouves du jour au lendemain à la maison, à gérer les enfants, alors que ta femme travaille. Le grand écart est trop violent (tu pourras kiffer mais peut être un peu plus tard). Donc commence par prendre du temps pour toi, tu dois pouvoir te l’accorder. Commence peut être par du sport, collectif par exemple, du yoga, méditation ou consulte un thérapeute. Ce n’est pas honteux, bien au contraire :slight_smile:

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Salut,

En lisant ton message, j’investirai peut-être dans une thérapie

Tous les sportifs de haut niveau ont à minima un coach mental, c’est l’inverse qui serait bizarre

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J’ajouterais même que faire un bilan de compétences (avec quelqu’un de qualifié et pas juste un mec qui a fait la formation en ligne pour France travail) pourrait aider aussi.

Car, malgré le nom, ce type de bilan va au-delà des compétences et peut aider à trouver ce qu’on veut faire et pas juste ce qu’on peut faire.

Vu que votre alternative n’est pas de devenir un rentier oisif, cela peut être une option.

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Bonjour.

Pour t’aider à trouver la réponse, je vous conseiller de lire le livre Die With Zero. Il existe aussi en FR.

L’idée en gros est de maximiser les expériences de vies tant que la santé et la mobilité le permet.

À votre place, perso je quitte ce boulot et je profite de ma famille.

Que vous direz le vous à 60 ans ?

J’aurais dû profiter du temps pour voir plus souvent mon 2eme enfant grandir ? Sûrement.

J’aurais dû rester dans cette boîte plus longtemps ? Je ne penses pas.

Sinon, plutôt que quitter cet emploi et cette carrière, qui manifestement font partie de votre construction identitaire, n’est-il pas possible de diminuer votre temps de travail ? En situation de burn-out / pré burn-out, avant l’arrêt de travail complet (quand il est trop tard), il est conseillé de lever le pied, débrayer un coup, pour reprendre son souffle et sortir la tête de l’eau. Souvent, baisser de 10 ou 20% suffit, et permet de retrouver un rythme plus acceptable, sans tout sacrifier. Cela vous donnera également un peu plus de temps pour développer d’autres centres d’intérêt, et mieux vous équilibrer.

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Je ne vais pas redire tous les bons conseils qui ont été données mais as tu déjà la possibilité à très court terme (cet été) de prendre de longues vacances (2-3 semaines au moins) loin de chez toi et surtout partir sans ton pc et smartphone, en famille et/ou tout seul ?
Ca va te permettre de souffler un premier coup, arriver à prendre du recul et clarifier tes envies, pas facile quand on a toujours la tête dans le guidon…

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Je connais pas le métier exact du monsieur mais le temps partiel est souvent compliqué pour ce genre de poste.

Déjà, il faut souvent monter un dossier avec appui RH / médecin du travail pour que la boîte accepte de passer à un temps partiel (risque burn out. etc.)

Mais surtout : les gens qui se mettent aux 4/5 à ce genre de poste finissent souvent par devoir faire 5 jours de boulot sur 4 jours ce qui n’est pas mieux.

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Merci à tous pour vos réponses, elles sont vraiment riches et me font avancer.

Plusieurs d’entre vous (@Gabriel68, @C_est, @EdGe, @Equinox) convergent vers la même idée : ne pas passer brutalement de 100 à 0, mais trouver une transition progressive. C’est intéressant, car c’est aussi l’option vers laquelle je tends en vous lisant. En revanche, dans mon métier, le temps partiel est malheureusement très compliqué à mettre en œuvre, et un congé sabbatique est quasiment impossible (un collègue s’est vu refuser 3 mois récemment… il a démissionné). Quant à « lever un peu le pied », j’ai effectivement peur que cela se traduise surtout par faire le même travail en moins de temps.

@Maxime296, je pense que tu mets le doigt sur quelque chose. Il y a certainement une part de pression sociale, mais je crois que le vrai sujet est encore plus profond : mon identité adulte s’est aussi construite autour de cette trajectoire. C’est probablement ça qui rend l’idée de partir si difficile.

@Alexandre1258, ton exercice m’a beaucoup parlé. Je réalise que je réfléchis énormément à ce que je quitterais, et beaucoup moins à ce vers quoi j’irais. Imaginer une journée type de cette « vie d’après » est un très bon exercice.

À ceux qui m’ont demandé ce que je ferais si je quittais mon travail demain (@Lau29 notamment), je n’ai finalement pas peur du vide. J’ai d’ailleurs déjà une longue liste de choses que j’aimerais faire davantage :

  • passer plus de temps de qualité avec mes enfants ;

  • voir davantage mes amis ;

  • pratiquer plus de sport ;

  • consacrer du temps à mes investissements personnels ;

  • partir randonner plusieurs jours en déconnectant vraiment ;

  • développer des passions que j’ai mises de côté depuis des années.

Le vrai frein n’est donc pas de savoir comment remplir mes journées. C’est plutôt d’accepter de fermer une porte professionnelle pour laquelle j’ai travaillé près de vingt ans. Et je n’ai pas envie d’attendre qu’un burn-out ou un problème de santé dans la famille m’impose cette décision.

@SANDRINE6, ton témoignage m’a particulièrement marqué. Le fait que tu ne regrettes pas d’avoir ralenti, et que tu aies trouvé un équilibre où le travail reste une source de plaisir plutôt qu’un centre de gravité, correspond assez bien à ce que j’aimerais construire. J’espère aussi que ton enfant va beaucoup mieux.

