Battre un ETF World avec 2 stratégies à levier

Hello,

Avec @ACPatrimoine nous avons discuté de l’utilisation des ETF levier pour battre un ETF World et souhaitions vous partager les 2 stratégies évoquées.

Evidemment pas de conseil financier, le but est d’ouvrir le champ des possibles pour discuter de stratégies actives visant à améliorer le rendement-risque sans tomber dans du trading.

Est-ce que vous utilisez des allocations similaires ? N’hésitez pas à donner votre avis.

Stratégie 1 : 50% LWLD en PEA / 25% DBMFE en CTO / 25% Treasury Bonds 20Y en CTO

Backtest : https://testfol.io/?s=fOK64pnV3uD

L’idée est de respecter une exposition 100% actions et d’y ajouter 50% de diversifiants grâce au levier :

  • Si les actions baissent et que les diversifiants montent, vendre des diversifiants pour racheter des actions.
  • Si les actions montent et que les diversifiants baissent, vendre des actions pour racheter des diversifiants.
  • Rééquilibrages au moyen du DCA mensuel + tous les trimestres si écart de 5pts vs l’allocation cible
  • La strat est aussi possible avec moins de diversifiants (exemple 60% DCAM 20% LWLD 10% DBMFE 10% T-Bonds 20Y) ce qui réduit le rendement et la volatilité

Le point faible de la strat : passage par la fiscalité lors des rééquilibrages. Les parades possibles : utiliser des box spreads sur les diversifiants (ça devient technique) et “jouer” sur le niveau de levier en ETF PEA pour revenir à la même part que les diversifiants (vendre du x2 pour acheter du x1). Impossible a simuler dans le backtest malheureusement.

Stratégie 2 : 100% LWLD quand MSCI World > MM200 jours, 100% fond monetaire quand MSCI World < MM200 jours

Backtest : https://testfol.io/tactical?s=kH2zf3MnRyl

Strat inspirée d’un papier académique sur le S&P500 (partagé sur Reddit, je ne retrouve plus le post en question mais l’étude est lisible ici : https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2741701) avec les postulats suivants :

  • Le levier sous-performe sur la volatilité élevée et les successions de séances négatives ou en dent de scie
  • Le levier sur-performe quand on enchaine plusieurs séances positives
  • La volatilité est plus élevée et les successions de séances négatives ou en dent de scie plus nombreuses quand le S&P500 évolue sous sa MM200
  • A l’inverse les enchainements de séances positives sont plus courantes quand le S&P500 évolue au-dessus de MM200
  • En somme le principe est d’acheter un actif en tendance haussière et d’en sortir quand la tendance devient baissière, avec un signal simple et objectif

Les passages de levier a monétaire et inversement se font lorsque le cours daily clôture au-dessus ou en-dessous de MM200. Ce qui arrive en moyenne 5 fois par an donc on limite quand même bien le nombre d’arbitrages.

Gros avantage de la strat : 100% gérable dans le PEA donc pas de fiscalité sur les arbitrages. Inconvénients : pas de diversifiants, on mise tout sur les actions ici ; frais de courtage variables selon le courtier et la somme gérée.

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Pour reprendre la discussion, qu’est-ce que tu entends par rééquilibrage au moyen du DCA mensuel ? Et sous quelle proportion procèdes-tu au rééquilibrage trimestriel ?

Par exemple si j’investis 1K tous les mois :

Janvier je vois que mon allocation est respectée : je répartis mes 1K sur les actifs selon le poids de chacun.

Février je vois que DBMFE est sous-pondéré car les actions et obligations ont bien performé : je mets 1K sur DBMFE pour le faire revenir vers son poids.

Etc.

Pour les rééquilibrages trimestriels je n’ai pas d’idée arretée, je me dis que si un actif est à 5 points de différence de son poids théorique ça nécessite d’arbitrer, en-dessous peut-etre pas. Quitte à réduire par la suite ce delta au fur et à mesure que le portefeuille grossit.

Pas inutile de (re)réfléchir stratégie long terme quand la psychologie prend le pas sur les stratégies long-terme.

“Leverage for the long run” est inspirant par son titre, qui laisse entendre que le levier est tenable sur le long terme. Mais je le trouve un peu trop binaire par contre, puisqu’on alterne une exposition à 200% avec une exposition à 0%, ce qui fait douter quand on a été biberonné avec les thèses de Burton Malkiel.

Le papier rejoint un peu les stratégies plus acceptées académiquement de type Target Volatility basées sur des travaux de Moreira & Muir, dans son objectif de réduire les drawdowns accentués par le levier.

Les stratégies de type Target Volatility ne se base pas sur la MMA 200, mais sur la volatilité réalisée, par exemple sur les 6 derniers mois.

