Entrepreneur + Holding, partages d'expérience

Pour segmenter les activités, l’objectif est surtout de protéger ton patrimoine en cas de coup dur.

Si demain ton activité principale est en difficulté ou en perte, et que tout est dans la même structure, tu seras contraint de compenser avec tes investissements.
Donc si tout va mal (litige, dettes, problèmes avec les salariés, etc.), tu pourrais être obligé de liquider tes investissements pour payer, et finir avec zéro.

Avec une holding (ou une structure juridique séparée), si la société d’exploitation fait faillite, tu n’es pas forcément obligé de tout rembourser à titre personnel, et tu peux conserver ton patrimoine ailleurs.

C’est pour cette raison qu’on voit aussi souvent des locaux professionnels détenus dans une SCI distincte : si l’activité cesse, le patrimoine immobilier reste à part et n’est pas directement impacté.
C’est une façon de compartimenter les risques.

=>Explication simplifiée, car d’autres paramètres juridiques et fiscaux entrent en jeu. Mais dans l’idée, c’est une question de protection et de structuration intelligente du patrimoine.

1 « J'aime »

Et les miens me disent l’inverse :slight_smile:
Donc là c’est texte de loi/règlement, ou, ça n’existe pas. Et le cas échéant, ils m’ont confirmé qu’aucun texte n’oblige à ça (mais c’est possible si on veut le faire).

Si vraiment tu trouves un texte ou à la limite une jurisprudence, je suis preneur.

BOFIP cité dans ce thread

1 « J'aime »

Ce que je comprends, c’est qu’il faudrait analyser ligne à ligne chaque ETF pour savoir s’il est investi ou pas à 90% dans des actions UE, je te dis pas l’usine à gaz et à ma connaissance les émetteurs ne fournissent pas d’informations sur l’éligibilité fiscale.

ETF à réplication physique d’indices UE ou pays UE (Dax, CAC40…), ça devrait passer mais je ne sais pas vous j’en ai pas ou pratiquement pas.
Tous les autres indices y compris Europe inc. UK & Suisse, ça me semble peu probable sauf SWAP, mais alors là le SWAP je ne vois pas comment tu remontes et caractérises cette info si tu n’as pas l’info originale de la part de l’émetteur et je ne crois me souvenir d’avoir lu un tel niveau de détails dans les DIIC.

1 « J'aime »

Un risque peu toujours arrivé dans une entreprise (économique également). J’ai en effet des baux commerciaux, des employés, des labels donc des « risques » potentiels. Aucune perspective de vendre à moyen terme, mais c’est tout à fait possible bien entendu.

Vous pourriez aussi transformer l’EURL en SASU, puis apporter les titres à une holding EURL et vous rémunérer sur la holding, si il y a vraiment beaucoup de dividendes à remonter en effet c’est plus simple en SAS.

En réalité peu de dividendes supplémentaires en comparant avec les 10% TNS (capital de l’eurl à +100k) disponibles. Cependant tout PFU payé est définitivement perdu.

D’un côté, c’est clair que ce montage te permet de protéger tes liquidités. Mais à quel prix…
Sur 10 ans, ça peut coûter cher.

Mais peut-être est-ce le prix à payer finalement pour :

Pour segmenter les activités, l’objectif est surtout de protéger ton patrimoine en cas de coup dur.
Si demain ton activité principale est en difficulté ou en perte, et que tout est dans la même structure, tu seras contraint de compenser avec tes investissements.
Donc si tout va mal (litige, dettes, problèmes avec les salariés, etc.), tu pourrais être obligé de liquider tes investissements pour payer, et finir avec zéro.

Au-delà des contraintes inhérentes au montage, je reste particulièrement réservé quant à la pérennité de l’activité sur les 5 à 10 prochaines années, une incertitude difficile à lever malgré mes 15 années d’expérience. Cette incertitude conditionne directement la capacité à alimenter durablement la holding.
Mais c’est surtout sur la stratégie de sortie que je bloque actuellement. J’étudie la possibilité de sortir à l’IR à mes vieux jours (2 parts et 0% de tmi volontaire) serait interessant et efficace.

Toujours pas je suis désolé, l’article ne cite pas du tout qu’on doit payer les plus values latentes.
Le BOFiP confirme que seules les plus-values enregistrées en compta (réalisées ou latentes en IFRS) se retrouvent à la base de l’IS. Dans le cas standard du PCG, la plus-value latente ne passe pas en comptabilité, donc pas d’imposition

C’est également ce qu’on m’a confirmé mon expert comptable, donc sauf si tu me trouves que c’est expressément dit l’inverse, je suis toujours pas en phase…

Merci d’avoir relevé cette belle liste, je vais parcourir le fil et voir si je peux proposer des insights complémentaires. Je dirige ma holding patrimoniale d’investissement depuis plus de 10 ans.

