Investir sur soi pour augmenter ses revenus

Bonjour a tous, je finis ma classe de première, je vais avoir 17 ans dans 4 mois et je m’intéresse a l’investissement en général. J’ai quelques crypto depuis fin 2022 et j’aimerais potentiellement commencer a investir en bourse à mes 18 ans après ouverture d’un PEA.

Après quelques recherches sur l’investissement quand on est encore mineur, un conseil reviens souvent : le meilleur investissement n’est pas forcément la bourse, mais plutôt « investir en soi » afin d’augmenter ses revenus futurs.

Je comprends l’idée générale, mais je trouve que ce conseil reste souvent assez abstrait. Avez vous quelques conseils ou idées pour m’aider à y voir plus clair. Et si certaines personnes ont un retour d’expérience sur ce sujet. Merci

@Clovis3, à ton age, le “investir en soi” consiste à investir ton temps pour te faire un bon dossier afin que tu puisses faire les études post-bac que tu souhaites

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C’est un vaste sujet donc difficile de ne pas être trop abstrait mais je vais essayer de donner des pistes.

1/ Pour une personne partant de 0 (pas de coup de pouce familial ou de patrimoine existant), les revenus sont le plus gros facteur pour constituer un patrimoine.

Par exemple, imagine ces deux profils :

  • Personne qui vit comme un moine et fait 2x mieux que le marché grâce à la meilleure allocation du monde…mais qui ne peut investir que 200€ par mois car il touche le SMIC.
  • Personne qui vit en-dessous de ses moyens tout en s’autorisant des plaisirs (vacances, sorties,etc.) et a une allocation basique (full MSCI world)…mais investit 1000€ par mois car il a de bons revenus.

Je te laisse calculer la différence de patrimoine à 10/20/30 an.

2/ Si tu arrives à trouver un métier qui vérifie ces 4 critères, tu seras bien mieux que 95% de la population.

  • Domaine où tu es bon
  • Domaine qui recrute et avec un bon salaire
  • Domaine qui te plaît même si ça ne doit pas forcément être une passion
  • Bonus : domaine/poste relativement safe face au remplacement par IA vu ton âge.

Après évidemment, chacun pondère les critères en fonction de ses objectifs personnels. Certains acceptent (au moins temporairement) de bosser 70-80 heures par semaine même en vacances si ça leur permet de gagner beaucoup.

P.S. : je mets de côté l’entrepreneuriat car c’est aussi un vaste sujet et qui demande des compétences et de l’expérience de toutes façons. Surtout si on commence sans patrimoine familial.

Ce que tu cherches à décrire est valable, mais ton exemple force un peu le trait. Quelqu’un qui, par on ne sait quel miracle, parvient à faire deux fois mieux que le marché (environ 1.3%/mois) va inexorablement finir par avoir un patrimoine plus élevé en investissant 200€/mois que quelqu’un qui investi 1000€/mois en égalisant le marché (environ 0.65%/mois).

La preuve en chiffre (sur 30 ans = 360 mois):

  • 200*(1.013^360 - 1)/(1.013 - 1) = 1 593 360 €
  • 1000*(1.0065^360 - 1)/(1.0065 - 1) = 1 431 219 €

Mais sur le principe tu as raison. En forçant moins le trait, mieux vaut investir 1000€/mois mal (Ex: sur un fond actif bourré de frais sur une AV bourrée de frais), que 200€/mois bien (Ex: sur un MSCI world bas en frais sur un PEA quasi sans frais)

Et donc, pour créer du patrimoine et atteindre une certaine sécurité financière, mieux vaut vivre légèrement en dessous de ses moyens en gagnant 3000€/mois que de vivre comme un moine en gagnant 1500€/mois.

Et donc effectivement, à 17 ans, mieux vaut travailler sur ses revenus futurs plutôt que d’absolument ouvrir et investir dans un PEA.

Il y a aussi un autre aspect assez insidieux : Voir cette réponse que j’avais donnée il y a quelque temps sur ce forum.

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L’idée étant de dire qu’il vous sera plus profitable d’investir sur vous pour augmenter rapidement vos revenus, plutôt que de passer votre temps à chercher à optimiser ceux que vous touchez aujourd’hui. Et en plus de la réponse déjà très complète de Teno, j’ajouterai aussi développer votre curiosité.

Pour être concret, sur votre investissement actuel, ne perdez pas trop de temps à optimiser à fond. En faisant le parcours maintes et maintes fois évoqués dans les vidéos Finary, vous aurez déjà un bon rendement. Choix de banque avec peu de frais, épargne de précaution est déjà un bon début, ouvrez un PEA avec un petit DCA si vous voulez allez plus loin. Ne perdez pas de vue que vous aurez besoin de liquidités pour démarrer dans la vie. Donc ne mettez sur le PEA que ce dont vous êtes certain de ne pas avoir besoin dans les 5 ans.

