Oui, là je comprends beaucoup mieux ton point. Si ton cahier des charges, c’est vraiment “pas de World parce qu’il embarque des boîtes non CV”, alors effectivement mon idée de cœur Monde ne colle pas à ton projet.
Du coup, il faut être clair sur le compromis. Tu peux garder la ligne directrice CV, mais dans ce cas tu sacrifies une partie de la simplicité et de la diversification “automatique”. Ce n’est pas impossible, mais ce n’est plus du tout le même exercice.
Sur ta question sur Total, je te répondrais oui… mais seulement à moitié. Oui, Total est diversifié par son chiffre d’affaires, parce qu’une grosse partie de son activité se fait hors Europe. Comme beaucoup de grandes boîtes européennes d’ailleurs. Donc si tu regardes uniquement la provenance du CA, tu peux dire qu’une action européenne “porte” déjà de l’international.
Mais non, ça ne suffit pas pour dire que ta diversification géographique est bonne au niveau du portefeuille. Pourquoi ? Parce qu’une boîte comme Total reste :
une seule action,
cotée en Europe,
soumise à un environnement réglementaire européen,
avec un profil très lié à son secteur,
et avec un comportement boursier qui reste celui d’une major pétrolière européenne.
Autrement dit, diversification du chiffre d’affaires ne veut pas dire diversification boursière. Une entreprise peut vendre partout dans le monde et rester très corrélée à son marché de cotation, à son secteur, à sa devise de référence et à son risque propre. C’est pareil pour beaucoup de grosses valeurs européennes exportatrices : elles sont mondiales dans leurs ventes, mais pas “mondiales” au sens portefeuille.
Donc ton raisonnement tient partiellement, mais il ne résout pas le problème de fond. Si tu construis ton portefeuille surtout avec des grosses boîtes européennes “qui vendent à l’international”, tu auras quand même un portefeuille assez Europe dans son comportement.
Du coup, pour répondre franchement à ta phrase “le projet de départ n’est pas réalisable”, je dirais plutôt ceci : il est réalisable, mais pas proprement sur le seul PEA si tu veux à la fois
un filtre CV fort,
des exceptions perso sur énergie et défense,
et une vraie diversification géographique et sectorielle.
À un moment, oui, le CTO devient presque obligatoire si tu veux aller au bout de la logique, parce qu’il te donne accès à plus d’ETF filtrés, plus de fonds thématiques, plus de zones géographiques, et plus de liberté pour construire un portefeuille cohérent avec tes exclusions.
En pratique, tu as un choix assez simple.
Soit tu restes 100 % PEA, et tu acceptes un portefeuille plus concentré, plus Europe, avec moins de finesse dans la diversification.
Soit tu assumes un duo PEA + CTO, avec le PEA pour une partie du socle et le CTO pour aller chercher la diversification géographique et sectorielle qui te manque tout en respectant mieux ton filtre.
Et à titre perso, si tu veux vraiment garder une logique CV personnalisée sans te raconter d’histoire sur la diversification, je trouve la deuxième voie plus honnête intellectuellement. Parce qu’au moins tu sais pourquoi tu utilises le CTO, et tu n’essaies pas de faire passer quelques grosses valeurs européennes internationales pour un substitut à une vraie diversification mondiale.
Le vrai piège, dans ton cas, ce serait de croire que 6 ou 7 grosses boîtes européennes avec du CA international suffisent à recréer un portefeuille global. Ce n’est pas le cas.