Allocation et réflexions sur patrimoine 1M€

Effectivement la question est légitime.
En fait, le temps, l’énergie à consacrer et la quantité de compétences à acquérir augmentent fortement au fur et à mesure que l’on ajoute des classes d’actifs et des stratégies (maitriser les subtilités, sourcer de bons produits et de bons fournisseurs, construire des modèles d’analyse du portefeuille, créer et monitorer des outils de suivi des risques, etc). C’est vite chronophage… et si on ne fait pas cet effort, on prend des risques sans s’en rendre compte et on peut se faire « refourguer les nanards » par des fournisseurs en quête de marges via la vente de produits à la mode…
En fait, le jeu n’en vaut sans doute la chandelle que si la taille du portefeuille est suffisante pour au moins 2 raisons :

  • un portefeuille suffisamment gros permet à la fois d’avoir accès à une gamme plus large et de meilleures conditions financières (ex : un contrat d’AV à 500 kE aura au mieux 0,50 % de frais et sera limité en classes d’actifs admises, et de supports dans les stratégies que l’on recherche ; au dessus de 2 Mio E on pourra négocier 0,4% voire 0,35%, et au dela de 3 à 5 Mio, on aura des frais très bas et on pourra mettre pratiquement tout type d’actif dans le contrat). Et les conditions du financement pour faire du levier seront beaucoup plus compétitives. Et on pourra « jouer » avec des tailles de tickets pour les différents actifs qui limiteront les coûts d’opération.
  • le temps passé jusque là à accumuler un « gros » capital permet d’avoir identifié tout un réseau d’intervenants, de fournisseurs, etc qui ne consacreront aucun temps à un « petit portefeuille », et de pouvoir sourcer de meilleures offres (c’est particulièrement net pour le private equity ou si l’on est business angel - classes d’actifs pour lesquelles il y a une très forte antisélection, le nouvel arrivant ayant tendance à récupérer ce qu’on a pas réussi à « fourguer » aux autres).
  • un capital important permet de « diluer » le coût des experts que l’on va avoir besoin de mobiliser (ex : comptable si on crée une structure holding, fiscaliste pour optimiser, etc), coût qui est vite considérable en pourcentage pour un capital inférieur à 1 Meuro. Enfin, plus on a un gros capital, plus on peut se permettre, toutes choses égales par ailleurs, d’avoir une part illiquide significative.

Du coup, quand on pose un calcul de coin de table, on peut toucher du doigt en quoi la taille du patrimoine est un critère fort. Prenons un exemple : Jean a un patrimoine financier de 500 kE, réparti 50% actions, 50%obligations / fonds euro. Il estime que l’espérance de gain pour son niveau de risque est de 5% /an.
S’il se dit « je vais faire un peu de levier, et diversifier avec de nouvelles classes d’actifs », disons par exemple qu’il va peut être gagner 0,30% d’espérance de gain à risque inchangé (peut être … ce serait déjà très bien). Soit 1500 euro / an, soit 125 euro / mois, pour un gros travail … qui serait peut être plus rentable ailleurs (dans son boulot, ou en investissement locatif, etc).
Si Jean avait un patrimoine de 5 000 kE, ce serait très différent, il pourrait se dire qu’il peut peut être espérer 0,50% de plus à risque inchangé à ces 0,30 % (meilleures conditions de financement, fonds de private equity plus performants et moins chargés en frais car sans intermédiaires multiples, accès à des classes d’actifs supplémentaires améliorant son sharpe ratio, etc). Plus vérification des opérations, structures et montages par des conseils qui diminuent le risque. Il se retrouve à espérer 0,80% de plus par an sur 5 Mio, soit 40 KE/an (et plus d’1 M Euro sur 15/20 ans…). Là, le fait d’y passer du temps peut beaucoup plus se justifier, et « le jeu peut en valoir la chandelle ». Mais même avec un portefeuille de cette taille, une approche « lazy » ETF actions / obligations / fonds euro serait tout à fait pertinente sans se « casser la tête ».

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Une métaphore que j’aime bien :
J’ai acheté une maison dans laquelle il faut faire un peu de peinture et d’enduit, pas très complexe en réalité, c’est facile à faire tout seul.
Maintenant quand il faut refaire toute l’isolation, la toiture et la plomberie, c’est différent. Bien entendu il est théoriquement possible de le faire seul en partant de rien mais cela va demander un temps d’apprentissage important, vous ferez forcément plein d’erreurs et le temps global passé sur les travaux sera beaucoup plus long.

