Trade Republic Private Equity dès 1€ : faut-il investir?

Je ne crois pas que se soit le cas pour TR, je parlais du fonctionnement habituel de ce type de produit

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Faut appuyer sur la petite icone en forme de vague, comme quand tu choisis entre PEA et CTO

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Merci ! Je n’avais jamais utilisé l’appli auparavant et en effet tout un monde s’est ouvert à moi :rofl: Je n’avais pas vu cet icône.

Mais normalement, pas de fiscalité sur les plus-values, c’est un FCPR, donc les plus-values ne sont pas imposables sur le revenu, si tu conserves les titres au moins 5 ans, c’est le principe des fonds de private equity (au moins 50% de non coté dans le fonds). En revanche les prélèvements sociaux restent évidemment à payer sur les plus-values, comme pour tout investissement. Comme TD devient contributeur fiscal (en proposant un PEA), normalement, il devrait en tenir compte.

@Sined Ah, ça change tout ! Du coup, si j’ai bien compris, je garde mes parts d’Apollo pendant 5 ans, puis je les revends : seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent, c’est bien ça ?

Merci pour l info mais je n ai pas vu que c etait des fcpr. n est ce pas un type de structure française uniquement?

Il s’agit de fonds au format ELTIF et non de FCPR. La fiscalité applicable est donc de 30 % sur les plus-values générées.

Concernant le mode de détention via Trade Republic, nous les détenons en direct (nominatif pur) et non au sein d’un compte-titres.

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La dernière vidéo de Julien Invest sur les PE de TR.

Il a très bien expliqué pour les novices comme moi.

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Excellente vidéo!

J’enfonce un peu le clou avec un papier sorti récemment :

The Private Equity Illusion: Revisiting Risks, Returns, and Realities

Résumé
Le capital-investissement est largement perçu comme une classe d’actifs supérieure qui offre une diversification, une rendements, et un risque plus faible par rapport aux marchés publics. Cet article remet en question ce récit. Dessin Sur la base de données sectorielles, de rapports de conseil et de preuves empiriques, il montre que le capital-investissement La surperformance est en grande partie le résultat de l’effet de levier, du lissage de la valorisation et du reporting sélectif Pratiques. Une fois ajustés pour tenir compte de ces facteurs, les rendements des actions privées convergent vers ceux des actions publiques de référence, tandis que la volatilité et les corrélations augmentent considérablement. En particulier, la diversification Les avantages souvent revendiqués par le capital-investissement sont surestimés. Loin d’être une classe d’actifs distincte, les Les actions sont mieux comprises comme une exposition à effet de levier et illiquide aux actions, comportant des risques cachés qui Les investisseurs sous-estiment fréquemment, ce qui fausse les exercices d’allocation d’actifs.

Quelques aperçus

Le capital-investissement (traduction de PE) n’a pas réussi à surperformer régulièrement les marchés boursiers au cours de la dernière décennie. Malgré des surperformances sporadiques au cours de certaines années, les rendements cumulés du capital-investissement restent inférieurs à ceux des grands indices boursiers tels que le S&P 500. Selon l’article du Times, les levées de fonds excessives et les multiples d’entrée élevés sur des marchés de plus en plus concurrentiels ont érodé la capacité du capital-investissement à générer des rendements supérieurs (Financial Times, 2024). La hausse des coûts de financement a accentué ces difficultés.
Des études de McKinsey (2024) confirment également que le capital-investissement a sous-performé les indices boursiers de référence.

