Lump sum en mars 2024 que faire?

J’ai creusĂ© un peu la thĂ©orie des marchĂ©s efficients et effectivement c’est assez intĂ©ressant
 cependant, il ne faut pas oublier que ça reste une thĂ©orie ( plus ou moins partagĂ©e) et qui est basĂ©e sur des hypothĂšses qui peuvent aussi ĂȘtre remises en question
 AprĂšs est-ce qu’on est dans un marchĂ© efficient Ă  100% deux temps je ne penses pas
 Il y a clairement des aberrations dĂ» au fait que certains Ă©vĂ©nements « illogique Â» poussent certains investisseurs Ă  investir Ă  des pĂ©riodes plus que d’autres
 Genre vendre en fin d’annĂ©e pour racheter en dĂ©but d’annĂ©e
la mĂ©tĂ©o : quand il fait beau on est plus antousiaste que lorsqu’il fait crados, etc
 Ce qui en soit n’est pas un rĂ©el problĂšmes dans la mesure oĂč la grande majoritĂ© des investissements se font par des professionnels qui Ă©valuent le prix d’une part Ă  l’instant T en fonction des donnĂ©es macro Ă©conomique, etc
 mais le problĂšme est que l’investissement en bourse se dĂ©mocratise Ă  une telle vitesse que les investisseurs particulier lambda (nous!) peuvent ĂȘtre Ă  l’origine de surĂ©valuation du prix d’une action et ainsi crĂ©er des bulles
 Je ne sais pas si je suis clair mais en prenant l’exemple de l’IA. En ce moment quand on parle investissement tous les gens lambda investissent Ă  go go sur l’IA sans pour autant Ă©tudier les donnĂ©es Ă©conomiques mais juste par " phĂ©nomĂšne de mode"
 On peut donc facilement imaginer que plus il y aura d’investisseur lambda et moins les marchĂ©s seront efficients non?
Concernant les ETFs sectoriels, ok pour dire qu’il n’y a pas de raison pour que les entreprises d’un secteur en particulier superforment les autres
 mais il n’y a pas non plus de raison qu’elles performent moins que les autres
 Que les marchĂ©s soient efficients n’empĂȘche pas de penser qu’il y a tout de mĂȘme des secteurs « refuges Â». Par exemple concernant le milieu de la santĂ©. Je suis tout de mĂȘme plus serein en investissant dans un secteur Vital comme la santĂ© que si j’investissais dans un parc d’attraction
 Non tu n’es pas de mon avis @vincent.p ? AprĂšs, je sais que si la santĂ© reprĂ©sente
X% dans le ETF world c’est bien pour une raison et que je ne devrais donc pas surpondĂ©rer ce secteur. Mais qui dĂ©cide justement de la proportion des secteurs d’activitĂ©s dans un ETF comme le World ?:roll_eyes:

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Non. Je te propose de continuer Ă  creuser la thĂ©orie. MĂȘme imparfaite, elle est sans aucun doute de meilleur conseil que les intuitions.

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Salut Vincent.p,
Est-ce que selon toi les ETFs qualifiĂ©s de « low volatility Â» disponibles en CTO et dans certaines AV valent le coup de s’y intĂ©resser ou c’est un peu comme les ETFs sectoriels #arnaque :joy:

Ah, l’anomalie low volatility. Elle est compliquĂ©e celle-ci. Il y a deux sujets :

  • Est-ce que l’anomalie existe vraiment ou est-ce le fruit d’une torture des donnĂ©es ?
  • Si l’anomalie existe, est-elle bien capturĂ©e par les ETF factoriels ?

La constatation de base, c’est que les actions Ă  basse volatilitĂ© ne suivraient pas le modĂšle CAPM. En gros, les actions Ă  Beta faible auraient un rendement certes plus faibles que celles Ă  beta Ă©levĂ©, mais pas proportionnelle Ă  leur plus faible volatilitĂ©.

