Répartition de vos investissements : par enveloppe ou au patrimoine global?

Bonjour à toutes et tous,

je me pose une question, sans doute un peu bête pour certains, mais votre avis (ou vos habitudes) m’intéressent.

J’ai ouvert diverses enveloppes (pea, per, AV, CTO), que j’alimente mensuellement (sauf le pea qui est plein).
J’ai pris l’habitude de me donner des objectifs de répartition par enveloppe :

  • per : 70% msci world, 30% private euqity
  • AV : 40% msci world, 20% fond euro, 20% scpi, 20% private equity
  • CTO : 70% ACWI 30% obligations monde
  • etc …
    Cela m’aide à mensuellement à ne pas me poser trop de question sur quel support investir, je m’en tiens à ajuster en fonction des mes objectifs.

Sauf que quand je regarde mon patrimoine au global, je me rend compte que cela a peu de sens. En effet je n’investis pas la même somme sur chaque enveloppe, donc en fonction de l’objectif de l’enveloppe, cela reviens à surpondérer certains actifs. De plus j’ai déja 200k en scpi en direct (avec emprunt), donc ajouter de la scpi en AV n’a pas trop de sens.

Je me dis que je devrai plutôt avoir un objectif par actif global dans mon patrimoine, et ensuite les loger dans les enveloppes en fonction des disponibilité et des opportunités, qui à avoir des enveloppes « déséquilibrées », mais un patrimoine cohérent.

Et vous, comment faites vous ?
Merci pour vos éclairages !

epo

Bonjour @eponyme

A titre personnel je raisonne en terme de sous jacent adossé au support sur lequel se trouve l’argent.

L’enveloppe étant à mes yeux un outil d’ajustement fiscal ( ex : Absence d’IR au sein du PEA) et / ou patrimoniale (ex : avantage successoral de l’AV)

Rapidement quelques exemples :

Cash
Compte courant / Poche espèce PEA / Poche espèce CTO / …

Monétaire
Livrets réglementés / Livrets bancaires / Fonds Euros / …

Immobilier
Résidence principale / SCPI / Locatif / …

Actions
ETF / OPCVM / Stock picking / …

Obligations
ETF / Bond picking / Fonds Datés / …

Bonne journée :wink:

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Oui d’abord faut réfléchir à l’allocation et les objectifs (la stratégie), et ensuite la répartition dans les enveloppes (la mise en place)

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Je suis vraiment un cas à part, il n y a qu en m inscrivant sur ce forum que j ai essayé de voir la repartition de mon patrimoine
J oriente mon patrimoine en fonction de mes objectifs
Court terme : besoin quotidien je suis independant avec des revenus tres variables
Moyen terme : etude enfant meme s il aura surement recours a un pret, voiture j aime bien ca
Long terme : retraite, projets encore flou, transmission

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Merci pour ton retour,
Ok pour la répartition des actifs. Du coup ensuite tu investis dedans en fonction de la stratégie globale pour ton patrimoine ?

Epo

Ça tombe sous le sens mais j’aimais l’idée d’avoir plein d’enveloppes avec leurs stratégies propres, mais ça a peu de sens d’un point de vue patrimoine.

Epo

Salut Epo,

Sujet intéressant, j’essaye de traiter ma stratégie en allant du plus général au plus spécifique, une sorte de pyramide inversée, j’opère donc dans ce sens : objectif global (et certains sous-objectifs) > alloc générale > alloc par type d’assets > enveloppe.

En résumé :
objectif long terme : un FIRE très souple, soit une indépendance financière qui me permettrait de pouvoir débrancher si j’en ai envie ou besoin y compris temporairement (reprise d’études / nouvelle orientation professionnelle), de pouvoir tenir des périodes d’inactivités (je suis entrepreneur, si ma boite plante, je veux un parachute et ne pas avoir peur du lendemain), de préparer ma retraite (aucune confiance dans le système par répartition car déficitaire et mur démographique en approche), de pouvoir m’expatrier… Dans ma situation, le FIRE, ce sont une autonomie et une liberté financière qui m’ouvrent au maximum d’options et de choix de vie, plutôt que « je veux absolument arrêter de travailler à tel âge », ce n’est donc pas figé à un montant / horizon de temps.
Ensuite ça sera la transmission, mais n’ayant pas encore d’enfant ce n’est pas la top priorité.

