Quand j’ai commencé à investir, je pensais qu’il fallait avoir un avis sur tout.
Les taux. Les marchés. Les IPO. Les technologies. Les secteurs d’avenir.
Puis j’ai réalisé quelque chose :
Sur beaucoup de ces sujets, la réponse la plus honnête est souvent :
Je ne sais pas.
Je ne sais pas si SpaceX sera un succès.
Je ne sais pas si l’IA est dans une bulle.
Je ne sais pas si les États-Unis surperformeront le reste du monde sur les 20 prochaines années.
Je ne sais pas quand arrivera le prochain krach.
Et pourtant, autour de nous, beaucoup de personnes semblent savoir.
Chaque jour, on nous explique :
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ce qui va monter,
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ce qui va baisser,
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ce qu’il faut acheter,
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ce qu’il faut vendre.
Avec le temps, je me demande si une compétence importante de l’investisseur n’est pas de développer sa capacité à filtrer ce bruit ambiant.
Non pas parce que ces analyses sont forcément mauvaises.
Mais parce qu’elles nous poussent parfois à rechercher des certitudes là où il n’y en a pas.
Paradoxalement, c’est lorsque j’ai accepté ce que je ne savais pas que mes décisions sont devenues plus simples.
Je ne sais pas quelle entreprise dominera les 20 prochaines années.
Je ne sais pas quel pays sera le plus performant.
Je ne sais pas quand investir sera optimal.
Plus le temps passe, plus je me demande si la compétence la plus utile en investissement est vraiment de ‘‘savoir’’… ou de ‘‘savoir ce qu’on peut ignorer’’.
Avec le temps, j’ai parfois eu l’impression que progresser en investissement consistait à apprendre.
Aujourd’hui, je me demande si cela ne consiste pas aussi à désapprendre.
Désapprendre le besoin d’avoir un avis sur tout.
Désapprendre l’idée qu’il faut toujours faire quelque chose.
Désapprendre la recherche permanente de certitudes.
Je suis curieux de savoir si certains se reconnaissent dans ce parcours.