Une explication que j’ai lue Ă  plusieurs endroits, c’est que ces actions sont dĂ©laissĂ©es parce que les investisseurs ont tendance Ă  prĂ©fĂ©rer les portefeuilles concentrĂ©s en actions volatiles car elles ont une espĂ©rance de rendement supĂ©rieure et que les investisseurs sont souvent rĂ©fractaires au levier. Cf. La horde de membres du forum qui prĂ©fĂšrent surpondĂ©rer en Nasdaq (Beta 1,2) plutĂŽt que rester sur du World (Beta 1) et d’en prendre 20% en plus. Cette moindre demande impacte les prix Ă  la baisse, donc augmente l’espĂ©rance de rendement.

Le hic, c’est que les chercheurs et praticiens sont divisĂ©s sur ce phĂ©nomĂšne. Cet article du CFA Institue montre qu’on peut expliquer une bonne partie du facteur low volatility avec des facteurs Value et Quality (beaucoup plus communĂ©ment acceptĂ©s). On peut donc se demander si ce facteur ne serait pas dĂ©jĂ  en grande partie capturĂ© si l’on a d’autres ETFs factoriels.

AQR n’inclut pas ce facteur dans sa liste “A century of factor premia” mais y intĂšgre Momentum, Value et Defensive (une forme de Quality). À la question “est-ce que le facteur existe”, j’ai donc envie de rĂ©pondre “peut-ĂȘtre, mais j’aurais tendance Ă  Ă©couter tontons Cliff Asness et Antti Ilmanen”.

Admettons qu’on pense qu’il existe, peut-on capturer efficacement ce facteur ?

Un point important est que ce facteur (comme les autres prĂ©sentĂ©s par les chercheurs) est long-short. C’est-Ă -dire que pour le rĂ©pliquer il faudrait acheter les actions Ă  basse volatilitĂ© et vendre Ă  dĂ©couvert les actions les plus volatiles, ce qu’on ne peut pas faire dans un ETF grand public.

Les ETF factoriels, mettons un MSCI Volatility, peuvent s’imaginer comme la superposition d’un MSCI World pour 100% du montant investi et d’un long/short pour une fraction du montant (dire active). C’est-Ă -dire qu’on part d’un MSCI world, que l’on ajuste en vendant (totalement ou partiellement) les actions les plus volatiles et en achetant (surpondĂ©rant) les moins volatiles. Cette fraction active se mesure en faisant la somme des sur et sous-ponderations par rapport Ă  l’indice de base. Je l’avais mesurĂ©e sur des ETF factoriels MSCI, de mĂ©moire c’était dans les 70/80%

On obtient au final un ETF qui nous produit les rendements combinĂ©s du MSCI World et d’un portefeuille long/short low volatility.

Mais ce long/short n’est PAS le facteur low volatility des chercheurs. DĂ©jĂ , on ne peut pas sous-pondĂ©rer les actions plus que leur poids initial dans le MSCI World. C’est problĂ©matique pour le Low Volatility car la branche short semble beaucoup contribuer Ă  la perf finale.

La fraction active de l’ETF ne va donc pouvoir capturer qu’une partie du facteur. Dans quelle mesure ? Il faudrait faire une rĂ©gression multivariĂ©e des rendements de l’ETF par rapport Ă  l’indice World et au Facteur Low Volatility pour l’estimer (ça se fait sous Excel si on a les donnĂ©es sous la main, mais les rĂ©sultats se trouvent sur internet pour certains ETFs). Il s’avĂšre que l’efficacitĂ© de capture du facteur varie fortement d’un ETF factoriel Ă  l’autre, de 15% (naze) Ă  60% (pas mal) selon les rĂ©gressions que j’ai vues par-ci, par-lĂ .

On doit ensuite en retrancher le surcoĂ»t de l’ETF par rapport Ă  un ETF indiciel de base, plus les coĂ»ts de trading liĂ©s aux indices actifs comme ceux des ETFs factoriels.

Au final, on ne peut espĂ©rer capturer qu’une petite partie du facteur avec les ETFs grand public. De l’ordre de quelques dixiĂšmes de % d’espĂ©rance de rendement en plus que l’indice de base (j’ai vu des estimations de 0,3% Ă  1,2% selon les auteurs et les ETF), avec des pĂ©riodes parfois prolongĂ©es (genre dĂ©cennales) de sous-performance.

