Depuis la vidéo de Finary sur l’or, j’ai remarqué qu’il existe plusieurs façons très différentes de s’y exposer, chacune avec ses propres contraintes, ses avantages, sa propre fiscalité, et des profils d’investisseurs assez distincts derrière.
Pour ma part, je débute depuis peu avec les ETC pour mon allocation en or, avec aussi quelques pièces physiques (Louis d’or que j’ai reçus de ma grand-mère).
Et vous, quel support utilisez-vous pour vous exposer à l’or, et pourquoi ce choix ?
Voici ce que j’ai pu comprendre des principaux supports disponibles.
Le Napoléon 20 francs et les pièces d’or
C’est la voie qui semble la plus directe et probablement la plus ancrée dans la culture patrimoniale française. Le Napoléon 20 francs (Marianne Coq ou Napoléon III) resterait la référence : 515 millions de pièces en circulation, prime proche de 0%, liquidité importante. Pour des montants plus élevés, le Souverain anglais (7,32g d’or fin) ou le Krugerrand (une once) semblent des alternatives sérieuses, reconnues partout en Europe.
Ce qui me semble attrayant dans cette approche : on détient quelque chose de tangible, insaisissable numériquement, et potentiellement transmissible. Ce qui me semble contraignant : le stockage, la discrétion nécessaire, et une fiscalité qui peut devenir complexe sans les bons justificatifs.
Sur ce dernier point, deux régimes existent à la vente apparemment. La TMP (Taxe sur les Métaux Précieux) à 11,5 % sur le prix de vente total, ou le régime des plus-values réelles à 37,6 % sur le gain uniquement, avec exonération totale après 22 ans. Ce second régime me semble nettement plus favorable sur la durée, mais il nécessite de conserver scellés et factures d’achat originales pour chaque pièce. Sans ces justificatifs, le fisc peut requalifier en TMP, ce qui peut transformer une plus-value modeste en perte nette.
Les lingots et lingotins
Ils existent, mais me semblent inadaptés dans la plupart des cas. Les lingotins de 1g affichent une prime de 10 à 15% dès l’achat. Bref, on perd cette somme dès le premier jour, avant même que le cours bouge. Les gros lingots, eux, ne sont pas sécables : impossible de vendre partiellement si on souhaite réallouer une partie de son patrimoine. Les pièces offrent donc bien plus de flexibilité pour le même métal.
Les plateformes d’achat fractionné
Des plateformes permettent d’acheter de l’or physique détenu par un tiers en son nom. Attention, cette solution introduit un intermédiaire supplémentaire qui se rémunère d’une façon ou d’une autre, souvent via une prime significative à l’achat et des frais récurrents. La liquidité y est également contrainte : on ne peut revendre qu’à d’autres investisseurs du même réseau, sous réserve qu’il y ait de la demande au bon moment.
Les ETC (Exchange-Traded Commodities)
C’est l’équivalent d’un ETF, mais spécialisé dans les matières premières. L’Amundi Physical Gold (FR0013416716) en est l’exemple le plus accessible en France : 0,12 % de frais annuels, erreur de suivi d’environ 0,2 %, adossé à de l’or physique réel stocké chez HSBC à Londres. Si l’or monte de 2 %, cet actif monte à peu près de 2 %.
Ce qui me semble attrayant : la simplicité d’achat et de revente en quelques clics, aucune contrainte de stockage, des frais très bas. Ce qui me semble moins adapté : on ne détient pas l’or directement, mais une créance sur un fonds. En cas de crise systémique profonde, c’est une nuance qui peut compter pour certains profils.
Fiscalement, c’est la flat tax de 30 % sur les plus-values en CTO. À ma connaissance, aucun produit n’est éligible au PEA.
Les actions de sociétés minières
C’est une exposition indirecte à l’or. Les revenus de ces sociétés sont corrélés au prix du métal, mais la réplication reste imparfaite. Leur volatilité est bien plus importante que celle de l’or physique, leurs coûts d’extraction variables, et leur management soumis aux aléas habituels de toute entreprise. Il existe des ETF d’indices de sociétés minières pour diversifier ce risque, mais l’exposition à l’or y reste approximative.
Ce support me semble convenir à des investisseurs ayant déjà une bonne maîtrise des marchés actions et souhaitant une exposition dynamique, avec une volatilité assumée. Pour les autres, il faut avoir bien compris ce qu’on achète réellement.