Par ex cette volatilité est aujourd’hui de 11% pour le msci usa en euro, à peu près équivalent à celle du msci world en euro. Ce qui correspond à un niveau assez bas. Faire pour de vrai les calculs permet de gommer les biais psychologiques entraînés par les micro-secousses.

A partir de ce niveau de volatilité, et de mon niveau de volatilité cible, 15% pour un investisseur modéré, je peux mensuellement ajuster mon exposition: 15% / 11% donne une exposition de 136%.

Le 5 Mars 2020, une volatilité de 17%, m’aurait fait descendre à 88% et diminuer mon exposition avant la chute.

On a donc une approche beaucoup plus fine, assez simple à calculer et automatisable avec un excel ou un google sheet, pour qui veut du levier pendant les phases de bull market. On peut aussi, je pense que c’est nécessaire, déterminer à l’avance une exposition minimale, par ex 70%, et une exposition maximale, par ex 150%, pour être capable de suivre la stratégie sur le long terme.

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J’avoue que je vais plutôt regarder la tentative sans y participer :sweat_smile:

Comme quand je regarde un match de boxe ou de rugby :boxing_glove:, je préfère rester dans les gradins et t’encourager :smirk:

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Merci du partage, j’aime bien cette approche je n’en avais jamais entendu parler. Je vais aller lire ça pour mieux comprendre.

Tu sais si un backtest a été fait ?

Ci-joint le lien vers l’étude originelle:

En temps qu’étude académique, elle a été beaucoup reprise, par exemple la thèse suivante qui compare la démarche sur le marché US vs le marché Europe:

https://ulb-dok.uibk.ac.at/ulbtirolhs/download/pdf/3460906

L’étude intègre des backtests en échelle logarithmique, mais va plus loin: alpha généré sans contrainte sur le levier, avec contrainte de 50% de levier max, ou sans utiliser de levier, etc

Par contre la question de l’applicabilité d’un backtest sur un indice à un autre indice de référence reste un point délicat. Le msci world ne semble globalement pas trop utilisé pour ce type de recherches. Personnellement je suis encore sur le CL2 avec une petite dose de DJLEV, le amundi world 2x étant encore un peu trop récent pour moi.

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Merci du partage. C’est assez technique mais les conclusions sont intéressantes.
Tu suis cette strat a 100% avec les 2 ETF que tu cites toi ? Tu utilises quel indicateur pour suivre la volatilité facilement ?

La stratégie 2 fait des choix extrêmes et sera à mon avis difficile à vivre au point d’être intenable. Sauf à le faire dans son bac à sable (petite somme) et encore..

La volatilité historique sur 6 mois.

Le choix n’est pas neutre. Les indicateurs sur plus courte durée, 1 mois et 3 mois, vont être plus réactifs, que ce soit comme signal pour augmenter le levier ou pour le diminuer. Mais ils vont potentiellement déclencher plus de faux signaux positifs, donc demander de rebalancer le portefeuille plus fréquemment.

Les indicateurs plus long vont au contraire “mémoriser” les crises plus longtemps. Ils peuvent être plus protecteurs sur les crises longues type 2000 ou 2008., qui sont aussi celles qui font le plus mal sur un portefeuille très leveragé. Mais la volatilité 1 an est potentiellement trop conservatrice: on voit sur le graphique ci-dessous qu’elle n’a toujours pas “effacé” les droits de douane avec une volatilité courante de 19%. Pour qui choisirait une target volatility de 15%, elle demanderait une exposition actuelle de 80% alors que les 3 autres indicateurs sont plutôt sur une base de 135% d’exposition.

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Oui d’accord avec toi c’est intense… le backtest est solide mais un backtest ça ne dit pas tout et une strat backtestée peut très bien échouer sur le futur. Je te rejoins sur le faire sur une portion du pf pour controler le risque.

Après un simple prix vs MM c’est juste se positionner quand c’est haussier et observer quand c’est baissier donc la philosophie du truc me parait quand même simple.

J’ai fait le même constat en testant différentes moyennes mobiles : timeline trop longue et tu as du lag donc les signaux sont trop tardifs, timeline trop courte et tu as trop de bruit. Il faut que je compare les 2 signaux, MM200 vs volatilité 6 mois, ça m’étonnerait pas qu’on soit en fin de compte sur des résultats très proches.

Ça dépendra potentiellement des périodes,mais fondamentalement, on n’observe pas les mêmes données: prix dans un cas, volatilité dans l’autre.

Autrement dit risque vs tendance.

Ils peuvent être corrélés ou pas.

C’est toute la thėse de l’étude citée plus haut: la volatilité aurait une meilleure prédictabilité que les prix.