Bonjour, je vais être un peu plus précis.
Il faut compter, pour faire simple, 0,5 % de frais de gestion sur l’assurance-vie (sauf cas particuliers comme Corum Life).
Une SCPI délivre, en arrondissant, environ 5 % de performance nette de fiscalité étrangère (c’est important, on y revient).
Donc 0,5 % de frais revient grosso modo au même que 11 % d’impôt sur le revenu : vous ne gagnez rien sur cette partie.
Ensuite, il y a deux cas : les SCPI françaises et les SCPI européennes.
Les SCPI françaises
La CSG, vous la paierez quoi qu’il arrive, que vous soyez à 11 % de TMI ou davantage.
L’intérêt premier de l’assurance-vie est donc de pouvoir retarder le paiement de la CSG pendant de nombreuses années, et de faire travailler cette économie d’impôt différé, un peu comme avec un PER pour l’impôt sur le revenu.
Donc, pour une SCPI française souscrite sans crédit — car c’est important — l’assurance-vie est un bon choix, et encore davantage si vous avez une TMI supérieure à 11 %.
Les SCPI européennes
Pour les SCPI européennes, qui sont majoritaires sur les contrats actuels, comme Transition Europe, ça devient plus compliqué.
En moyenne, on a environ 19 % d’impôts étrangers prélevés à la source (je simplifie, car cela dépend des SCPI). Cela revient grosso modo à la CSG française, qui est pour le moment à 17,2 %.
Mais, comme vous devez le savoir, on ne paie pas de CSG sur les revenus des SCPI européennes (pour le moment…).
Donc, en détention directe, c’est environ :
19 % à la source + votre niveau d’impôt sur le revenu - une partie déductible qui réduit la double imposition.
Je vous épargne les formules, mais on simplifie souvent par :
votre taux marginal - votre taux moyen en déduction d’impôt.
Je prends mon cas en exemple : je reste à 11 % de TMI grâce à mon PER, mais j’ai un taux moyen d’impôt de 6 %. Cela signifie que, sur mes revenus nets de fiscalité étrangère, je vais payer environ 5 % d’impôt sur le revenu.
BREF
Si vous souscrivez dans une assurance-vie, vous perdez cette déduction fiscale qui réduit la double imposition.
Mais, en toute logique, vous perdez également l’impôt sur le revenu, puisque c’est justement l’objectif de l’assurance-vie.
En revanche, vous allez payer la CSG à la sortie… CSG que vous n’auriez pas eue en détention directe.
On peut résumer très vulgairement ainsi :
-
Frais de gestion : 0,5 %, soit environ l’équivalent de 11 % d’impôt sur le revenu sur le rendement.
-
CSG à la sortie : 17,2 %.
En gros, cela représente environ 28,6 % de perte fiscale et de frais sur la performance de la SCPI en assurance-vie, contre environ 25 à 30 % en détention directe, selon votre situation et le calcul de la déduction fiscale évoqué plus haut.
Là où ça devient intéressant
Le problème arrive si vous n’êtes justement pas à 11 % de TMI, mais à 30 %, comme la majorité des investisseurs.
Là, votre imposition en détention directe est souvent, très schématiquement :
19 % à la source + 30 % d’IR - environ 15 % de déduction fiscale liée à la double imposition, soit environ 34 % d’imposition.
Je tronque volontairement pour simplifier, évidemment, mais vous avez les grandes lignes.
Dans ce cas, les 28 % de fiscalité et de frais de l’assurance-vie commencent à devenir vraiment intéressants.
Et il y a une autre mécanique importante : le différé de paiement de la CSG
Comme je le disais plus haut, vous ne la paierez qu’au moment de sortir de l’assurance-vie.
Donc, si votre rendement est suffisamment modeste pour que vous ne sortiez, par exemple, que 4 600 € une fois tous les quelques années, vous avez une petite partie de vos revenus qui peut travailler pendant plusieurs années supplémentaires.
L’effet reste relativement limité, car on parle de 17,2 % sur environ 4,5 % de performance, nette des frais de gestion qu’il faut toujours prendre en compte.
Pour résumer
Les SCPI européennes sont particulièrement intéressantes en assurance-vie si vous avez une TMI de 30 % ou plus et si vous pouvez différer vos retraits pendant plusieurs années.
Mais, in fine, même si vous sortez votre assurance-vie d’un coup au bout de 30 ans, ou si vous décédez — car l’assurance-vie sert aussi à ça — l’imposition des plus-values restera largement inférieure à ce que vous auriez potentiellement payé en détention directe, même en prenant en compte les frais de gestion.
Et une dernière ligne sur le cas particulier de Corum
Certaines assurances-vie comme Corum Life sont un peu des « sucreries » dans ce sujet : pas de frais de gestion supplémentaires pour les SCPI dans l’enveloppe.
En même temps, avec 12 % de frais d’entrée + les frais internes, ils se gavent déjà bien, les cochons. 
Mais surtout, l’assureur vous reverse le crédit d’impôt sous forme de rendement net dans l’enveloppe.
Donc les 6 % bruts annoncés, par exemple, ne sont plus amputés de 19 % d’impôt à la source étrangère, mais d’environ 11 % seulement.
Ce n’est pas négligeable : 8 points d’impôts en moins sur la performance, surtout sur le long terme.
Là encore, je simplifie les chiffres : c’est évidemment plus complexe dans le détail, mais on est dans la bonne fourchette.
Si tu as tout lu, merci à toi ! J’ai pris du temps pour rédiger tout ça et j’espère que ce sera utile à quelques personnes.