  • Est-ce que je suis convaincu par les facteurs ? Oui.
  • Est-ce que je pense que ça vaut le coup de biaiser son portefeuille par rapport au marchĂ© pour en intĂ©grer (malgrĂ© les limitations Ă©noncĂ©es ci-dessus) ? Oui, notamment car les facteurs sont imparfaitement corrĂ©lĂ©s Ă  l’indice, cette diversification permet de collecter un (lĂ©ger) bonus de rĂ©Ă©quilibrage.
  • Est-ce que c’est indispensable et adaptĂ© Ă  tout le monde ? Non, car ça demande plus de boulot de suivi et qu’on aura des pĂ©riodes de sous-performance vraiment pas nĂ©gligeables oĂč le mental sera challengĂ© (mais c’est ce qui fait que les facteurs perdurent. No pain, no gain.)

En tout cas, c’est Ă  mon sens de la came beaucoup plus intĂ©ressante que les ETFs sectoriels.

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Tout d’abord je te remercie de faire partager ta science
:blush::+1:.
Ensuite, ta remarque concernant l’impossibilitĂ© de sous pondĂ©rer les actions plus que leur poids initial ça veut dire qu’on ne peut surponder les actions les moins volatiles Ă  dĂ©faut de pouvoir sous pondĂ©rer les actions les plus volatiles?

Oula pas trÚs rassurant ça ? :disappointed:

En gros tu nous conseilles de rester sur des ETFs classiques et grand public au lieu de chercher des ETFs sectoriels mĂȘme quand on commencera Ă  sĂ©curiser un max son patrimoine ?
Je pensais Ă©ventuellement Ă  un ETF world Low volatility ou quality pour rĂ©duire la volatilitĂ© du CW8 Ă  l’approche de la retraite
 Genre arbitrer une grande partie de nos ETFs traditionels vers des « low volatility Â» pour limiter les pertes en phase de « consommation des plus values Â»â€Š

Tu investirais donc sur ce genre de ETFs low volatility pendant toutes la durée de ton investissement ?

Quand tu es en phase de capitalisation je pense que c’est se prendre la tĂȘte pour peu ĂȘtre pas grand chose
 Par contre, arrivĂ© Ă  l’ñge oĂč tu commenceras Ă  consommer tes PVs ce serait peut-ĂȘtre pas si mal d’arbitrer vers des fonds sectoriels et en particulier le Low volatility

Mais le plus simple est de se limiter à rééquilibrer ton % obligations %actions au fur et à mesure que tu te rapproche de ta phase de consommation tu ne crois pas @vincent.p ?

J’ai regardĂ© plus en dĂ©tail la mĂ©thodo de l’indice “Minimum Volatility” de MSCI. Il ne se construit pas en long/short comme les facteurs Quality, Momentum ou Size des chercheurs. D’aprĂšs la doc, il est construit Ă  partir de l’indice normal (World, par exemple) en calculant le portefeuille de volatilitĂ© la plus basse via une matrice de corrĂ©lation. On rajoute ensuite des contraintes (pondĂ©ration min et max par actif, poids de chaque pays proche de l’indice de dĂ©part, etc). On n’a donc pas de problĂ©matique de sous-ponderation comme sur les autres facteurs.

Low Vol est un facteur que j’ai peu Ă©tudiĂ©, mĂȘme si le terme “betting against beta” revient frĂ©quemment. Prends ce qui suit avec de longues pincettes, c’est plus proche de l’intuition que de l’analyse Ă©tayĂ©e.

Remplacer ton allocation Ă  un World par un ETF factoriel Low Volatility n’est pas la mĂ©thode qui me semble la plus efficace pour rĂ©duire la volatilitĂ© de ton portefeuille.

  • L’existence du facteur Low Volatility est plus contestĂ©e que celle d’autres facteurs. Il y a potentiellement plus de risques qu’il ne fonctionne pas aussi bien Ă  l’avenir.
  • Je n’ai pas regardĂ© comment ce facteur Ă©tait corrĂ©lĂ© avec les autres actifs. MĂȘme si intuitivement je pense que ce n’est pas le cas, si les obligations ont tendance Ă  se casser la figure en mĂȘme temps que le Low Volatility, ça peut ĂȘtre gĂȘnant. :sweat_smile:
  • En remplaçant toutes tes actions par du Low Volatility, tu vas perdre en diversification par rapport Ă  un indice large, du point de vue du risque liĂ© au marchĂ© action.
  • Les frais d’ETF factoriels sont plus Ă©levĂ©s.
    Ils ne sont pas disponibles sur PEA, la fiscalité a un impact sensible sur le résultat final.
  • Le beta du MSCI Minimum Volatility est de 0,7. On peut estimer son Ă©cart-type annualisĂ© dans les 10/11%. Ça bougera quand mĂȘme pas mal !

