Bonjour @manon49 je te réponds franchement, en reprenant quelques points soulevés par @Tamano_75, @Maxime432, @Cococo, @BastienV, @Tristan31 et @Frederic115.
D’abord, “rapatrier les comptes” et mandat de mobilité ne sont pas la même chose que domicilier ses revenus. Le mandat de mobilité (transfert de prélèvements/virements entrants) est optionnel et la clôture de l’ancien compte n’est jamais automatique : comme le dit @Frederic115, c’est toi qui coches (ou pas) la case “clôture”. Tu peux très bien ouvrir un compte dans chaque banque, y faire passer le prêt et les prélèvements demandés, sans leur confier un mandat de mobilité intégral ni fermer ton ancien compte. Si l’un des conseillers a enclenché un mandat “tout transférer + clôture”, tu as le droit de le limiter (transfert partiel) ou de l’annuler avant la clôture effective.
Sur la domiciliation des revenus : depuis 2019, le cadre qui permettait d’imposer une domiciliation “exclusive” contre avantage de taux a été assoupli. En pratique, les banques continuent de demander une domiciliation, mais la sanction habituelle en cas de non-respect est la perte de l’avantage consenti (petit “step-up” du taux prévu au contrat), pas l’exigibilité immédiate du prêt. C’est ce qu’évoque @Cococo : lis ton offre de prêt (onglet conditions particulières) et regarde la clause précise : “domicilier l’ensemble de vos revenus”, délai (souvent 3 mois), et conséquence (hausse de taux de X pb). L’enjeu réel est là, pas dans un “détecteur magique” entre banques.
Concrètement, pour sortir par le haut :
• Choisis une “banque de flux” (celle où tu fais réellement aboutir le salaire) et négocie avec l’autre une formulation du type “domiciliation de flux réguliers” (ex. virement permanent mensuel couvrant échéance + CB + un minimum d’activité). Beaucoup de banques l’acceptent si tu joues le jeu (carte, épargne de précaution, PEL/AV). Tu peux aussi proposer d’y domicilier les loyers des deux biens, ça “compte” souvent comme flux.
• Si l’une exige la mobilité intégrale, demande noir sur blanc : pas de clôture automatique et liste des prélèvements transférés (tu gardes la main). Tu peux très bien laisser ton ancien compte vivre pour encaisser d’autres revenus et faire un virement permanent vers la nouvelle banque ; l’important pour eux, c’est de voir des entrées régulières.
• Évite de signer deux mandats de mobilité “intégrale” en parallèle : au pire tu te retrouves avec des ordres contradictoires qui t’échappent. S’il faut, fais banque A avec mobilité (sans clôture), et banque B sans mobilité mais avec ouverture de compte + virement permanent + CB chez eux. Ça satisfait les deux sans mensonge.
• Si vraiment la banque B ne veut rien entendre sans domiciliation stricte, chiffre le coût de l’avantage de taux : accepter +0,10/0,20 % au lieu de domicilier peut te coûter quelques dizaines d’euros par mois… parfois ça vaut la tranquillité.
Côté “découverte” par les banques : il n’y a pas de fichier positif des crédits en France. Elles ne “voient” pas automatiquement que tu as un autre prêt en cours… mais elles le verront si tu leur donnes des relevés où il apparaît, ou si tu ne respectes pas la clause de domiciliation/flux. D’où l’intérêt de ne pas promettre l’exclusivité si tu ne peux pas la tenir, et de poser maintenant les bases (flux réguliers chez chacune, écrit clair).
Enfin, deux détails pratiques repris par @BastienV et @Tristan31 : tu peux ralentir la mobilité si elle t’a échappé et la re-cadrer (partielle, sans clôture). Et garde à l’esprit que “multibancariser” ses crédits fonctionne très bien… à condition d’être carré sur les engagements contractuels de chacun (flux, cartes, épargne logée). C’est souvent une question de négociation plus que de “jouer et perdre”.