NASDAQ avec effet levier?

Alors au delà de la volatilité et du risque : l’imprévu. Ton horizon de placement prévu n’est pas forcément la durée réelle du placement

Par exemple : aujourd’hui tu te dis « nan mais la résidence principal ce n’est pas pour moi ». 10 ans plus tard tu t’es mis avec ta compagne et tu souhaite acheter une maison appart. La banque demande un apport, Ou alors crise de la quarantaine et tu veux faire un tour du monde.

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Si l’on part sur l’hypothèse que les marchés sont relativement efficients, on peut estimer que toutes les classes d’actifs vont avoir des couples rendements/risque similaires dans le futur. Comme ces classes d’actifs ne sont pas parfaitement corrélées à long terme, on peut espérer de meilleurs résultats en ayant un portefeuille plus diversifié, qu’on amène ensuite au niveau de risque souhaité avec du levier.

Dans ce cadre théorique (Modern Portfolio Theory), tu rechercherais à estimer quel portefeuille a le plus gros ratio de Sharpe et tu emprunterais de manière à atteindre ton espérance de rendement cible ou le risque maximal que tu peux tolérer (psychologiquement ou parce que tu as du cash à sortir à des horizons donnés).

En appliquant la logique de Lifecycle Investing, tu te retrouverais plutôt avec un portefeuille à dominante obligataire, que tu leverages à x3 ou x4.

Il y a des limites pratiques à cette approche :

  • on ne peut pas aisément estimer les espérances de rendement futur, donc tu peux te retrouver avec un portefeuille de base inadapté.
  • il faut des taux de levier très élevés si tu veux faire beaucoup cracher un portefeuille maximisant le Sharpe. or il y a des limites pratiques au taux de levier qu’on peut atteindre.
  • investir proprement avec levier va à l’encontre des réflexes usuels de l’investisseur. Tu achètes quand c’est haut et tu vends quand c’est bas.
  • certains actifs sont plus facile à leverager que d’autres pour l’investisseur moyen, cela limite le taux de levier qu’on peut atteindre sans utiliser d’outils plus avancés (marge, box spreads, futures…)
  • on n’emprunte pas au taux sans risque.

Les trois derniers points vont t’inciter à te concentrer sur les classes d’actif qui ont une espérance de rendement supérieur, quitte à perdre en Sharpe. D’où des portefeuilles leveragés full Nasdaq ou full Crypto, même si ce sont des hérésies du point de vue de la théorie financière.

L’approche Lifecycle Investing a beaucoup été débattue ! Ses grands préceptes sont communément admis (en gros, jeune => gros capital humain => prise de risque supérieure) mais l’implémentation pratique est contestée. Aller à 200% en full actions induit beaucoup de risques de pertes catastrophiques et les risques psychologiques associés. Si te faire lessiver jeune t’éloigne définitivement de la Bourse, la stratégie aura été un échec retentissant.

Sur tes autres questions :
a) Pour la tracking error, tu regardes l’écart entre les ETF et leur indice et tu annualises. J’ai mesuré comme ça pour le LQQ et UST d’Amundi. IBKR indique ses taux de marge sur son site.
b) Hedger des EUR te coûte plus que l’écart entre les taux d’emprunt entre USD et EUR. :slightly_smiling_face: Si ton sous-jacent est sur des entreprises US, au final tu es exposé en USD (même si ces entreprises ont aussi des revenus dans d’autres devises pour compliquer le tout).
c) Les ETF leveragés utilisent des futures pour implémenter leur levier, donc tu as a priori une variabilité dans le coût d’emprunt. Mais ce n’est pas déconnant de considérer que c’est dans les 0,5% (sur la partie leveragée au-delà de x1).

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Merci Vincent !

Ce sont exactement les points que je suis en train de creuser, après pas mal d’interrogations sur la place du levier dans un portefeuille.

J’ai le sentiment qu’il y a en effet plusieurs cadres théoriques possibles pour aborder le sujet, et qui peuvent mener à des conclusions assez différentes :

1/ Dans la modern portfolio theory, le levier permet de dépasser les limites d’une allocation donnée et de la frontière efficiente, en augmentant le rendement pour un niveau de risque donné, ou en diminuant le risque pour une espérance de rendement donnée (ce qui revient à améliorer le Sharpe dans les deux cas).

L’approche ne permet pas de répondre en tant que telle à la question du glidepath dynamique en fonction de l’âge, mais donne une allocation statique avec levier, optimisée en fonction de l’appétence au risque.

Je trouve cet article assez pédagogique sur le sujet.

2/ Dans l’approche lifecycle investing, le levier permet de renforcer son exposition aux actions dans sa jeunesse, avant de suivre un glidepath progressif vers une allocation plus sécurisée.
Il n’est alors pas question d’optimiser le Sharpe, mais plutôt de déterminer son bon glidepath en fonction de son âge, de son capital humain espéré, etc

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J’ai beaucoup de mal à réconcilier les deux approches, car si elles conduisent toutes deux à reconnaître un usage raisonnable du levier, elles peuvent mener à des recommandations assez différentes sur l’allocation d’actifs, surtout pour les jeunes (200% actions ? 100% actions et 50% obligations ? Et surtout quid de la dynamique : faire varier le levier ou faire varier la part actions ? Etc etc)

Je vois bien où balance ton cœur Vincent (un mélange des deux), mais existe-t-il un cadre théorique ou des études empiriques permettant de réconcilier cela ?

