NASDAQ avec effet levier?

La seule manière de perdre intégralement la somme investi sur Nasdaq x2, i.e. faire strictement -100%, c’est que le Nasdaq fasse -50% en une seule journée, ce qui est très très très improbable.

Par contre ce qui est possible, et même très probable, c’est que ta somme initiale passe de 100% du capital initial à 1% du capital initial. Puis 0.01%, etc, graduellement.

Nasdaq x2 ne peut pas faire -100%, car la dette se réinitialise chaque jour. Sauf, encore une fois, si Nasdaq fait -50% en un jour. Par contre, comme j’ai dis, étant donné un intervalle de temps défini assez long, il peut faire -99,9999999%, et c’est ce à quoi il est mathématiquement destiné à faire (beta slippage). Donc strictement parlé, il est presque impossible que tu perdes la somme investi dans son intégralité (100%), mais très probable que tu perdes 99.9999999% de la somme investi :wink:

2 « J'aime »

on doit etre très proche du 0€ la quand meme…je vois mal quelqu’un dire « OUF !!! j’ai perdu 99 999€ sur mes 100K, à un euro près je perdais tout !!! j’ai eu du bol, c’est mon jour de chance !! » :sweat_smile:

par aileurs sans effet de levier sur le nasdaq, en 1 mois j’ai fait 15K de plus value, que j’ai perdu sur les 5 derniers jours… :sob:

Tu aurais dû réaliser tes gains…
Peut-être avais tu peur de la FlatTax ? :wink:

C’était sur mon AV boursorama, entre le moment ou on fait un arbitrage et le moment ou il est réellement réalisé il se passe environ 5 jours…

1 « J'aime »

Je pense qu’il faut arrêter de parler des effets de volatilité comme si c’était un croque-mitaine qui guette tous ceux qui utilisent du levier. :grin:

Le volatiity drag est une bête question de mathématiques, qui fait que les rendements arithmétiques (+X% en année un, +Y% en année deux) se multiplient entre eux pour obtenir le rendement composé sur plusieurs périodes (1+ X%) x (1 + Y%).

Imaginons qu’on ait un portefeuille de 1 qui peut faire +X% ou -X% et regardons comment il évolue selon les 4 cas possibles sur 2 ans :

  • 2 montées : (1+X)*(1+X) = 1 + 2X + X²
  • 2 baisses : (1-X)*(1-X) = 1 - 2X + X²
  • Montée puis baisse : (1+X)*(1-X) = 1 - X²
  • Baisse puis montée : (1-X)*(1+X) = 1 - X²

Lorsqu’on alterne entre deux tendances, le portefeuille est rogné du carré de la variation (en faisant 10% puis -10%, on perd 1% du portefeuille de départ). C’est ça le beta slippage.

Vous avez remarqué ? A aucun moment je n’ai parlé de levier.

Le beta slippage (parfois appelé volatility drag) est valable pour n’importe quel portefeuille. Mais ce phénomène est important, car au final, l’argent qu’on aura, c’est celui des rendements composés (dits géométriques), façon chic de dire qu’on multiplie les rendements annuels entre eux sur plusieurs années. C’est pour cela qu’entre deux portefeuilles ayant une espérance de rendement annuelle (arithmétique) égale, on préfère le portefeuille moins volatil… Avec ou sans levier.

Oui, ajouter du levier amplifie ces effets : le -X² devient -Levier²*X². Avec un levier de 2, la perte est 4 fois plus élevée qu’avec un levier de 1, c’est-à-dire pas de levier.

Je vous passe les formules, mais on peut exprimer ça avec la volatilité annualisée (sigma). Le rendement composé annualisé d’un portefeuille avec levier vaudra approximativement :
RendementComposé = Levier x RendementAnnuelMoyen - TauxEmprunt x (Levier-1) - 1/2 x Levier² * Sigma².

Si le taux d’emprunt est relativement faible par rapport à l’espérance de rendement de l’actif qu’on achète et que celui-ci n’est pas trop volatil, la stratégie a une espérance de rendement composé supérieure à celle d’un investissement sans levier.

Vous avez remarqué ? La formule n’a pas directement de dimension temporelle.

En substance : investir avec levier ne conduit pas inexorablement à la ruine et ce n’est pas réservé à des investissements à court terme.