Déjà beaucoup d’expérience réelle ont été partagées , c’est toujours sympa !

Dans mon cas j’ai fait une opération classique d’apport cession. Le schéma classique et simplifié est le suivant :
Un associé d’une société commerciale apporte à un prix proche de la future valeur de cession des parts de sa société à sa holding.
La cession future ne provoquera quasiment pas de plus value de cession pour la holding, et l’apporteur sera en sursis d’imposition tant qu’il n’aura pas cédé les parts de la holding.
La holding aura une obligation de réemploi de la PV d’apport (150.0 b ter. )
Si la cession effective intervient après les 2 ans de l’apport à la holding, la PV entre valeur de cession et valeur d’apport , sera traitée en "longue durée " de détention et la PV taxable à l’IS sera fortement réduite.

Passé ces opérations, l’heureux ex-associé dispose de cash logé dans sa holding, qu’il aura investi en respectant les contraintes fiscales du 150 0 b ter. Sa holding sera pour partie animatrice de sociétés en cas de financement ou de création de nouvelles entreprises et pour le reste simplement détentrice d’assets financier classiques, CTO, immobilier, private equity etc. .

La fiscalité de la holding, à l’IS généralement, dépendra donc de ses différents revenus. Dividendes, loyers, intérêts , PV de cession et PV latente, au cas le cas.

Comme déjà indiqué à juste titre il n’y a aucun effet capitalisant pour les actifs financiers détenus.
En fin d’exercice la compta établit la PV latente de tous les biens financiers détenus par la holding ce qui s’ajoute aux autres produits financiers ou commerciaux taxables.

La holding supporte ses charges de fonctionnement déductibles, cela inclut l’ensemble des frais de compta, bancaires, honoraires juridiques , rému du dirigeant ( gérant de sarl ou salarié de sas ), véhicule de fonction, assurance, frais de représentation et de voyage, etc …
La différence représente le résultat net taxable. On voit tout de suite que c’est en partie pilotable.
Dans le cas de la préparation future de sa retrait la rem versée par la holding alimente le décompte des trimestres de cotisation retraite et permet également d’abonder un PER individuel.

Le versement de dividendes par la holding sera fiscalisé normalement (flat tax), dans la limite annuelle de 10% du capital social pour une SARL.
En cas d’apport cession à l’origine de la holding, le capital de la holding sarl devrait être suffisamment élevé pour permettre de beaux dividendes chaque année sans déclencher les prélevement sociaux TNS.
Sinon il faudra changer de forme juridique et passer en SAS.
Ces dividendes seront prélevés des réserves si elles existent , sinon des résultats de l’exercice.

Les frais bancaires sont un peu un « non sujet » , car ils seront équivalent à une détention en direct et deviennent des charges déductibles pour la holding, tout comme ils sont déductibles des RCM dans son irpp.

Oui il y a des frais de tenue d’entreprise, mais en contrepartie l’investisseur détient une société personne morale qui pourra facilement investir avec beaucoup de liberté, tout en rémunérant et payant les frais personnels du dirigeant.

Pour la transmission , la donation anticipée en démembrement des parts à ses enfants, permet de ne pas provoquer la fin du sursis d’imposition tout en optimisant le cout de transmission d’une grosse partie de son patrimoine.

C’est l’ensemble de ses éléments qui apporte bcp d’intérêt patrimonial.

En revanche sortir de l’argent de la holding de manière importante fera supporter une double fiscalité Holding + personnelle: aujourd’hui 25% à l’IS puis 30% de flat tax mais combien demain ?

Sur un scénario de cession de parts bien identifié et certain à court terme, il peut être intéressant d’arbitrer combien de parts conserver en propre afin de ne payer que la flat tax au moment de la cession, et combien apporter à la holding patrimoniale.

2 « J'aime »

Bonjour @JeanCarrera et merci beaucoup pour ce témoignage. Est-ce que concrètement, tu pourrais livrer quelques éléments :

  1. Sais tu si le capital #social# de la holding est obligatoirement le montant de l’apport de tes titres de la société d’exploitation, où sais-tu si pouvais avoir un capital social de la holding fixé à 1000€ par exemple, tout en apportant des titres qui valaient un montant bcp + élevé. Je crois que c’est possible d’avoir un capital social bas, en jouant sur les primes d’émission.