La logique est la même pour le patrimoine. Jusqu’à un certain niveau, on peut se contenter d’une base efficace et solide qui va pas chercher midi à 14h, on fait du all-in sur du MSCI world et on touche à rien (je caricature mais globalement c’est ça).
Quand il faut penser à intégrer plusieurs autres classes d’actifs qui sortent des classiques, il faut développer de nouvelles compétences d’analyse et pas mal de nouvelles connaissances. C’est donc forcément très chronophage.

Donc comme pour les travaux de la maison, autant dépenser un peu de temps dans la recherche d’un bon maître d’oeuvre (avec des garanties pour éviter les mauvaises prestations).
La réalité c’est que ce n’est pas qu’à partir de 5m€ que ça devient intéressant ou trop coûteux de vouloir sortir du schéma classique de « Jean-Michel DCA chasse aux frais ».
Historiquement oui, l’accès aux produits financiers et services qui font la différence était impensable en dessous de plusieurs M€, aujourd’hui non.

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Là où je rejoins un peu @TonyB c’est que ce ne sont pas des remarques qui s’excluent.

  • Rien n’empêche de s’autogérer sur une partie du PF et pas l’autre
  • Ce n’est pas parce qu’on a un gros patrimoine que le « Jean Michel DCA » n’est pas pertinent, surtout si l’architecture du patrimoine d’origine est simple : une résidence fiscale française, une RP française, de l’argent (investi ou non), une famille ordinaire.
    Dans la pratique, il est vrai que plus il y a de patrimoine plus la probabilité d’occurrence de sujets plus sophistiqués est importante : SCI, SC, démembrement, indivision, une ou plusieurs holding, des patrimoines trans-nationaux… sur lequel l’appel à un pro, un « maître d’oeuvre » quasi indispensable.
  • On peut très bien assumé de gérer une partie seul en attendant de s’estimer suffisamment compétent / informé pour pouvoir prendre les meilleures décisions. Tant pis si on a raté un pic de marché ou une opportunité, il y en aura d’autres.

Et comme toujours les mêmes questions de départ : quel est le projet, quelle est l’énergie qu’on souhaite y consacrer. Sur ce dernier point, il y a un biais important sur le forum lié au fait que si nous sommes là, c’est parce que ça nous intéresse.

Les CGP, ingénieurs patrimoniaux, banques privées, même fiscalistes ou expert-comptables, dans tous les cas, comme n’importe quel prestataire de service, comme ceux qu’on choisit dans nos entreprises, il faut un peu les challenger et pour se faire, c’est nettement mieux d’avoir un minimum de connaissance et d’éléments de comparaison. Se former et s’informer est donc un préalable indispensable pour prendre des décisions éclairées, même si en définitive, au bout de ce processus, celles-ci ne sont pas nécessairement de « cut the middlemen ».

Mon expérience (10-12 ans que j’ai un patrimoine important) est que si tu ne le fais pas, certains ont parfois tendance à te laisser un peu dans l’ignorance et a bien se garder de faire le travail nécessaire de pédagogie, même pas nécessairement à dessein, si tu poses les bonnes questions, ils sont souvent ravis d’avoir quelqu’un en face avec qui avoir une discussion éclairée.

EDIT : il y a aussi un biais chez les professionnels du patrimoine, ils vont parfois rajouter des couches de complexités inutiles, pas pour se rendre indispensable mais parce que c’est la manière dont ils fonctionnent. Biais que te retrouves bien sûr dans tous les métiers du monde car c’est inhérent sens qu’on donne à son métier.

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Merci à tous pour vos retours, ma réflexion progresse dans le bon sens !
Je trouve que le post explore parfaitement les questions que se pose un particulier sans grande expérience financière, qui possède un patrimoine de quelques 100k€ à quelques M€, qui plus est si celui-ci est arrivé d’un seul coup.

Depuis ma cession, je suis conseillé par un multi family office, que j’ai soigneusement sélectionné.
Je vous synthétise la philosophie de la relation que j’ai avec mon family officer.