Attention, je n’ai jamais dit que les conditions d’emprunt, l’espérance de rendement, la volatilité de certains indices ou les frais d’un ETF Leverage rendaient systématiquement l’investissement à levier plus performant qu’un investissement sans levier. Je n’ai pas non plus dit qu’un indice ne pourra jamais faire -50% en un jour. Le levier induit bien des risques supplémentaires en sus des opportunités qu’il ouvre.

Ensuite, personne ne vous oblige à investir tout votre portefeuille avec un levier élevé : on peut par exemple imaginer d’investir 33% sur un ETF actions à levier x2 et 67% sur des obligations, ce qui amène à un portefeuille contenant 1/2 d’action et 1/2 d’obligations avec un levier de 33%. Portefeuille qu’il faudra rééquilibrer régulièrement pour rester autour de ce ratio soit dit en passant…

Il existe aussi d’autres façon d’obtenir du levier moins onéreuses que les ETF Leverage, quoique moins simples d’utilisation. On peut aussi investir avec levier sans réinitialiser son levier à la baisse comme le font les ETFs Leverage, de manière à réduire l’effet de volatility drag. Il s’agit là d’autres sujets, plus complexes.

15 « J'aime »

Je suis partagé car il y a de bonnes explications tout en creant de la confusion.

je recommanderai d autres explications que celle ci pour bien comprendre le beta slippage car la notion de levier est imperative pour bien comprendre le risque.

Oui, il y a moults autres risques dans le levier, là je m’attelais juste à la -plus modeste- tâche de dissiper la paranoïa sur le beta slippage.

Les pires risques du levier sont plutôt dans les scénarios baisse, baisse (un bear). Pour reprendre mes exemples sur deux périodes, le -2 * levier * baisse peut faire bien plus mal que le -baisse²…

Après, est-ce que j’investirais actuellement tout mon portefeuille en Nasdaqx2 ? Non. Je ne suis pas du tout confiant que l’espérance de rendement soit supérieure aux coûts d’emprunt + frais d’ETF pour le moment et cet indice est vraiment volatil.

Mais utiliser un levier modéré pour augmenter mon exposition à d’autres classes d’actifs plus défensifs, là je suis plus chaud. C’est un autre sujet !

3 « J'aime »

Je trouve ta réponse super intéressante pour comprendre le beta slippage.
Par ailleurs je concède tempérer mon affirmation comme quoi un ETF à effet de levier est construit pour converger à 0, ce n’est pas vrai et j’ai un peu trop grossi le trait, tout comme il n’est pas vrai qu’un indice boursier est naturellement construit pour être haussier d’ailleurs.
Dans les deux cas, il faut les analyser comme des stratégies d’investissement comme d’autres.

Je considère toutefois que tout ne se résume pas qu’à des mathématiques. Derrière un instrument financier il y a un environnement économique, des entreprises, et tout ça ce n’est pas que des rendements qui se multiplient. A ce titre le beta slippage into -99.9999% n’est pas une fatalité non plus, donc dans un sens je soutiens ton propos.

Je ne dis pas que le levier soit à éviter à tout prix (j’en eu fais, et je pense à en faire, mais dans d’autres circonstances), je dis simplement que les ETF à effet de levier sont des produits dérivés, et qu’il ne s’agit pas initialement d’un produit d’investissement. Il s’agit d’un outil de trading pour améliorer l’efficience du marché, en permettant à tout un chacun d’implémenter une exposition x2, x3, etc à un actif, sur une base journalière, et ce à moindre coût (sur le moment, ça coûte en général moins cher d’acheter directement de l’ETF x2, que d’emprunter soit même et acheter l’ETF basique avec son propre levier, bref ça rend le marché + efficient).

Supposons que le lecteur soit un investisseur particulier et non un trader actif :
À la fin un investisseur doit être en phase avec sa stratégie d’investissement et se poser la question « dans quoi je veux être investi », « à quelle performance je souhaite m’exposer », « quelle stratégie je souhaite mettre en place » etc

Et non seulement « comment faire le rendement maximum pour être le meilleur investisseur quelques soit les hauts et les bas car je suis prêt à encaisser un maximum de volatilité pour un rendement exceptionnel », ce à quoi j’ai été moi même tenté et pour lequel on raisonne d’ailleurs trop souvent sur ce qui s’est passé ces 25 dernières années, voire selon les 15 dernières années.

