C’est ça qui est pénible avec les réponses, c’est qu’elles ont tendance à ouvrir une batterie de nouvelles questions. 
Hedging en devises
Lorsque tu achètes une couverture en devises, en pratique tu achètes des contrats à terme sur la paire de devises : si tu as des €, ta contrepartie est quelqu’un qui a des $ et ce n’est pas un organisme caritatif. Il n’acceptera l’échange que si tu le compenses au moins de l’écart de taux entre le $ et l’€ sur la durée de couverture. L’article de Wikipedia sur les taux de change explique le mécanisme de base. Ce coût est implicite au hedge, ce n’est pas l’ETF qui te le facture.
AA = Allocation d’Actifs
Immobilier
J’ai un peu d’immobilier (6% de mon brut, RP incluse), mais honnêtement c’est déjà trop à mon goût. Un investissement locatif, c’est beaucoup plus de boulot et d’ennuis qu’un portefeuille 50/50, sans que l’espérance de rendement nette ne me semble bien supérieure ou le risque plus prévisible à long terme. Si ça ne me convient déjà pas 41 ans, je n’imagine même pas ce que serait à 80 ! 
En outre, par rapport à l’article d’ERN, il me semble significativement plus difficile d’obtenir une ligne de crédit sur un bien immobilier en France que ce n’est le cas aux USA : tu te retrouves avec le souci de la non sécabilité des bicoques.
Le portefeuille optimal et son levier
Bon, gros disclaimer : tout ce qui suit est éminemment sensible aux estimations d’espérance de rendement, de volatilité et de corrélations que tu fais pour les différentes classes d’actifs. Garbage in, garbage out, les ordures n’ont pas beaucoup d’odeur et t’es enrhumé.
Que tu sois en phase d’accumulation ou de distribution ne devrait pas avoir d’impact sur le portefeuille optimal pour le long terme en vertu du Théorème de séparation de Tobin. Tes éléments idiosyncratiques, comme ton aversion au risque et de grosses dépenses à honorer à court et moyen terme, vont en revanche influer sur le % de ton capital que tu alloues sur ce portefeuille (ce pourcentage pouvant être inférieur ou supérieur à 100%).
Ce théorème reste à modérer, notamment lorsqu’on introduit des problématiques de coût d’emprunt et fiscales, mais surtout si l’on tient compte du capital humain qui n’est pas arbitrable et a des caractéristiques de risque spécifiques pour chacun. Mais c’est un bon point de départ !
En empruntant avec les bons outils, le coût d’emprunt n’est pas monstrueux et peut être étalé sur le long terme, même avec la modeste prime de risque des obligations (bien que l’actuelle inversion de la courbe des taux montre que ce n’est pas toujours le cas à court terme).
L’hypothèse d’efficience des marchés te permet d’inférer que le portefeuille avec la meilleure espérance de rendement ajustée du risque ressemble au marché complet (incluant donc actions, obligations etc.). Autre façon de voir ça : toutes les classes d’actifs « raisonnablement efficientes » ont une espérance de rendement ajustée du risque (et donc de Sharpe) similaire. Encore une autre façon de voir ça : si un investisseur rationnel ne réplique pas le portefeuille global, c’est a priori parce qu’il a une aversion au risque ou des caractéristiques propres qui le distinguent de l’investisseur moyen.
On sait aussi que les marchés ne sont pas parfaitement efficients (cf. meme stocks) mais ils semblent suffisamment efficients pour agir comme s’ils l’étaient.
La (fréquente) décorrélation entre obligations d’état et actions, qui s’est matérialisée dans de nombreuses grosses crises, est une pierre de plus à la réflexion. D’autres classes d’actifs (comodities, facteurs equities, trend following…) ont pu fonctionner lorsque les deux classes faisaient défaut, mais là encore il n’y a pas d’actif de diversification magique.
Si tu assembles tout ça :
- emprunter ne coûte pas si cher lorsqu’on s’y prend proprement,
- toutes les classes d’actifs ont un Sharpe similaire,
- le portefeuille répliquant l’allocation globale est un adversaire de taille,
- mon capital humain m’autorise à prendre plus de risque que l’investisseur moyen (plus proche d’un institutionnel)
Alors il est très légitime de partir du principe qu’un portefeuille similaire à l’allocation d’actif moyenne sur lequel on ajoute du levier peut raisonnablement être considérée comme une façon particulièrement efficace d’accroître le risque que l’on veut prendre.
Imaginons que ton niveau de risque acceptable soit un MSCI USA x 2. Sur les 40 années passés, il aurait eu une volatilité annualisée dans les 30%, se serait pris -80% en 2008 et aurait craché du 25% de rendement par an (arithmétique, on tombe à moins de 20% en géométrique). Un portefeuille 50% actions / 50% obligations avec un levier x4 aurait donné des résultats assez similaires, avec un poil moins de rendement et un poil moins de pire abaissement.
Faire ton marché parmi les classes d’actif disponibles et émettre des hypothèses sur le rendement / volatilité / corrélation, puis estimer les effets de l’emprunt, des coûts d’investissement et tutti quanti est un fichu morceau de bravoure, aux résultats nécessairement incertains.
Je fais ça sur Excel, vu que ces tentatives d’optimisation n’ont de sens qu’en prenant des hypothèses sur le fiutur. Le passé ne m’intéresse que pour avoir une évaluation (optimiste
) du pire qui pourrait se produire et me donner des idées générales sur comment les classes d’actifs ont pu interagir entre elles. Je tente donc d’évaluer le Sharpe dans le futur. En pratique, je m’appuie sur le rendement ajusté du risque (certainty-equivalent return) qui intègre un paramètre d’aversion au risque.
Je peux te dire qu’à force de m’y frotter, il me semble plus raisonnable de partir sur un portefeuille largement diversifié sur lequel on met un levier raisonnable. Dans mon contexte, c’est autour de 150% de levier (exprimé par rapport à mes actifs liquides), pour d’autres ce sera 50% et pour d’autres encore ce sera 300% !
Sans compter que mes croyances (disons mes intuitions étayées) ne sont peut-être pas celles auxquelles tu souscriras…