En effet, dans une analyse récente, Bain & Company (2024) indique que 68 % des moteurs de rendement du capital-investissement proviennent de l’effet de levier et de l’expansion des multiples, la création de valeur opérationnelle – via la croissance du chiffre d’affaires et l’amélioration des marges – n’y contribuant qu’à hauteur d’environ 25 %. À l’appui de ces résultats, les données de McKinsey indiquent des résultats similaires : l’expansion des multiples de marché et l’effet de levier combinés ont représenté environ les deux tiers du rendement des opérations de rachat entre 2010 et 2021.
Source : McKinsey (2024)
De plus, les données de Bain (2024) et de PitchBook (2024) indiquent qu’une société de rachat de capital-investissement typique affiche un ratio dette/EBITDA 5 à 6 fois inférieur au pic de 7 fois atteint pendant la pandémie, contre moins de 3 fois pour les sociétés cotées comparables. Cela indique qu’une grande partie du rendement du capital-investissement est due à un bêta lié à l’effet de levier, plutôt qu’à une véritable surperformance opérationnelle. Autrement dit, les faits irréfutables indiquent clairement que la dépendance structurelle du capital-investissement à l’effet de levier compromet le discours sur la génération de rendement excédentaire, principalement grâce aux améliorations opérationnelles (croissance du chiffre d’affaires et augmentation des marges bénéficiaires).
Par conséquent, et dans une perspective macroéconomique plus large, on peut légitimement se demander si la « thèse » du capital-investissement n’est pas en grande partie le produit de la baisse historique des taux d’intérêt et des coûts de financement sur plusieurs décennies. Après un pic de plus de 16 % sur les bons du Trésor à trois mois en 1981, le rendement a diminué régulièrement pendant quatre décennies, pour finalement atteindre zéro au lendemain de la crise financière mondiale de 2008, puis pendant la COVID-19. Cette période prolongée de capitaux bon marché et abondants a fondamentalement permis au capital-investissement de s’appuyer sur l’effet de levier et l’ingénierie financière comme principaux moteurs de rendement. Le modèle du capital-investissement peut-il aujourd’hui survivre sans eux ?

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Merci pour la video.
Ca confirme mon idée. Je finis de remplir mon PEA et une fois que ce sera fait… je verrai pour le PE mais il a tout dit : c’est illiquide au possible et chargé en frais, quant au risque 4, perso j’aurai plutot mis 6 car ce qu’il dit est intéressant le marché ne fait que collecter et en face les entreprises n’ont pas évolué… donc l’offre risque d’être largement supérieure à la demande…
En tout cas vu la conjoncture actuelle ce serait du patriotisme économique d’investir dans EQT et les entreprises européennes quand on voit comment l’Europe est à la ramasse par rapport aux US et à la Chine

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Bonjour,
Comment avez vous fait pour ouvrir un PEA chez TR? Perso je n’y arrive pas et ne peux accéder au chat d’aide qu’il est censé exister sur l’appli.
Merci

Hello,

Je trouve le move intéressant… mais il faut bien décortiquer ce qui est réellement proposé par Trade Republic avant d’y mettre un billet.

Concrètement, l’accès « Apollo/EQT dès 1 € » passe par des fonds de type ELTIF 2.0 au format evergreen/semi-liquide, avec fractionnement côté TR et une fenêtre de sortie mensuelle via un marché interne. Ce n’est pas un fonds coté classique : la liquidité est organisée (et potentiellement limitée) par le gestionnaire, avec des mécanismes de gates si besoin. Le communiqué TR + la presse spécialisée confirment : min 1 €, possibilité de vente mensuelle sur le marketplace interne et bonus de 1 % pendant les 30 jours de lancement. 

Sur les frais, attention au « sans frais ». TR ne facture pas (ou peu) côté plateforme, mais les frais du fonds restent bien là (gestion + éventuellement performance). C’est classique pour l’ELTIF. Côté EQT Nexus ELTIF, des retours d’utilisateurs indiquent ~2,35 % de frais de gestion/an (0 % perf fee pour cette part), et les docs d’Apollo montrent aussi des evergreen luxembourgeois avec structure de frais propre. Bref : compare surtout les KID/prospectus des fonds, pas la promesse « no fee » de l’app. 

Côté cadre, l’ELTIF 2.0 a justement été pensé pour ouvrir les marchés privés au retail, avec des règles de gestion de liquidité plus souples (mais pas magiques) et des outils LMT (gates, side-pockets…) encadrés par l’ESMA. Ça veut dire : une sortie mensuelle en régime normal, mais rien n’empêche des restrictions en cas de stress marché ou de déséquilibre souscriptions/rachats. Ne traite pas ça comme un livret : horizon long (7–10 ans), dispersion des performances élevée, et valorisations moins fréquentes. 

Deux autres points pratiques pour un investisseur français : 1) ce n’est pas éligible PEA (ELTIF luxembourgeois), donc ce sera logé sur CTO avec fiscalité classique PFU 30 % en France sur revenus/plus-values (à vérifier dans tes cas particuliers) ; 2) la « cible » de 12 % souvent citée est un objectif marketing, pas une promesse. Les grands acteurs poussent fort le « retail alternatives », mais les régulateurs et la presse soulignent le risque de mauvaise compréhension des contraintes de liquidité et des frais. 