Dès nos premiers échanges, il a certainement compris plusieurs choses :

  • Je souhaite m’éduquer financièrement et comprendre l’allocation que je mettrai en place
  • Pour l’instant, je suis attiré par beaucoup d’invest différents, avec des connaissances limités

De ce constat, il m’a fait comprendre (indirectement bien évidemment), quelques chose comme :
« Clément, fait tes recherches, imagine ton allocation cible, passes y autant d’heures que tu veux, croises les sources, et quand tu auras les bases d’une allocation simple, adapté à ton profil actuel, alors on pourra passer à la suite. »

Il pourrait lui-même m’enseigner tout ça, avec des honoraires en face (il facture uniquement au temps passé), mais de toute façon je n’adhèrerai complètement que si c’est l’expérience et les recherches personnels qui m’ont amené à cette conclusion.

Je pourrai ainsi plus facilement juger sur quelle part de mon patrimoine j’ai envie/besoin qu’il me conseil, tout ou partie.

Cela rejoint bien les propos de @Zootime :

Je vais donc pouvoir bientôt rendre ma copie à mon family officer, et il sera certainement « ravis d’avoir quelqu’un en face avec qui avoir une discussion éclairée », et moi aussi ! :wink:

Je reviens un peu sur le sujet initial du post, pour la partie « core » du portefeuille j’ai découvert ces produits de type « fonds à date cible » :
https://www.morningstar.com/portfolios/how-use-allocation-funds-portfolio

Ma question n’est pas forcément de débattre du fonctionnement de ce type de fonds (en gros c’est un Vanguard life strategy mais qui en plus sécurise automatiquement à l’approche de la retraite, le summum du lazy :smile:), chacun se fera son avis.

L’idée c’était plus de savoir ce que vous pensez de cette répartition action/oblig par rapport à une date cible ? Ca peut être une base de départ ?
Par exemple, à 15 ans de la retraite on est à 80/20, sans distinction du profil de risque de l’investisseur.

(J’en déduis donc @vincent.p qu’avec ton 60/40 tu es à 5 ans de la retraite, la chance :wink:)

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Je pense que ce n’est pas le moment d’investir sur les obligations, je te laisse jeter un oeil au rendement des 10 dernières années qui est en constante baisse…
Avec un horizon aussi lointain que le tien et un patrimoine assez conséquent, il faut prendre un peu de risque à minima sur 10 ans.

Piloter son risque en fonction de l’échéance des projets est effectivement une bonne chose. En gros, tu regardes l’éventail raisonnable de valeurs que pourrait avoir ton patrimoine en fonction de sa volatilité (estimée) et tu ajustes le risque à la baisse si la probabilité de ne pas pouvoir financer le projet le jour J est trop élevée à ton goût. Tout cela en tenant compte de ce que tu estimes mettre de côté d’ici la date de réalisation du projet.

Voilà un article qui te donnera les grandes lignes pour y procéder. L’idée est d’estimer l’espérance de rendement et la volatilité du portefeuille et d’utiliser une approximation de loi normale pour les rendements et en déduire si c’est probable que ça passe avec ce portefeuille.

Savoir quel est le portefeuille optimal à cet horizon est une question différente ! Pour un niveau de risque donné, tu as plein de réponses possibles, toutes hautement sensibles à tes estimations d’espérance de rendement et de volatilité des classes d’actifs.

Typiquement, l’espérance de rendement des obligations passée n’est pas un bon indicateur de l’espérance de rendement future. Les obligations ont un côté plus mécanique que les actions, donc lorsqu’elles se sont pris un gadin historique, tu es certain que leur espérance de rendement sera meilleure. Tu peux l’estimer (en Investment Grade) en regardant tout bêtement le « Rendement à l’échéance » que tu trouveras sur tous les ETF ou fonds dignes de ce nom.

Inversement, l’espérance de rendement des actions est particulièrement morose en ce moment. La plupart des indicateurs qui ont montré une certaine valeur prédictive dans le passé font la gueule : Shiller CAPE Yield, Aggregate Investor Allocation to Equities, Tobin’s Q Ratio, Buffet Indicator… La liste est longue.

Je parierais plus sur un portefeuille diversifié entre classes d’actifs, plutôt autour de 50/50 que de 80/20 pour la décennie qui vient, quitte à mettre du levier dessus pour ajuster le niveau de risque. C’est d’ailleurs ce que je fais. :grin:

L’aversion au risque est un sujet différent, qui va dicter si on va diluer ce portefeuille diversifié avec du cash, ou au contraire le mettre sous amphétamines avec du levier.