Pourquoi cette question : car avoir une holding avec un capital social qui affiche un montant très élevé ne me plaît pas (tout le monde peut avoir accès facilement).
Et deuxièmement, on sait qu’il y a des règles qu’il faut que la société ait tjs avoir au moins la moitié du capital social.

  1. Tu as fait la création de ta holding quasi au même moment de la cession a priori. Donc la #holding# n’a sûrement pas eu de plus value.

Mais tu aurais fait quoi si par ex si la valeur de tes parts sociales apportées lors de la création de la holding (imaginons 2 M€, PV latente en report d’imposition de 600 K€), ne valaient quasi plus rien 3 ans après cet apport. Au mieux, les titres peuvent par exemple être vendus 100 K€.
Que fais-tu ?

  1. De ton expérience, à partir de quels montants totaux (en remontées de dividendes avec le frottement fiscal + valeur des titres pouvant être cédés ultérieurement) il te semble vraiment très intéressant de créer une holding pour absorber tous les coûts avec une belle marge.

Merci :slight_smile:

Bonjour,

1/ Je ne connais pas spécialement le mécanisme de prime d’émission. Cela est un traitement comptable qui permet de ne pas changer la valeur nominale des parts du capital social en effet.
L’excédent de valeur de l’apport des titres à la holding serait comptabilisé en réserve de prime d’émission.
L’ensemble représente les capitaux propres dans le bilan, qui évoluera en fonction des pertes et profits des exercices ultérieurs.

En fiscalité personnelle et règle de d’imposition de la holding cela ne change rien. En affichage c’est peut être plus discret en effet vis à vis des tiers qui n’aurait pas accès au bilan complet.
La règle de réduction du capital serait en effet contournée en cas de perte importante, si cela est possible sans limite légale, fiscale ou comptable.

2/ Dans mon cas j’avais créé la holding plusieurs années avant avec un premier apport , puis réalisé l’apport d’une autre partie de mes titres 6 mois avant la cession qui était encours de discussion.
Ce deuxième apport a été calibré à la fourchette basse du prix estimé.

Ce faisant la holding a pu recevoir des dividendes quelques années pour la faire exister et démarrer ses investissements patrimoniaux puis encaisser plus de cash au moment de la cession sans trop d’impact fiscal.

La PV de cession globale n’a pas été très importante et a été taxée sur la base de 33% d’IS x 12% (quote part de frais et charge forfaitaire) soit 4% , aujourd’hui cela serait 25%x 12% = 3% . Ce qui est très faible comme frottement fiscal au regard des 30% de flat tax actuel.

En cas de baisse des valeurs des parts apportées à une clôture d’exercice, cela génère une moins value latente. en cas de vente effective à perte cette perte sera constatée et reportable sur les bénéfices des exercices suivants.

Cela ne changera rien à la PV d’apport initiale et aux obligation de réemploi lié au 150 0 b ter.

3/ La holding va générer des frais de constitution et l’apport de titres de participations au capital nécessite un commissaire aux apports. Donc ces opérations ont un cout relativement élevé mais unique. Si tu raisonnes sur 10 ou 20 ans ce coût initial devient insignifiant.

Seul les frais liés à la comptabilité, à la CFE et au suivi juridique de la holding sont à prendre en compte pour estimer les frais récurrents de gestion.
Si tu penses que 1% de « frais de gestion » est raisonnable et que tout cela te coûte 6000/ an, alors 600 000€ d’apport est un minimum.
Je pense qu’à moins de 500 000€ voire 1000 000€ cela n’a pas beaucoup de sens pour faire uniquement du patrimonial. Il est préférable d’explorer d’autres pistes, comme une donation démembrée avec conservation de l’UF , ce qui purgerait la PV de cession et déclencherait uniquement des droits de donation au barème DMTG classique.

En revanche avec le projet de créer ou d’acheter une nouvelle entreprise, ce montage a un sens car il permet de mobiliser 97% (moins les frais initiaux ) du montant de la cession au lieu de 70% si rien n’avait été fait.

1 « J'aime »

Salut @JeanCarrera

Un grand merci pour ton partage d’expérience ! Dans ton dernier message, tu évoques le fait que « La PV de cession globale n’a pas été très importante, env 4% ». On parle bien de la plus value faite par la holding, donc une vente des titres de la société d’exploitation un peu plus cher que la valorisation faite lors de l’apport quelques années plus tôt.