Enfin, plusieurs d’entre vous (@Franck248, @CMnemoi, Teno) ont évoqué la thérapie, le coaching ou le bilan de compétences. Honnêtement, je n’avais jamais vraiment envisagé ces pistes, mais le fait que plusieurs personnes les mentionnent me donne envie de creuser cette piste.

Merci encore à tous!

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Hello,

Un point que je n’ai pas vu plus haut c’est également la perception que tu auras de toi.
Tu te dis dans une carrière prestigieuse, tu dois en être fière.
Que vas tu ressentir à la maison avec tes enfants quand ta femme va partir travailler ?

A défaut de thérapie, je pense que l’exercice de projection dans une nouvelle vie t’aideras effectivement, le plus important pour toi et tes proches ça reste que tu sois heureux et fière de toi, pour ne pas finir en bore-out (mourir d’ennui).
Sans minimiser ce que tu as lister, on dirait plutôt une liste de ce que tu ferais si tu avais un peu plus de temps, mais pas forcément occuper des semaines / mois / années.

Perso j’étais en début de carrière dans une situation “prestige / argent / carrière”, j’ai bifurquer sur un meilleur équilibre pro/perso, et heureusement car mon temps libre m’a permis d’investir et compenser la perte de salaire liés aux évolutions pro, avec une vie beaucoup plus épanouie.
Mais on est tous différent et je te souhaite de trouver ton équilibre, les mots que tu emplois dans ton premier message laisse quand même pensé que tu arrives à bout de ce job.

bjr Leon,

Je suis ton post depuis le debut, et suis heureux de voir la bienveillance dans la réponse de nos confrères du Finary Club. J’attendais le moment pour apporter ma pierre et j’espère te donner un retour d’expérience sur lequel tu pourras t’inspirer.

Pour faire une rapide présentation, je suis kiné libéral, ai été bcp + jeune conseiller financier et tjrs passionné par les chiffres. Mon premier amour a tjrs été l’immo. Mon patrimoine “liquide” est sensible au tien, je suis proprio de ma RP (sans credit) et possède 11 biens locatifs (dont la moitié nette). Le cadre est posé.

Voyant depuis une vingtaine d’années le ravage de l’age qui passe sur nos corps, j’ai pour projet depuis longtemps d’arreter de travailler et de profiter pleinement de la vie. Donc, je calcule, je prevois, j’anticipe, je recalcule et ne cesse de réévaluer à la hausse la rente qui me permettrai de me la couler douce. Puis , rattraper aujourd’hui par ma santé, je décide enfin d’arrêter mon cabinet en 2023. En effet, après un weekend d’anniversaire chez mon frère, où j’ai passé la majeure partie du temps couché, fatigué par une énième crise d’hypertension. Le dimanche matin, au café, mon frère m’a forcément sermonné, en m’interrogeant sur le fait de l’utilité de mourir riche à 43 ans. Sur le retour, j’ai appelé mon collègue et lui annonce la décision de quitter le cabinet. Je n’étais pas à la recherche d’une vie meilleure, mais juste l’envie d’arrêter la presente, qui m’entrainais doucement vers ma chute. Mais comment quitter un job qui paye, avec une p’tite reconnaissance sociale et qui m’a pris qques années pour gagner la confiance et la réputation de la population ??

Peu importe, je n’en pouvais plus, j’ai fait mes qques mois de préavis et suis parti.

Pdt un an, qques remplacements, des vacances mais tout n’y etais pas. Un peu d’ennui, pas de projet porteur, juste manger, pipi, caca, dodo … Un des plus gros traumatisme observé, c’est la perte du salaire. On a beau se dire qu’on a de quoi faire, il faut le vivre pour le comprendre…

Puis, une opportunité, un local bien placé, et je suis retombé dedans. J’ai donc remonté un cabinet, plein d’energie, avec ce sentiment d’avancer : “buisness is back !!!”.

Deux ans aujourd’hui que j’ai redémarré, deux ans que j’ai mal au ventre… 3 scanners, echographie, prise de sang… rien. A croire que mon corps m’envoie un signal pour être aller à l’encontre de ma tête…

Je n’ai pas la prétention d’avoir la solution, mais malgré tout le patrimoine, j’ai du mal à lâcher, soyons honnête, peur de lâcher. Peur de quoi ?? Reprendre le boulot à 60 ans parce qu’on a bouffé la dot ? Peur de s’ennuyer ? Je n’arrive pas à trouver la réponse. Aujourd’hui, comme l’ont très bien dit certains de nos amis, faut plutôt chercher et se focaliser sur ce que tu veux faire de ta vie, que d’énumérer ce que tu perds , car perdre le prestige de ton job, ou ton fric, tout le monde s’en fout !!! A la fin, on va tous mourrir, et comme disait L. Gounelle :”vivre, c’est se préparer à mourrir sans regret”. Que diras tu à tes enfants, que tu as eu une belle carrière ? Super, ils t’offriront une médaille en chocolat… mais le temps perdu ne se rattrape jamais…

Merci pour ce post, il m’a fait bcp de bien. Je penses d’ailleurs revivre l’expérience d’arrêter de bosser l’année prochaine, avec + de projets en tête…

dsl pour la longueur du texte, en espérant de tout coeur qu’il t’aura un peu aidé.

Roosevelt : “les gagnants cherchent des solutions, les perdants des excuses”.

Bien à toi

Dan

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