3ème pilier B Suisse

Bonjour à tous,

j’ai ouvert un 3ème pilier B en Suisse en 2022. J’ai contacté récemment mon conseiller pour suspendre les versements et il m’a répondu que c’était possible mais seulement pendant 6 mois. Je suis un peu coincée avec ce contrat, je ne peux pas le clôturer comme ça je n’ai pas de réponse claire à ce sujet. Il ne me rapporte pas beaucoup et beaucoup de frais dessus. Est-ce que quelqu’un a déjà pu clôturer son contrat et si oui comment ? Que pensez-vous de ce 3ème pilier B ?

Bonjour,

J’avais moi ouvert un 3eme pillier b (sous forme d’assurance-vie). Mais au bout d’un an je me suis rendu compte que c’était une erreur, notamment les versements mensuels obligatoires. J’ai donc décidé de fermé le contrat même si je n’ai rien pu récupérer car c’était le début du contrat…

Hello Maeva,

Le 3e pilier B est un contrat d’assurance-vie pensé pour le long terme. L’essentiel des frais du contrat est prélevé sur les cinq premières années, et ensuite presque plus rien : une fois ce cap passé, ta valeur augmente beaucoup plus vite. C’est pour ça que la valeur de rachat est souvent décevante au début exactement ce qu’a vécu Clement166.

À l’inverse, en France, tu as des frais tous les ans : si tu ouvres un produit à 40 ans jusqu’à 60 ans, les frais annuels paraissent moindres, mais cumulés sur 20 ans le calcul est différent. C’est juste une autre mécanique, que les Suisses connaissent bien mais pas les frontaliers — et normalement, ton conseiller aurait dû te l’expliquer.

Avant de clôturer, tu as en général 2 options :

  1. Suspendre les primes (souvent limité à 6 mois, comme te l’a dit ton conseiller)

  2. Rachat total : tu récupères la valeur de rachat, avec une perte probable après seulement 4 ans de contrat

Autre point : tu as probablement été placée sur des fonds peu investis, avec beaucoup d’obligations d’État et peu d’actions. La bonne nouvelle, c’est que tu peux changer de fonds de placement à tout moment pour aller par exemple sur la tech, les actions suisses ou japonaises, l’or, etc.

J’accompagne au quotidien des clients en Suisse sur exactement ce type de situation (prévoyance 3a/3b), donc si tu veux un avis sur ton contrat précis, n’hésite pas à jeter un œil à mon profil et à m’écrire en MP.

Hello @Maeva6,

Si c’est vraiment un 3b, tu peux retirer quand tu veux, sans justification. Mais il y a des pénalités. Sinon, tu peux le transférer dans une autre compagnie, après avoir comparé les frais…

Bonjour David,

Attention, c’est vrai pour les résidents suisses, mais pas pour les frontaliers. Depuis 2021, le transfert d’un 3b vers une autre compagnie n’est plus possible pour eux. La totalité des assureurs suisses ont arrêté de proposer le 3b aux frontaliers et il n’en reste qu’une seule qui en ouvre encore.

Donc si Maeva est frontalière, la comparaison des frais pour transférer n’est malheureusement pas une option. Le mieux c’est de garder le contrat (en jouant sur les fonds), suspendre de temps en temps ou racheter avec pénalités comme tu le dis.

Merci @WillyG pour cette précision !! Même si je suis surpris, j’avais pu faire un transférer d’un 3b vers Liechstenstein Life en 2024 (ou peut-être 2023 mais pas avant), est-ce donc celle-ci la seule compagnie qui accepte les frontaliers en 3b ? J’avoue ne plus me rappeler…

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Effectivement, aujourd’hui c’est bien Prosperity Liechtenstein Life qui est la seule compagnie à encore accepter les 3èmes piliers B pour les frontaliers.

Du coup, si vous aviez mis en place un 3B avant 2021 auprès d’une autre compagnie (par exemple Swiss Life ou Generali, qui acceptaient les frontaliers à l’époque), il était effectivement possible de transférer ensuite vers Liechtenstein Life en 2023/2024. En revanche, aujourd’hui, on ne peut plus faire l’inverse.

