Je voudrais vous soumettre le cas suivant pour voir quelles solutions émergent de votre expérience (et les confronter à celle que je proposerais). Il s’agit d’une amie qui est venue chercher conseil auprès de moi.
Supposons un héritage de 100 k€ pour une femme sans aucune connaissance financière, en cours de divorce avec deux jeunes enfants, disposant d’un salaire correct de fonctionnaire, habitant un logement entièrement payé et disposant d’une maison de vacances héritée. Quelle solution proposeriez vous pour répondre à la problématique suivante ?
Elle a besoin d’un complément de revenus dès à présent (pour faire face aux conséquences financières du divorce). Disons 250€ mensuel.
Elle n’est pas habituée au risque et aux aléas boursiers, donc une partie suffisante de son patrimoine financier devrait être « sécurisée », pour la rassurer.
Elle est consciente qu’une part de risque est indispensable pour faire fructifier son patrimoine malgré la rente souhaitée (objectif retraite dans 15 ans) et elle l’accepte.
La partie la plus dynamique de son patrimoine financier doit être facile à gérer (en attendant qu’elle ne prenne en main cet aspect, un jour ?).
Ses Livret A / LDDS sont déjà pleins (35 k€).
Elle est à l’aise avec le numérique.
Quels investissements proposeriez vous à cette femme pour assurer cette rente et faire fructifier le reste sur le long terme ?
Supposons que cette femme retire 3% de son capital chaque année, augmenté annuellement de l’inflation. Initialement un retrait de 3000 euros soit 250 euros par mois
Supposons que l’inflation soit de 2% lissé sur le long terme.
Il lui faudra alors viser un rendement de plus de 5%, Dans l’idéal il faut également une marge de sécurité.
Dans cette optique elle ne ne pourra pas envisager une allocation sans une part significative d’actions. La répartition exacte dépendra de son aversion au risque. Mais une répartition 70/30 ou 80/20 actions/fonds euros devrait lui permettre de préserver son capital sur le long terme
Ce serait une bonne solution… mais cela augmente encore plus son exposition à l’immobilier, étant donné ses deux biens qui constituent, en dehors des 100 k€, tout son patrimoine.
Les rendements des classes d’actifs risqués ne sont pas fixes, que ce soit actions, obligations ou immobilier. Il faut donc se projeter sur un rendement moyen espéré réaliste, et oublier le marketing.
Pea pour les actions si non rempli.
Pour le reste l’av a le mérite de la simplicité. Le cto permet des stratégies plus complexes et d’accéder à un nombre infini de support. Si tu poses ces questions l’av semble plus indiqué.
Si cette personne souhaite 250 euros/mois , les scpi sans frais de type iroko zen et d’autres dont je n’ai pas le nom distribuent environ 250 euro pour 50k euro investi.
C’est très apprecié des parents qui ont des enfants et desirent du cash mensuel. (Petit plus special iroko: ils envoient une vidéo de déclaration de revenus a suivre a la lettre lors de la déclaration de revenu scpi)
Le loyer reçu peut varier a la baisse , les scpi sans frais permettent souvent une sortie plus rapide et immobilisent le capital moins longtemps qu’une scpi ancienne.
Avec 15 ans devant elle , cette personne peut sur un pea, hypothétiquement multiplier sa somme , sur des etf capitalisants , par 2 ou 3 selon l’achat d’un etf world ou sp500, si elle est prête a prendre le risque de s’en remettre au marché et au consensus actuel ( tech dominante) .
Ce plan est très simple et nécessite très peu de gestion.
Il faut bien comprendre que les scpi ont une faible production de capital sur le long terme (on diminue les gains futur pour le bien être au présent )
recherche de scpi sans frais EUROPÉENNE ( il y a des top 10 scpi 2026 sur YouTube par exemple), délais de jouissance 3-6 mois
remplir au mieux le pea et attendre 15 ans , décaler sa sortie en cas de crise financière grave.
Déjà bonne nouvelle avec les livrets pleins à 35k€, elle a presque 2 ans de complément devant elle en cas de coup dur. C’est une vraie sécurité.
