25 ans · 30k à déployer · stratégie construite mais pas encore exécutée · vos retours ?

25 ans · 30k à déployer · stratégie construite mais pas encore exécutée

Mon profil
25 ans, célibataire, sans enfant. Salarié 4 000 € net/mois. Horizon d’investissement 20 ans minimum. Projet entrepreneurial en cours de construction en parallèle.

Ma capacité d’épargne mensuelle
Environ 1 000 €/mois disponibles après charges — dont 200 € alloués à l’investissement et le reste vers une cagnotte entreprise.

Mon patrimoine actuel
— 9 650 € sur Livret A — matelas de sécurité, intouchable
— 30 000 € sur compte rémunéré Revolut à 3 %
— PEA ouvert depuis un an, vide pour l’instant — mais le compteur fiscal tourne

Mes objectifs
Constituire un patrimoine retraite passif sur 20 ans via une architecture core-satellite. Le core c’est un ETF MSCI World ACC en lump sum des 30k dans le PEA + 200 €/mois de DCA. Le satellite c’est une petite poche pour boursicoter — quelques actions en direct et peut-être une position BTC/ETH encadrée. Pas d’objectif de retraite anticipée — juste avoir un filet solide pendant que mon énergie principale va à mon projet d’entreprise.

Ma tolérance au risque
Hônnête : moyenne. Je comprends intellectuellement qu’un -30 % est temporaire sur 20 ans. Mais je n’ai jamais vécu de krach avec de l’argent investi donc je ne sais pas encore comment je réagirais émotionnellement. C’est probablement pour ça que je n’ai pas encore appuyé sur le bouton.

Mon blocage principal
Les niveaux actuels me semblent historiquement élevés et j’ai du mal à me résoudre à investir en ATH. Je sais que le MSCI World passe 30 % de son temps à des sommets historiques. Je sais qu’attendre a un coût réel. Je sais que personne ne prédit les krachs. Je sais que sur 20 ans il n’existe aucune période où le MSCI World a terminé sous son point de départ.

Je sais aussi que « j’attends le bon moment » est le piège classique. Mais émotionnellement ce n’est pas encore ancré.

Mes questions
Ceux qui ont investi au plus haut en 2000, 2007 ou 2021 — le timing a vraiment changé quelque chose sur le long terme ?

Lump sum vs DCA : différence de performance vraiment significative, ou c’est surtout l’argument émotionnel du DCA qui compte pour tenir psychologiquement ?

Sur la crypto : j’attends que ça consolide avant d’ouvrir une petite position BTC/ETH. Même piège que sur la bourse ou logique différente selon vous ?

Vos expériences valent plus que n’importe quel argument théorique pour moi à ce stade.

Pas conseiller financier, juste un partage de réflexion.

Salut,

Avec un projet entreprenarial en cours, tu risques d’avoir besoin de ces liquidités non ? T’es sûr de vouloir bloquer ça 20ans maintenant ? Ça me semble plus sur d’attendre de voir ce que donne ton projets. Parce que l’argent en bourse ce n’ est pas vraiment un “filet solide “

Pourquoi vouloir faire un Lump-Sum si t’as peur d’entrer au mauvais moment ? Ça fait un an que t’auras pu faire un DCA a 500€ par semaine.

En plus cette année, il y en a eu plein des occasions d’entrer a prix discount avec les guerres commerciale et physique. Si t’attends le bon moment, pourquoi n’avoir pas saisi ces occasions ?

Et pour la crypto, elle est trop basse, donc t’attends que ça remonte pour acheter ? :winking_face_with_tongue:

En conclusion, si les marchés sont haut, ça fait peur, si ça chute, aille c’est pas le bon moment ça s’effondre, et si c’est bas, c’est pas le bon moment faut attendre de voir si ça remonte.
Je dirais que le DCA est exactement pour les gens qui raisonne comme ça (assez classique chez un débutant). En LumpSum tu n’investiras jamais :grin:

Salut,

Le marché était 10% en dessous de l’ATH il y a un mois à peine. C’était à ce moment là qu’il fallait rentrer (ou du moins commencer à rentrer) pour éviter de devoir rentrer à l’ATH.

Ça dépend de ce que tu appelles « changer quelque chose », mais généralement oui. Néanmoins ces évènements sont imprévisibles et affectent tous les investisseurs de la même manière, qu’ils soient rentrés il y a peu où il y a longtemps. Donc il y a aussi une grande part de psychologie : la peur d’être en moins-value, alors que les dégâts sont les mêmes pour tous (or tout le monde n’a pas constamment peur de se prendre un « krach ».

Le DCA n’est obligatoire pour personne. C’est utile pour s’imposer de la discipline et/ou éviter de paniquer, mais c’est tout. Ce n’est pas une stratégie optimale. Ça n’a aucun sens d’un point de vue financier de s’exposer très peu au début et progressivement de plus en plus jusqu’à être très fortement exposé, sauf si encore une fois le but central est d’éviter d’être en MV (et encore, un DCA malchanceux peut être pire qu’un Lump Sum).

Si le DCA est court (à chacun de définir ce qui est « court » pour lui), ce n’ est pas nocif. Par contre, plus il s’étend, plus il est statistiquement sous-optimal.

Une meilleure méthode selon-moi est de rentrer la partie de son capital qu’on est prêt à exposer à un instant T (par exemple 70%), et garder le reste en cash temporairement. C’est beaucoup plus logique et pertinent qu’un DCA. Et d’ailleurs ça ne s’applique pas qu’aux débutants : si tu trouves le marché trop haut et commence à avoir peur, tu peux très bien passer d’une exposition de 100% à 80% par exemple. Bien que d’une manière générale, il faut le rappeler, le meilleur moyen pour se protéger du risque c’est la diversification, pas la limitation du son exposition.

