Il y a quelques mois, j’ouvrais mon appli de crypto le matin avant même de me lever. Pas pour vérifier une position. Pour voir combien j’avais perdu pendant la nuit.
J’ai 21 ans. J’ai perdu 20 000€ en crypto avec du levier. Pas en un jour, en une lente dégringolade que j’ai regardée se produire en pensant à chaque fois que le prochain trade allait tout réparer. Avant ça, c’était les paris sportifs. L’argent n’est jamais resté assez longtemps sur un compte pour que j’apprenne à le regarder grandir.
Aujourd’hui j’ai 0€ de patrimoine. Zéro. Je le dis sans détour parce que je pense qu’il faut normaliser ça : on ne part pas tous de la même ligne, et la mienne est derrière le point de départ.
Mais je viens d’ouvrir mon PEA. Et cette phrase, aussi banale qu’elle paraisse, représente pour moi un vrai point de bascule. Pour la première fois, je ne cherche plus le coup qui change tout en un mois. Je cherche la régularité qui change tout en dix ans.
Je suis en alternance, je touche 1500€ net. Je verse 500€ dans mon foyer pour vivre à deux. Une fois toutes les charges passées, je mets en place un virement programmé de 800€ par mois, automatique, pour ne plus jamais laisser la décision d’épargner dépendre de ma motivation du jour.
Mon objectif, je le dis tel qu’il est dans ma tête : 100 000€ à 30 ans. Pas pour frimer, pour construire une vraie liberté. Je crois de moins en moins à la retraite telle qu’on nous la vend, alors je préfère me construire mon propre plan B, le plus tôt possible.
Avant tout investissement, je pose mon matelas de sécurité. Plusieurs mois de dépenses, sur un livret liquide, avant de toucher à quoi que ce soit d’autre. Ce n’est pas la partie excitante de l’histoire, mais c’est celle qui m’évitera de revivre ce que j’ai vécu : être forcé de vendre au pire moment parce que je n’avais aucun coussin.
Une fois ce matelas construit, le PEA devient le cœur de tout. Je pars sur l’ETF MSCI ACWI d’Amundi, qui vient tout juste de sortir. Ma conviction est simple : aujourd’hui les États-Unis dominent les indices mondiaux, mais je ne crois pas qu’on puisse savoir qui dominera dans 10 ou 15 ans. Autant avoir dès maintenant les marchés émergents dans la même ligne que les développés, plutôt que parier sur la continuité d’un monde qui change vite.
J’ai aussi pris date sur une assurance-vie. J’y touche pas pour l’instant, c’est juste pour lancer le compteur fiscal des 8 ans pendant que j’ai encore le temps devant moi pour que ça compte.
Et il y a une question sur laquelle j’ai vraiment besoin de vous. J’ai envie d’investir en compte-titres sur la tech, l’IA, les semi-conducteurs. Mais mon ETF ACWI contient déjà les plus grosses valeurs tech mondiales. Comment vous gérez ça, vous qui êtes plus avancés que moi ? Comment on évite de se surexposer sans se priver d’aller chercher ses convictions ? Est-ce que vous plafonnez cette poche en pourcentage du portefeuille, et à combien ?
Je garde également une petite poche crypto, environ 5% de mon épargne investie, sur Bitcoin, Ethereum et Solana. Sans levier cette fois. Sans écran allumé à 3h du matin. Juste une conviction que je laisse vivre sur le très long terme.
Sur l’échelle du risque, je me situe autour de 6,5/10. Je pense pouvoir encaisser une baisse de 60% sans paniquer( avec même le plasir d’acheter moins cher ), mais honnêtement, je ne l’ai jamais vécu avec de l’argent construit patiemment plutôt que joué. Vu mon âge, mon horizon d’au moins 15 ans et cette tolérance, quelle serait selon vous la meilleure stratégie globale à ma place ?
Dernier point, un peu à part mais je veux être transparent jusqu’au bout : j’ai pris l’abonnement Finary à crédit auprès de mes proches, parce qu’aujourd’hui je n’ai littéralement rien de côté. Je l’ai fait pour être au contact de cette communauté et pour marquer, symboliquement, que cette fois c’est différent.
Si vous êtes passés par une phase similaire, spéculation, pertes, remise à zéro, dites-moi ce qui a vraiment marché pour vous une fois reparti sur des bases saines. Et surtout, aidez-moi sur la question CTO contre ETF, c’est le point sur lequel je suis le plus perdu aujourd’hui.