Pour les 100k, je verrais un découpage simple en 3 parties :
40k€ sur une assurance-vie en fonds euros (Linxea Spirit 2, Lucya Cardif par exemple). Environ 3-4% par an, soit à peu près 100-130€/mois. Pas de mauvaise surprise, le capital ne bouge pas. Et gros avantage dans sa situation on peut désigner les enfants comme bénéficiaires, ce qui les protège très bien en cas de pépin.
50k€ sur un placement long terme type ETF Monde (un panier d’actions mondiales très diversifié) toujours dans une assurance-vie ou un PEA. On investit progressivement sur au moins 5 ans pour ne pas tout mettre au même moment. C’est la partie qu’on laisse tranquille pendant 15 ans jusqu’à la retraite. Pas besoin de gérer au quotidien, c’est justement fait pour ça.
10k sur un placement intermédiaire (obligations ou SCPI en assurance-vie) pour compléter la rente mensuelle avec un risque modéré.
Un point important vu qu’elle est en cours de divorce un héritage reste un bien personnel, pas partageable. Mais il faut éviter de mélanger cet argent avec un compte commun, sinon ça peut se compliquer. Un passage chez le notaire pour clarifier ça, et c’est réglé.
L’assurance-vie c’est vraiment l’enveloppe idéale ici car on peut retirer quand on veut, la fiscalité s’allège avec le temps, et ça protège les enfants.
“Les rendements des classes d’actifs risqués ne sont pas fixes, que ce soit actions, obligations ou immobilier. Il faut donc se projeter sur un rendement moyen espéré réaliste, et oublier le marketing”
Un rendement moyen espéré réaliste… Une belle phrase, à n’en pas douter !
Oublier le marketing… Qui vend quoi ici ?
Les rendements… ne sont pas fixes… Même pour un actif totalement sans aucun risque (sauf celui des Martiens qui nous envahiraient), comme le livret A qui varie au gré des décisions des politiques et du gouverneur de la banque de France
J’avoue que je suis aussi partie, comme @WillyG, sur une solution 100% assurance vie (composée de x% fonds euros + (1-x)% UC dynamique / actions), étant donné le poids de l’immobilier dans le patrimoine actuel de mon amie. Si on investit en SCPI comme certains le préconisent, le patrimoine résultant sera 100% immo !
Mais même si cette solution est actée, il y a des choix à faire :
Je me pose la question de lui conseiller une gestion profilée (/ pilotée /sous mandat), en ETF principalement, pour les (1-x)% de la partie dynamique. Je sais que certains vont hurler… (je lis les pots de Finary depuis plusieurs mois !). La gestion pilotée coûte plus cher, mais ça permet de confier le soin des arbitrages à un professionnel et la sous-répartition sera plus diversifiée qu’un ETF World / ACWI.
Je pensais plus précisément à lui faire ouvrir deux contrats, en me focalisant sur ceux avec des fonds en euros boostés jusqu’à fin 2027 (Lucya Abeille ou Cardiff, Linxea Spirit 2,…) et éventuellement Yomoni. Le total des frais (gestion + surcoût gestion pilotée + frais internes des supports) est plutôt raisonnable… en tout cas comparé à d’autres.
N’oublions pas qu’on parle de quelqu’un qui ne connaît actuellement RIEN à la finance, qui n’utilise que les livrets réglementés et ses comptes courants comme “placements”. Je ne désespère pas qu’elle s’y mette un jour, mais pour l’instant, il faut faire simple et efficace
Une question que je n’ai pas encore tranchée est : combien choisir pour x ? (x% en fonds euros). La réponse dépend des revenus souhaités, mais surtout du besoin de rassurer une néophyte et d’atténuer les prochains chocs boursiers (faisons confiance à Trump pour ça). J’hésite entre 40% et 60% de fonds en euros pour commencer (boostés jusque fin 2027), voire plus au début avec un arbitrage programmé vers les supports dynamiques.
Si on veut garantir les 250€ par mois, que pensez-vous de :
au début, taper dans le surplus des livrets initialement pleins, en gardant une partie comme épargne de précaution et en consommant le reste. Cela lui permet de tenir au moins 5-6 ans et c’est très souple, un avantage dans sa situation privée incertaine. C’est difficile de prévoir les besoins réels en début de divorce.
ensuite, faire un retrait programmé (un DCA inversé), sur le fonds euros ou la partie dynamique (selon tendance de la bourse à ce moment). Là encore, grande souplesse et adaptation aux besoins réels (études des enfants…).
