CTO vs AV : quelle est la meilleure enveloppe?

Si vous vous ĂȘtes dĂ©jĂ  posĂ© cette question, j’ai le plaisir de vous dire que j’ai une lecture Master Piece pour vous :

Je vous le copie ici :

Ça me rend dingue de voir l’assurance-vie recommandĂ©e par pur rĂ©flexe Ă  des Ă©pargnants de 30 ans, sans jamais questionner la pertinence rĂ©elle du support. Pour arrĂȘter de rĂ©pĂ©ter les mĂȘmes explications, j’ai compilĂ© ici une dĂ©monstration chiffrĂ©e prouvant que le Compte Titres (CTO) est, dans l’immense majoritĂ© des cas, une solution bien moins chargĂ©e en frais, et Ă  rendement/risque Ă©quivalent souvent bien meilleure que l’AV.
Il vise aussi Ă  apporter la rigueur qui manque cruellement Ă  certaines ressources populaires sur la succession, en particulier de vendeurs d’AV ou de CGP peu scrupuleux (et/ou peu compĂ©tents).
Ce post permet aussi de rentrer un peu plus dans le dĂ©tail de cette vidĂ©o et ajoute d’autres cas chiffrĂ©s Ă  l’exemple Ă©voquĂ© : https://www.youtube.com/watch?v=LMozzlvY8n8&t=1008s

Dans ce document, nous analyserons comparativement le CTO et l’AV Ă  travers une sĂ©rie de simulations couvrant :

  • Comparaison simple pour des investisseurs avec diffĂ©rentes aversions au risque : rendements de 3% (prudent), 5% (Ă©quilibrĂ©) et 8% (dynamique).
  • StratĂ©gies de rente (impact sur le rĂ©sultat de l’abattement de 4600€/9200€ de l’AV)
  • Transmission hors ligne directe (entre frĂšre et soeur)
  • Impact d’une vente forcĂ©e (fermeture d’un ETF par exemple)
  • Robustesse aux arbitrages, dont illustration sur une allocation diversifiĂ©e.

Les diffĂ©rents titres permettront de se repĂ©rer dans ces quelques cas. Enfin, dernier disclaimer, Il se pourrait que des erreurs se soient glissĂ©es ici ou lĂ , n’hĂ©sitez pas Ă  refaire/vĂ©rifier certains calculs, faisons travailler l’intelligence collective.

Mécanismes fiscaux

Les comparaisons proposĂ©es ici reposent sur le nouveau cadre fiscal de 2026, c’est-Ă -dire avec une flat tax Ă  31.4% (12.8% impĂŽt sur le revenu + 18.6% prĂ©lĂšvements sociaux), 17.2% de prĂ©lĂšvements sociaux en AV et un abattement forfaitaire en cas de retrait d’une assurance vie aprĂšs une certaine pĂ©riode de dĂ©tention. Si la fiscalitĂ© venait Ă  changer, ces simulations deviendraient caduques, ou du moins imprĂ©cises.

Le compte titres permet une composition du capital sans frais annuels et efface les plus-values au dĂ©cĂšs, mais subit une taxation successorale progressive pouvant atteindre 45 %, d’aprĂšs le barĂšme gĂ©nĂ©ral des impĂŽts sur les successions.
L’assurance vie impose des frais de gestion annuels qui rĂ©duisent le capital, en Ă©change d’un abattement de 152 500 € applicable aprĂšs prĂ©lĂšvements sociaux (« aprĂšs » est ici un mot TRÈS important et source de beaucoup de confusion, y compris dans les documentations des assureurs) et d’un taux d’imposition un peu plus doux de 20% jusqu’à 852 000 €, puis 31.25% au-delĂ .

Commençons par un exemple :
Sur 20 ans, avec un capital initial de 100 000 € et un patrimoine existant de 300 000 €, le compte titres permet Ă  l’hĂ©ritier de percevoir environ 212 260 €, car la purge des plus-values au dĂ©cĂšs compense largement l’imposition Ă  20 %. À l’inverse, l’assurance vie, malgrĂ© son abattement de 152 500 €, voit son capital final amputĂ© par les frais de gestion et les prĂ©lĂšvements sociaux, ne laissant que 204 000 € Ă  l’hĂ©ritier. Dans cette configuration de long terme, la gratuitĂ© de dĂ©tention du CTO surpasse l’économie d’impĂŽt de l’assurance vie, qui finit par coĂ»ter plus cher en frais qu’elle ne rapporte en cadeaux fiscaux. Enfin, prĂ©cisons dĂšs Ă  prĂ©sent que les taux de rendement s’appliquent sur l’investissement dans chacune des enveloppes. Donc, pour le profil prudent ci-dessous, l’investissement initial est supposĂ© ĂȘtre placĂ© sur un actif rapportant 3% de rendement par an.