Si l’objectif est d’avoir moins de volatilitĂ©, le plus efficace pour la plupart des investisseurs est probablement de rester sur un portefeuille MSCI World (ou ACWI voire ACWI IMI), mais d’avoir moins d’actions !

La question est ensuite de dĂ©terminer ce que tu prends Ă  la place et dans quelle proportion : obligations d’état, corporates, indexĂ©es sur l’inflation, indice large de matiĂšres premiĂšres, pierre papier, cash
 Le choix usuel est de prendre des obligations d’état intermĂ©diaires, mais sur un gros patrimoine, je trouve rationnel d’introduire des classes d’actifs en plus (pour diversifier ses actifs de diversification). C’est un vaste sujet.

J’ai personnellement fait le choix de diversifier mon portefeuille et investissant une partie de mon allocation action sur des ETFs factoriels, oui. Pour les actions, je me suis exposĂ© aux facteurs Momentum, Value et Quality. Le fait qu’on soit en phase d’accumulation ou de consommation ne me semble pas avoir d’importance Ă  ce sujet.

La diversification est utile dans les deux cas. N’oublions pas que mettre 100€ dans un ETF factoriel MSCI, c’est comme avoir 100€ sur un ETF MSCI World, plus un portefeuille long/short de valeur moindre pour capturer le facteur.

Toutefois, il me semble qu’il faut avoir de gros en-cours pour que ça commence Ă  devenir intĂ©ressant.

  • L’avantage fiscal du PEA ou sur les AV (pour des versements cumulĂ©s infĂ©rieurs Ă  150 k€) sont plus important que l’espĂ©rance de sur-rendement d’un ETF factoriel.
  • Pour vraiment profiter des ETFs factoriels, il faut rĂ©Ă©quilibrer. Les facteurs sont peu corrĂ©lĂ©s entre eux et avec le marchĂ© action, tout en Ă©tant plutĂŽt volatils : on peut en retirer un bonus de rĂ©Ă©quilibrage intĂ©ressant. Si le montant des rĂ©Ă©quilibrages est trop faible, on paie des frais de courtage Ă©levĂ©s par rapport Ă  ce gain

  • Les ETFs factoriels grand public ne peuvent pas reproduire directement les facteurs acadĂ©miques, donc chaque Ă©metteur fait sa propre cuisine pour approximer les facteurs empiriquement testĂ©s, avec une capture plus ou moins efficace du facteur. On a une incertitude de processus d’investissement qui milite Ă  se diversifier entre ETFs factoriels d’émetteurs diffĂ©rents. Un peu lourd en gestion et en frais.

Tout cela en sachant qu’en rĂ©Ă©quilibrant des ETFs factoriels entre eux ou avec du World, ou lorsque ton ETF factoriel rĂ©Ă©quilibre son allocation, tu es en grande partie en train d’échanger du World contre du World. :sweat_smile:

Ou alors, il faut un contexte d’investissement qui permet de contrebalancer l’avantage fiscal du PEA/AV : investir en sociĂ©tĂ© Ă  l’IS, avoir des revenus assez Ă©levĂ©s par rapport Ă  son capital pour rĂ©Ă©quilibrer par ajout de cash, investir Ă  crĂ©dit avec dĂ©ductibilitĂ© des intĂ©rĂȘts


Certains Ă©metteurs d’ETF US (Dimensional Fund Advisors, Avant is) font des ETF “marchĂ© + biais factoriel” mais ils ne sont pas directement accessibles aux investisseurs particuliers EuropĂ©ens lambda. Ils ont aussi le mauvais goĂ»t d’ĂȘtre distribuants, ce qui rajoute une couche d’inefficience fiscale.

La capture efficace des facteurs est un art subtil, j’ai encore beaucoup à apprendre sur le sujet !

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