Mentir.
Pendant mon CDD aux US et dans l’année qui a suivi mon retour des US, j’étais considéré comme US person (plus maintenant heureusement). J’ai vite réalisé que la seule façon d’ouvrir un compte chez un courtier, une banque, ou n’importe quelle institution financière était de mentir. A cause de la loi FATCA, il y a effectivement toujours, au cours du processus d’ouverture de compte, la question « Êtes-vous une US person ? ». Et là, les démarches à accomplir pour l’institution financière sont si lourdes si tu réponds « oui » qu’automatiquement, ça va te dire que tu n’es pas éligible pour ouvrir. Donc il suffit de répondre « non ».
Si tu as un passeport de l’UE et pas de passeport US, ça en restera là et on ne viendra jamais te chercher des poux dans la tête. Pour ta femme qui a, je présume, un passeport US, mentir ne fonctionnera pas. Il ne lui reste plus que les grosses banques traditionnelles bien chargées en frais, qui elles, acceptent parfois de faire l’effort associé aux règles FATCA si un gros encours est apporté et que l’ouverture a lieu en présentiel. Pour ton enfant, si ce dernier n’a pas de passeport US, je te conseille de tout simplement ouvrir l’AV en utilisant son passeport français, et en répondant « non » à la question fatidique.
Pour ta femme, même si elle obtient un passeport français, si par exemple vous vous mariez, mentir peut-être dangereux, dans la mesure où elle conservera son passeport US, et continuera donc de devoir rendre des comptes à l’IRS toute sa vie. Dans mon cas, le mensonge est absolument indolore, car je n’ai désormais plus aucun compte à rendre à l’IRS.
FATCA est si lourd pour les gens avec un passeport US qui vivent à l’étranger, que j’ai lu des témoignages de personnes qui finissent par répudier leur nationalité US pour être enfin laissés tranquille par FATCA. Si ton enfant et ta femme ont un passeport US, FATCA les suivra toute leur vie, à moins qu’ils ne prennent une telle mesure.
Bien sûr, il reste toujours l’investissement décentralisé. Par définition de la décentralisation, les nationaux de n’importe quel pays peuvent créer un portefeuille bitcoin. Il suffit alors à ta femme d’acheter ses bitcoins directement auprès d’un exchange US (elle a probablement encore un compte aux US je présume), et de les transférer vers son wallet, là où ils seront protégés de toute loi liberticide. Bien sûr, je me doute que ta femme n’a pas envie de n’investir qu’en crypto, voire n’a pas envie d’investir en crypto du tout, et donc ça ne résoud pas toute la question.