Merci beaucoup !

Oui, il semble y avoir un dilemme entre les deux approches, mais on peut le résoudre en restant dans la cadre les outils théoriques de la modern portfolio theory. Le déclic est de constater que l’approche par la frontière efficiente ne tient habituellement pas compte du capital humain… Mais que rien ne t’empêche de le faire !

Tu vas voir que ça te ramène assez naturellement vers une combinaison du Lifecycle Investing et de la frontière efficiente.

La première étape est de modéliser un portefeuille financier diversifié sans levier avec un Sharpe élevé. A partir de l’estimation de l’espérance rendement, de la volatilité et des corrélations entre les actifs, tu peux estimer l’espérance de rendement et de volatilité. Comme on bricole avec des estimateurs très incertains, il faut rester assez humble sur ces résultats et juste espérer arriver à un portefeuille qui tient la route avec plusieurs classes d’actifs.

Ensuite, tu ajoutes le capital humain sous la forme d’un actif (sans espérance de rendement et d’une volatilité à estimer selon ton contexte). Si tu es propriétaire, il est pertinent de faire la même avec l’immobilier.

Tu peux alors ajouter des paramètres de levier et de coût d’emprunt, que tu exprimes par rapport au portefeuille financier uniquement (ton capital humain n’est pas arbitrable - hormis en allant gratter au taf’ chaque mois). Si tu as de l’immobilier avec de la dette, tu l’intègres aussi, mais en le prenant comme une donnée de base.

Tu vas alors estimer l’espérance de rendement ajustée du risque (ou la fraction de Merton, c’est sensiblement pareil) en fonction du taux de levier sur le portefeuille financier et de ton aversion au risque.

Si le levier idéal est inférieur à 100%, tu gardes du cash/livret en plus de ton allocation, sinon tu empruntes.

Et c’est là que tu mets le doigt dans un engrenage infernal :

  • Si tu as des projets à financer à court/moyen terme, tu ajoutes des contraintes sur le montant minimal d’actifs peu volatils à garder en portefeuille (ça complique encore le bouzin).
  • De même pour l’épargne de sécurité, dont la taille dépend de ta profession, de tes obligations familiales, de ton accès au crédit, du caractère reportable ou non de tes projets…
  • Tu intègres les questions d’enveloppe où répartir ton allocation, avec les problématiques fiscales associées.
  • Tu te mets à tenir compte des coûts de transaction et du fait que tu ne veux pas complètement chambouler ton allocation tous les ans. Ca complique encore plus la question des enveloppes.
  • Puis tu testes des variantes de portefeuille financier plus ou moins concentrées en actifs risqués, car tu es conscient que tes estimateurs sont tous très incertains.
  • Puis tu commences à envisager des allocations dynamiques pour faire varier la concentration en actions dans le temps (tilt Value et Trend)
  • Ainsi que des classes d’actifs alternatifs.

Et à chaque instant tu doutes car tu sais que toutes tes estimations sont par essence imparfaites. Mais tu augmentes la probabilité d’avoir de bons résultats au final.

Bref, si tu essaies de faire ça le plus proprement possible, c’est vraiment pas trivial. En pratique tu vas retrouver la philosophie du Lifecycle Investing : tu peux charger la mule en risque sur le portefeuille financier lorsque tu es jeune et réduire la volatilité au fil des ans, lorsque ton capital humain est converti en cash et que tu peux l’estimer plus facilement car ta trajectoire de carrière se clarifie. La grosse différence, c’est que tu chargeras la mule sur un portefeuille financier diversifié dès le départ, mais avec potentiellement plus de levier !

Le pilotage du risque est LA grosse question des finances personnelles que tout le monde évite soigneusement de traiter de manière globale. C’est dommage, vu que c’est celle qui a probablement le plus d’impact. Mais bon, c’est sûr que c’est plus prise de tête que de disserter sur les TER des ETF. :sweat_smile:

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Merci Vincent pour ces excellentes réponses.

Sans avoir tenté de modéliser ça, estimes-tu que le gain de Sharpe à aller chercher est substantiel à risque équivalent, entre un full CL2 (Sharpe de 0.64 sur les 3 dernières années selon Morningstar) vs. un mix de différentes classes d’actifs encore plus leveragées ? Le coût de la dette (surtout en ce moment) ne tasse t-il pas significativement tout cela in fine ?

D’ailleurs, ta stratégie n’est-elle pas finalement assez proche de celle de Hedgefundie ?

Merci à nouveau !

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Plein de questions complexes, @fsockeel !

