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[Emissions TV] M6 - Qui Veut Etre Mon Associé?

Hello tout le monde,

Y’en-a-t-il parmi vous qui ont regardé l’émission Qui Veut Etre Mon Associé sur M6 ce lundi soir ?

Je propose d’ouvrir un sujet pour discuter des entreprises qui ont été présentées.

  • Qu’est-ce qui vous inspire dans ce programme TV ?
  • Dans quelles sociĂ©tĂ©s qui ont pitchĂ© auriez-vous voulu investir si vous Ă©tiez dans le fauteuil des investisseurs (avec leur budget ^^) ?
  • Quels sont critères d’investissements en matière d’investissement dans le private equity ?

L’idée de ce nouveau thread est de discuter de l’émission qui vient d’être diffusée et des prochaines dans les semaines à venir.

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Je commence en répondant à mon propre sujet pour lancer le débat :slight_smile:

J’avais adoré la première saison de l’émission, et tout particulièrement les investisseurs charismatiques qui avaient été choisi. Je suis issu du monde de la tech et j’ai suivi entre autres les parcours de Marc Simoncini (Meetic) et de Frédéric Mazzella (BlaBlaCar). J’ai pas mal de confrères qui le connaissent personnellement et le côtoient régulièrement puisqu’ils travaillent chez BlaBlaCar comme salariés ou bien comme freelance. J’aime beaucoup également le parcours d’Eric Larchevêque, le patron de Ledger. Je trouve cet entrepreneur très inspirant et ambitieux. Il voit les choses en grand et pose toujours des questions pertinentes aux entrepreneurs qui pitchent leur société et leur produit / service. Le programme a aussi le mérite de mettre en lumière des femmes qui entreprennent et investissent dans des domaines très différent. C’est motivant pour toutes celles et ceux qui souhaitent se lancer dans une aventure entrepreneuriale à un moment de leur vie.

Bien que j’ai déjà investi dans 3 startups toutes bien différentes depuis 2015, j’ai revu mes critères d’investissement en 2019 lorsque j’ai investi dans la troisième. Je choisis désormais des entreprises qui évoluent dans le domaine des technologies et des logiciels. C’est non seulement parce que c’est un domaine que je comprends étant du métier, mais c’est aussi parce que les logiciels (et les applications mobiles) ont des potentiels de scalabilité quasiment infini. Le coût de production et d’exploitation ne change quasiment pas que vous vendiez votre logiciel / application à 10 / 100 / 1 000 / 10 000 / 1 000 000+ clients. Idéalement, ce sont les logiciels et applications avec abonnement mensuel / annuel que je convoite puisque cela permet d’avoir du chiffre d’affaire récurrent pour une entreprise en croissance. Ce sont des entreprises qui sont rentables (quasiment) dès le début et qui n’ont pas de gros frais de fonctionnement ou nécessitent d’investissement lourds au départ pour se lancer.

A l’inverse, je n’investis plus (à tord ou à raison) dans les PME qui fabriquent des produits physiques puisque les risques sont généralement plus grands :

  • Risques liĂ©s aux approvisionnements de matières premières
  • Risques liĂ©s aux Ă©volutions du coĂ»t des matières premières
  • Risques liĂ©s aux coĂ»ts de stockage, de livraison et de distribution des produits finis
  • Risques liĂ©s aux retours de marchandises dĂ©fectueuses, cassĂ©es ou bien dangereuses
  • …

Il y a généralement des risques forts qui pèsent sur la chaîne de fabrication et lorsqu’un maillon est cassé, c’est souvent toute la chaîne qui subit. La fabrication de produits physiques a aussi ses limites en terme d’effets d’échelle puisqu’il faut plus de matière première, plus de machines, plus d’usines, plus de main d’oeuvre, etc. pour produire davantage. Ouvrir une nouvelle usine prendra toujours plus de temps que le temps nécessaire pour multiplier le nombre de ventes d’abonnement à un logiciel.

Pour autant, mes deux premiers investissements sont des entreprises qui fabriquent des produits physiques. Je me rends compte au fil des années qu’ils font face à ces risques récurrents. La crise Covid l’a d’ailleurs bien montré puisque les chaînes d’approvisionnement et de livraison ont pesé sur la productivité.

Au vue de ce que j’ai dit juste avant, je n’aurais sans doute pas investi dans les startups qui ont pitché car elles produisent quasiment toutes des produits physiques.

Les Savons Solides Unbottled

Je n’ai pas accroché du tout sur ce projet n’étant pas moi même intéressé par le domaine des cosmétiques. Le produit a vocation a éliminé les bouteilles et emballages plastiques pour un geste plus écologique mais en payant un prix fort pour de simples savons à priori.