En fait, j’ai déjà passé le seuil indépendance financière. J’ai donc à me poser la question du risque de séquence (contrairement au DCA pendant lequel les crashes aident), mais ça ne change pas le fait qu’un portefeuille moins concentré en actions est probablement une approche plus raisonnable de nos jours. J’allouerai un % différent de mon patrimoine à ce portefeuille, par rapport à un investisseur plus jeune mais on aura plus ou mois la même répartition, à quelques subtilités près telles que la facilité d’accès au crédit, les taxes, et autres considérations exposées par @TonyB

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Bonjour Clément,

Félicitations !
A 35 ans, c’est un beau succès d’avoir construit un tel patrimoine perso (j’imagine en partant de quasiment zéro).

Je ne répondrai sur un point.

  • L’immobilier est un peu en difficulté en ce moment
  • Tu n’as que 35 ans et l’immobilier ça se joue sur le temps long
    Donc j’aurais tendance à te dire que si tu en as encore la possibilité (si la banque te prête), continue à lancer des projets immobiliers (en direct) même en prépondérant ce secteur car il est bien plus facile d’acheter des actions que de l’immobilier.

Attention, je ne dis pas acheter de l’immobilier pour acheter de l’immobilier mais je dis faire de bonnes/très bonnes affaires, c’est à dire acheter bien en dessous du prix lorsque tu verras une occasion rare. Et c’est là où ta trésorerie rentre en jeu pour faire des achats cash. Puis demander le prêt à la banque après l’achat.
L’objectif serait de faire un cash flow neutre (voir petite perte ou petit gain) en incluant Taxe Foncière et après imposition. Et avec un apport pas trop important 10/15%.
Avec un emprunt sur 22 ans (2 ans de décalé), tu auras 58 (un an d’acquisition) ans lorsque tu auras remboursé tout le capital.

  • Cryptos: 15% de rendement c’est très possible et très probable mais il faut savoir se retirer en fin de bull run.
    Grosso modo, il faut viser plutôt 50% mais à un moment il faut se retirer complètement et relancer en fin de cycle baissier. Et ne pas faire du long terme.

  • Actions: Les marchés US sont au plus haut, même le CAC40 est relativement élevé. Mieux vaut attendre en repli.

Ensuite il y a plusieurs autres éléments à prendre en compte:

  • Ta capacité à rester en France
  • Ton niveau de risque
  • Tes objectifs famille (avoir 1 ou 2 autres enfants)

NB: Je ne suis pas spécialement un fan de l’immobilier, mais sur le temps long et de l’immobilier bien fait c’est quelque chose qui donnera des résultats.

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Suite à vos différentes remarques et encore quelques recherches j’ai pris le temps de revoir mon allocation cible qui a été largement simplifiée :

J’ai bien saisi la logique de la triplette PEA/AV/CTO, c’est à dire dans les grandes lignes :

  • PEA pour l’avantage fiscal imbattable
  • AV pour les rééquilibrages, l’avantage fiscal et successoral
  • CTO pour limiter les frais de gestion de l’AV avec un LifeStrategy

Ps : Je conserve l’hypothèse que mon portefeuille « Réserve » va être consommé en grande partie pour vivre dans les années à venir, en attendant de générer à nouveau des revenus entrepreneuriaux.

L’allocation ci-dessus pourrait encore être affinée mais avant que j’aille plus loin il y a tout de même une autre stratégie qui m’interpelle niveau enveloppe.

Prenons le scénario fictif suivant :

Nous sommes en 2025, je possède aujourd’hui 1M€ de patrimoine financier investissable.
Je déploie mes capitaux sur la triplette PEA/AV/CTO.
Durant 15 ans mon objectif est de capitaliser.
En 2040 mon patrimoine financier est devenu 3M€, donc avec 2M€ de plus value latente.
Yes, c’est le grand jour, fin de la période d’accumulation, il est temps de consommer ce capital !
Il me semble que dans une phase de consommation le crédit Lombard en AV Lux est particulièrement intéressant (j’exclus pour l’instant les autres formes de dette « consommable », je ne les maitrise pas assez).
En 2040 donc, je transfert mon patrimoine financier en AV Lux, et je consomme ensuite grâce à du Lombard pendant les 30 années suivantes (2070 = fin de vie).