Sharpe
Je ne me fierais pas trop à une mesure du Sharpe sur un horizon bref pour prendre une décision d’investir sur une stratégie à levier important. :slightly_smiling_face:

Les drawdowns (profondeur et longueur) sont aussi un facteur à tenter d’évaluer.

Depuis 2008, les Large Caps US ont connu un long fleuve plutôt tranquille, même la crise COVID a été assez peinarde avec -40% sur CL2. Le drawdown de 80% lors de la grande crise financière aurait été un poil plus dur à encaisser ! Avec du levier flottant (i.e sans réduire la voilure lors des baisses, contrairement à ce que font les ETF à levier), ça aurait été le tapis.

Personnellement, je n’ai pas trop envie de chercher à savoir si je suis capable d’absorber une telle configuration. En tout cas avec mon patrimoine actuel ! En 2008 je sortais d’école, je n’avais que des clopinettes à investir et le choc psychologique aurait peut-être été moins dur… Mais si ça m’avait écarté définitivement de la bourse, la stratégie aurait eu un rendement composé assez naze ! :grin:

Je ne saurais dire comment l’approche que j’ai retenue se comportera dans le futur, mais sur 40 ans elle semble avoir un Sharpe supérieur et des drawdowns inférieurs à un S&P pour une palette de taux de levier étendue.

Donc oui, je pense qu’on peut tenter de faire mieux sur le long terme, avec moins de douleur dans les gadins, mais sans garantie ! Sans compter que l’espérance de rendement à 10 ans des large caps US actuelle n’est pas folichonne, d’après la plupart des modèles que je connais : cela invite à la diversification.

Coût d’emprunt
Le coût de la dette est effectivement un sujet. Il est assez proche des espérances de rendement d’un portefeuille équilibré à l’heure actuelle, bien que le coût d’empruntait tendance à baisser. Cela invite à ne pas y aller trop fort niveau levier… Mais ça aurait aussi fait passer à côté du rallye boursier depuis 2023 et on semble s’orienter vers un retour de la courbe des taux vers la normale. :person_shrugging:

En tout cas, si on investit avec levier, il est indispensable d’optimiser le coût d’emprunt ! Evite Sofinco. :sweat_smile:

Hedgefundie
Je vois que tu as de saines lectures. :grin:

Je pars des mêmes prémisses, mais je trouve l’approche beaucoup extrême en termes de levier pour ce niveau de diversification, qui n’est pas si élevé que ça car il s’appuie beaucoup sur les corrélations historiques entre obligations US à long terme et S&P. Ils ont pas mal déchanté en 2022 !

Le mHFEA est déjà moins violent, mais j’estime qu’on peut aller plus loin en combinant d’autres sources de risque imparfaitement corrélées : facteurs sur les actions, monde plutôt que US, émergents, matières premières, obligations plus diversifiées, mais aussi des approches d’allocation dynamiques, consistant à piloter le niveau d’exposition aux actions selon les tendances à court terme et une estimation de l’espérance de rendement à long terme.

Cela demande substantiellement plus de temps que de prendre deux ETF et de rééquilibrer une fois par trimestre, par contre !

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Merci d’avoir pris le temps de répondre de façon aussi complète et claire !

Marrant, je me suis aussi pas mal intéressé à l’excellente aventure du bon Hedgefundie :wink: À noter qu’il ne plaçait dans sa version initiale que 10% de son portefeuille dans cette stratégie (de mémoire) - alors que j’ai le sentiment que nous cherchons ici quelque chose de plus systématique

Si je reformule avec mes mots tu suggères :
1/ identifier un portefeuille à Sharpe élevé : probablement un 30-70 si on est puriste, un peu plus d’actions si on anticipe les contraintes de levier
2/ Intégrer le capital humain dans l’équation, qui conduit à surpondérer l’exposition au marché en début de vie d’épargnant (par du levier).
3/ Déterminer son allocation d’actifs en fonctions de 1 et 2 et de son appétence au risque (fraction de Merton), et en déduire le levier
4/ Se poser enfin les questions d’optimisation d’enveloppe, de frais, de rééquilibrage, d’allocation tactique etc
Pour moi c’est d’ordre 2 par rapport à la détermination de son allocation stratégique / de son glidepath

C’est là que je ne suis plus tout à fait : cet actif là est considéré (peut-être à tord) par Nalebuff et Ayess comme obligataire. C’est ce qui les pousse à militer pour du >100% actions pour ceux dont le capital humain est devant eux.

Deux questions du coup :
1/Ai-je tord de dire que dans la VLT (Vincent Lifecycle Theory) le capital humain n’est pas 100% obligataire ? Ce qui expliquerait bien ton envie de maximiser un Sharpe par du levier sur une allocation un peu plus diversifiée ?
2/ Quid de l’évolution de l’AA avec le temps ? Plutôt par une baisse du levier ou de la part actions ?

Merci encore !