Comment je m’y prendrais si tu veux tester :
• Traite-le comme une brique satellite (5–10 % max du portefeuille au début), le cœur restant ETF listés/fonds euros/obligs selon ton profil.
• Choisis entre les profils : EQT Nexus ELTIF est typé private equity global d’EQT (santé/tech/services), Apollo a des solutions « private markets » plus multi-strats (private equity/credit/secondaires selon le véhicule). Lis les KID/prospectus pour la poche cible exacte, les fenêtres de rachat et les frais détaillés. 
• Ne te laisse pas aveugler par le bonus 1 % : vérifie les conditions (période minimale de détention, éventuels coûts de sortie/ajustements en cas de rachat rapide). 
• Compare aux alternatives listées et plus transparentes : actions de sociétés de PE cotées (EQT AB, Partners Group, Blackstone…), ETF « listed private equity », voire fonds semi-liquides de maisons connues disponibles via d’autres distributeurs. La mécanique est différente (exposition indirecte, corrélation plus élevée aux marchés cotés), mais la liquidité/les frais sont plus lisibles. 

En résumé : la « démocratisation » via TR est réelle (ticket min, process simplifié), mais ce sont des produits privés avec des frais supérieurs aux ETF, une liquidité conditionnelle et un horizon long. Si tu sais pourquoi tu veux une poche private (diversification au-delà des marchés cotés, acceptation du risque de gating et du coût), prendre une petite taille test et relire les documents réglementaires me paraît raisonnable. Si tu vises surtout du « rendement qui bouge peu et cash à tout moment », ce n’est pas l’outil. 

Curieux d’avoir ton retour si tu testes l’un ou l’autre des deux (EQT vs Apollo) et ce que TR fournit comme doc fiscal/IFU à la fin de l’année.

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J’ai investi sur les deux, car cela me semble moins risqué, et plus diversifié (europe et usa notamment).

Maintenant, je vise aussi à rester sous les 5% de mes investissements.

Une petite tartine supplémentaire pour être sûr que ça rentre bien :slight_smile:

[Analyse] C’est rempli de belles promesses et surtout de frais : pourquoi je ne touche pas aux nouveaux « Private Markets » de Trade Republic même avec un bâton

Morceaux choisis :

Comme prévu , tous les intermédiaires financiers qui travaillent avec le « retail » (littéralement les investisseurs « de détail », c’est-à-dire les particuliers comme vous et moi) ne parlent plus que d’une chose en ce moment : le private equity. Parfois ça s’appelle « non coté », parfois « capital investissement », parfois « PE », parfois d’autres noms encore, mais c’est à peu près pareil. Chez Trade Republic ce sera les « Private Markets ».

C’est pourtant une (très) mauvaise idée et plusieurs arguments avancés par le boug ont été débunkés depuis. Ce poteau complet réalisé il y a tout juste un an brossait un portrait peu avenant de l’avenir du PE pour les petits investisseurs (lire également le premier commentaire, très instructif). TL;PL :

le private equity a été très rémunérateur pour une poignée d’investisseurs initiés ces dernières années, mais la hausse rapide des taux d’intérêt qui a eu lieu [à compter de 2022] a sifflé la fin de la partie. Il faut donc trouver un « relais de croissance » pour continuer à collecter des fonds et acheter les parts des institutionnels qui veulent vendre : l’épargne des particuliers. Vu comment c’est parti, la « démocratisation » enclenchée nous laissera peut-être quelques miettes à la fin, pendant que de nombreux intermédiaires prélèveront frais divers et commissions variées, sur fond de promesses de rendement de malade qui ne se réaliseront pas.

Cet avis est partagé par plusieurs observateurs des marchés – enfin ceux qui sont indépendants et qui ne sont pas payés par la sphère d’intermédiaires : les particuliers vont servir d’« exit » à tous les institutionnels et grands investisseurs qui veulent récupérer leurs fonds dans le non coté.

Comme prévu, les frais sont délirants. Et l’industrie financière aurait tort de se priver au vu de la puissance du mouvement engagé vers le PE et de tous les relais de communication qui ne posent surtout pas les questions qui fâchent.

Une passe sur les DIC des deux fonds vendus par TR indique :

  • Apollo (LU3170240538) : par an 2,80% de frais de gestion + 1,71% de commissions liées aux résultats (moyenne des 5 dernières années), soit dans les 4,50% annuels
  • EQT (LU3176111881) : 2,35% de frais de gestion annuels et 5% de frais de sortie (automatiques jusqu’à 18 mois de détention, ou « à la discrétion du gestionnaire » au-delà de 18 mois)

C’est très élevé, d’autant plus que ces produits sont destinés à être conservés de nombreuses années par définition. Par exemple 10 000 € investis pendant 8 ans vont être grevés de ~3 600 € de frais.