Comme déjà dit, sauf situation particulière, “investir sur toi” à ce stade de ta vie correspond à assurer tes études et préparer ta carrière.

Par exemple, le patrimoine social et culturel est déterminant dans un grand nombre de domaines (je vous épargne les bourdieuseries habituelles, mais une lecture intéressante sur le sujet : Diversité sociale dans les classes préparatoires aux grandes écoles : mettre fin à une forme de « délit d’initié » - Sénat, notamment cette section). Savoir quelles branches sont porteuses, quelles universités/écoles viser et pour quels cursus, les options à choisir, comment optimiser son dossier puis son CV, quels raccourcis / aides existent, bien réseauter et faire bonne impression en entretiens, ce n’est pas inné. À moins d’être déjà dans un environnement propice, il faut donc commencer par investir du temps à se renseigner, échanger avec des étudiants plus avancés et des professionnels, etc. Et évidemment s’impliquer au maximum dans ses études actuelles pour s’assurer d’avoir le plus de choix possible pour la suite.

Pour l’investissement pécuniaire, mon conseil va t’emmerder mais j’achèterais des bouquins. Pas du développement personnel à deux balles mais des livres pour se cultiver, et prendre de l’avance sur le domaine qui t’intéresse. Si tu vises une filière technique (à tout hasard dans l’informatique ou la donnée par exemple), tu peux aussi voir s’il existe des formations payantes de qualité. Typiquement, pas des programmes d’influenceurs mais des formations en ligne réputées proposées par des écoles ou des entreprises.

Tout ça est beaucoup plus facile à dire qu’à faire mais malheureusement il n’y a pas d’investissement miracle.

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plus en général, essayer de faire ce qui te plaît (ça c’est moins difficile) de manière non opportuniste mais, et c’est là que ça se complique, en essayant de garder trace de ce que l’on apprend, des personnes qu’on connaît, etc.

Exemple dans le monde pro: normalement on n’embauche pas « le meilleur » (déjà car impossible de le savoir en avance) mais « le plus rassurant » : les choix sont faits par des personnes. Si ton CV arrive aux RH ou au manager à travers un contact (encore plus facile si de confiance), ils auront tendance à choisir ton CV (si compatible avec le poste) même si moins qualifié sur le papier.

Mais surtout dans ta carrière tu ne pourras jamais être au courant de toutes les opportunités pertinentes, alors si quelque part il y a quelqu’un qui peut se dire « tiens, ça me semble le job parfait pour Clovis, faut que je lui passe un coup de fil pour prendre des nouvelles! », c’est jackpot.

PS: je souligne le « de manière non opportuniste » car ça se « sent » quand c’est le cas ou pas

@Teno pour info, ça s’appelle Ikigai:

Tout à fait d’accord @Pestorius , je souhaite juste rajouter une chose : il n’y a pas qu’un seul parcours possible et ils sont tous juste différents (pas mieux, pas pire).

Exemple: je n’ai jamais terminé le lycée, heureusement j’étais passionné d’informatique et ça m’a permis de travailler tout de suite (certes, c’était une autre époque : la fin des '90) et bâtir une (excellente) carrière ; mais cela ne suffit pas : après 10 ans dans des domaines très techniques (admin systèmes, admin réseaux, sécu informatique), je suis resté toujours en IT mais vente, puis marketing produit, puis stratégie (le tout en partant à l’étranger).
Après presque 30 ans de carrière, j’ai passé 2 VAE (BTS en systèmes numériques et Master en gestion d’organisations) en 2 ans : tout ça pour dire que le parcours du point A au point B n’est pas toujours si linéaire et qu’il faut que chacun bâtisse le sien sinon on risque de:

  1. ne pas « réussir »
  2. de passer une vie à la poursuite de quelque chose sans s’épanouir.

Statistiquement, ceux qui réussissent sont ceux/celles 1) qui font quelque chose qui les passionne 2) qui cultivent leur curiosité (qui va faire qu’on soit différent(e) de tous les autres) 3) ceux/celles qui ont déjà tout prêt (mais là je n’ai pas de conseils à partager :smiley: )

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@Clovis3

Très bonne question, et tu as raison : “investir sur soi” est souvent répété un peu n’importe comment, sans exemple concret derrière.

Pour moi, à ton âge, ça veut surtout dire une chose : faire en sorte que dans 5 ou 10 ans, tu sois capable de gagner plus, de comprendre plus vite, de mieux choisir tes opportunités et de ne pas dépendre uniquement de la chance.

Ça ne veut pas dire acheter des formations Instagram, se lancer dans un business forcé à 17 ans ou lire des livres de développement personnel en boucle. Ça veut dire construire des bases solides.