C’est un des sujets qui me pose problème dans cette approche, justement. 10% d’un portefeuille dans une stratégie à levier X3, ça revient à dire qu’on a un portefeuille à 120% de levier. A moins qu’on ne rééquilibre pas entre stratégies, ce qui veut dire qu’on n’a pas une approche globale du risque…

Avoir plusieurs stratégies imparfaitement corrélées en portefeuille, j’adhère totalement. Dire que le levier ne s’applique qu’à une stratégie, c’est de la fiction.

Oui, je suis d’accord !

Un portefeuille à Sharpe élevé aura plus de 30% d’actions dès qu’on y ajoute du levier. Il faut étaler le coût d’emprunt avec un peu plus de risque, au prix d’un Sharpe plus faible.

Les questions d’enveloppe ne sont pas la priorité, mais ont un effet non négligeables si l’on calcule son Sharpe post-imposition. Après, pour un jeune sans immobilier, ayant épargné moins de 200k€, un bon vieux PEA et un CTO (pour le levier) seront probablement suffisants !

Le capital humain est une abstraction pour mettre aujourd’hui une valeur sur tout le taf’ monétisable que tu réaliseras dans le futur. Dire que c’est une quasi-obligation est un abus de langage parce que cet actif est moins risqué que d’autres.

Du point de vue de la volatilité, on sera effectivement dans le domaine obligataire pour la plupart des gens. Néanmoins, il y aura des différences entre profils. Par exemple : un enseignant du public (volatilité négligeable, comme du monétaire), un technicien chez EDF (obligations d’état Investment Grade), une ingénieure IT (corporate IG) et un banquier d’affaires (corporate High Yield). Mais si tu es une athlète de haut niveau, ton capital humain a la volatilité d’une shit coin ! :grin:

Contrairement à une obligation, le payeur (futur toi) peut aussi changer radicalement les termes du contrat en cours de route. Si tu te reconvertis de PDG de grande entreprise en artiste de rue, ton capital humain va quelque peu changer de caractéristiques. :sweat_smile:

Pour le rendement de l’actif, il est nul car tu estimes la valeur actualisée de tes revenus futurs. Il s’érode inexorablement en étant converti en salaires perçus, sauf si tes estimations de revenus futurs étaient inférieures à ta carrière réalisée.

Ça va dépendre de tes estimations de volatilité et de rendement futur des différents actifs, ainsi que des taux d’emprunt. Mais a priori les deux vont baisser graduellement !

Il faut actualiser régulièrement ta simulation et tenir compte de la fiscalité pour ajuster graduellement ton portefeuille en fonction des évolutions du monde et de tes choix de vie.

Je regrette le temps de l’innocence où j’avais pas encore lourd de thunes que je pensais que c’était facile d’investir, un MSCI World, un peu de cash et voilà. :sweat_smile:

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Salut.

J’ai une question pour toi, tu investis de quelle manière de ton coté ? Sur ETF ? Si oui les quelles ?

Merci :slight_smile:

plus simple, j ai retiré les etf thematiques avant l ete, donc actuellement: full world momentum sur cto, 90% nasdaq sur AV avec un peu de fond euro boosté nanti et leveraged en mylombard, bnp sp500 sur per ou AV satellites, actions de mon employeur en PEE.

sur pea, en mode bac a sable (en transition), 60% bnp sp500 puis 40% autre (stock picking luxe, fond france independancd am, parfois du LQQ ou msci usa x2 toujours du temporaire avant arbitrage vers sp500).
90% sp500 en cible mais quand il sera mieux valorisé .

Vincent,

Moults questions me viennent en te lisant (c’est bien, c’est le signe qu’il y a encore du pain sur la planche :smiley: ). En vrac :

  • Par curiosité : je reviens sur ton commentaire sur le coût d’un ETF hedgé - si je te suis bien, il y a donc un coût lié au hedging de la position lorsque tu achètes un ETF S&P500 EUR, qui n’est pas reflété dans les frais de gestion c’est ça ?
  • Qu’est ce que « AA » ?
  • Je comprends que tu es aujourd’hui plus dans une phase de « distribution » vs. d’accumulation. Dans ce cadre, as-tu déjà comparé l’intérêt d’une allocation à d’avantage d’immo au lieu des obligations ? Je fais notamment référence à cet article : Safe Withdrawal Math with Real Estate Investments - SWR Series Part 36 - Early Retirement Now
  • En pleine phase d’accumulation, j’ai encore du mal à être convaincu par l’emploi d’obligations - je comprends en vous lisant que cela améliore significativement le couple rendement/risque, mais ai besoin de me rendre compte si cela reste intéressant une fois net de coût d’emprunt vs. un 200% equity. Encore faut-il réussir à modéliser ça :grinning: ! Aussi, je me demandais : sur quel horizon de temps regardes-tu le Sharpe ? Et comment est ce que tu fais tes estis d’allocation (à l’arrache sur Curvo par exemple, ou tu as un modèle excel ?)

