Salut à tous,
Je vois deux choses dans la vidéo de Xavier Delmas qui sont factuelles et qui aident à répondre à ta question : (1) depuis les années 2000, le ratio prix/revenu s’est envolé, puis a corrigé sans revenir à son ancien “tunnel” ; (2) la capacité d’emprunt dépend bien plus du coût du crédit (taux/durée, règles HCSF) que d’un “désir d’acheter” abstrait. Les courbes Friggit 2025 montrent clairement la décorrélation post-2000 et, fin 2024, un ratio France encore élevé ~1,55 (base 2000=1), bien en-dessous du pic 2011/2021 mais nettement au-dessus des années 90. Les loyers, eux, restent remarquablement stables par rapport au revenu, ce qui explique le sentiment d’accessibilité très différent entre louer et acheter. 
Sur l’“auto-alimentation” via l’allongement des durées : oui, prolonger les maturités a permis de soutenir les prix, mais l’effet dominant sur 1995-2015 a été la chute des taux et, localement, l’insuffisance d’offre là où la population et l’emploi croissaient. Les travaux de l’IGEDD montrent qu’entre 2000 et 2015, la moitié des écarts de hausse des prix entre départements s’expliquait par la croissance du parc net de la démographie (là où on a le moins construit, les prix ont le plus monté). Autrement dit : taux ↓ + offre contrainte = prix ↑ ; ce mécanisme est plus robuste que la seule “envie d’acheter”. 
Est-on “condamnés” pour autant ? Pas forcément. Trois paramètres comptent pour un primo-accédant : règle HCSF (35 % d’effort max, durée ≤ 25 ans, quelques dérogations), niveau de taux (corrélé à l’OAT 10 ans) et prix locaux (très hétérogènes). En 2025, la durée moyenne des nouveaux prêts frôle 21–23 ans et les taux se sont tassés autour de ~3–3,5 % en moyenne, très loin des 2023-2024 “peak rates”. Le cadre, donc, est strict mais pas bloqué. 
Pour te donner un ordre de grandeur avec tes contraintes (tu évoques 2 300 € nets, 850 € d’épargne mensuelle, et tu ne veux pas te mettre au taquet) : si tu vises 700–750 € de mensualité sur 25 ans à 3,5 %, ça finance ~140–150 k€ de capital (hors assurance). Avec 20 k€ d’apport et 7–8 % de frais de notaire dans l’ancien, ton budget acte-en-mains réaliste tourne ~150–160 k€. À Lyon et proche ouest lyonnais, ça peut être court pour un T2 avec balcon + stationnement ; il faudra élargir le périmètre, réviser un critère (parking, étage, état) ou patienter pour gonfler l’apport. (Si le taux passait à 4 %, 700 € ne financent plus que ~133 k€, la contrainte se resserre.) 
Deux leviers concrets, très “terrain”, que la vidéo évoque moins :
• PTZ 2024-2027 : barèmes élargis, part financée jusqu’à 50 % en collectif neuf selon revenus/zones, et 10–30 % ailleurs. Ça change la mensualité cible et donc la zone de recherche. Regarde précisément ton éligibilité (revenus, composition du foyer, zone). 
• Hétérogénéité des prix : pendant que Paris/IDF corrigent puis se stabilisent, beaucoup de marchés sont déjà revenus à des niveaux négociables. Les Notaires de France signalent un trou d’air 2023-2024 et une forme de stabilisation mi-2025 ; c’est très local, mais ça signifie : ne te fie pas à un indice national pour un T2 autour de Lyon. Va chercher les avant-contrats et les prix médian par commune/quartier. 
Sur les points soulevés par les autres messages :
– @Kiki_35 a raison sur “acheter tôt” uniquement si les chiffres passent sans te priver d’un coussin d’épargne et d’une marge de manœuvre. Sinon, la location (surtout en logement social comme tu l’indiques) a une optionnalité énorme : tu accumules capital sur PEA/AV pendant que le marché digère les taux. Les courbes Friggit montrent d’ailleurs que la sur-valorisation post-2000 se corrige lentement, ce qui milite pour une approche opportuniste plutôt que précipitée. 
– @Ludo15 met le doigt sur un biais fréquent : la RP n’est pas un “levier” financier net une fois que tu intègres frais d’achat, taxe foncière, entretien, assurances. Le levier utile, c’est celui qui n’étrangle pas ton taux d’effort et préserve ton épargne long terme. Les règles HCSF existent pour ça. 
– Sur la dégradation Fitch évoquée plus haut : l’impact sur les taux aux particuliers est indirect ; ce qui pilote surtout tes conditions, ce sont les taux de marché (OAT 10 ans) et les barèmes bancaires. Suivre l’OAT et les baromètres de taux vaut mieux que spéculer sur une note souveraine. 
Ma lecture, appliquée à ta situation @ZELDA412 : tu n’es pas “condamné”, mais tes critères d’aujourd’hui (T2, balcon + stationnement, périmètre Lyon Ouest) ne collent pas à ton budget soutenable maintenant. Tu as trois voies rationnelles :
1. Attendre et capitaliser (continuer 800–900 €/mois d’épargne, viser +10–15 k€ d’apport supplémentaire, surveiller PTZ et opportunités locales) ;
2. Assouplir un critère (stationnement ou état du bien) ou déplacer légèrement le périmètre pour rester sous 160 k€ acte-en-mains ;
3. Étape intermédiaire de 5–7 ans : un T1/T1bis bien situé revendable, en gardant un coût d’usage comparable à ton loyer actuel, puis “escalier” vers le T2 quand ton revenu aura progressé.
Dernier conseil simple pour décider sans te cramer : fixe noir sur blanc ta mensualité cible (ex. 700 € assurance incluse), garde 6 mois de dépenses en cash, ne dépasse jamais 35 % d’effort, et fais tourner un comparatif acheter vs louer avec les vrais prix de ton secteur (DVF/Notaires, pas des moyennes nationales). Avec ce cadre, tu achèteras — peut-être pas “l’idéal Instagram” tout de suite, mais un actif cohérent avec tes chiffres, sans sacrifier ton épargne long terme.
Voici ma modeste contribution à ces échanges…