=> Dans ce scénario, en 2040 lorsque je transfert mon patrimoine de PEA/AV/CTO vers AV Lux, je vais forcément passer par la case fiscalité, et ma plus value latente de 2M€ va prendre une grosse claque !
Je vais donc débuter ma phase de consommation avec un patrimoine amoindri de la fiscalité.

=> Dans un autre scénario, j’abandonne l’idée de la triplette PEA/AV/CTO, et j’investi mon patrimoine financier dès 2025 dans une AV Lux.
En 2040, lorsque je passe à la phase de consommation, il n’y aura pas de claque fiscale puisque je suis déjà en AV Lux, et les 2M€ de plus value latente restent … latente.
Je dispose donc d’une plus grande surface financière pour vivre de mon Lombard jusqu’à … 2070.

En résumé, mon raisonnement est-il cohérent ?
Si oui, il faut que je pose les calculs pour comparer les scénarios (frais supp. de l’AV Lux qui freine la capitalisation jusqu’en 2040 VS claque fiscale du transfert PEA/AV/CTO vers AV Lux en 2040) et en tenant compte également des avantages pratiques de l’AV Lux dès le départ (notamment accompagnement, une seule enveloppe, …)

Ou il y a des éléments qui m’échappent dans ma logique ?
C’est à dire, full enveloppe capitalisante et distribuante dès 2025 (AV Lux) afin d’être déjà optimisé pour 2040.

NB : Je grossi un peu le trait car dans les 2 scénarios je pense que le PEA peut garder sa place sur toute la période, disons que la comparaison se fait principalement entre AV/CTO vs AV Lux.

NBB : Je n’ai pas intégré la possibilité de levier pendant la phase de capitalisation sinon cela complique encore d’avantage la comparaison :upside_down_face:

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@Clement.7
50% de ton portefeuille financier sur un ETF Vanguard LifeStrategy. Qu’est-ce qui motive ton choix ? Quels avantages spécifiques y perçois-tu par rapport à d’autres options mentionnées ici?

Oui, comme tu l’as senti, il est préférable d’éviter les changements d’enveloppe lorsqu’on a des PV latentes importantes.

Si tu as 50% de PV latentes, changer d’enveloppe va te coûter 15% de levier d’effet de levier fiscal. Le levier fiscal est très intéressant car le « taux d’emprunt » est nul et en cas de pertes, ta dette fiscale latente diminue, réduisant tes pertes en capital par rapport à du levier classique. On veut donc le conserver autant que faire se peu.

Néanmoins, le levier fiscal grandit de moins en moins vite : tu as 15% de levier en ayant fait x2 sur le capital injecté, 20% de levier si tu as fait x3, 24% si tu as fait x5… Tu plafonnes à 30% si ton portefeuille est de la plus-value pure. L’effet est donc appréciable, mais il ne fait pas tout.

Il n’y a pas de honte ni d’inefficience majeure à vendre des actifs et à payer des impôts. :grin:

sans compter qu’il y a des alternatives au lombard en AV Lux avec le triptyque PEA/AV/CTO… Les avances en AV classique ne sont pas reconductibles ad vitam, mais en faisant la même chose avec ton PEA tu peux faire des roulements sur un taux d’emprunt plus faible. En ajoutant des retraits en CTO lorsque c’est nécessaire, ça peut limiter l’érosion du levier fiscal.

Le nec plus ultra pour jouer à ce jeu reste à mon sens le Box Spread sur CTO. Il faut tout de même prévoir de déléguer ou de bazarder le levier en cas de déclin cognitif annoncé.

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Je suis désormais convaincu par un portefeuille financier composé principalement d’actions et d’obligations.
Et un ETF LifeStrategy en CTO me permet de « bricoler une pseudo-AV » à moindre frais, comme expliqué notamment par @vincent.p dans ce post : ETF Vanguard LifeStrategy - #7 par vincent.p

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Je suis bien d’accord, l’effet de levier fiscal ne fait pas tout, disons que c’est un bonus appréciable :wink:
Mais j’ai la sensation qu’il serait dommage de s’en priver puisque pour en profiter il « suffit » de réfléchir sérieusement à ses enveloppes pour du très long terme, c’est à dire pour sa phase d’accumulation ET de consommation.