La vrai question est : quelle est la stratégie d’un portefeuille uniquement basé sur ETF à effet de levier, et en conséquence est-ce la stratégie que je souhaite implémenter ?
Il consiste à démultiplier son rendement journalier et réaliser son gain / sa perte à la fin de la journée. Ce n’est pas une dette constante, c’est une dette variable, ce qui d’ailleurs peut poser question: tu empruntes beaucoup quand l’indice est dans une bulle, et tu empruntes peu quand l’indice est dans un creu.
On comprend assez vite qu’il ne s’agit pas d’une stratégie banale. Pourquoi pas, mais ce n’est pas « trivial » comme stratégie comme pourrait laisser penser le simple ajout du « x2 ».

Il s’agit donc d’un produit financier qui, à mon sens (donc très subjectif et chacun jugera), ne se suffit pas à lui même au sein d’un portefeuille d’investissement. En tout cas il a + de potentiel dans une stratégie + dynamique avec des arbitrages au sein d’un portefeuille plus large, et qui dit arbitrage dit impôts pour le particulier, risque de ne pas battre le marché, etc, contrairement à un indice boursier qui, globalement (sujet à débat), peut se suffir à lui même, et qui est donc une enveloppe d’investissement fiscalement mieux adapté, et qui est déjà difficile à battre pour un investisseur particulier qui implémente une stratégie avec des arbitrages.

On en revient à « quelle stratégie pour battre le marché ». Est-ce qu’un ETF daily leverage peut battre le marché ? Peut-être, peut-être pas, c’est un parti pris qui est propre à chacun, et qui à mon sens s’éloigne déjà de l’essence même de l’investissement dans le marché difficile à battre dans le long terme.

Je suis te rejoins sur le point le plus important : il faut voir le levier comme une brique au sein du patrimoine.

Ce genre d’ETF est un outil pour obtenir du levier… de la même manière qu’un emprunt immobilier, qui ne déclenche pourtant pas autant de cris de terreur ou de débats. :grin:

Par exemple, ceux qui ont acheté de l’immobilier il y a deux ans avec un gros taux d’emprunt ont actuellement des pertes supérieures à leur investissement net. Sur la période, ces investisseurs ont connu pire avec leur immobilier que ce qui pourrait arriver avec un ETF à levier !

L’argent est fongible : le fait que tu aies un certain niveau de levier sur ton patrimoine est une question qui a encore plus d’importance que la façon de l’implémenter.

Après, si l’on regarde les modalités de mise en oeuvre, c’est sûr que l’investissement à taux de levier constant ou à montant de levier constant ont des profils de risque différents. A taux de levier constant, tu te retrouves effectivement à acheter plus quand c’est cher et à vendre plus quand c’est moins cher. Si le montant de levier n’est jamais réduit, tu risques de passer en capital négatif. Les ETF à levier sont chers et imposent des arbitrages fréquents si l’on regarde le levier sur le patrimoine, mais ils permettent d’obtenir du levier à partir d’actifs en PEA… Il y a plein de paramètres dans la façon dont on finance les positions de son patrimoine.

Toutefois, je ne suis pas d’accord avec la thèse que le levier est nécessairement une tentative de faire mieux que le marché (au sens battre le mix du portefeuille global, qui est déjà différent d’un indice actions). J’irais même jusqu’à dire que ça peut être une tentative de mieux suivre le marché !

La plus grosse partie du patrimoine de la majorité des investisseurs particuliers n’est pas leur portefeuille financier, mais leur épargne future (potentiellement des décennies d’argent qui sera mis de côté au cours de ta carrière), puis dans leur immobilier.

En regardant tout le patrimoine, la plupart des investisseurs ne peut tout simplement pas répliquer les marchés cotés. En investissant avec levier, on peut augmenter la proportion de son patrimoine qui est investie sur les marchés et donc avoir un patrimoine plus diversifié au global, moins exposé au risque de carrière ou à l’immobilier.

Pour certains investisseurs, avoir un portefeuille à levier avec uniquement des actions peut être parfaitement rationnel. C’est la thèse du livre Lifecycle Investing, lecture intéressante !

4 « J'aime »

Bonjour @vincent.p ,

Je réfléchissais à implémenter du levier après lecture de « Lifecycle Investing » (merci pour la recommandation) et d’une partie de ce long sujet sur le forum Bogleheads : Lifecycle Investing - Leveraging when young - Bogleheads.org.

