Le vrai coût du processus d’une levée de fonds

Bonjour
Beaucoup d’entrepreneurs cherchent à lever des fonds et s’intéressent à tous les détails entourant le processus d’une levée de fonds.

Pour ma part, j’ai du mal à en percevoir l’intérêt réel. Cela semble souvent se traduire par une perte de temps et de pouvoir de décision, car on se concentre sur la satisfaction d’investisseurs qui ne sont pas nos clients finaux, et surtout, on se retrouve redevable envers ceux qui ont mis de l’argent dans le projet.

Qu’en pensez-vous ?

Je vais enfoncer des portes ouvertes mais ça dépend d’énormément de critères :

  • ton métier nécessite-t-il beaucoup de capitaux ex : monter une usine, bootstrapper une usine ça risque d’être compliqué.
  • ton métier nécessite-t-il que tu scales très rapidement pour devenir le leader de ton segment au risque de ne jamais atteindre le breakeven ? ex : une boite comme Finary pourrait difficilement se passer de lever car la valeur qu’elle apporte n’est pas assez spécifique / unique (son « moat » en gros), en conséquence, une fois passée les premiers clients et une certaine échelle, il faut qu’elle adopte une stratégie pour grossir très rapidement et c’est couteux : marketing, dev, infra… il faut du monde et du cash. A terme son moat sera + sa marque que sa tech.
  • ton business est-il « homme »-dépendant ou capital-dépendant ? Un business plus classiques de services, ex : un broker B2B de logiciel métier, un cabinet de recrutement, une boite de conseil… là la valeur de la boite est la qualité de ses équipes et tu ne peux grossir qu’en recrutant / formant, à moins de vouloir vraiment grossir hyper vite, c’est une typologie d’entreprises qui peuvent facilement être bootstrap.

Si ton objectif c’est de monter une boulangerie ou un restaurant, pas besoin de lever, en revanche, si tu veux créer une marque de boulangerie à l’échelle française ou européenne, ça sera un passage quasi obligatoire. Si c’est juste l’achat d’une nouvelle machine à pétrir, la dette bancaire suffira largement, si c’est pour monter 5 établissements en 2 ans, la levée auprès d’investisseurs est quasi obligatoire, après, il est possible, je connais mal ce métier, que tu génères suffisamment de valeur (ça m’étonnerait) pour pouvoir te passer d’investisseurs et n’avoir que de la dette.
En plus, ce n’est pas parce que tu lèves que de la dette que tu ne dois pas faire ton petit roadshow, tes pitchs etc.

Comme toute association, il faut que les deux parties y trouvent leur compte. Il ne faut pas faire de généralités, il y a de nombreux fonds ou BA qui ont vocations à apporter de la valeur à ta boite - en dehors de l’aspect purement pécunier - un réseau, de l’accompagnement dans certains projets, un accompagnement dans ta structuration, dans ton allocation du capital etc… tu as vraiment toutes les typologies parmi eux. A l’entrepreneur de savoir aussi ce qu’il veut vraiment.

1 « J'aime »