Je vois 2 options qui s’offrent à moi pour le choix des enveloppes, mais il m’est difficile de trancher.

Avec l’hypothèse que je suis prêt à prendre du levier financier, en phase de capi et de conso, à condition que sa gestion et son suivi soit délégué, par souci de simplicité.
Je pars également du principe que le PEA est imbattable et donc présent dans les 2 options à hauteur de 150k€. Le montant restant à répartir est donc d’environ 650k€.


OPTION 1 : AV+CTO (gestion libre)

Avantages :

  • Frais d’enveloppes au plus bas ≃ 0,23%
    AV à 0,50% limitée au besoin de rééquilibrage et succession (150k€)
    CTO à 0,15% avec un LifeStrategy (500k€)

Inconvénients :

  • Pas de levier financier délégué (box spread, avances)
  • Pas de conseil sur le patrimoine global et seul face à ses biais psychologiques

OPTION 2 : AV Lux (gestion conseillée)

Avantages :

  • Levier financier délégué, donc accessible et pratique (Lombard)
  • Souplesse du pilotage car une seule enveloppe capitalisante (variation de la stratégie, rééquilibrage, évolution de l’aversion au risque, …)
  • Accompagnement/conseil pour suivre et faire évoluer la stratégie

Inconvénients :

  • Frais d’enveloppe + conseil élevés ≃ 0,97%
    AV Lux à 0,57% + Conseil à 0,40% (650k€)

Dans ces conditions, le choix se résume en définitive entre une gestion libre à très bas frais, mais sans levier financier ni conseil externe.
Ou une gestion conseillée à frais élevés, mais avec du levier, de la souplesse et du conseil.

Reste à déterminer de quel côté penche la balance, mais pour cela il faut creuser les sujets suivants :

  • Dans quelle mesure l’avantage du levier est-il susceptible de compenser/surpasser les frais plus élevés (en phase de capitalisation et de consommation) ?

  • Le conseil apporte-t-il une plus value suffisante en terme de performance/sécurité, vis-à-vis des frais engendrés ?

Par exemple (à la très grosse louche !) si j’estime que le levier financier apporté par le conseil compense juste ses frais supplémentaires (à rendement/risque équivalent), je gagne gratuitement la souplesse de l’enveloppe et le conseil/suivi sur la stratégie.

Mais le gros delta de frais entre les options 1 et 2 me fait penser que je m’emballe :sweat_smile:

Si ton CTO est chez un courtier sur marge, tu peux faire du levier à un taux effectif inférieur à celui de l’AV Lux (frais d’AV si réinvestissement + marge de la banque prêteuse). Si tu te formes à l’utilisation de box spreads, tu économises de l’ordre de 1% annualisés sur ton levier et tu peux retirer l’argent que tu empruntes.

Cela rend la question sur l’avantage du levier vs frais caduque. Tu peux avoir le beurre et l’argent du beurre, surtout si tu élimines la majorité du risque de frottement fiscal avec un ETF LifeStrategy comme tu l’envisages.

Il te reste tout de même à trancher la question de l’intérêt de faire du levier. Est-ce tu penses que le portefeuille leveragé va te permettre un meilleur rendement, par rapport à un portefeuille sans levier de risque égal (= plus concentré en actions) ? Je considère est oui, mais d’autres personnes très pointues en finance pensent que non !

Pour ce qui est de la valeur du conseil, c’est difficile à dire. C’est très personnel.

Imaginons qu’en volant en solo, tu jettes l’éponge au creux d’un gros drawdown et que tu n’investisses plus en bourse pendant 15 ans. Aïe. Si un conseiller te convainc de ne pas le faire, ses quelques dixièmes de % annualisés seront très largement rentabilisés.

Si tu es très discipliné et que tu évites les écueils de ce genre, est-ce qu’un conseiller va te permettre d’augmenter ton espérance de rendement ajustée du risque au-delà de l’impact de ses coûts ? Ce n’est pas dit.

Existe-t-il des alternatives moins chères à des conseillers ? Potentiellement. Des copains pointus en finance qui seront dans la même panade et avec qui tu pourras te soutenir en mode « alcooliques anonymes » ? Une solide formation ? Un stage de méditation Zen ? :grin:

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Un point à avoir en tête - et surtout à modéliser soigneusement via Excel ou un petit programme en python par exemple : le montant optimal de levier et le surplus de rentabilité apporté à risque constant est très dépendant du coût total de financement.