Comme il s’agit de produits physiques, leur scalabilité reste limitée et son sujet aux aléas de la production (matières premières, coûts, approvisionnement, distribution, etc.). Cest aussi un secteur très concurrentiel sur lequel il faut arriver à convaincre les clients d’acheter leurs produits, très cher, plutôt que ceux des grands groupes industriels (Garnier, L’Oréal, etc.) qui sont moins cher mais plus polluants pour la planète.

Points forts :

  • Ils font de belles marges sur leur produits, surtout avec la vente en ligne.
  • Leur C.A est en croissance malgrĂ© une offre de produits assez restreinte.
  • Ils racontent une belle histoire et marketent bien leurs produits. Ils peuvent en faire une belle marque.

Le mini lave-vaisselle BOB

Bien que la société est déjà rentable et en forte croissance, le produit final es destiné à un marché de niche (les personnes seules vivant dans des petites surfaces de grandes villes). Ils ont besoin de pas mal de capitaux pour assurer un fonds de roulement pour s’approvisionner en pièces, fabriquer leur produit et le distribuer ensuite dans les commerces physiques ou bien en ligne. La valorisation demandée était assez élevée au départ et les jeunes entrepreneurs n’avaient pas de réel plan concernant leur potentiel exit. Ils avaient l’air de réfléchir à court terme plutôt qu’à moyen / long terme.

Points forts :

  • Ils ont un produit compact, simple Ă  utiliser et qui rĂ©pond Ă  une niche de clients
  • Ils arrivent Ă  en vendre plusieurs milliers d’unitĂ©s chaque mois, ce qui montre une certaine traction
  • Ils ont probablement breveter leur concept ?

Les Biscuits Pape&Papille

J’ai été touché par l’histoire de ce jeune couple qui a pris pas mal de risques pour lancer ce projet en famille. Si je n’avais pas mes critères d’investissement, ce serait sans doute mon coup de coeur et l’entreprise sur laquelle j’aurais voulu investir pour le côté émotionnel et toute l’histoire qu’il y a autour. Etant Savoyard d’origine et leur entreprise située en Haute-Savoie, ça m’a d’autant plus touché. En revanche, bien que leur business semble rentable et plutôt scalable au vue des nouvelles recettes de biscuits qu’ils peuvent inventer, cela reste des biscuits ! Il n’y a pas d’avantage concurrentiel fort ni de « pricing power ». Pour vendre plus et augmenter leur C.A, ils doivent constamment démarcher et trouver de nouvelles boutiques dans lesquelles distribuer leurs produits. Ils sont aussi limités par leur chaîne de production qui peut s’enrayer.

Points forts :

  • Ils ont dĂ©jĂ  rĂ©ussi Ă  convaincre de gros distributeurs pour les commercialiser
  • Le business est rentable et leur C.A en forte croissance
  • Ils ont crĂ©Ă© une marque qui peut devenir forte avec l’aide du bouche Ă  oreille et des rĂ©seaux sociaux
  • C’est une entreprise familiale qui fait vivre toute la famille d’oĂą l’importance d’en garder la gestion complète. Leur vie de famille dĂ©pend des efforts qu’ils vont engager dans leur business.
  • Ils ont crĂ©Ă© un site de vente en ligne pour augmenter leur rĂ©seau de distribution et leur marge en retirant des intermĂ©diaires de la chaĂ®ne de distribution.

Le Kit d’Urgence Dentaire Dentapass

Le produit en lui même n’a rien de sexy à la base s’agissant d’un produit de santé. Ce n’est pas le genre de produit qu’on achète spontanément. C’est le genre de produit qu’on va acheter parce qu’on a mal aux dents à l’instant T et qu’aucun dentiste n’est disponible rapidement pour traiter une urgence dentaire. L’entrepreneur est aussi tout seul à développer son business. C’est un risque non négligeable. Il n’a pas toutes les compétences à lui seul pour vendre son produit, en faire la publicité, gérer sa diffusion dans les commerces physiques et en ligne, etc. Le risque porte essentiellement sur lui d’après son pitch !

La Maison d’Edition Douin

Outre le fait que l’histoire personnelle de cet entrepreneur était très touchante, je n’ai pas saisi le concept de son business. Il veut semble-t-il racheter un stock de 1M de livres anciens pour les numériser et les revendre. Je ne vois pas comment il peut faire tout cela à lui seul et avec quels moyens techniques il peut numériser des livres anciens et fragiles qui contiennent chacun des centaines, voire des milliers de pages. L’avantage c’est qu’il a déjà un stock de livres à numériser et vendre mais faut-il encore être capable de pouvoir estimer la valorisation de ce stock. Combien de livres ne valent rien vs combien sont ceux qui sont vraiment rares et en bon état de conservation pour être revendus ensuite (à des particuliers, des musées, aux enchères, aux collectionneurs, etc.). Son business lui permettra d’en vivre lui et sa famille certainement mais il ne s’agit pas d’un business qui peut véritablement explosé à moyen / long terme selon moi.