J’ai 25 ans, cela fait environ 4 ans que je travaille (alternance en master puis CDD). Je cherche à mettre en place cette stratégie pour aller vers 1,25-1,5 de levier sur mon portefeuille, ce qui me semble correspondre davantage à mon appétence au risque et à ma préférence pour la passivité, puisque moins de réarbitrage en cas de bear (même si dans le livre, il est recommandé 200% d’actions en début de carrière). Je suis aujourd’hui en 90% actions (MSCI WORLD ACWI IMI maison), 10% obligations (F€ et Global Aggregate), et j’envisage de passer en 100% actions. Je termine en janvier 2026 le remboursement de mon prêt étudiant (reste à rembourser 7k). Je comptais tenter de m’exposer davantage aux actions en utilisant du levier de manière similaire au livre, car je n’ai pas d’objectifs financiers à court/moyen terme, mes seuls objectifs étant long terme : pouvoir m’assurer une retraite et potentiellement transmettre à mes hypothétiques petits-enfants.

En conséquence, j’essaye de répertorier les manières de créer du levier sur actions disponibles, pour nous, investisseurs français. C’est ici que je te demande ton aide. Voici pêle-mêle ce que j’ai trouvé :

  • Levier immobilier (locatif ou RP) : fastidieux, marché immo moins intéressant qu’actions et nécessite de rester bloquer à un endroit (pas forcément idéal lorsqu’on est jeune, la mobilité pour profiter des opportunités me semble très importante).
  • Crédit à la consommation : pas très intéressant étant donné les taux (seul le prêt étudiant à taux bas voire 0%, déblocable rapidement et si ok avec banquier peut être pertinent en début de carrière mais durée du crédit courte et risque de devenir interdit bancaire ?).
  • Compte sur marge (CTO) IBKR ou DEGIRO à partir de 100k€ : donc peu idéal lorsqu’on débute dans la vie sans capital financier et fiscalement moins intéressant qu’un PEA pour investir en actions… (je ne vais pas m’étendre puisque le ticket d’entrée est trop haut pour mon genre de profil mais possibilité d’utiliser « box spread » pour emprunter plus que l’avance et à des taux plus intéressants).
  • Futures ou options sur indice large en CTO : moins intéressant fiscalement (CTO), échéance courte et potentiellement complexe à mettre en place (+ frais).
  • Avance sur titres comme le MyLombard sur AV Boursovie à partir de 20k€ pour 10k€ de prêté in fine : durée du prêt courte avec remboursement intégral du capital à échéance, taux de moins en moins intéressants avec hausse des taux directeurs., frais d’enveloppe plutôt élevés sur le long terme, risque de se faire liquider, etc.
  • ETF levier en PEA (LQQ, CL2) : le risque beta slippage est important mais il est possible de garder sur le long terme. Le véritable risque est de se faire liquider totalement si l’indice sous-jacent fait -50% en une journée. L’utilisation de ce genre d’ETF possède des frais mirobolants comme tu l’expliques (notamment lorsque les taux sont hauts). Par ailleurs, il n’existe pas d’ETF levier MSCI WORLD ACWI IMI (moins de volatilité qu’un NASDAQ 100 ou MSCI USA).
  • AV luxembourgeoise pour un véritable crédit lombard renouvelable à partir de 300k€ : pas pratique quand on débute dans la vie.
  • Emprunter à sa grand-mère sympathique ou demander une avance sur son héritage :smiley:

A ce jour, je vois deux (+1) stratégies principales adoptables mais pas vraiment de solution idéale :

  • ETF levier en PEA (CL2 ou LQQ) en PEA pour aboutir à 1,5 de leveraged avec rééquilibrage semestriel, stratégie la plus simple sur papier mais coûte cher.
  • Remplir en DCA l’AV Boursovie pour atteindre min 20k€ et emprunter 10k€ à mettre sur PEA : quelle est la meilleure solution pour rembourser le crédit à échéance sans vendre actifs ?
  • Optionnel si conditions requises (reprise études de ma femme) : crédit conso (prêt étudiant) à taux avantageux.

Questions :

  • Ai-je omis des moyens pertinents de faire du levier ?
  • Comment choisir parmi toutes ces possibilités ? Il me paraît difficile de trouver la solution la plus optimisée, pour le moment.