Ce qui suppose d’avoir bien compris comment le risque est impacté par le levier, et tout ce que l’on va payer.

Si le coût du montage est élevé, le levier peut rapidement être contre productif (réduire l’esperance de gains à risque constant, ou plus souvent, augmenter le risque inutilement sans apporter de surplus de rentabilité à due proportion).
Dis autrement, si je peux me financer à moins de 1% de plus que le taux sans risque (tous coûts compris : marge banque sur prêt ou marge sur CTO ou BoxSpreads, etc + surcouts de frais d’enveloppe, de courtier, de conseil, etc), je peux viser un levier important (eg, 120 à 150% voire plus) et arriver à quelque chose qui améliore sensiblement mon espérance de gains à risque inchangé. D’où la recherche continuelle par les amateurs de levier de la meilleure source de financement (avec en contrepartie un peu de boulot…).
A 1, 2% ou 1,4 % de surcout total par rapport au taux sans risque, dans des configurations de portefeuille classiques (ex : 50/50 ou 40/60), on ne peut se permettre qu’un petit levier, avec un impact beaucoup plus mineur sur l’esperance de gains.
Au-delà, il me semble que cela devient beaucoup plus difficile, sauf à avoir croire à des rendements futurs élevés pour le portefeuille.
Les chiffres ci-dessus sont uniquement indicatifs bien sûr (ils correspondent à mes modèles de portefeuille, frais, rendement attendu, volatilité, etc), et dépendent de l’allocation d’actifs choisie par chacun, des conditions de frais et taux, de la rentabilité et du niveau de risque anticipé pour le portefeuille avant levier, des plus values latentes éventuellement embarquées, etc.
A chacun donc de modéliser avec ses propres hypothèses, mais le simple fait de « jouer » avec un modèle simple sous excel ou python permet de comprendre où sont les enjeux.
D’ailleurs, il est à peine plus compliqué de faire calculer au modèle le gain de la banque, de l’assureur, et des conseils dans différentes configurations, ce qui aide à comprendre la psychologie des uns et des autres :slight_smile: :slight_smile:
J’espère que c’était clair (je n’en suis pas sûr…)

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Question posée à ChatGPP et programe python en réponse
Assuming a margin rate of X% with a leverage ratio of Y times capital, how much does a strategy have to out perform a hedge portfolio to earn a positive return. Provide a function with parameters marging rate of x%; leverage ratio of Y times capital, set up the capital to 1000000, with a portfolio of 60% SP500 and 40% 10Year treasury bond. Use the current expected returns for both ans a risk free rate of 3%.

Assumptions:

  • Capital (C): $1,000,000
  • Margin Rate (M): X% (expressed as a decimal, e.g., 5% as 0.05)
  • Leverage Ratio (L): Y times capital
  • Risk-Free Rate (Rf): 3% (0.03)
  • Portfolio Composition:
    • 60% in S&P 500
    • 40% in 10-Year Treasury Bonds

Expected Returns:

  • S&P 500 Expected Return (Rs): Goldman Sachs forecasts a 10% total return for the S&P 500 in 2025, including dividends.

Goldman Sachs

  • 10-Year Treasury Bond Yield (Rb): As of January 3, 2025, the 10-year Treasury yield is approximately 4.60%.

Advisor Perspectives

Portfolio Expected Return (Rp):

Rp = (0.60 × Rs) + (0.40 × Rb)

Leveraged Strategy Return Requirement:

To achieve a positive return after accounting for borrowing costs, the leveraged strategy’s return (Rl) must exceed the cost of leverage plus the risk-free rate. The cost of leverage is determined by the margin rate applied to the leveraged amount.

Required Return (Rr) = (L × M) + Rf

Outperformance Needed:

The strategy must outperform the hedge portfolio by at least the difference between the required return and the portfolio’s expected return.

