Finary va-t-elle survivre à cela ?

Bonjour,

Je suis utilisateur de Finary depuis un certain temps et j’apprécie particulièrement la qualité de l’agrégation patrimoniale et l’expérience utilisateur de la plateforme.

Cependant, avec l’arrivée récente des fonctionnalités “Personal Finance” de ChatGPT aux U.S. (abonnement pro à 100€/mois qui fait appel à l’API Plaid), je me pose honnêtement des questions sur la valeur ajoutée future d’un abonnement Finary.

Aujourd’hui, ChatGPT semble progressivement proposer :

  • des capacités de simulation financière,

  • des analyses patrimoniales,

  • de l’assistance personnalisée,

  • potentiellement de l’agrégation,

  • et surtout une couche conversationnelle extrêmement puissante et flexible.

Du coup, j’ai du mal à voir ce qui continuera à différencier Finary sur le moyen/long terme face à ce type d’outil généraliste dopé à l’IA surtout si cette fonctionnalité Personal finance arrive en France sur l’abonnement à 20€/mois (en utilisant Powens).

Je serais donc curieux d’avoir votre vision :

  • comment percevez-vous cette évolution ?

  • pensez-vous que les outils comme ChatGPT représentent une menace, un complément, ou une opportunité ?

  • et surtout, quelles sont selon vous les raisons qui justifieraient encore de conserver un abonnement Finary dans les prochaines années ?

Je serais très intéressé d’avoir votre point de vue stratégique sur le sujet.

Bien à vous,

Grégory

Je le mentionnais dans ma présentation, j’ai 53 ans et c’est au hasard d’un échange avec Gemini que j’ai ouvert un PEA. J’aurais bien aimé connaitre tout ça plus tôt.

Ceci dit, l’IA n’est pas encore au point lorsque j’échange avec elle. Cafouillage dans les ISIN ou les tickers, confusions, erreurs de calculs, réponses erronées, hallucinations. Bref, vous l’aurez compris, je ne lui fait pas encore complètement confiance. Donc elle me sert plus à m’aiguiller que me décider.

L’ouverture de mon PEA s’est ainsi concrétisée qu’après visionnage de plusieurs vidéos YouTube (dont évidement Finary), étude et simulation d’évolution de la valeur des parts etc.

Je ne pense pas non plus que j’aurais confiance à connecter mes comptes à une IA.

Autre chose également, rien à voir mais je suis un peu échaudé de mon expérience avec les plateformes de SVOD. Au début, les contenus sont attrayants et le tarif très bas. Et lorsque que vous avez orienté toute votre consommation TV vers ce type de plateforme les prix grimpent en flèche. Et je suis quasiment sûr que l’IA va suivre le même chemin. Une fois qu’elle se sera rendu indispensable à nos yeux , les tarifs augmenteront et on aura oublié comment on faisait sans IA.

Donc de mon côté, même si c’est grâce à elle que je me suis lancé. J’irai toujours avec prudence.

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J’ai demandé à l’IA de me faire mes pronos pour la coupe du monde, groupes par groupes. Et elle a déjà commencé par se planter dans la composition des groupes.

Je ne me sens donc pas tout à fait prêt à lui confier la gestion de mon patrimoine….

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Salut @Gregory193

Je pense que l’IA doit intégrer Finary, et c’est déjà le cas sur certains aspects.

Pour ce qui est d’aller jusqu’au conseil en gestion de patrimoine, je vois deux enjeux.

  1. Il faut d’abord disposer d’un modèle d’IA extrêmement bien entraîné sur tous les sujets qui influencent les différentes classes d’actifs : histoire économique, analyse financière, actualité des entreprises, évolution des technologies, géopolitique, etc. Un tel modèle doit être constamment mis à jour. Je ne sais pas si le développement d’un outil de cette ampleur est financièrement envisageable pour Finary seule. J’ai plutôt l’impression qu’un acteur spécialisé finira par proposer ce type de moteur en marque blanche, un peu comme Powens ou Plaid fournissent aujourd’hui des solutions de connexion sécurisée.
  2. À supposer qu’un tel modèle existe, Finary dispose déjà d’un atout majeur : vos données. L’application ou l’interface web devient alors la couche de dialogue entre vous et l’IA, tandis que votre patrimoine constitue la matière première permettant de personnaliser les recommandations.

On pourrait ainsi imaginer un service de conseil financier basé sur l’IA, entièrement centré sur les données déjà présentes dans Finary, sans avoir à connecter d’autres services.

Aujourd’hui, je ne m’amuserais pas à fournir mes identifiants bancaires à Claude, ChatGPT ou d’autres acteurs du même genre. Peut-être qu’un jour ils offriront les mêmes garanties de sécurité et de conformité que Powens ou Plaid, mais ce n’est pas leur métier aujourd’hui.

Finary va-t-elle survivre à cela ?

Ce n’est pas parce que les grandes surfaces existent qu’il n’est plus possible d’aller chercher de bons produits au marché ou chez des commerçants spécialisés. Bien au contraire.

Pour résumer, si Finary dispose d’un modèle d’IA financière puissant, hébergé dans un environnement sécurisé, et que mes données ainsi que l’historique de mes échanges restent chiffrés et accessibles à moi seul, alors oui, une entreprise comme Finary a une réelle carte à jouer.

