+16k€ en PEE (je verse mon intéressement/participation chaque année avec l’abondement) et env 6k€ sur un livret A
Mes objectifs : dynamiser mon épargne, investissement locatif à venir
Ma tolérance au risque : je suis capable de rester serein même si les marchés baissent
Mes questions :
je suis déçu du rendement sur mon assurance vie, le contrat a 3 ans et le rendement depuis l’origine est de 4%, j’aimerai savoir dans quoi investir et où (Bourso? Finary?)
Ou est il plus judicieux de stopper les versements sur l’assurance vie et de tout mettre ou presque sur le PEA et CTO ?
Pour l’assurance vie, je ne suis pas objectif car j’estime que ce n’est pas le rôle de Finary de proposer ce genre de produits. Mais de toutes façons, des versements sur l’AV sont-ils vraiment obligatoires pour le moment ?
Mieux vaut privilégier le PEA, mais pas avec une gestion pilotée.
Pour être franc, je ne vois pas trop le sens de vouloir « diversifier un maximum » avec un horizon de « +30 ans ». De plus, je ne suis pas convaincu de la pertinence de l’allocation. Les actions sur AV et la gestion pilotée sur PEA tu pourrais t’en passer. Le fond euro n’est absolument pas pertinent pour un horizon d’investissement aussi lointain. Le Private Equity pourquoi pas mais ce ne sont pas les actifs les plus sûrs, pourtant ils ne font pas forcément « beaucoup » mieux que la bourse et y sont fortement corrélés. Les 20€ d’or ne servent à rien (moins de 10% de l’allocation).
Selon moi, une « petite ligne » se justifie dans deux cas :
Le risque spécifique est élevé (exemple : action individuelle)
le rendement attendu est supérieur à celui de la moyenne du portefeuille
Dans le deuxième cas, la petite ligne peut devenir une ligne plus grosse avec le temps, sans augmenter le risque de perte par rapport au capital initial investi.
L’or possède un risque spécifique quasiment inexistant, car il est en quelque sorte son propre marché. Il n’existe aucun risque imprévisible d’effondrement du cours, comme cela existe sur les actions individuelles. On peut donc très bien posséder une « grosse ligne » d’or.
L’or est un actif improductif, son rendement à long terme est donc en théorie inférieur à celui des actions qui sont des actifs productifs. Je pense que de toute manière personne n’investit dans l’or en se disant qu’il surperformera le marché action sur 30 ans ; il est généralement choisi comme actif défensif et source de décorrélation.
Or, si une petite ligne (au départ) peut suffire à « booster » la performance à long terme, une petite ligne défensive risque de ne jamais être (très) utile.
Prenons pour exemple un portefeuille de 100 000€ avec 10% d’or et 90% d’actions. Admettons qu’une crise survienne, que le marché action fasse -30%, et l’or +30%.
90 000 x (-0,3) = -27 000€
10 000 X (+0,3) = +3 000€
Perte totale : -24 000€ (soit -24%)
Bien sûr, les 10% ne sont pas littéralement inutiles, mais ils ne « protègent » rien, ils ne réduisent que très partiellement la perte.
Non les versements ne sont pas obligatoires mais au moins j’ai pris date. Je pense les arrêter pour me concentrer sur les deux comptes titres (PEA et CTO).
Et pour la gestion pilotée je suis d’accord j’ai fait cette erreur mais je me dis que d’arrêter si tôt en serait une aussi.
En phase de capitalisation il faut prendre en compte le fait que ça va te permettre de vendre de l’or (qui dépasse ton allocation cible) pour acheter des actions (qui ont fortement baissées).
Et que le rebalancing n’est pas un effet one-shot, mais répété sur toute la phase de capitalisation, donc que l’effet de la diversification va potentiellement composer.
Un backtest sur 30 ans montre que le rendement maximum aurait bien été obtenu avec une allocation 90% sp500 et 10% gold et via une réallocation tous les trois ans.
Les performances passées ne présagent rien du futur. Mais je serais donc moins catégorique sur l’or.
Sur l’allocation de @BenoitC03 je virerais en revanche la gestion pilotée, les fonds actions en AV et le private equity. Et je limiterais le bitcoin.
Actions, or, Bitcoin (or numérique). Si votre horizon d’investissement est bien de 30 ans cela vous permet d’ignorer la volatilité et de profiter du rendement à long terme des actifs plus volatiles.
Mon problème c’est que c’est en quelque sorte du market timing. Alors oui ça peut être bien de respecter une certaine répartition pour limiter la volatilité, en fonction de notre sensibilité, mais on sait aussi que la base en investissement c’est la pondération par la capitalisation, donc quand une ligne grossit est-ce qu’il ne vaut pas mieux la laisser grossir ?
Ça fonctionne en backtest sur 30 ans, mais en 1996 on était au tout début de la bulle internet. Et il y a eu une dizaine d’année plus tard la crise financière de 2008. Deux éléments extrêmement favorables à la stratégie :
En 1996, tu pars avec « peu » de gold, tu en accumules tandis qu’il chute pendant que tu profites de l’explosion de la bourse ; en 2001 le marché actions crash et le cours de l’or explose.
Rebelote entre 2002 et 2008 : tu profites de la remontée de la bourse, mais tu accumules à nouveau du gold ; le marché actions crash, le cours de l’or explose.
Il faut aussi mentionner les taux d’intérêts très faibles durant toute la période qui ont favorisé l’or et défavorisé les obligations.
Au final le timing est parfait et la stratégie est gagnante car elle permet de « timer » deux krachs boursiers. Mais son pouvoir de prédiction est limité, entre 2009 et 2021 le marché monte en ligne droite, il prend +500%. Si on était sorti progressivement on aurait été vite été perdant. Puis en 2022 les actions corrige, mais remontent immédiatement. L’or quant à lui stagne jusqu’en 2024. Date suite à laquelle son cours explose en raison de phénomènes indépendant de la bourse : la dédollarisation, l’explosion de la demande chinoise, et la perte de confiance sur la viabilité des obligations américaines. Ce qui n’empêche pas le marché action de reprendre en parallèle sa montée en ligne droite.
De toute manière c’est évident que ce n’est pas parce que le marché monte que celui-ci va descendre. Pourtant c’est la condition sine qua none pour que la stratégie de « rebalancing » surperforme.
Dans les 2 cas tu as une forte concentration, et un risque de ruine. Le PE particulièrement était boosté à la dette et la remontée des taux d’intérêt en 2022 a fait très mal au secteur. Le développement du marketing autour du secteur correspond à un mouvement où certains acteurs professionnels se servent des particuliers pour pouvoir sortir. Il y a un parfum de 2008 / crise des subprimes.
Le risque de disruption lié à l’IA est venu s’additionner pour un secteur très exposé aux entreprises Saas.
Investir dans un indice large d’actions coté cumule des avantages en terme de transparence (le bilan des sociétés est publié trimestriellement), de liquiditié (on vend quand on veut), de diversification (on ne parie pas sur un secteur spécifiquement).
C’est de la gestion du risque. Si deux portefeuilles permettent d’obtenir une même espérance de rendement, mais l’un est moins risqué, il vaut mieux prendre le moins risqué. Les drawdowns peuvent d’une part affecter le rendement à long terme, mais aussi la capacité à consommer ce capital au moment voulu et sur la durée voulue (avant qu’il ne s’épuise).
Une allocation 100% action est généralement considérée comme non tenable en phase de consommation. Donc éluder la question aujourd’hui ne fait que la repousser à plus tard, avec le risque de l’aborder trop tard. La tentation est toujours forte de croire que ce qui a marché hier marchera encore demain.