Tu conserves donc le report d’imposition initial (lors de l’apport) chaque année. Si à un moment tu estimes que les coûts de la holding sont trop conséquents par rapport aux montants que cela rapporte, et devoir éventuellement la fermer, n’as-tu pas de crainte de voir le report d’imposition s’arrêter et devoir payer cette PV à ce moment là ?

En ce qui concerne la moins value, [quote=« JeanCarrera, post:29, topic:26248 »]

En cas de baisse des valeurs des parts apportées à une clôture d’exercice, cela génère une moins value latente. en cas de vente effective à perte cette perte sera constatée et reportable sur les bénéfices des exercices suivants.
[/quote]

Sais-tu si cette moins value est reportable sur tout type de bénéfice, ou bien uniquement sur les plus value latente du même type (plus value sur des titres).

J’ai lu ici : Un contribuable a apporté en 2018 les titres d’une société opérationnelle à une société holding qu’il contrôle. La plus-value d’apport a été placée en report d’imposition obligatoire (CGI art. [150-0 B ter]. En 2022, le contribuable cède les titres de la holding reçus en rémunération de l’apport pour une valeur inférieure à leur valeur d’acquisition (valeur d’apport). Cette moins-value réalisée lors de la cession peut s’imputer sur le montant de la plus-value dont le report expire.

(Revue fiduciaire : actualité et information juridique, comptable, fiscale, sociale))

Enfin, de mon côté, je trouve que des coûts à 6000€ / an, c’est assez significatif. Je partais sur un coût d’environ 1 200€ de compta, 100€ de CFE (à Paris), et 300€ de frais bancaires… soit 1600€, voire 1800€ max.

(On attend toujours ton retour :slight_smile: )

Je pense qu’il a pris la fourchette haute mais en gros une holding ne coûte pas plus cher en maintenance que n’importe quelle société (compta, RC pro, CFE, etc), c’est surtout le coût du comptable qui fera la différence.
Par ailleurs si vous êtes seul je vous conseille de vous blinder niveau assurances (assurance homme-clé, etc)

Je pense que tout a été dit en fait.
Ma holding me coute environ 1500e / an. D’ici un ou 2 ans je vais commencer à payer la CFE mais j’imagine que ca ne sera pas énorme (comparé à ma société d’exploitation).
Je suis encore dans une phase où convertir mon EURL en SASU aurait été avantageux mais d’ici un an j’aurai assez d’argent dans ma holding (SASU) pour que le jeu en vaille la chandelle.

Une chose que j’ai toujours voulu faire c’est de prendre des parts de SCPI en usufruit mais c’est très rare.
A défaut je pourrais peut être le faire moi même et acheter la nue propriété en perso et l’usufruit en pro mais il faut avoir de l’argent à investir en pro et perso au même moment (le planifier) et je dois encore y réfléchir.

Pour l’instant avec ma holding j’investi dans la bourse et dans les ENR (Enerfip).

Salut @Lau29 Je pense en effet que c’est une bonne piste à explorer de faire un démembrement croisé en achetant l’usufruit via sa société et la NP en tant que personne physique.
Ceci étant, sais-tu si cela apporte un réel plus si la SCPI a des biens à l’étranger ? Parce qu’en amortissant le coût de l’usufruit, cela diminue déjà fortement le revenu imposable. Ou bien peut-être que d’acheter des SCPI étrangères est bien en pleine propriété via une holding/société ?

Salut, on attend le retour de @Zootime mais j’ai vu passer une vidéo de Dougs dans un FinaryTalk, il dit en effet que les PV latente via société sont imposables en général sur les ETF capitalisant.

Salut @templeton Sur l’un de tes messages, pourquoi conseillerais-tu plutôt de créer une SCI pour acheter des SCPI (ou de l’usufruit de SCPI) et de ne pas le faire directement via la holding ?

Salut, à te lire, de ton point de vue, il faut viser remonter sur plusieurs années et la vente - à minima 1M€ voire 1,5 M€ - pour faire du patrimonial, et qu’en dessous, cela n’en vaut pas vraiment la peine.
S’il y a d’autres personnes qui veulent réagir sur ces montants, n’hésitez pas à compléter :slight_smile:

De ton côté, tu as quels investissements financiers en cours via la holding ?