Merci encore,

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C’est ça qui est pénible avec les réponses, c’est qu’elles ont tendance à ouvrir une batterie de nouvelles questions. :wink:

Hedging en devises
Lorsque tu achètes une couverture en devises, en pratique tu achètes des contrats à terme sur la paire de devises : si tu as des €, ta contrepartie est quelqu’un qui a des $ et ce n’est pas un organisme caritatif. Il n’acceptera l’échange que si tu le compenses au moins de l’écart de taux entre le $ et l’€ sur la durée de couverture. L’article de Wikipedia sur les taux de change explique le mécanisme de base. Ce coût est implicite au hedge, ce n’est pas l’ETF qui te le facture.

AA = Allocation d’Actifs

Immobilier
J’ai un peu d’immobilier (6% de mon brut, RP incluse), mais honnêtement c’est déjà trop à mon goût. Un investissement locatif, c’est beaucoup plus de boulot et d’ennuis qu’un portefeuille 50/50, sans que l’espérance de rendement nette ne me semble bien supérieure ou le risque plus prévisible à long terme. Si ça ne me convient déjà pas 41 ans, je n’imagine même pas ce que serait à 80 ! :grin:

En outre, par rapport à l’article d’ERN, il me semble significativement plus difficile d’obtenir une ligne de crédit sur un bien immobilier en France que ce n’est le cas aux USA : tu te retrouves avec le souci de la non sécabilité des bicoques.

Le portefeuille optimal et son levier
Bon, gros disclaimer : tout ce qui suit est éminemment sensible aux estimations d’espérance de rendement, de volatilité et de corrélations que tu fais pour les différentes classes d’actifs. Garbage in, garbage out, les ordures n’ont pas beaucoup d’odeur et t’es enrhumé.

Que tu sois en phase d’accumulation ou de distribution ne devrait pas avoir d’impact sur le portefeuille optimal pour le long terme en vertu du Théorème de séparation de Tobin. Tes éléments idiosyncratiques, comme ton aversion au risque et de grosses dépenses à honorer à court et moyen terme, vont en revanche influer sur le % de ton capital que tu alloues sur ce portefeuille (ce pourcentage pouvant être inférieur ou supérieur à 100%).

Ce théorème reste à modérer, notamment lorsqu’on introduit des problématiques de coût d’emprunt et fiscales, mais surtout si l’on tient compte du capital humain qui n’est pas arbitrable et a des caractéristiques de risque spécifiques pour chacun. Mais c’est un bon point de départ !

En empruntant avec les bons outils, le coût d’emprunt n’est pas monstrueux et peut être étalé sur le long terme, même avec la modeste prime de risque des obligations (bien que l’actuelle inversion de la courbe des taux montre que ce n’est pas toujours le cas à court terme).

L’hypothèse d’efficience des marchés te permet d’inférer que le portefeuille avec la meilleure espérance de rendement ajustée du risque ressemble au marché complet (incluant donc actions, obligations etc.). Autre façon de voir ça : toutes les classes d’actifs « raisonnablement efficientes » ont une espérance de rendement ajustée du risque (et donc de Sharpe) similaire. Encore une autre façon de voir ça : si un investisseur rationnel ne réplique pas le portefeuille global, c’est a priori parce qu’il a une aversion au risque ou des caractéristiques propres qui le distinguent de l’investisseur moyen.

On sait aussi que les marchés ne sont pas parfaitement efficients (cf. meme stocks) mais ils semblent suffisamment efficients pour agir comme s’ils l’étaient.

La (fréquente) décorrélation entre obligations d’état et actions, qui s’est matérialisée dans de nombreuses grosses crises, est une pierre de plus à la réflexion. D’autres classes d’actifs (comodities, facteurs equities, trend following…) ont pu fonctionner lorsque les deux classes faisaient défaut, mais là encore il n’y a pas d’actif de diversification magique.

Si tu assembles tout ça :

  • emprunter ne coûte pas si cher lorsqu’on s’y prend proprement,
  • toutes les classes d’actifs ont un Sharpe similaire,
  • le portefeuille répliquant l’allocation globale est un adversaire de taille,
  • mon capital humain m’autorise à prendre plus de risque que l’investisseur moyen (plus proche d’un institutionnel)

Alors il est très légitime de partir du principe qu’un portefeuille similaire à l’allocation d’actif moyenne sur lequel on ajoute du levier peut raisonnablement être considérée comme une façon particulièrement efficace d’accroître le risque que l’on veut prendre.

Imaginons que ton niveau de risque acceptable soit un MSCI USA x 2. Sur les 40 années passés, il aurait eu une volatilité annualisée dans les 30%, se serait pris -80% en 2008 et aurait craché du 25% de rendement par an (arithmétique, on tombe à moins de 20% en géométrique). Un portefeuille 50% actions / 50% obligations avec un levier x4 aurait donné des résultats assez similaires, avec un poil moins de rendement et un poil moins de pire abaissement.

Faire ton marché parmi les classes d’actif disponibles et émettre des hypothèses sur le rendement / volatilité / corrélation, puis estimer les effets de l’emprunt, des coûts d’investissement et tutti quanti est un fichu morceau de bravoure, aux résultats nécessairement incertains.