Outperformance Needed = Rr - Rp

Function Definition:

Let’s define the function RequiredOutperformance with parameters:

  • M: Margin rate (as a decimal)
  • L: Leverage ratio
  • Rs: Expected return of S&P 500
  • Rb: Expected return of 10-Year Treasury Bonds
  • Rf: Risk-free rate

python

Copier le code

def RequiredOutperformance(M, L, Rs, Rb, Rf):
    Rp = (0.60 * Rs) + (0.40 * Rb)
    Rr = (L * M) + Rf
    return Rr - Rp

Example Calculation:

Assume:

  • Margin Rate (M): 5% (0.05)
  • Leverage Ratio (L): 2 times
  • Risk-Free Rate (Rf): 3% (0.03)
  • S&P 500 Expected Return (Rs): 10% (0.10)
  • 10-Year Treasury Bond Yield (Rb): 4.60% (0.046)

Using the function:

python

Copier le code

M = 0.05
L = 2
Rs = 0.10
Rb = 0.046
Rf = 0.03

outperformance_needed = RequiredOutperformance(M, L, Rs, Rb, Rf)
print(f"The strategy needs to outperform the hedge portfolio by {outperformance_needed:.2%} to achieve a positive return.")

Calculation Steps:

  1. Portfolio Expected Return (Rp): Rp = (0.60 × 0.10) + (0.40 × 0.046) = 0.0764 or 7.64%
  2. Required Return (Rr): Rr = (2 × 0.05) + 0.03 = 0.13 or 13%
  3. Outperformance Needed: Outperformance Needed = 0.13 - 0.0764 = 0.0536 or 5.36%

Conclusion:

In this example, the leveraged strategy must outperform the hedge portfolio by approximately 5.36% to achieve a positive return after accounting for borrowing costs and the risk-free rate.

Note: This calculation assumes that the margin interest is compounded annually and that the returns are linear, which may not fully capture the complexities of leveraged investments. Additionally, actual market conditions can vary, and it’s essential to consider transaction costs, taxes, and other factors when implementing such strategies.

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Merci !

Oui, chatgpt est intéressant pour « débroussailler » un sujet, mais en matière de programmes python et de calculs financiers, il fait souvent des erreurs, pas toujours faciles à detecter, et des simplifications conceptuelles abusives.

C’est le cas ici (peut être notamment parce que la question posée ne parle que de « positive return » sans mentionner le sujet du « risque », qui est crucial). Après, chatgpt est « bonne pâte », si on lui montre ses erreurs et oublis, il fait de son mieux pour proposer une version plus correcte, et il ne se vexe jamais :slight_smile:

Pour les plus "geeks " que cela pourrait intéresser (il faut vraiment pas avoir d’autres choses plus excitantes à faire :scream: :rofl: :joy:…), si on veut modéliser cette histoire de levier, c’est tout de même un tout petit peu plus compliqué que ce que fait chatgpt car :

  1. l’optimum de levier va beaucoup varier selon que la frontière d’efficience des classes d’actifs que l’on considère est très peu ou très fortement concave (donc pour bien faire, il faut s’appuyer sur un petit modèle de type MVO / simulation de la frontière d’efficience - on trouve des vidéos sur youtube qui expliquent comment faire). On peut choisir de négliger cet effet en utilisant un simple « sharpe ratio » mais il faut s’avouer à soi-même que l’on fait une grosse approximation dans ce cas.
  2. il convient de prendre en compte les frais divers, et la fiscalité qui va être différente entre les deux scenarios,
  3. et surtout prendre en compte qu’on compare deux performances correspondant à des risques différents (ce que ne semble pas faire chatgpt), il faut donc se ramener à un calcul de « risk adjusted return » (ou calculer des fonctions d’utilité pour les 2 scenarios) pour comparer des choses comparables.
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débrousailler c’est le mot. Je te suis sur l’appréciation de ChatGPT. Donc on va affiner la réponse. Un question d’ optimisation très débattue sur les forums de Quants US.

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Oui, c’est une question fondamentale en finance, d’une façon générale, mais souvent l’objet de beaucoup de raccourcis et simplifications hâtives dans les blogs, ouvrages de vulgarisation et discours des intermédiaires financiers.
C’est aussi bien sûr un bon moyen pour les banques de faire des marges supplémentaires, avec des clients qui sont bien incapables d’évaluer de façon juste les gains et les risques associés.

PS : je ne vais pas leur jeter la pierre, j’ai moi-même été banquier dans une autre vie … ma mémoire me joue des tours, donc j’ai tout oublié, mais peut être ai-je aussi dans le passé proposé des montages divers et variés … et fort rentables pour la banque…

Faute avouée, à moitié pardonnée

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