J’ai l’impression que ce livre pourrait marcher mais seulement dans un monde idéal où l’on pourrait opérer un crédit in fine pendant 40 ans à taux avantageux lorsque l’on commence à travailler. Cela semble être un livre qui fonctionne très bien en théorie mais qui ne résiste pas à l’épreuve du réel (en France en tout cas).

Si ma mémoire est bonne, @RaphaelM, le solde minimal pour avoir un compte sur marge chez Interactive Brokers n’est pas de 100 k€, mais plutôt de l’ordre de 2 k€. J’avais ouvert le CTO de ma holding pour 25 k€ et j’avais pu directement passer en type Margin. Les 100 k€ correspondent aux comptes de type « Portfolio Margin », qui permettent d’obtenir plus de levier en fonction de la diversification de son portefeuille.

Comme tu l’as mentionné, les ETF Leverage ont pour inconvénients les frais et un manque de diversification géographique (S&P 500 et Eurostoxx 50 uniquement). Leur avantage est de pouvoir avoir du levier à partir du PEA. L’avantage fiscal du PEA permet de gommer une partie de ces inconvénients et a de bonnes chances de perdurer.

Toutefois, comme tu dis vouloir placer à long terme (complément de retraite), tu pourrais envisager à une stratégie hybride CTO + PEA : tu mettrais du World en PEA, des livrets ou du fonds monétaire en PEA pour le défensif, puis tu génèrerais ton levier avec un CTO sur marge de taille minimale.

L’idée de base est d’utiliser un ETF LifeStrategy ou World sur le CTO, dans une quantité telle que :

  • on en a suffisamment pour générer assez de dette sans que taux de levier du CTO ne nous fasse risquer un appel de marge (en estimant le pire drawdown possible, par exemple une combo simultanée de 2022 pour les obligations et 2008 pour les actions).
  • on n’en a pas trop de manière à ne pas dépasser la quantité d’actifs défensifs souhaitée pour le portefeuille.

Par exemple, si tu veux 125% de levier pour 80% d’actions en portefeuille et que tu as un capital de 100 €, tu pourrais utiliser soit du LifeStrategy 60, soit du 80 :

En procédant ainsi, tu as plusieurs avantages :

  • Tu te retrouves avec une position en CTO sur laquelle tu n’as pas de raison de faire des ventes, donc efficient fiscalement.
  • Le coût d’emprunt avec Interactive Brokers sera compétitif avec une avance sur AV ou du crédit lombard, d’autant plus que ton montant emprunté est important (et imbattable si un jour tu utilises des Box Spreads).
  • La marge est reportable indéfiniment : si tu pilotes ton risque de volatilité, tu n’as pas les risques de timing liés aux avances et crédits conso.
  • Par rapport à une AV, tu économises des frais significatifs.
  • Tu peux aussi avoir quelques actifs en plus du LifeStrategy en CTO (par exemple un ETF Emergents comme tu indiques en vouloir) à condition que tu procèdes aux arbitrages en évitant les cessions en CTO.
  • Tu peux garder un peu de liquidité (i.e. des comptes sans marge) via ton PEA et les autres positions défensives (a priori en livret réglementé pour un bon moment).
  • Tu n’es pas all-in sur le CTO, le PEA ayant plus de chances de conserver de bonnes conditions fiscales.

Evidemment, cette approche présente des inconvénients par rapport au levier en PEA :

  • la fiscalité est moins permissive et plus sujette à évolution, même si l’objectif de la stratégie est de ne pas avoir d’arbitrages à faire en CTO grâce aux ETFs LifeStrategy ! Le principal risque est une radiation de l’ETF, qui déclencherait un événement fiscal et donc la perte d’un levier fiscal plus ou moins important.
  • le broker peut unilatéralement décider d’arrêter d’accorder de la marge sur un ETF précis, t’obligeant à déleverager en catastrophe, déclenchant un événement fiscal pour plus de joie.

L’un dans l’autre, je serais assez chaud d’utiliser cette stratégie si je commençais à épargner. Je vais d’ailleurs implémenter quelque chose de proche en patrimoine personnel à l’occasion d’une prochaine grosse arrivée de cash. Pour l’instant, mon CTO est sur ma holding (je n’ai pas à me soucier des PV latentes lors de mes arbitrages d’ETF pour une société à l’IS, vu qu’on est imposé sur les PV latentes) et j’ai un gros crédit myLombard à 0,95% (donc pas de besoin d’un levier supplémentaire).