Je fais ça sur Excel, vu que ces tentatives d’optimisation n’ont de sens qu’en prenant des hypothèses sur le fiutur. Le passé ne m’intéresse que pour avoir une évaluation (optimiste :wink:) du pire qui pourrait se produire et me donner des idées générales sur comment les classes d’actifs ont pu interagir entre elles. Je tente donc d’évaluer le Sharpe dans le futur. En pratique, je m’appuie sur le rendement ajusté du risque (certainty-equivalent return) qui intègre un paramètre d’aversion au risque.

Je peux te dire qu’à force de m’y frotter, il me semble plus raisonnable de partir sur un portefeuille largement diversifié sur lequel on met un levier raisonnable. Dans mon contexte, c’est autour de 150% de levier (exprimé par rapport à mes actifs liquides), pour d’autres ce sera 50% et pour d’autres encore ce sera 300% !

Sans compter que mes croyances (disons mes intuitions étayées) ne sont peut-être pas celles auxquelles tu souscriras…

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Immobilier
Je ne pensais pas forcément à de l’immo locatif en direct, mais aussi pourquoi pas à des SCPI comme Corum, dont le rendement tourne autour de 6% bruts. Le combo a) faible corrélation avec les actions + b) renta vraisemblablement meilleure que les obligations semble assez alléchant, et me laisse penser qu’un portefeuille (mettons) 50 actions / 50 SCPI pourrait avoir un meilleur ratio de Sharpe qu’un 50/50 actions/oblig.

Ce n’est qu’un a priori, je n’ai pas tenté de modéliser tout ça. Mais je dois dire que des articles comme celui-ci me font douter de l’intérêt des oblig (même avec du levier) : The Great Bond Diversification Myth - Early Retirement Now

Actions/oblig
Si un portefeuille 50 actions / 50 oblig avec levier x4 donne des résultats comparables (tant en rendement & risque) à un MSCI x2, pourquoi s’embêter à construire un tel portefeuille ? Il faut vraiment que je prenne le temps de modéliser ça pour me rendre compte :slight_smile: Mais pour le dire autrement : si je prenais le mix d’actions/oblig qui matche l’expected return d’un 200% actions (200/200 en l’occurrence ?), de combien mon ratio de Sharpe peut-il s’améliorer à la grosse maille d’après toi, net de frais d’emprunt ? Parle t-on de cacahuètes, ou cela te semble potentiellement substantiel ?

Financement
Tu mentionnais plus haut les box spreads. Je comprends que cette méthode permet de déduire ses « intérêts d’emprunts » de ses plus-values. Mais est-ce le cas aussi avec les intérêts d’un compte sur marge Interactive Brokers ?

Si non, j’ai l’impression qu’en effet il y a un vrai intérêt à investir dans l’apprentissage de cette méthode… Autant j’ai l’impression que le gap est modeste (voire inexistant si <100k) entre LETF en AV vs. marge sur CTO IB pour quelqu’un qui ne souhaiterait investir qu’en actions ; autant il devient énorme dès que l’on intègre les box spreads dans l’équation…

Merci pour tes superbes réponses

Honnêtement, je ne vois pas ce que tout le monde trouve aux SCPI. Ca me semble pas être un investissement qui mérite une grosse allocation.

  • Ce sont globalement des small caps, avec ~400 MM€ de capital en moyenne, qui se financent majoritairement par collecte auprès des particuliers. Pour un investissement concentré (car on n’investit au mieux que dans une poignée de SCPI), je trouve que ça n’envoie pas du rêve.
  • Ca dégouline de frais à tous les étages et ça a collecté à tire-larigot ces dernières années. Forte demande => prix élevés => faible espérance de rendement, même si la correction récente a regonflé un peu les rendements potentiels (mais visiblement pas assez, vu que le marché secondaire est grippé)
  • Il me semble un peu exagéré de dire que les SCPI sont décorrélées des actions alors qu’il s’agit d’un actif illiquide sans réel mark to market. Les REITS / foncières cotées ont eu une corrélation de l’ordre de 0,6 à 0,7 par rapport aux actions US sur les 30 dernières années. Si les SCPI étaient valorisées par un marché liquide, je serais enclin à penser qu’elles auraient des caractéristiques similaires.
  • C’est illiquide ! On ne voit pas les baisses de prix, mais en échange on ne peut pas facilement s’en débarrasser… sauf à casser les prix en marché de gré à gré.
  • Les gens possédant leur RP ont déjà une très forte allocation en immobilier. Charger la barque sur cette classe d’actif, ce n’est pas exactement de la diversification d’après mon lexique. :grin:

Entre un 50% actions / 50% SCPI et un 55 ou 60% actions / 40 ou 45 % obligations, on doit avoir à peu près la même espérance de rendement. La volatilité serait probablement similaire si ces actifs illiquides étaient cotés.

