Il y a une autre grosse limite à l’avance Suravenir : l’appel de marge est bourrin, pour une LTV de 65% (LTV = loan to value, ratio du montant du prêt sur la valeur de l’AV).
Si tu as 100 €, tu peux emprunter 60 €. Si ton AV baisse de 8% (ce qui n’a rien d’exceptionnel) et passe à 92 €, ton avance représente plus de 65% du montant du contrat. Tu dois donc rembourser partiellement l’avance sous 15 jours ! Et si ton contrat passe à 57 € (soit 43% de baisse, ça peut arriver sur un portefeuille 100% actions) ils se servent immédiatement.
Chez Spirica, c’est déjà plus soft. Tu as 20% de battement (mais en intégrant les intérêts du prêt) avant qu’ils ne demandent le remboursement, avec 1 mois pour s’y conformer.
Sur Bourso, la LTV est plus faible (50% de la valo de l’AV) mais les appels de marge sont plus doux : ton AV peut baisser de 40% avant qu’ils ne viennent se servir.
Les 9 ans de Spirica sont un avantage sur Bourso, mais il faudrait voir comment les reconductions tacites de l’avance sont gérées (le contrat ne le dit pas explicitement). Est-ce qu’ils vérifient la couverture de 60% au moment du renouvellement ou selon sa valeur au moment de la souscription de l’avance ? Dans le second cas, si le contrat baisse, tu pourrait te retrouver à faire un remboursement au bout de 3 ans.
Pas évident de savoir quelle est l’offre la plus adaptée pour investir à long terme ! L’avance Spirica laisse plus de temps pour récupérer d’un bear, mais autorise moins de drawdown.
Clairement, la ligne de crédit des AV Luxembourgeoises est plus souple (meilleure LTV et pas de délai), mais c’est réservé à une minorité d’investisseurs. J’en viens à me dire que prendre du levier par futures ou par ETF leveragé est peut-être plus adapté aux investisseurs moins fortunés, mais ils demandent plus de connaissances, de discipline et ont des inconvénients.