— Darryl

EDIT: Je précise que le modèle d’IA dont je parle n’a pas forcément à être unique. Il pourrait s’agir de plusieurs modèles spécialisés travaillant ensemble et sollicités en fonction de la nature des requêtes.

Ces modèles pourraient se spécialiser par domaine d’investissement (actions, immobilier, crypto, fiscalité, etc.), mais aussi par pays ou par cadre réglementaire. Ainsi, un investisseur français cherchant à optimiser son PEA pourrait bénéficier de modèles entraînés spécifiquement sur les produits et la fiscalité française, tandis qu’un investisseur immobilier présent dans plusieurs pays ferait appel à d’autres expertises.

L’utilisateur pourrait laisser la plateforme sélectionner automatiquement les modèles les plus pertinents, ou au contraire choisir lui-même ceux qu’il souhaite consulter, selon son besoin du moment.

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Du coup j’ai fait le test également et elle me dit que l’Italie est quasiment sûre de passer…

L’IA, c’est vraiment une utilisation infime de mon côté. La confiance n’est pas au rendez-vous et, au risque de passer pour un luddite, c’est tant mieux !

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Oui, c’est plus ou moins l’idée (assumée) chez ChatGPT et c’est évident que le coût actuel ne les rend pas rentables et ne reflète pas le coût réel. D’ailleurs, pari qui pourrait coûter cher à OpenAI, ils avaient une avance considérable et aujourd’hui je crois que Claude mène le jeu avec un modèle économique qui semble, en plus, un peu plus réaliste.

Mais les modèles sont nombreux et en partie devenus des commodités, certains sont open source, tu n’auras peut-être pas accès au top du top, au plus intégré à tes outils, à l’UX la plus agréable, mais tu auras certainement accès à un excellent modèle pour presque rien, comme tu as aujourd’hui la possibilité de mater des films en streaming sur France TV, Arte, TF1 sans abonnement. Quand chatgpt ou Claude deviendront trop chers, qu’est-ce qui t’empêchera de migrer vers Mistral ou DeepSeek ?

Oui, pour des pompts usuels, pas de soucis pour changer. Mais la discussion émise par Gregory193 toure autour de connecter la gestion de patrimoine à un outil IA. Donc c’est probablement pas pour migrer vers un autre outil en fonction des offres commerciales.

L’enshittification a déjà bien commencé chez Microsoft par exemple. Leur outil github copilot (qui vise plus un profil développeur mais pas que) :

  • N’est plus accessible aux particuliers pour l’instant en attendant de convertir tous abonnements en facturation à l’usage.
  • A eu un gros changement de facturation en juin pour les entreprises. Pour la même utilisation, la facture peut faire un x5 à x50 d’un mois sur l’autre et beaucoup se plaignent forcément.

Je sens que dès qu’Open AI et Anthropic auront fait leur introduction en bourse, leurs tarifs vont augmenter très vite.

L’IA fait poser question sur la possibilité facile ou non du disrupter des SAAS comme Finary (soit pas reimplementation out par integration avec fournisseur existant).

Honnêtement ça me paraît pour l’instant pas réaliste au vu de la complexité pour avoir toutes les datas et qu’elles soient correctes.

Merci beaucoup pour ta réponse. Néanmoins l’aggrégation ne me semble plus une technologie si évoluée que cela puisqu’aujourd’hui sur l’aggrégation uniquement Finary a beaucoup de concurrents et à quelques euros par mois. Peut etre que je me trompe sur la technologie qu’il faut pour pouvoir bien aggréger les données mais cela ne me semble pas insurmontable pour OpenAi ?

@Gregory193

En fait, l’agrégation, c’est comme les câble de recharge des appareils électroniques. Nos descendants connaitront peut-être un monde meilleur avec des connexions universelles.

OpenAI, si je ne m’abuse, entend passer par Plaid pour la connexion aux comptes. Ils auront donc les mêmes problèmes que Finary rencontre. J’ai un de mes comptes qui passe par plaid. Quand ce n’était pas encore le cas, Finary y avait accès. Depuis que ce compte impose Plaid avec un 2FA de l’époque à ma grand-mère (“Comment s’appelait le chien du facteur de l’amant de ta seconde belle-mère?”), je n’y ai plus accès.

Le jour où, au moins dans un premier temps, toutes les connexions à tous les types de comptes se feront par des clés API que nous les utilisateurs contrôlerons, Il n’y aura plus de problèmes pour tous les agrégateurs du monde. La différence se fera dans l’offre de service, l’interface et la sécurité des données.

— Darryl

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Merci beaucoup pour cette réponse, c’est super intéressant

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Pas tout de suite et pas avant un certain temps, vu la sensibilité des données, il y a un fort enjeu réglementaire et je n’imagine même pas la difficulté qu’auront les LLM à disposer de certifications pour pouvoir se connecter par API des établissements bancaires. D’autant que comme pour Finary / Powens, les banques risquent de ne pas être les plus coopératives. Peut-être après le passage en vigueur de la DSP3 ?

Ou sinon ça sera plutôt des outils à la PF Perf, avec ajout manuel des datas par l’utilisateur, pas sûr d’en voir la plus value (à la limite une brique “conseil” mais c’est certainement la plus sensible).