Pour y parvenir : capitaliser au maximum aujourd’hui alors que j’estime être proche de mon peak professionnel, sans non plus me mettre trop de contraintes dans mes arbitrages entre confort de vie et épargne, sous-entendu ni contrainte (je voyage, je sors, je vais au resto), ni « flambage » (ce n’est pas ma nature de toute façon, par exemple je n’ai même pas de voiture car pas l’usage au quotidien).

En conséquence, j’épargne et j’alloue de façon relativement agressive.
Un exemple concret, étant entrepreneur, ma société générant du cashflow positif, je « cash-out » régulièrement (dividendes) car j’estime qu’elle est relativement risquée (on pourrait voir ça comme mon private equity à moi) et qu’en 2-3 ans, un gros retournement est un risque important (en valeur et en probabilité), en investissant sur les marchés, je diversifie mon exposition patrimoniale.
J’intègre également mon âge dans l’équation.

Je mets tout ça dans un shaker et j’en tire les conclusions suivantes (hors valeur patrimoniale de mon entreprise) :

  • entre 25 et 50% grand max d’immo, mon objectif est plutôt 25, mais avec une RP et mes locaux pro, ce n’est pas chose facile, les locaux pro c’était vraiment par opportunisme, pourquoi louer à un bailleur alors que je peux leverager patrimonialement en faisant l’acquisition moi.
  • portefeuille financier : 70-75% (je peux tolérer jusqu’à 80 sans rebalancer) d’actions (je suis jeune, 40 ans) (avec potentiellement un pouillème de PE), 20-25 % d’oblig / fond € (pareil éventuellement de dette privée), 5% d’actifs autres (Or, Crypto, cash, en option comme le PE et la Debt : hedge funds)
  • je me rajoute quelques contraintes : avoir l’essentiel de mon PF dans des choses liquides : pas de crowdfunding, pas d’enfant : l’AV n’est pas prio (même si j’en ai pour le fond €, « pour prendre date » et en collateral de mon invest immo commercial via lombard), si pertinent un peu d’opti fiscale : pas de dividendes si enveloppe non capitalisante, PER pour gratter le levier fiscal mais pas au delà, un peu d’AV, éviter une surpondération à mon secteur d’activité (je ne fais pas de stock picking dans ma branche, ce qui est un biais classique).

Ensuite viens l’allocation financière en elle même :
Actions : 95 % ETF, je m’autorise un peu de stock picking mais plus pour le défi et l’intérêt intellectuel. Idem un peu d’ETF picking assez peu significatif pour les mêmes raisons, je suis parfaitement conscient que ça peut être sous-optimal.
Résultat : une alloc core massivement MSCI World, quelques lignes EM par pays (Pologne, Inde, Mexique), 3 toutes petites lignes secto « pour le fun » (Nucléaire, Défense, Semiconducteur), je surpondère un petit peu le Nasdaq (autant pour la tech que parce que c’est devenu un indice growth où les jeunes entreprises à fort potentiel vont entrer en bourse, quasiment peu importe le secteur).
Oblig : je ne m’emmerde pas trop, je prend du ultradiversifié soit via ETF Global aggregate soit dans des ETF multiassets (vanguard lifestrategy).

Ensuite les enveloppes :
PEA : 1 ETF action + stock picking.
AV : 3-4 ETF action + un tout petit peu de stock picking hérité de mes placements pré-réorganisation que j’ai souhaité conserver + un tout petit peu de fonds € (si j’en prends, c’est ici que j’y mettrais le PE et la dette).
PEA PME : 1 action en stock picking aujourd’hui + fond actif
CTO : ETFs action / multiasset / oblig + ETC Or
PER : 1 ETF (nasdaq, vu que c’est une enveloppe ultra long terme, j’ai estimé que c’était un bon endroit pour le loger).

Après, je ne réponds pas entièrement à cet objectif, j’ai un peu trop de lignes, j’ai de la redondance liée à ma phase d’apprentissage (et je ne doute pas que ça s’affinera encore), j’essaye de simplifier progressivement. Pour donner un exemple, j’ai découvert que récemment (merci le forum finary) et commencer à investir sur les ETF multiassets (NTSG, V80A), et je les trouve assez séduisants, à terme ils devriendront certainement mon alloc « core » en remplacement du World + Global aggretate, sur lequel je viendrais plugger quelques lignes satellites (small, emerging, or…), c’est d’ailleurs l’essentiel de mes flux d’épargne depuis le début de l’année.

