En 1989, 8 des 10 plus grandes entreprises mondiales étaient japonaises. Aujourd’hui, il n’en reste qu’une : Toyota.
Le Nikkei a mis 35 ans pour retrouver ses plus hauts de 1989. C’est l’horizon de placement d’une vie d’investisseur.
Les cinq faits qui résument la situation :
- En 1992, le Japon produisait 32 000 dollars par habitant et occupait le 2e rang mondial, devant les États-Unis. En 2024, il produit toujours 32 000 dollars. Ce score le place au 39e rang.
- La dette publique atteint 237% du PIB, soit deux fois le niveau français. 90% est détenue par des Japonais eux-mêmes, ce qui limite le risque de panique extérieure du type crise grecque de 2012.
- La Bank of Japan possède près de la moitié de la dette souveraine et 7% du marché actions japonais, financés par de la monnaie créée pour l’occasion. Du jamais vu dans une économie développée.
- 686 000 naissances pour 1,6 million de décès en 2024. La population devrait baisser de 30% d’ici 2070.
- En 2025, l’Inde dépasse le Japon au classement des économies mondiales, après 35 ans de plans de relance sans résultat.
Le Japon a tout essayé : taux à zéro depuis les années 90, taux négatifs, QE (achats massifs d’actifs par la banque centrale pour injecter des liquidités dans le système), plans de dépenses massifs. Rien n’a vraiment relancé la machine.
Les entreprises reçoivent des liquidités mais thésaurisent plutôt que d’investir, traumatisées par le crash de 1990. L’ancienneté prime sur le mérite. Personne ne prend de risques dans une économie qui ne croît plus. Et quand personne ne prend de risques, l’innovation disparaît à petit feu.
Pour un investisseur, le cas japonais illustre mieux que n’importe quel exemple théorique pourquoi la diversification géographique n’est pas un détail. Investir uniquement dans la première économie mondiale de 1989 aurait signifié 35 ans d’attente pour retrouver son point de départ, dividendes réinvestis mis à part.
Depuis 2024, quelque chose bouge au Japon : fin des taux négatifs après 17 ans, plus fortes hausses salariales en 30 ans, inflation de retour à 2%. Est-ce le début d’un vrai retournement ?