On comprend d’ailleurs que le rôle de TR change : la société n’est plus un simple courtier mais devient un distributeur qui est rémunéré pour commercialiser les deux fonds. La rétrocommission est de 0,85%/an pour l’un et de 1,40%/an pour l’autre. Quand TR affirme qu’il n’y a « pas de frais » c’est très limite : oui il n’y a pas de frais de courtage ou d’achat mais il y en a ensuite et pas qu’un peu ! Plus TR arrivera à convaincre ses clients d’investir, plus TR gagnera d’argent – que les fonds tiennent leurs promesses ou pas.

Comme prévu, ce sont des produits peu transparents et difficilement compréhensibles par les particuliers. Et il n’y a pas d’historique puisqu’il semblerait s’agir de fonds créés spécialement pour TR.

Les fonds commercialisés par TR supportent donc des frais qui ne sont pas présentés de facon transparente à l’investisseur, notamment de « carry » (une commission de performance), qu’on découvre seulement après avoir investi. C’est très gênant.

Quelqu’un d’autre a poussé l’analyse. Le gars derrière le blog Value and Opportunity est un investisseur allemand et il a disséqué les frais du fonds EQT. Voici l’essentiel de ses conclusions :

  • les articles parus dans la presse n’évoquent pas le bon niveau de frais, en particulier parce que c’est très compliqué de comprendre comment ça marche vraiment
  • le fonds EQT vendu par TR est en majeure partie (56%) un « fonds de fonds » qui investit dans d’autres fonds gérés par EQT : il y a double couche de frais
  • les frais et les coûts payés par l’investisseur seront sans doute plus proches des 4% à 7% par an selon les hypothèses retenues et la performance réelle du fonds
  • ses modélisations montrent que pour atteindre ~12% de rendement annualisé nets de frais il faudrait qu’EQT arrive à générer ~20% de performance annuelle (la différence c’est les frais et l’absence de gains d’une partie du fonds qui reste en cash)
  • il remarque que, ces dernières années et d’après les données disponibles qu’il est allé chercher sur le site du groupe, EQT semble plutôt avoir réussi à produire dans les 3%-4% annuels, ce qui est très éloigné de la cible évoquée par TR

Comme prévu, et comme souvent, la « démocratisation » du PE qui arrive est un leurre : on vend du rêve à des gens qui n’y connaissent rien et qui vont suivre la masse sans se poser de questions. Les intermédiaires racontent de belles histoires, évoquent des rendements de ouf, font vibrer notre petit cœur d’investisseur qui veut « diversifier », tout en construisant des produits sur mesure blindés de frais et de commissions. N’y touchez pas, même avec un bâton, même pour un euro !

Voir la publication en entier → Reddit - [Analyse] C’est rempli de belles promesses et surtout de frais : pourquoi je ne touche pas aux nouveaux « Private Markets » de Trade Republic même avec un bâton

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Bien trouvé. Merci.

Qu’est ce qui vous dérange avec les frais au final ?

Moi si un support me fait 20% pour moi et qu’ils se prennent au passage 10% grand bien leur fasse !
Peut être importe les frais non ?

Les SCPI c’est 15% de frais et tout le monde y va car le 6 ou 7% « net de frais de gestion » va à tout le monde.

Tout le monde a l’air de crier au diable juste pour cette raison.
Je comprends largement l’argument « passé les taxes ce ne sera pas mieux qu’un ETF »
Mais je ne comprends pas l’argument des frais.

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Y a pas que les frais, il y a le soucis de liquidité et d opacité en autres
Effectivement si un produit fait +20 % et que le gestionnaire prend 10 c est pas un soucis
Mais si le produit fait -10 % et qu il prend en plus 10 ca devient problematique :wink:

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La liquidité et l’opacité est propre à la classe d’actifs du non coté.

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Les frais d’intermédiaire sont imputés sur ton rendement. Certes si tu atteints ton objectif de rendement, ce n’est pas forcément grave. Mais si tu ne les atteints pas, et les frais élevés augmentent le risque de sous-performer, les frais tu devrais les voir d’un oeil beaucoup moins favorable.

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