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y’a un monde où tu n’aurais jamais besoin d’AV (ce n’est pas lié au fait d’avoir ou pas des enfants ^^)

Oui c’est français ça, avec nos milliards d’enveloppes et de niches fiscales avec des plafonds, ça incite à vouloir « remplir la jauge ». Mais c’est très sous optimal. Pour de la gestion de patrimoine, c’est obligatoirement une approche TOP > DOWN.

Je te laisse faire quelques recherches sur le house money effect.

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Vous avez tout compris :wink:

En acceptant un déséquilibre temporaire en cas de projet à court / moyen terme.

Typiquement j’ai actuellement pour projet d’acquérir un bien immobilier j’ai donc volontairement une poche monétaire plus importante que souhaitée puisque j’y ai sécurisé l’apport que je souhaite y consacrer.

Explicite, je ne suis pas sûr de comprendre ?
Je le lie aux enfants en raison de l’abattement sur succession, si tout va bien, je devrais avoir un patrimoine qui me permettrait d’utiliser à plein l’ensemble de la boite à outil transmission en parallèle, sans devoir arbitrer entre l’un ou l’autre (donation nue-prop ou de titres en CTO tous les 15 ans + don manuel + don d’usages + abattements sur AV).
Tu penses à l’expatriation ?

Ah ok je pensais pas que t’étais aussi avancé my bad.

Après oui l’expat ça simplifie beaucoup cf : Savoir rester simple dans l'investissement

Complètement, j’aime beaucoup sa philosophie aussi !
J’adorerai être dans un pays avec une fiscalité du capital hyper simple, genre flat tax sur les gains réalisés et basta, ça nous éviterait de devoir avoir des stratégies d’optimisation, quand tu vois la quantité d’information qu’il faut ingurgiter pour se sentir à l’aise avec le sujet ici, parfois j’essaye d’évangéliser à l’investissement autour de moi, c’est un vrai frein cette compléxité. Quand tu es français, tu finis par être résigné et, toi aussi, défendre ardemment ton petit privilège (« pas touche à mon abattement annuel sur AV »), le pays où tout le monde défend son micro privilège au lieu de réfléchir « système global ».
Je suis absolument sûr et certain qu’une flat tax unique sur les revenus des capitaux mobiliers et immobiliers serait un formidable moteur de recette fiscale. Exit les abattements, les DMTO, les droits de partage d’une indivision, les durées minimum de conservation, les enveloppes fiscales improbables (PEE, PERCOL, Madelin), la CSG-CRDS (comme ci « impôts », « taxes » et « cotisations » n’arrivaient pas dans la même poche) mais nos gouvernants ont une passion immodérée pour le « flèchage de l’épargne » et pour donner l’impression d’agir.

Donc, en attendant une éventuelle expatriation, j’essaye d’être un peu tout terrain et de gratter là où je peux gratter, comme tout le monde…

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J’avoue que la charge mentale dédiée à ces sujets devrait être allouée ailleurs. Ça ressemble un peu au Moyen-âge où les cerveaux étaient concentrés à déterminer le sexe des anges plutôt qu’à résoudre des problèmes importants.

Pour le coup l’IA aide pas mal pour dégrossir le sujet.

De même pour l immobilier locatif, la même imposition que tu fasses du nu, du lmnp, du saisonnier ou airbnb. Ca libererait bcp le marché.

Pour moi c’est plutôt simple :

  1. d’abord le matelas de sécurité sur des livrets
  2. remplir le PEA pour la partie actions/etf
  3. puis PEA-PME
  4. puis AV si j’ai envie de diversifier et de prendre des scpi, obligations, private equity
  5. CTO pour la partie stockpicking
  6. plates-formes dédiées si jamais je veux investir en crypto
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Par exemple en Belgique, il ont le précompte immobilier qui remplace la taxe foncière:

  • une taxe qui dépend du prix au m²
  • ne dépend pas des revenus
  • pas d’impôt supplémentaire sur les loyers (sauf courte durée)

Personne ne fais de sociétés pour acheter de l’immo.

Bon par contre dans une location meublée, ils distinguent la location de l’appartement de la location des meubles :upside_down_face: