Je pense qu’il faut distinguer deux choses : mettre de l’argent sur un PER/PERCO pour “préparer sa retraite” à 22 ans, et mettre juste ce qu’il faut pour capter un abondement énorme.
Dans le premier cas, je serais assez réservé. À 20-25 ans, la liquidité vaut très cher : premier appart, déménagement, permis, voiture, études, expatriation, changement de job, achat RP, etc. Bloquer une grosse partie de son épargne jusqu’à la retraite, c’est rarement idéal à cet âge-là.
Par contre, si l’entreprise met +100 %, +200 % ou +300 % sur les versements, là c’est difficile à ignorer. Même si l’argent est bloqué longtemps, le rendement instantané est énorme. Si vous versez 300 € et que l’entreprise ajoute 600 ou 900 €, aucun ETF World ne vous donne ça sans risque.
Donc perso, ma règle serait assez simple : je ne mettrais pas “beaucoup” sur ce type de plan, mais je verserais le minimum nécessaire pour prendre l’abondement maximum, à condition d’avoir déjà une épargne de sécurité correcte.
Exemple : si 50 ou 100 € par mois permettent de récupérer 600-1 000 € d’abondement annuel, je le ferais probablement. Si en revanche il faut mettre 500 € par mois et se retrouver sans cash disponible, là non.
Pour un alternant ou un jeune actif, l’ordre logique selon moi serait plutôt :
matelas de sécurité d’abord ;
PEE si disponible et abondé, car blocage plus court ;
PER/PERCO ensuite, uniquement jusqu’au plafond d’abondement intéressant ;
puis PEA / livrets / projets perso selon la situation.
Le PER est moins gênant si la personne pense acheter sa RP plus tard, car l’achat de la résidence principale fait partie des cas de déblocage anticipé. Mais si quelqu’un est quasi certain de ne pas acheter, ou pense partir à l’étranger, je serais plus prudent. L’expatriation n’est pas un “bouton magique” pour récupérer l’argent. Et la fiscalité du pays d’arrivée peut aussi compliquer les choses.
Il faut aussi regarder les frais et les supports proposés. Certains PER entreprise sont corrects, d’autres sont franchement moyens : frais élevés, supports pauvres, gestion pilotée par défaut pas terrible. L’abondement peut compenser beaucoup de défauts, mais pas forcément au-delà du montant nécessaire pour le capter.