Au sujet de l’ATH :

La peur d’acheter à un ATH est un biais documenté.
J.P. Morgan l’a mesuré : investir sur un ATH revient quasi au même que d’investir un autre jour.

Les ATH font peur. Les données, elles, ne font pas de différence.

https://am.jpmorgan.com/content/dam/jpm-am-aem/global/en/insights/market-insights/guide-to-the-markets/daily/mi-daily-gtm-us.pdf

Slide 61

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Merci pour cette réponse et cette ouverture d’esprit ça fait partie du truc de pouvoir réfléchir à voix haute ici.

Je souhaite tout de même lancer le système car, de ce que j’ai compris, à 23 ans ma meilleure variable c’est le temps. J’ai déjà une belle poche de liquidité de 10 000 € dédiée au projet entrepreneurial, et les 30 000 € restants sont vraiment inutilisés. Je compte aussi faire des préventes pour autofinancer les produits que je produis.

Sur la stratégie d’investissement, je me dis que le lump sum permet d’avoir une exposition plus grande ET plus longue au rendement par exemple, 30 000 € à 6 % sur 20 ans, c’est mathématiquement mieux que 6 % appliqué à 1 000 € + 200 € par mois sur 20 ans.

Du côté crypto, je vois ça comme le coup du siècle à mon échelle : je répartis les 30 000 € en mode core-satellite, avec des projets solides, des projets utiles, et une poche spéculative sur des équipes que je trouve douées. Mon panier actuel : BTC, ETH, AAVE, HYPE.


Question pratique : pourquoi c’est si dur de faire des choix simples… Si je pars sur un DCA, vaut-il mieux déposer le capital à investir directement sur Trade Republic, ou le laisser sur Revolut et faire des virements programmés depuis là ?

J’ai l’impression que si je ne commence pas, je vais regretter et que si je commence, je vais quand même regretter de ne pas avoir alloué assez de capital…

Il ne doit pas y avoir de place pour le regret en investissement. On réfléchit, on décide, on fait… ou on ne fait pas du tout.

J’ai fait un gros lump sum, une partie conséquente de ce que je comptais investir en janvier février 2025. Juste derrière, les tariffs, un beau - 20% cash d’emblée. Mais je m’étais préparé à cette éventualité, c’est comme ça, j’ai fait avec, et je ne passe pas mon temps à me dire derrière “ah si j’avais fait un DCA plutôt”. Et pourtant j’y tiens à ses économies de 20 ans.

Il faut savoir ce qu’on est prêt à encaisser. Il n’y a pas de coût d’opportunité dans ce cas là, il faut adopter la stratégie qui convient, c’est tout. L’hésitation vient souvent d’une sous-estimation de son aversion au risque.

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Je suis bien d’accord après le message précédent de Philippe262…

Je pratique le lump sum quand j’ai une entrée d’argent et le DCA le reste du temps avec mon petit salaire de prof. Et j’ai l’impression d’avoir passé ma vie à investir au mauvais moment ! Je considère que je suis une investisseuse qui a la poisse et qu’on pourrait se servir de moi comme baromètre boursier pour éviter d’investir à certains moments. J’ai par exemple souvent investi de “grosses” sommes juste avant de fortes baisses (les dernières : début 2020, début 2025, début 2026…). J’ai placé un montant important sur LVMH pour la première et seule fois en 2023 (à 800€), juste avant l’effondrement de l’action après des décennies de hausse (je n’aime pas le luxe, je me suis forcée… bien mal m’en a pris, j’aurais dû continuer avec l’industrie. Enfin, c’est vite dit, vu l’état de ma ligne Stellantis…). Je pourrais multiplier les exemples de mauvais investissements ou timings, que ce soit en stock picking, en OPC ou même en cryptos (désolée, je suis sans doute responsable de la chute du bitcoin, vu que j’ai commencé à investir dessus début 2025…).

Pourquoi exposer ainsi sa misère boursière, me direz-vous, alors que tant d’autres préfèrent montrer leurs succès ? Parce que :

  • ça illustre très bien le biais psychologique qui dit qu’on est beaucoup plus sensible aux pertes qu’aux gains. Car j’ai fait aussi beaucoup de bons investissements au bon moment ! Ma malchance supposée n’en est peut-être pas une, juste un effet statistique.
  • Globalement, je suis en nette plus value et je suis bien contente d’avoir fait le choix de la bourse… malgré LVMH, Stellantis, Wordline et j’en passe. On aimerait n’avoir que des lignes en positif, mais ça n’arrive pas, même à long terme. Ce qui est important, c’est le différentiel entre les gains et les pertes.
  • par contre, et c’est ça le plus important à retenir : je ne me suis jamais découragée. Au lieu de me retirer de la Bourse au pire moment comme certains néophytes après de fortes pertes (en jurant qu’on ne les y reprendrait plus, j’en connais plusieurs), j’ai continué à investir même quand ça chutait, pendant des années. Et j’ai même atteint l’état ultime de l’investisseur boursier : se réjouir des baisses ! (enfin, surtout quand j’ai des liquidités à investir, parce que sinon, ça m’énerve).

Bref, se poser trop de questions en différant toujours l’investissement, c’est peut-être la pire des solutions. Et les ETF sont beaucoup plus rassurants, grâce à leur diversification, que le stock picking.

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