Le premier truc, vraiment, c’est l’anglais. Pas juste l’anglais du lycée. Un vrai anglais utile. Être capable de lire un article sérieux, comprendre une vidéo sans sous-titres, écrire un mail propre, parler avec quelqu’un sans être bloqué. Ça ouvre énormément de portes : finance, tech, business, études, stages, international, IA, recherche… Beaucoup de bons contenus sont en anglais. Beaucoup de bons jobs demandent l’anglais. C’est un investissement énorme, et presque gratuit si tu t’y mets sérieusement.

Deuxième chose : apprendre à écrire clairement. C’est sous-coté. Dans la vraie vie, quelqu’un qui sait faire un mail propre, une note claire, un résumé intelligent ou une candidature bien écrite passe devant beaucoup de monde. Tu peux t’entraîner simplement : une fois par semaine, tu prends un sujet que tu veux comprendre et tu le résumes en une page. Une entreprise, une crise économique, un métier, un secteur, peu importe. Le but, c’est d’apprendre à penser clairement.

Troisième point : comprendre comment fonctionne l’argent dans une entreprise. Chiffre d’affaires, marge, dette, cash-flow, bilan, compte de résultat, impôts, avantages concurrentiels. Pas besoin d’être expert-comptable, mais si tu comprends ces notions tôt, tu regarderas les entreprises et les investissements différemment. Tu éviteras aussi de te faire impressionner par les gens qui parlent fort mais ne comprennent pas grand-chose.

Après, il y a le choix des études ou de la voie pro. Là, il faut être lucide. Toutes les formations ne se valent pas économiquement. Ça ne veut pas dire qu’il faut choisir uniquement en fonction du salaire, mais ignorer les débouchés est une grosse erreur. Regarde les salaires de sortie, les stages possibles, la réputation de la formation, les passerelles, le réseau d’anciens, l’international. Un bon diplôme, une bonne alternance ou un bon premier stage peuvent changer toute une trajectoire. Pas besoin de faire “la meilleure école de France”, mais il faut éviter les voies floues où personne ne sait vraiment où elles mènent.

Travailler tôt peut aussi être très formateur. Pas forcément pour gagner beaucoup tout de suite, mais pour comprendre le monde adulte : les horaires, les clients, les chefs, les délais, la fatigue, les responsabilités. Un job d’été, un stage, une alternance, une mission sérieuse dans une association… tout ça apprend des choses qu’on ne voit pas en cours. Et surtout, ça te donne une réputation de personne fiable.

Un autre point énorme : l’environnement. Essaie de fréquenter des gens qui te tirent vers le haut. Pas forcément des gens plus riches ou plus impressionnants, mais des gens sérieux, curieux, ambitieux, fiables. Le réseau, ce n’est pas juste du piston. C’est garder contact avec des personnes bien, poser de bonnes questions, remercier, faire du bon travail, être agréable à recommander. À chaque stage, job ou projet, essaie de garder un lien propre avec deux ou trois personnes de qualité.

Et puis il y a un truc moins glamour mais essentiel : l’hygiène de vie. Si tu dors n’importe comment, que tu scrolles jusqu’à 2h du matin, que tu n’arrives pas à te concentrer 30 minutes, tu pars avec un handicap. Le sommeil, le sport, la régularité, la capacité à tenir une promesse, ça paraît basique, mais ça fait une différence énorme. Être fiable à 20 ans, c’est déjà rare.

Apprends aussi à parler et à défendre tes idées. Savoir vendre, ce n’est pas forcément devenir commercial ou baratineur. C’est comprendre ce que l’autre attend, présenter clairement une idée, demander un stage, négocier un salaire, expliquer pourquoi tu peux apporter quelque chose. Beaucoup de gens compétents restent invisibles parce qu’ils ne savent pas formuler leur valeur.

Et garde une culture générale solide. Histoire, économie, géopolitique, droit de base, institutions, un peu de littérature aussi. Ce n’est pas pour faire joli. Ça aide à comprendre le monde, à discuter avec des gens plus expérimentés, à ne pas se faire balader par le premier discours bien emballé.

Concernant la bourse, oui, c’est bien de t’y intéresser tôt. À 18 ans, tu pourras regarder le PEA ou le PEA jeune selon ta situation fiscale. Apprendre les ETF, les frais, la fiscalité, les risques, c’est très utile. Mais ne mets pas la charrue avant les bœufs. À 17 ans, quelques centaines d’euros en bourse ne vont pas transformer ta vie. En revanche, un bon niveau d’anglais, un bon stage, une bonne orientation ou une compétence utile peuvent augmenter fortement tes revenus futurs.

Pour les cryptos, garde en tête que c’est très risqué. Tu peux expérimenter avec une petite somme si tu comprends ce que tu fais, mais ne fais pas de ça le centre de ta stratégie. Pas de levier, pas de trading permanent, pas de “je vais rattraper le marché”. C’est souvent comme ça que les jeunes se grillent.

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Oui je ne voulais pas dire que la réussite scolaire est le seul moyen de sécuriser une carrière (même si je suis forcément biaisé en ce sens, étant dans un domaine où l’autodidaxie n’existe pas).