Après, si tu n’aimes vraiment pas ta grand-mère, tu peux susciter un héritage en avance. :imp:

6 « J'aime »

Merci @Vincent.p.

En effet, tu as tout à fait raison le compte sur marge est disponible pour un montant bien plus bas que 100k €, ce qui en fait la méthode la plus intéressante à mes yeux, puisque tant qu’il n’y a pas d’appel de marge, cette forme de crédit est reconductible dans le temps. Comme quoi, je ne suis qu’au stade de recherche, j’ai encore du boulot. On peut difficilement faire mieux. Le seul problème étant l’imposition en France, dont tu te débarrasses en partie avec l’utilisation du LifeStrategy pour éviter les rééquilibrages. C’est très pertinent !

Je comprends le risque de radiation de l’ETF mais cela me parait peu probable avec de gros encours.

Aurais-tu la possibilité de partager ce bout d’Excel que je puisse voir tes calculs et traficoter, s’il te plaît ? Cela me serait d’une grande aide !

A un taux si bas (0,95% c’est mon taux de crédit étudiant !), on peut difficilement faire une avance sur titres plus efficiente. A ce stade, c’est de l’argent gratuit !

Questions

Fonctionnement de la stratégie :

Quid de la diversification actions (small caps, émergent) en suivant la répartition de l’indice MSCI ACWI IMI annuellement ? Pour le moment, j’avais du MSCI WORLD en AV et surtout en PEA + du MSCI EM IMI en AV. Je ne suis pas encore parvenu à avoir un MSCI WORLD SMALL CAP, puisque non dispo sur mes supports. En ajoutant un V80A, cela complexifie drastiquement mon suivi, puisqu’on est sur un autre type d’indice (FTSE ALL WORLD à 80% de l’ETF V80A donc). Comment gères-tu cela, notamment pour gérer le rééquilibrage des small cap, puisque non compris dans l’indice FTSE ALL WORLD, sur ton portefeuille ?

A combien le cash sur livret devrait s’élever ? Je crains que conserver trop de cash aura pour conséquence une baisse de l’intérêt du levier. En effet, avec le minimum de cash possible, je pourrais davantage m’exposer aux marchés ou même, je pourrais faire travailler autant de capital mais avec moins de levier en proportion.

Fonctionnement CTO sur marge IBKR :

  • Quel est le délai pour remettre des fonds en cas d’appel de marge sur IBKR ?
  • IBKR est-il rapide pour liquider nos positions en cas d’appel de marge ?
  • Sur le papier, cela ma parait peu probable mais est-ce commun, spécialement sur IBKR ?
  • Hypothétiquement, avec un CTO sur marge et un PEA chez IBKR, pourrait-on utiliser le PEA comme collatéral même si la marge se fait sur le CTO ?

Je te remercie grandement pour tes réflexions et tes éclaircissements.

Je vais réfléchir à cette perspective qui est avantageuse fiscalement et en termes de frais, mais peu pénalement. Cela doit être comme avec le fisc, tant qu’on ne t’attrape pas, tout va bien :wink:

Contacte moi via LinkedIn et je te filerai ça.

C’est juste un bidule que j’ai assemblé vite fait pour déterminer la variante de LifeStrategy selon le % d’actions et le levier désiré, ne t’attends pas à des miracles. :grin:

Il n’est pas forcément indispensable de se préoccuper des Small Caps avant d’avoir un gros capital, même si ça a plus de sens dans un 80/20 que sur une allocation moins agressive. Les frais de transaction et le coût des ETF peut gommer une bonne partie de l’espérance de rendement supplémentaire.

Pour les émergents, ça se défend plus car cela semble apporter plus de diversification et une meilleure espérance de rendement.

Si tu souhaites avoir ces autres classes d’actions dans une approche LifeStrategy à levier :

  • Soit en bricolant avec du Russell 2k, du Small Cap ESG EMU en PEA et des emerging, ce qui te permet de rééquilibrer sans friction… Mais ces ETF ont des frais significatifs et tu biaisés un peu l’indice recherché.
  • Soit en prenant un ETF Small Cap World / Emergents dans ton CTO (IUSN ou EMIM), en ne rééquilibrant qu’avec de l’argent frais ou un accroissement de la marge (à taux de levier constant). Comme il s’agit de petites lignes, ça devrait être jouable.

