Investir dans un fond de startup?

Bonjour Ă  tous,

J’ai investi dans pas mal d’actifs depuis 4 ans (actions - ETF, cryptos, immobiliers) et depuis quelques temps j’ai tenté des projets en financement sur des plateformes comme Lita, Tudigo, Crowdcube etc. sur des parts sociales et des obligations.

Le souci c’est que j’ai été pas mal bloqué par des tickets d’entrée souvent élevés (100-1000€ voire plus parfois) ce qui limite très fortement la diversification. Néanmoins, je trouve ça quand même chouette de pouvoir participer à cette économie de l’innovation et de l’impact. J’aimerais donc pouvoir faire ça à un ticket d’entrée plus bas, et de façon plus simple.

Je ne viens pas demander des conseils mais plutôt ouvrir une discussion et avoir votre avis sur un possible produit financier. Je m’excuse par avance si mon sujet n’est pas au bon endroit / n’est pas adapté mais je vois difficilement un meilleur endroit que ce forum pour poser cette question :
Que pensez-vous d’un fond obligataire de startup tech / à impact ? Ou de quelque chose qui s’en rapproche. Cela permettrait d’avoir une visibilité sur la rentabilité du fond, d’avoir potentiellement accès à des investissements hors plateforme de crowdfunding et d’assurer une bonne diversification. Le modèle de prise de participation dans le fond est à définir.

Je vous remercie pour tous vos retours et je vous souhaite une bonne soirée.

Cordialement,
Benoît

Bonjour Benoit

Le venture capital est l’un des vecteurs d’investissement les plus risqués.
Les coûts d’analyse et de constitution d’un portefeuille diversifié (minimum 20 lignes), disposant d’une espérance de gain positive, sont particulièrement élevés.
C’est un marché illiquide. Le délai de construction d’un tel portefeuille est d’au moins 3 à 4 ans.

Ces coûts sont répercutés par les gestionnaires en frais de gestion et en prime de performance (carried interest), qui sont donc nettement plus élevés que ce que vous avez l’habitude de pratiquer (ETF, actions, immobilier).

Il s’adresse donc plutôt à des épargnants qui peuvent mobiliser des enveloppes nettement plus importantes que la fourchette 100-1000 € que vous évoquez. Plutôt de l’ordre de 50.000 € à 500.000 €.

Ceci étant dit, certaines initiatives ont été lancées récemment pour abaisser cette fourchette autour de 20.000 €. Mais je n’en dirai pas plus pour ne pas faire notre propre publicité :grin:

Bonjour Treebeard,

Merci pour votre réponse !

Je comprends bien votre point, et je suis d’ailleurs totalement d’accord avec vous. Néanmoins, vous parlez du venture capital (donc, si je ne me trompe pas, de la prise de participation) là où je parle surtout de prêt obligataire. Le risque est sûrement sensiblement similaire, mais au moins les rentabilités sont plus simples à calculer et il y a un versement d’intérêt.

Idem, les plateformes que j’évoque ont permis de démocratiser la prise de participation / prêt obligataire dans des entreprises / startup, avec par exemple enerfip et des tickets d’entrée à 10€ (ce qui est assez rare pour être souligné).

Mon point Ă©tait surtout de mettre en avant le fait que plutĂ´t que de prendre des participations / faire des prĂŞts obligataires « au doigt mouillĂ© Â» dans 4 entreprises avec des tickets entre 100 et 1000€ (sur lita, crowdcube etc.) ne valait-il mieux pas parier sur un fond obligataire qui a fait plusieurs dizaines de prĂŞts, oĂą le risque est donc sensiblement plus faible et oĂą investir 100€ permet directement de diversifier sur 10/20/30 entreprises ?

Comme vous le dites, c’est justement parce que c’est un des investissements les plus risquĂ©s qu’il faut diversifier de façon cohĂ©rente - mais avec des tickets Ă  1000€ c’est difficile pour un Ă©pargnant « lambda Â» d’avoir 20 lignes.

Au plaisir d’avoir votre avis en prenant en compte cette nuance ! Et encore merci pour votre temps.

Benoît

Le prêt obligataire aux startups et aux jeunes entreprises se fait pour l’essentiel sous forme d’obligations convertibles. On retombe alors sur le venture capital.

Pour de l’obligataire pur, la prime de risque sera probablement démentielle (10-15 points) par rapport à des produits obligataires d’Etat ou de grandes entreprises. Les seules PME / startups qui pourraient solliciter ce type de produits sont celles qui ont des revenus réguliers pour payer un intérêt élevé et rembourser in fine, mais qui se voient refuser des prêts bancaires à des conditions standard.

Pas sûr qu’il y ait un marché solvable sur ce créneau :grinning:

Merci pour votre réponse !
Ok, donc on parle à peu près de la même chose.

En l’occurrence, je vous rejoins sur le fait que les PME / startups qui vont solliciter ces produits n’ont sans doute pas rĂ©ussie Ă  avoir de prĂŞts bancaires « classiques Â», mais elles peuvent aussi très bien vouloir engager leur communautĂ© comme ça a Ă©tĂ© le cas rĂ©cemment sur quelques entreprises que j’ai pu voir passer sur des plateformes de financement (qui avaient par ailleurs, pour certaines, sĂ©curisĂ©es une levĂ©e de fonds auprès d’institutionnels en mĂŞme temps). Et de mon point de vue, c’est une bonne chose que l’épargne des particuliers servent Ă  financer des projets que les banques traditionnelles n’ont pas voulu soutenir.

Je ne vois pas trop ce que vous voulez dire par marché solvable : une bonne partie des projets sur les plateformes de financement participatif arrive à atteindre ses objectifs minimums de levée. C’est qu’il y a donc, de mon point de vue, un fort intérêt de la part des utilisateurs pour ces produits. Et donc pourquoi ne pas faire gagner du temps à tout le monde en créant une entité qui investit dans pas mal de projets, et où il suffit d’investir une seule fois pour être diversifié.

Maintenant, si vous parlez de la solvabilité d’une participation, c’est en effet plus complexe car le marché est illiquide comme vous l’avez bien précisé. Cependant rien n’empêche d’envisager de la revente de parts lors d’une augmentation du fond, et donc d’une sortie pour des investisseurs.