L’article de Early Retirement Now est tout à fait correct sur les principes généraux, mais il date de 2016. Avant le crash obligataire de 2022, qui fait que l’espérance de rendement des obligations a bien augmenté. Entre-temps, l’espérance de rendement des actions a bien baissé (CAPE passé de ~25 à plus de 35). Le Sharpe d’un portefeuille actions / obligation avec levier a bien meilleure allure maintenant qu’en 2016 !

Sans compter qu’on parle de bien plus que 20% d’actions ! Ca change la tronche de ton théorème de Pythagore, même si le risque provenant des actions reste majoritaire.

Attention, le 50/50 à levier va tout de même bien mieux te protéger dans les crises douloureuses les plus « classiques », où la fuite vers la qualité inverse la corrélation entre actions et obligations. Si tu es un investisseur discipliné qui rééquilibre par tranches, tu vas collecter un appréciable bonus de rééquilibrage (autrement dit, de diversification).

En outre, tu peux tenter de faire un peu mieux en termes de Sharpe en diversifiant ton 50/50 : émergents, biais factoriel, matières premières, obligations indexées sur l’inflation…

Il est difficile de te dire dans quelle mesure tu vas améliorer ton Sharpe ex-ante. Mais si je devais tenter une estimation, elle serait dans les 0,10 à 0,15 de Sharpe en plus. Voire plus si tu lorgnes vers les allocations tactiques.

Bref, pas des cacahuètes. Mais surtout, entre deux stratégies ayant des caractéristiques qui semblent similaires, il me semble sage de prendre celle qui est structurellement la plus diversifiée. Evidemment, si ton capital est petit et que ça induit des coûts de transactions abominables, tu peux être plus concentré.

Non, les emprunts sur marge ne sont pas déductibles pour les particuliers… Et pour des sommes inférieures à 100 k€, la marge coûte ~1,1% de plus qu’un box spread. C’est un écart colossal.

Actuellement, en box spread, tu empruntes de nouveau pour moins cher que la prime de risque des obligations diversifiées.

Oui. Je pense que le LETF est un moyen acceptable de faire du levier pour ceux qui n’ont pas encore beaucoup de capital et qui visent un taux de levier global bien inférieur à 200%. Tu peux te bricoler un équivalent de portefeuille actions / obligations diversifié avec un PEA (MSCI USA x 2 + MSCI Europe + Monétaire, voire Emerging ESG et Japon en plus) et un livret A / LDD.

Après une nuit blanche à faire des simuls sur Portfolio Visualizer ( :grinning:), je commence à mieux comprendre les ordres de grandeur que tu évoques. Quelques réactions / surprises :

  • Je suis surpris de constater que le taux d’intérêt influence le mix actions/oblig qui maximise le Sharpe. Par exemple, avec un debt interest >5%, un 60/40 aura un meilleur Sharpe qu’un 40/60. C’est pourtant l’inverse si les taux passent à <4.5-5%. Sais-tu par quoi cela s’explique ? Etant donné que ton allocation est censée rester fixe avec les ETF Lifestrategy, mieux vaut ne pas se tromper au début !

  • En parlant d’allocation fixe, j’ai l’impression que sur une large plage d’hypothèses, un rééquilibrage mensuel (ce qui se rapprocherait le plus des ETF Lifestrategy) donne un rendement historique inférieur à un rééquilibrage annuel (jusque là, OK), pour un drawdown et un écart type plus élevés. Comment est-ce possible ? L’effet doit être encore plus négatif pour un ETF Lifestrategy non ? Ou fais-je fausse route quelque part ?

  • Je comprends en te lisant que tu es déjà « FIRE » - tes optimisations de portefeuille te permettent-elles d’atteindre un SWR substantiellement plus élevé que ce que te permettrait un simple 60/40 (ou 70/30, ou autre) sans levier ? Je ne crois pas avoir trouvé d’analyses de ce type sur Earlyretirementnow

  • Toujours dans la même logique : dans un contexte de taux bas, un jeune investisseur en pleine phase d’accumulation et avec une forte tolérance au risque aurait tout intérêt à aller chercher un levier maximal (je comprends que x4 est le max avec IB), en le remplissant majoritairement d’obligations (vraisemblablement autour de 25/75 ?). Dans un contexte de taux élevés, il aura intérêt à augmenter la part d’actions dans son mix et réduire son levier. Est-ce cohérent avec ce que tu as en tête dans les grandes lignes ? Mais du coup, comment adapter tout ça quand les taux changent avec ces ETF Lifestrategy ? :sweat_smile: Quel schmilblik !

Merci pour tes lumières,

Il y a deux aspects à cette question : les limites de Portfolio Visualizer et l’estimation du futur.

Déjà, le Sharpe d’un portefeuille est une statistique qui varie dans le temps. Elle mesure la prime de risque réalisée sur cette période (c’est-à-dire le rendement excédentaire par rapport à placer sans risque), divisé par la volatilité réalisée sur cette période. Sauf erreur de ma part, PortfolioVisualizer utilise un taux d’emprunt nominal fixe. Dans la réalité, tu empruntes au taux sans risque, auquel tu ajoutes le coût du mode de financement choisi. Cela rend l’interprétation du Sharpe des backtest délicate pour les portefeuilles à levier !