Dans ce cas, il faut ajuster la méthode car ces ETF en CTO vont aussi générer de la couverture : c’est la somme des positions LifeStrategy / Small / Emerging qu’il faut injecter dans le tableau.

Une alternative est d’avoir une AV. J’ai ça pour les Emerging sur Boursorama… Pas forcément le plus efficient en buy & jold. Mais j’utilise aussi mon AV et mon PEA pour faire du Trend following en plus de mon Buy&Hold… Sujet bien différent.

1 « J'aime »

Dans l’absolu, c’est vrai. Le levier est schématiquement du cash négatif.

Toutefois :

  • dans un portefeuille 80/20, les 20% obligataires n’apportent pas vraiment de diversification mais une réduction de volatilité. Le cash fait pareil et l’impact sur l’espérance de rendement est négligeable.
  • avec un portefeuille très agressif et en grande partie illiquide (PEA + CTO avec une marge = pas de retraits sans conséquences embêtantes), il est de bon ton d’avoir une épargne de sûreté, ou plus simplement des liquidités accessibles pour des petits projets, genre vacances. Placer un bon morceau de ton défensif en livret remplit cet usage.

Cela ne me semble donc pas trop grave de subir un peu de négative carry.

IBKR est réputé pour être impitoyable. C’est en ne prenant aucun risque qu’ils peuvent proposer des tarifs aussi bas.

Si tu arrives à la limite de maintenance, ils te liquident et automatiquement. Tu peux juste indiquer la position à liquider en dernier. Tu te retrouverais donc potentiellement à deleverager en pleine crise de liquidité, avec des prix de vente absurdement bas.

D’où ma politique de plafonnement du levier stricte. :sweat_smile:

C’est déjà arrivé avec un gros ETF World de SPDR avant les élections américaines de 2020. Mais ça reste exceptionnel.

Je t’ai ajouté dans le but de t’envoyer un message.

Effectivement, il serait peut être utile d’envisager de diversifier en small caps lorsqu’on atteint un patrimoine plus important durant la période de deleverage. Je vais réfléchir, car cela faisait beaucoup de lignes d’ETF pour mon petit portefeuille financier.

Je suis convaincu de l’implémentation de l’ETF EM en revanche, donc je réfléchis à le maintenir en AV ou à transférer l’essentiel en CTO (quitte à rééquilibrer seulement en AV).

Effectivement, j’en ai déjà une plutôt conséquente pour mon profil (environ 1 an de dépenses : 10-12k€). Je suis déjà en 90/10 à côté de mon épargne de secours. Il s’agirait alors de créer une poche cash supplémentaire avec par exemple : 90 actions, 5 obligataire et 5 cash ou 85 actions 10 obligataire et 5 cash ? (à réajuster en fonction de la taille du portefeuille)

C’est noté pour IBKR, c’est bien ce que j’avais lu sur Bogleheads.
En conséquence, quid du suivi de son portefeuille margé ? Cela vaut le coup de le consulter plus que tous les 15 jours pour vérifier que cela se passe bien ?

Aujourd’hui, j’ai TR avec un versement programmé mensuel de 50€ (minimum pour utiliser la carte avec le saveback). S’agissant d’IBKR, y a t il d’autres choses notables à savoir ?

Lorsque tu parles de stratégie Trend Following, tu parles d’ETF momentum voire de stratégie Dual Momentum à la Antonacci ou d’analyse technique ?
Je veux bien croire qu’il y ait une forme de momentum sur les marchés mais les autres stratégies d’analyse technique me paraissent fumeuses. Je suis tout ouï si tu as des papiers ou reco sur le sujet ?

Ce n’est pas forcément le sujet pour ce thread

Trend following = suivi de tendance entre classes d’actifs. Le Dual Momentum est une stratégie de Trend parmi des dizaines.

Momentum = privilégier les actifs qui sont en tendance haussière dans une classe. C’est ce que font les ETF momentum.

C’est deux variantes d’un même phénomène très documenté, au même titre que le phénomène Value. On peut humblement résumer le trend par : on observe dans plein de marchés et à travers plein de périodes historiques que lorsque le prix est monté récemment, il a tendance à continuer à monter pendant un moment.

Un bon papier introductif est Sin a Little.

Même si le Trend Following s’appuie principalement sur les prix comme l’analyse technique, ça n’est probablement pas de l’observation d’entrailles de poulet comme cette dernière.

3 « J'aime »