Dans le cas de Maëva, si elle parle d’un contrat ouvert en 2022, il est quasi certain qu’elle soit déjà chez Liechtenstein Life, puisqu’il n’y avait plus d’autre alternative pour les frontaliers à cette période. Elle ne pourra donc vraisemblablement pas transférer cela vers une autre compagnie suisse aujourd’hui.

Pour information, la raison de ce changement est assez simple : la majorité des assureurs suisses ne souhaitaient plus couvrir les risques décès et invalidité en dehors des frontières suisses. Afin d’éviter une inégalité de traitement pour les travailleurs frontaliers, la Confédération a souhaité qu’au moins une compagnie continue à proposer ce type de solution et c’est Liechtenstein Life qui a pris le pari d’assurer ce marché.

C’est une bonne compagnie, mais souvent mal comprise sur la mécanique des frais car ils sont concentrés sur les 5 premières années, contrairement à beaucoup de produits français où les frais sont plus faibles au départ mais prélevés jusqu’au bout du contrat. Au final, l’écart est souvent moins important qu’on le pense avec une logique davantage orientée “discipline d’épargne” sur le long terme.

Là où il y a souvent de la frustration, c’est que certains courtiers n’expliquent pas suffisamment la valeur de rachat les premières années. Donc quand quelqu’un regarde son contrat après 2–4 ans, cela peut surprendre. Mais lorsqu’on a déjà passé 3 ou 4 ans d’épargne, c’est souvent justement le moment où le plus gros des frais est derrière et où la phase la plus intéressante du contrat commence.

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Bonjour à tous,

Je profite que ce sujet soit ouvert pour discuter de ma situation et d’avoir si possible un avis/recommandation. J’ai également ouvert un pilier 3B en janvier 2022 chez Liechtenstein Life. La signature du contrat s’est faite rapidement (le jour du premier rendez-vous), c’était une erreur de ma part de ne pas avoir lu plus en détail le contrat, et depuis ce jour j’ai eu beaucoup de mauvaises aventures avec ce contrat (fausse information, fermeture du contrat car problème avec conseiller). Comme de nombreuses personnes, je n’avais pas connaissances des frais lors des premières années, on m’avait également assuré que je pouvais retirer l’argent (prime) à tout moment, ce qui s’est avéré être faux.
J’ai quitté la Suisse (statut frontalier) en juin 2025 et je garde mon contrat 3B sur lequel je fais des versements de 50 CHF par mois. Je vais attendre les 5 premières années, soit janvier 2027, pour voir la somme de rachat disponible (moins de frais après 5 ans) mais dans tous les cas, cela va être une perte importante (environ 3000/3500 CHF sur environ 7000/8000 CHF investis). Alors oui au début on paye des frais mais même après les 5 années, je ne trouve pas que les rendements (même si on choisit nous même les fonds de placements) + plus les sommes mensuellement investies, soient intéressants.

Je me pose donc la question, s’il serait pas plus judicieux de retirer les fonds disponibles après la période de frais (5 ans) pour les placer directement en PEA sur des fonds similaires.

D’après ce que j’avais compris, il n’y a pas de frais, ni d’imposition au retrait d’un tel pilier.

Merci par avance pour votre/vos retours,

Alex.

Salut Alexandre,

Il faut déjà éviter de comparer un 3e pilier B sous forme d’assurance-vie à un PEA : ce sont deux produits qui répondent à des objectifs très différents.

Le PEA est un produit d’investissement pur, orienté performance financière, tandis qu’un 3e pilier B est un produit d’assurance vie et qui s’inscrit davantage dans une logique de prévoyance, de diversification patrimoniale et de transmission, avec un cadre assurantiel spécifique.

Autre point souvent oublié : un contrat suisse capitalise en francs suisses (CHF) et non en euros. Cela apporte une diversification monétaire, ce qui peut avoir du sens patrimonialement pour un frontalier ou une personne exposée à plusieurs pays et devises.