Et vous, quelles sont vos analyses de ce premier Ă©pisode ?

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J’ai regardé religieusement, genre je ramène du taf à la maison (… ou plutôt je poursuis le télétravail devant la télé). Je suis jury dans des comités de sélection et financement d’incubateurs/accélérateurs de renom.
C’est le même game en moins folklorique.
Sur cette 1ère émission à part Bob que j’aurais bien voulu creuser, et malgré que le côté sympathique de certains entrepreneurs, j’aurais pas misé un shiba sur qui que ce soit d’autre.

Unbottled n’a pas de barrière à l’entrée, une fois l’effet de mode du cercle proche des bobos à l’affût des nouveautés pour se faire mousser (ah ah) passé, ça risque de savonner sévère.

Dentapass, je lui aurais aussi fait le densafass qu’il était un peu seul avec son idée et son manque de compétence/expérience market produit et digital, une proposition de valeur pas très bien posée, tout ça tout ça

La maison d’édition des grimoires, le gars est tout seul, à risque, sur un truc d’ultra-niche qui est très très loin de mes bases; c’est de l’invest pas de la loterie sacrebleu !

Les biscuits. Je m’interroge sur la barrière à l’entrée, le combi recette/« techno »; j’aurais pu creuser par gourmandise mais le profil des fondateurs (couple, pas de formation ad hoc, pas de track record, …) est risqué, loin des rocket-teams qui font plutôt le critère à surpondérer en général.

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Merci Abyl pour ton retour, ça fait plaisir !

Je suis fan de cette émission depuis la première saison l’année dernière. D’ailleurs j’ai appris que cette émission est produite par Satisfaction Group, la boîte de production d’Arthur.

Puis-je me permettre de te demander pour quel incubateur tu fais partie du comité de sélection ?

Je te rejoins complètement.

Ah ah j’aime beaucoup ton commentaire. Les savons solides ce n’est pas nouveau et il y a déjà pleins de boîtes sur ce secteur. Ils ne pourront pas résister aux grandes marques de la cosmétique et de la grande distribution avec leurs savonnettes vendues à près de 20€. Ils ont une clientèle de niche de bobos de grandes villes avec leur concept.

Malheureusement, le fondateur est venu un peu les mains dans les poches selon moi… Il n’avait pas préparé son pitch, ça s’est ressenti. Vendre un produit de santé, ça n’a rien de glamour et de sexy. Si en plus le pitch n’est pas préparé pour rendre son produit plus attrayant, c’est écrit d’avance qu’il aura du mal à convaincre les investisseurs.

De plus, l’entrepreneur est seul pour gérer son entreprise. Donc tout le risque porte sur ses épaules. S’il lui arrive quoique ce soit, ça enrayera la machine.

Même problématique que mon commentaire précédemment. Le mec est tout seul, bien que passionné par les livres anciens, c’est de la loterie son projet. Il est sur un secteur de niche et qui nécessite un investissement assez conséquent au départ (achat du stock de livres, achat / location de l’espace de stockage, achat / location des outils de numérisation, etc.). Faire tout cela tout seul, ce n’est pas facile.

Il n’y a pas vraiment de barrière à l’entrée. N’importe quel gros acteurs de l’agro alimentaire peut du jour au lendemain copier leurs recettes et distribuer leurs produits dans toutes les grandes surfaces de leur réseau pour un prix moins élevé.

Cela dit, bien que non expérimentés dans ce nouveau métier puisqu’ils étaient tous deux dans le domaine médical au départ, ils ont l’envie de bâtir à deux une entreprise familiale. Sachant qu’ils ont aussi des enfants à nourrir, ils savent qu’ils ne peuvent pas compter sur l’échec avec leur projet, ce qui rend leur motivation encore plus forte.

Pour autant, j’ai été surpris dans le documentaire quand ils ont annoncé avoir fait 500K€ de CA et que la fondatrice, dédiée à 100% au projet alors que son mari continue d’exercer en tant qu’infirmier, ne se versait pas encore de salaire. Soit elle touche les aides du chômage à côté pour lancer son activité entrepreneuriale, soit une grosse partie du CA passe en charges directes (salariés, achat de matières premières, marketing, emballage, distribution, entrepôt, etc.). On ne sait pas trop quelle est leur marge brute / nette et où se trouve leur point mort. On ne sait pas également s’ils ont du contracter de l’emprunt bancaire au début pour se lancer.

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