Notons que les SCPI, que je possède personnellement en plus des autres placements (je n’y suis donc pas allergique), ne sont pas du tout adaptées pour garantir cette souplesse, car revenus à peu près fixes (passons sur les aléas, bien réels, de ce type de placements) et retraits “impossibles”. Par contre, j’aime bien la proposition de @WillyG de mettre un peu de SCPI dans l’AV (10%, préconise t-il).
Ecrire le plan de façon détaillée permet de réaliser certaines choses.
De combien sont les frais chez yomoni? 1,6%?
Si on part sur une base de consommation très réaliste de 3% du capital par an, et qu’on retire 1,6% pour les frais, il ne reste plus que 1,4% disponible… C’est juste dramatique.
Très bien, j’acte votre refus de la gestion pilotée, que j’avais retenue à cause des blocages en finance de mon amie. Alors que proposez-vous concrètement pour la partie (très) dynamique de l’AV, plutôt qu’une gestion profilée plus simple mais plus coûteuse ?
Supposons que le contrat soit Linxea Spirit 2 (ou BoursoVie, qui la rassurerait, car c’est sa banque). Vous partiriez sur du Vanguard LifeStrategy (80), de l’ETF World, autre chose ? Je vous rappelle que mon amie a des sueurs froides à la seule idée de faire quelque chose de “compliqué” (j’espère lui faire passer ça en l’accompagnant au début, notamment sur Spirit…). Donc pas question d’acheter 10 ETF pour créer un profil piloté personnel comme vous (ou moi) le ferions peut-être.
Est évalué entre 3% et 4% à partir de fonds à très faible frais.
Si on choisit des fonds avec des frais importants, ce safe withdrawal rate ne peut que diminuer, sauf si le fond bat le marché, et je n’ai jamais entendu dire que yomoni battait le marché.
Enfin investir n’est pas compliqué:
Un msci world pour se protéger de l’inflation;
Un fond euros pour la stabilité.
C’est parfaitement gérable même par quelqu’un qui ne s’est jamais intéressé au sujet.
En regardant de plus près le Vanguard Lifestrategy 80% Equity (sur JustETF), je constate qu’il n’a que « seulement » 45% d’USA et pas mal de pays émergents (je ne sais pas si ça concerne les actions ou les obligations, ce n’est pas précisé). La répartition sectorielle surpondère moins la tech que le MSCI World, sans doute à cause des 20% d’obligations. Bref, je trouve le Vanguard Lifestrategy plus mondialisé et moins concentré que le MSCI World.
Je me demande donc si Lifestrategy ne serait pas plus indiqué qu’un ETF Monde pour compléter le fonds en euros d’une AV très simple avec un minimum de lignes : x% fonds euros, (1-x)% Vanguard Lifestrategy 80 au lieu de MSCI World (on trouve les ETF Vanguard sur Linxea Spirit 2). A noter que dans l’AV Linxea Vie (Generali), on trouve un ETF ACWI, très rare en AV : ce pourrait aussi être un bon choix pour l’unique UC en complément d’un fonds euros boosté.
Qu’en pensez-vous ? (je m’adresse aux non allergiques à l’AV, évidemment…)
Autant j’aime beaucoup la gamme Lifestrategy, autant sur AV ça a peu d’intéret vu qu’on empile pas mal de frais (ETF + enveloppe) et que le rééquilibrage n’est pas fiscalisé en AV, c’est plutot un produit pour le CTO.
Si on tient absolument à être en AV autant prendre un World et avoir une plus grosse part de fonds euro à coté, ou alors un ETF obligataire (il y en a plusieurs sur Spirit 2).
Si vous préférez la bourse pour vous diversifier… et toujours dans l’optique du système le plus simple pour une personne qui n’y connait (pour l’instant) absolument rien :
Ouvrir un compte “trade republic”, qui en prime rémunère le cash à 2,25%…
Puis acheter un ETF “income” (à revenus réguliers) comme le JEPI qui donne du ±8%…
Je prendrais du Iroko Zen et Next en assurance vie avec du fonds euro bonus personnellement.
Si elle n’a pas de connaissance autant ne pas la stresser avec des ETF, les marchés sont haut, il n’y a pas eu de crise depuis 15 ans, autant investir si ça chute tout en prenant sont 4,5/5% à côté en attendant sans trop de risque