Merci Tifanie de vos éclairages.
J’espère que vous trouverez un établissement prêt à vous suivre (je ne sais pas s’il y a beaucoup de directeurs régionaux de banque qui traînent sur le forum mais sait-on jamais
).
Dans l’hypothèse où j’en fréquenterais dans le cadre de mon métier (et ce n’est qu’une hypothèse
), voici quelques objections que je travaillerais pour mieux les contrer le moment venu :
-La banque n’en attend pas moins de vous et de tout investisseur. J’ai vu des dossiers partir en difficulté car un individu qui gagnait 18keur par mois en dépendait 25… ici vous êtes au niveau, mais en fait c’est une condition sine qua non.
-Je comprends que cela signifie que le bien s’autofinance (souvenez-vous que la banque appliquera une décote de 30% sur les revenus prévisionnels, a minima si vous faites l’opération en nom propre). L’opération blanche en terme de risque, c’est un argument sans valeur aux yeux de la banque. Les banques ne font pas de crédit sur gage, c’est le risque de Tifanie qu’elles vont considérer. La question c’est “est-ce que Tifanie va me rembourser?” Et pas “est-ce que le bien se rembourse”. Je vous accorde que quand le bien est bon, on peut être tenté d’en faire un argument. Globalement le seul qui sera sensible, c’est votre interlocuteur qui vous regardera en se disant “comment cette jeune femme a pu trouver un bien qui se rembourse tout seul ?”, parfois avec une pointe de jalousie, systématiquement avec une pointe d’envie (légitime !)
Encore heureux ! Les banques ne gagnent rien avec un crédit immobilier, en ce moment vu le différentiel entre l’oat 10 ans et les taux des crédits immo, elles perdent de l’argent sur tous les beaux profils. La pire configuration pour elles, c’est ce qu’on appelle le “prêt sec” dans le jargon. Elles font le prêt, et tout le reste (salaire, épargne, assurances) reste dans une autre banque, l’ancienne ou une banque en ligne gratuite. Elles perdent de l’argent sur le crédit et n’ont aucun side business à côté. Formellement à déconseiller pour quelqu’un qui voudrait enchaîner les investissements, c’est le meilleur moyen d’avoir un tapis rouge pour la première opération et un gros stop de la part de la banque dès la 2ieme.
Aucune obligation légale, mais ça participe du deal le plus souvent. Perso sur toutes mes opérations je suis réglo sur ce point. La banque qui prête assure le bien et le conseiller qui prête à l’assurance du prêt (je me suis permis dans un cas de faire une délégation a posteriori, mais uniquement une fois que le mec qui avait fait le taff pour faire passer mon dossier était parti sur un autre poste). Ça c’est une affaire de comportement, je vous laisse seule juge.
Deux options : 1) soit vous l’intégrez dans le potentiel de revenu, auquel cas il faut considérer le coût des travaux dans l’enveloppe globale du projet 2) soit vous pensez faire ça dans un temps 2 et ne comptez pas demander à la banque de financer, auquel cas les revenus ne comptent pas. Là c’est une affaire de stratégie, à vous de voir.
Si jamais vous en faites un élément dans le dossier de crédit, assurez-vous de pouvoir justifier de toute la partie administrative (pas de pb pour les travaux, accord de la mairie, pas besoin de permis de louer…). Vous avez sans doute déjà fait le job, il faudra juste pouvoir le démontrer à la banque (pourquoi pas screenshots du PLU ou mails d’échanges avec l’urbanisme à l’appui). Assurez-vous aussi de pouvoir justifier du business plan (il y a plein de chaînes insta avec des LCD à thème - Harry Potter, indiana jones, etc. , quelques visuels aideront peut-être à se projeter).
Pour la réussite du projet : réfléchissez aussi au montage. Je n’ai plus en tête le split de vos revenus qui devait être dans la vidéo finary, mais à mon avis vous devez déjà être bien au plein en terme de taux d’endettement. Les banques ont de la marge pour ne pas respecter systématiquement les 35% du HCSF mais personne n’acceptera se vous propulser à 60% dans les systèmes de calcul interne de la banque. Peut-être qu’une sci à l’IS voire une SARL de famille rentrait plus simple le projet (j’imagine que si vous lancez votre bouteille a la mer sur ce forum c’est qu’aucune des banques que vous avez déjà rencontrées ne vous a marqué un accord).
Là -dessus, je m’interroge. Il y a effectivement des banques qui font des efforts en terme de présence sur les réseaux et targettent les jeunes. Elles pourraient être intéressées.
Mais c’est aussi à double tranchant : la banque risque de voir débarquer toute une palanquée d’investisseurs du dimanche, avec des projets qui ne tiennent pas la route et qui vont se réclamer de vous. Beaucoup d’analyse pour marquer des refus dans bien des cas, et à la fin le risque d’un effet contreproductif (“ouais le crédit agricole ils disent qu’ils soutiennent les jeunes investisseurs et en fait c’est que des mytho” puissance 1000 en terme de bad buzz)… sans parler du fait que les auditeurs de finary sont alimentés des discours de mounir : PEA en ligne avec ETF, DCA crypto…. Deux trucs que les banques tradi ne feront pas. Donc, une fois de plus, aucun side business pour elles… et faible pertinence de la cible.
Peut-être que je présenterais moins les choses comme “je vous mettrai en avant comme partenaire” mais plus “je bénéficie d’une forte visibilité sur le web qui montre la qualité de mes investissements jusqu’à présent”. Moins engageant. Il faudrait voir comment réagiront vos interlocuteurs.
Je la jouerais différemment entre des réseaux nationaux comme BNP, SG ou des caisses régionales : la banque populaire charente Vendée n’en aura rien à faire de vos followers en Alsace.
Cela m’intéresse de savoir quelle banque vous suivra. Dites le nous le moment venu.
Bonne recherche