Bonjour,
Pour avoir récemment fait l’opération, la holding n’est à mon sens utile que si la société d’exploitation dégage du chiffre (e.g la société dégage 150k / an).
Il faut de quoi rentabiliser les frais de fonctionnement de la holding (≈ 2000€ / an, principalement le comptable), si ca te parait beaucoup, ce n’est probablement pas le moment de créer une holding.
L’objectif de la holding patrimoniale est de capitaliser, donc au lieu de toucher l’argent en perso: coucou la flat tax, tu vas remonter cet argent en dividendes dans la holding (régime mère / fille où tu n’es imposé à l’IS que sur 5% (5% sont considéré comme imposable donc en fait au pire tu es à 0.125% du montant des dividendes) au lieu d’une flat tax à 30%).
L’argent reste dans la holding et ne t’appartient pas personnellement, mais en plaçant cet argent pendant 10 ans, la différence a un effet boule de neige conséquent (la trésorerie n’est pas forcément prise en compte, donc mon cas pas du tout).
La holding est en général une SASU et pas une SARL, car on choisit plus souvent de se verser des dividendes via la holding et des salaires avec sa société d’exploitation, ca reste une préférence et la seule différence majeur.
La holding est une société « classique », avec les mêmes taxes et logique de gestion que n’importe quelle société, la seule différence étant son objet social.
Plus besoin de commissaire aux comptes, depuis quelques années (sauf si bilan des 2 sociétés cumulés > 4M pour simplifier).
Mes conseils sans argumenter: pas de holding animatrice (donc une holding passive), pas de facturation entre les 2 / pas de management fees, pas d’intégration fiscale, pas de bidouille, il faut isoler les 2 activités, la holding c’est fait pour que tu fasses travailler ton argent (et le sécuriser).

Pour la création de la holding, en général tu fais un apport-cession, c’est à dire que tu « donnes » tes parts personnelles de ta société d’exploitation à ta holding.
La valorisation de tes parts se fait via un commissaire aux apports (≈ 1000€), il n’y a pas une méthode de valorisation mais il faut quelque chose de cohérent.
Attention point important, en faisant l’apport cession, la holding ne sort pas un euro et tu ne touches rien, tu es un peu contraint de ne jamais fermer ta holding car elle a une dette envers toi du montant de l’apport, si tu la fermes tu seras imposé à titre personnel et sur une valo a 2 ou 3M, ça chatouille.
Il y a pas mal de documentation sur l’apport-cession mais ca reste standard.
Si par malheur ta société d’exploitation ferme (ou la SCI / SCPI est dévalorisée), tu pourras revaloriser les parts de l’apport cession (je n’ai pas les détails mais je sais que le système n’est pas mal fait).
Si tu vends ta société d’exploitation, en fonction du délai depuis quand tu as les parts, tu devras réinvestir une partie mais c’est pas très contraignant.
L’apport-cession n’a rien avoir avec l’OBO (il y a une confusion parfois) qui est une autre solution mais pas adapté à mon sens.

Pour les parts de SCPI, j’ai fait des recherches sans aller jusqu’à voir les banques donc à prendre avec des pincettes: pour faire du crédit, ca reste du crédit immo, un apport de 25 / 30% est souhaité, les banques proposeraient des crédits à des taux bien supérieur à ce qu’on peut avoir en tant que particulier.
Elles comprennent mieux le modèle SCI (ta holding et toi, même si toi tu es a 1% dedans)…
Aussi les banques qui proposeraient des SCPI ne financerait que les leurs.
Je pense que c’est une question de trouver la bonne banque.
Les SCPI en faisant les calculs le rendement est pas exceptionnel et il y a un risque pas nul.

Dernier point sur les actions, c’est compliqué, moi même j’ai galéré pour trouver une réponse fiable:

  • en CTO tu es tranquille, rien à payer tant que tu ne vends pas, sauf sur les dividendes des titres
  • en contrat de capitalisation, rien à payer tant que tu ne rachètes pas le contrat sauf si tu as des ETF avec moins de 90% de titre européen (les ETF synthétique comptent comme du non européen) et la tu paies au prorata… Donc ca te ferme tous les SP500 et MSCI World… source: article 209-0 A du CGI

Le CTO attention c’est un peu plus chiant pour ton comptable (chaque actions doit être saisie, donc achète pas 50 actions).
Sur le contrat de capi, en général tu peux faire un crédit Lombard => credit in-fine sur ≈ 3 ans de 50% du montant de tes actifs sur le contrat.

Dans tous les cas, tout faire valider par ton expert comptable.

1 « J'aime »

Salut @JV1 et merci beaucoup pour ton récit, partage d’expérience !