Sur la fiscalité également, il y a souvent des approximations. En cas de retrait côté France, il peut effectivement y avoir une imposition, mais celle-ci porte uniquement sur la plus-value réalisée et non sur le capital versé, généralement selon le régime applicable (PFU / flat tax selon la situation).

Il y a aussi un aspect de sécurité juridique et de diversification géographique à prendre en compte : un contrat suisse relève du cadre réglementaire et bancaire suisse, ce qui constitue une couche de diversification patrimoniale supplémentaire par rapport à des actifs détenus uniquement en France.

Je ne dis pas qu’il ne faut pas faire de PEA, bien au contraire. À mon sens, une stratégie patrimoniale cohérente consiste plutôt à éviter le “tout sur un seul support” : avoir un peu de tout, dans différentes monnaies, sur plusieurs enveloppes et différents supports d’investissement, en fonction de ses objectifs, de son horizon et de son profil de risque.

On peut bien entendu débattre des frais ou de la pertinence de certains contrats selon le profil, mais encore faut-il comparer des produits comparables et ayant le même objectif patrimonial.

À disposition en privé si tu souhaites de l’aide concernant ce contrat, notamment si ton conseiller ne te donne plus de nouvelles.

Merci beaucoup pour ces précisions.

Effectivement, je n’avais pas pensé aux devises même si des deux côtés (PEA et 3B) les fonds sont identiques, donc cela fait doublon.

Je me permets de te poser une dernière question, information qui pourrait servir aux autres personnes dans la même situation : Mon conseiller m’avait informé que le retrait du pilier 3B (valeur de rachat) n’est pas imposable (ni en Suisse ni en France), peux-tu me confirmer cette information ?

Puisque les frais sont quand même important et que le rendement n’est pas meilleur que sur un PEA classique (à voir en fonction des frais du 3B à la sortie), il est fort probable que je demande la clôture afin également de me faciliter n’étant plus à la frontière.

Merci par avance pour ton retour,

Avec plaisir,

Attention toutefois à un point important : il ne faut pas confondre primes versées et capital réellement investi.

Je m’explique : imaginons que tu sois encore dans les premières années du 3B et que tu aies versé CHF 10’000 au total. Sur ces CHF 10’000, il est possible qu’en raison des frais de démarrage, seulement CHF 5’000 aient réellement été investis sur les marchés.

Si ces CHF 5’000 investis sont ensuite montés à CHF 7’000, tu as alors CHF 2’000 de plus-value sur la partie investie.

En tant que résident fiscal français, c’est cette plus-value éventuelle qui peut entrer dans le champ de l’imposition en France lors d’un rachat, et non le simple fait de récupérer une partie des primes versées. Donc dire “le retrait d’un 3B n’est jamais imposable” est, selon moi, un peu trop simpliste : cela dépend surtout de la situation, du pays de résidence fiscale au moment du rachat et de la part de gain réellement réalisée.

J’ajoute également un point que beaucoup oublient : contrairement au 3A, tu as le droit de conserver ton 3B même si tu n’es plus frontalier.

En revanche, il faut bien réfléchir avant une clôture, car si tu fermes aujourd’hui ton contrat, tu ne pourras probablement plus en rouvrir un plus tard si tu n’as plus de lien professionnel avec la Suisse.

Pour souscrire aujourd’hui un 3B en tant que frontalier, il faut :
• soit avoir la nationalité suisse avec un lien professionnel démontrable avec la Suisse ;
• soit disposer d’un permis de travail suisse en cours de validité.

Une fois le contrat ouvert, tu peux le conserver même si ton permis n’est plus renouvelé. En revanche, si tu le clôtures après avoir quitté le système suisse, cette porte se referme définitivement.

Donc avant de clôturer, il faut aussi raisonner en coût d’opportunité : est-ce que la simplification vaut le fait de perdre potentiellement l’accès à un contrat d’assurance-vie en CHF, logé en Suisse, avec banque dépositaire suisse et diversification monétaire/patrimoniale ?