Bienvenue ici, et déjà bravo d’avoir pris le temps d’expliquer posément ta situation. À 56 ans avec un capital à placer, un horizon d’une dizaine d’années et l’objectif de préparer la retraite tout en gardant un peu de marge pour profiter de la vie, tu es exactement dans un cas où la façon de structurer ton patrimoine compte autant que le choix des produits.
Je rejoins complètement @AngeloS sur l’idée qu’avant de parler “où investir”, il faut éclaircir le “pourquoi” et le “dans quel contexte”. Tant qu’on n’a pas, même à gros traits, les réponses aux questions sur tes dépenses mensuelles, tes droits chômage ou autres revenus d’ici la retraite, le montant estimé de ta pension, ton patrimoine actuel (épargne, immobilier, dettes éventuelles), on navigue un peu à vue. Tu peux faire cet exercice juste pour toi, sur un papier ou un fichier, sans forcément tout publier ici : ça aide énormément à y voir clair.
Ensuite, avec ce que tu décris, je raisonnerais en trois “paniers” dans ta tête, même si dans la pratique ils peuvent être sur les mêmes comptes.
Premier panier : la sécurité et la tranquillité d’esprit. C’est l’épargne de précaution, celle qui doit rester disponible et sans risque de perte en capital (livrets réglementés, voire un peu d’argent sur le compte courant). L’idée, c’est de pouvoir encaisser un coup dur ou une dépense imprévue sans avoir à vendre dans l’urgence tes placements plus risqués. Beaucoup de gens visent entre 3 et 6 mois de dépenses de vie comme base. Tant que ce matelas n’est pas en place, je ne jouerais pas avec le reste.
Deuxième panier : l’argent que tu n’as pas besoin d’utiliser dans les prochaines années et que tu veux faire travailler sur 10 ans. Là , les actions via ETF diversifiés (par exemple un ou deux ETF larges plutôt qu’une multitude de lignes) ont du sens, surtout que tu as déjà un PEA et un compte-titres chez Trade Republic. Sur 10 ans, ce type de placement a historiquement un bon potentiel, mais il faut accepter des hauts et des bas parfois violents en cours de route. À ton âge, l’idée n’est pas de tout mettre en bourse mais de trouver une proportion qui te permet d’avoir du rendement sans mettre en danger ta sérénité si les marchés corrigent. Ce qui joue beaucoup, c’est deux choses : ta tolérance psychologique à voir ton capital bouger de -20 % sur la partie “risquée”, et le fait de savoir si tu devras ou non piocher dedans avant les 10 ans.
Troisième panier : les supports plus “tampons” qui pourront t’aider à lisser l’arrivée à la retraite et à générer un minimum de stabilité. Typiquement, ça peut être une assurance-vie avec un fonds en euros et éventuellement une petite part d’unités de compte plus calmes, ou équivalent. Le rôle de cette poche n’est pas de doubler en 5 ans, mais de rester relativement stable, tout en étant mobilisable pour compléter ta retraite sans être obligée de vendre des actions au pire moment. À 56 ans, un équilibre entre actions, supports sécurisés et épargne très liquide est souvent plus adapté qu’un portefeuille ultra offensif.
Tu évoques aussi l’envie de voyager et de profiter un peu. C’est important de le formaliser : rien n’oblige à “sacraliser” 100 % du capital pour la retraite. Tu peux décider, par exemple, de réserver une part clairement identifiée pour les projets plaisirs des 5 à 10 prochaines années, quitte à la placer sur des supports peu volatils ou semi-liquides, de façon à pouvoir l’utiliser quand tu veux, sans te demander si le marché actions est en haut ou en bas.
Concrètement, les étapes que je ferais à ta place seraient quelque chose comme :
1. poser sur une feuille tes dépenses mensuelles, tes revenus probables d’ici la retraite (allocations, éventuelle activité, etc.) et une estimation de ta pension future ;
2. faire l’inventaire de ton patrimoine : ce que tu as déjà sur livrets, PEA, compte-titres, éventuel immobilier, et le montant du capital que tu viens de percevoir ;
3. décider combien tu veux absolument protéger (épargne de précaution + fonds plus sécurisés), combien tu peux accepter de voir fluctuer sur 10 ans (part actions), et combien tu veux garder pour te faire plaisir ;
4. une fois ces ordres de grandeur clairs, structurer tes comptes autour de ça, en simplifiant si possible (par exemple privilégier un PEA bien construit avec un ou deux ETF, et éventuellement une assurance-vie propre et lisible).