Je voudrais réagir sur deux premiers points pour le moment.

Quand tu dis : « Attention point important, en faisant l’apport cession, la holding ne sort pas un euro et tu ne touches rien, tu es un peu contraint de ne jamais fermer ta holding car elle a une dette envers toi du montant de l’apport »

Comment ça la holding ne doit pas sortir un euro ?

J’ai toujours lu (cru ?) qu’on pouvait sortir des liquidités de la holding soit via dividendes en payant la flat tax (ou via salaires/rémunération si on a des besoins et souhaits de cotiser pour valider des trimestres de retraite => Eurl intéressante dessus).

Pourrais-tu préciser ce point ?

Ensuite, quand tu dis 'si tu la fermes tu seras imposé à titre personnel et sur une valo a 2 ou 3M, ça chatouille."

Oui, c’est aussi ce que j’ai compris. Si on liquide la holding, on doit payer l’imposition sur le cash restant, + ensuite la PV latente qui avait été mise en report, qui peut être considérable !

Par contre, S’il n’y a plus beaucoup d’argent dans la holding (imaginons que beaucoup d’argent a été récupéré en perso sur 10, 15 ou 20 ans), tu peux toujours vendre les parts de la holding (reste quand même à trouver un acheteur).

Et si tu fais une grosse moins value sur la vente de tes parts de la holding, ce sera déduit de ta PV latente. Ce qui permet de se débarrasser de la holding si nécessaire…

(Car sur 40 ans, une holding peut coûter bien cher, faut que cela en vale la peine. Et à partir de 65/70 ans, on peut vouloir profiter quand même au max du surplus d’argent…)

À suivre avec vos avis :slight_smile:

Comment ça la holding ne doit pas sortir un euro ?

Prenons par exemple, ta société d’exploitation est valorisé 3M par le commissaire aux apports, quand tu vas faire l’apport cession, ca va rentrer au capital de ta holding comme un apport et c’est tout, aucune transaction bancaire. Donc tu te retrouves avec une holding qui a un capital social sur le papier de 3M mais 0€ sur le compte en banque (aussi bien ton compte perso que le compte de ta holding).
On peut dire que c’est juste de la comptabilité.
Après tu peux faire en sorte que la holding te rachète tes parts avec une transaction en euro, mais ce n’est plus un apport cession c’est un OBO, on peut en parler mais c’est complètement différent (la holding prend un crédit pour te payer en perso, et toi en perso tu te prends la flat tax moins des abattements mais tu es perdant).

Une fois la holding créé (apport-cession ou OBO peu importe), ce sont juste 2 sociétés différentes avec le régime mère / fille et la tu peux remonter en dividendes de la société d’exploitation vers la holding (si tu as de la disponibilité sur ta société d’exploitation au dernier bilan) en étant imposé que sur 5% des dividendes, j’insiste sur le imposé, tu ne vas pas payer 5% du montant des dividendes, mais le calcul de l’IS se fait sur 5%.

Toi à titre personnel, tu pourras te remonter un dividende de la holding, comme avec n’importe quelle société, donc après un premier bilan et si il y a du bénéfice, en étant imposé à la flat tax. Ou te verser un salaire dès la 1ere année.
En général quand on monte une holding ce n’est pas juste pour se reverser un dividende, sinon on a juste perdu 5% au passage. On garde la partie salaire sur la société d’exploitation (souvent EURL).

Par contre, S’il n’y a plus beaucoup d’argent dans la holding (imaginons que beaucoup d’argent a été récupéré en perso sur 10, 15 ou 20 ans), tu peux toujours vendre les parts de la holding (reste quand même à trouver un acheteur).

Le sursis d’imposition reste à vie sauf:

  • si la société d’exploitation est liquidée, alors les titres ne valent plus rien => tu paies 0
  • si la holding donne gratuitement les parts de la société d’exploitation (à verifier)
  • il y a quelque chose avec la succession mais je n’ai pas creusé

Tant que ta société d’exploitation est en vie tu dois garder ta holding.
Si tu vends ta société d’exploitation, le sursis d’imposition continue.
La holding a encaissé l’argent, il faut donc que les impôts récupère leur dû à un moment (mais ca peut etre dans 40 ans), la logique est de faire travailler cet argent, c’est comme un crédit à taux zéro sans date de remboursement.

Car sur 40 ans, une holding peut coûter bien cher

Pour cela que ce genre de montage se fait à partir du moment où il y a des montants importants.