Mais le Sharpe du passé, on s’en fout un peu en fait. Ce qui nous intéresse, c’est d’estimer le Sharpe futur de ton portefeuille. On ne mange pas des backtests !

Il te faut donc faire tes propres estimations de prime de risque et de volatilité pour évaluer le portefeuille que tu penses avoir le meilleur Sharpe à long terme, ajusté du coût associé à ton mode de financement.

Comme tous les estimateurs sont imprécis et vont de donner des rendements différents dans le temps, tu vas douter sur le % d’actions sur lequel partir. Il y a une part de croyance dans ce choix : est-tu plutôt dans une logique « marchés efficients » ? Dans ce cas, tu répliques la répartition des actifs cotés (actions, obligations, matières premières…). Tu es convaincus que la relative prédictibilité passée des rendements des actions (Shiller CAPE, mais il y a plein de modèles) ou des obligations (Yield to Maturity - Inflation) va perdurer ? Dans ce cas tu prends une allocation dynamique. :sweat_smile:

Mais en termes d’implémentation, je ne me prendrais pas trop la tête, surtout si tu es en phase d’accumulation. Si tu dois rééquilibrer par moments parce que tu n’as pas pris le mix idéal (ou parce que tu as d’autres enveloppes telles qu’un PEA), tu paieras un peu de frottement fiscal, mais ce n’est pas la fin du monde.

Par exemple, imaginons que tu as des actions en PEA et des obligations en CTO. Lorsque les marchés progressent, tu renforces les obligations en CTO par ton épargne ou en augmentant le levier. Si les actions se cassent la bibine tôt dans ton parcours d’investisseur, tu vends des obligations avec une PV latente négligeable. Si le crash est tardif, les rééquilibrages par hausse du levier / ajout passées font que le taux de PV latentes sur les obligations est resté modeste, la facture n’est pas trop salée.

Il est difficile de dire si l’approche par LifeStrategy a plus de chances d’être meilleure que celle via obligations et actions dissociés (permettant une allocation plus flexible). Mais a priori les deux sont raisonnables et on peut les combiner ! :person_shrugging:

La méthode de rééquilibrage est une décision de gestion active, avec trois facettes :

  • Plus te rééquilibres, plus ça te coûte en frais de transaction.
  • En rééquilibrant rarement, on parie implicitement sur l’effet Momentum : on laisse un peu courir les gagnants.
  • En rééquilibrant fréquemment, on parie sur le retour à la moyenne, autrement dit l’effet Value : on rabote les gagnants de peur qu’ils ne se prennent prochainement un gadin.

L’effet momentum a dominé l’effet value ces dernières décennies (en gros, les actions ont monté presque sans discontinuer depuis 15 ans et les deux gros drawdowns du 21ème siècle ont été très lents : Dotcom et grande crise financière). Doit-on parier sur la persistance de ce phénomène pour les prochaines décennies ?

Dans le doute, une approche saine consiste à diversifier en rééquilibrant partiellement le portefeuille, mais régulièrement (ex : 1/4 de rééquilibrage tous les trimestres)… Après avoir évalué les coûts de transaction selon la taille de son capital et son courtier.

Je l’espère, on en reparlera dans 40 ans !

En tout cas, je m’efforce d’avoir un processus d’investissement très diversifié (actifs choisis, tactiques d’allocation, méthode de rééquilibrage), plutôt optimisé (gestion de la fiscalité et des coûts d’investissement) et cohérent avec mon aversion au risque. J’ai l’outrecuidance de croire que ça augmentes mes chances d’avoir de bons résultats par rapport à un YOLO sur du Nasdaq x 2, mais un bon processus ne garantit pas un bon résultat final.

Je crois qu’il avait publié un billet sur les stratégies de Trend Following, mais lui-même utilise des stratégies alternatives (put writing sur S&P) pour diversifier son profil de risque.

Oui, mais on peut espérer réduire le levier requis en introduisant :

  • d’autres classes d’actifs plus volatiles et moins corrélées (matières premières, facteurs smart beta),
  • en compensant les faiblesses des obligations dans certaines configurations (obligations indexées sur l’inflation)
  • ou en introduisant des stratégies d’allocation dynamique qui ont des corrélations modérées avec un Buy & Hold (Trend Following).

A un moment, il faut accepter de payer des impôts en rééquilibrant. L’approche box spread allège tout de même pas mal la facture fiscale si ton portefeuille est « sage ».

Je ne te le fais pas dire. :sweat_smile:

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Ou peut être que tu préfères occuper ton cerveau à faire des spreadsheet au lieu de flâner sur une plage :stuck_out_tongue:

Les deux ne sont pas incompatibles, mais j’avoue qu’après quelques jours, la plage perd de son attrait pour moi. :grin:

Même avec une plage , cocotiers et cocktail à effet de levier X2 ?? Tout ça pour le même prix?? :wink:

Cocktail à effet levier x 2, c’est hardcore ça !

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