Analyse des scénarios

Le cadre de l’étude est celui d’un investissement unique ou en lump sum, rĂ©alisĂ© au premier pas de temps, dans une optique de transmission en ligne directe (parents vers enfants), sauf mention contraire. Dans tous ces scĂ©narios, un patrimoine existant de 300 000€ est supposĂ© hors de chaque enveloppe et un unique hĂ©ritier en ligne direct est considĂ©rĂ©, sauf mention contraire.

Notons dĂšs Ă  prĂ©sent, que, dans le cas d’une donation du vivant, les rĂ©sultats seront encore plus intĂ©ressants que ceux prĂ©sentĂ©s ci-dessous pour le CTO, puisque dans ce cas, nous utilisons complĂštement la purge des plus-values latentes mais surtout, l’abattement du barĂšme gĂ©nĂ©ral qui est ici en partie consommĂ© par les 300 000€ de capital hors enveloppe spĂ©cifique. Aussi, le barĂšme de l’assurance vie ne s’appliquant qu’au dĂ©cĂšs, il semblait plus intĂ©ressant de ne considĂ©rer que ce cas.

Nous avons modĂ©lisĂ© diffĂ©rents scĂ©narios pour identifier le point de bascule entre les deux enveloppes fiscales. Les graphiques ci-dessous reprĂ©sentent en rouge les zones oĂč le CTO est plus performant, et en vert celles favorables Ă  l’assurance vie. La ligne noire reprĂ©sente l’égalitĂ© entre les enveloppes. Les comparaisons se feront en termes relatifs.

Pour uniformiser les rĂ©sultats et permettre une comparaison Ă©quitable, les figures suivantes prĂ©sentent l’avantage de l’une ou l’autre des enveloppes (CTO vs AV) en Ă©cart relatif par rapport au patrimoine net total transmis (incluant les actifs hors enveloppe comme l’immobilier ou les livrets, estimĂ©s ici Ă  300 000 €).

La formule utilisée est la suivante :

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Profil prudent (3 %)

Sur un horizon de 10 Ă  50 ans, l’assurance vie souffre de la comparaison face au compte titres, mĂȘme lorsque l’abattement successoral est dĂ©jĂ  consommĂ© par un patrimoine prĂ©existant (ici 300 000 €). L’avantage ou le dĂ©savantage est exprimĂ© en pourcentage du patrimoine net final transmis. La ligne noire indique le point d’équilibre : Ă  gauche (vert), l’assurance vie l’emporte, Ă  droite (rouge), le CTO devient supĂ©rieur. Pour un investissement infĂ©rieur Ă  500 000 €, le CTO prend l’avantage vers 20 ou 25 ans de dĂ©tention, et 30 ans pour un patrimoine plus important.

Notons aussi de fortes non-linĂ©aritĂ©s dues aux taux de taxation lors de l’hĂ©ritage. L’AV a un abattement de 152 500 € et un taux forfaitaire de 20% entre 152 500€ et 852 500€, puis de 31,25 % au-delĂ .

Dans le cas du CTO et du barĂšme gĂ©nĂ©ral, les taux varient de 20% Ă  45%, mais les taux d’imposition de la transmission sont comparables pour des patrimoines autour de 500 000€ - 1M€, ce qui donne mĂ©caniquement bien plus d’avantage au CTO qui n’a aucun frais annuels et ne doit pas s’acquitter des prĂ©lĂšvements sociaux (17,2%) sur les plus-values.

Profil équilibré (5 %)

Le constat ici est similaire. L’assurance vie perd son avantage encore plus rapidement, car le rendement plus important augmente mĂ©caniquement l’avantage du CTO et de la purge des plus-values lors de la transmission, tandis que ce rendement pĂ©nalise encore l’assurance vie dont les frais sont proportionnels au capital.

Cependant, on observe que pour les trĂšs hauts patrimoines, l’assurance vie reste intĂ©ressante plus longtemps puisque le taux marginal du barĂšme spĂ©cifique est de 31.25% tandis qu’il est de 45% dans le barĂšme gĂ©nĂ©ral pour les transmissions supĂ©rieures Ă  1 805 677€.
Cependant, quoi qu’il arrive, aprĂšs 25 ans de dĂ©tention, l’assurance vie est toujours perdante.

Profil dynamique (8 %)

Dans ce scĂ©nario Ă  fort rendement, le CTO est pratiquement imbattable. La purge des plus-values latentes au dĂ©cĂšs neutralise une telle pression fiscale par rapport aux prĂ©lĂšvements sociaux de l’AV que le match est clos avant mĂȘme 10 ans de dĂ©tention, sauf pour les patrimoines trĂšs Ă©levĂ©s dont le taux marginal reste intĂ©ressant, dans le cas du barĂšme de l’assurance vie par rapport au barĂšme gĂ©nĂ©ral.

Cas pratique : la rente (investissement Ă  50 ans, retraits Ă  70 ans)

Cette simulation porte sur 100 000 € investis Ă  50 ans avec retraits annuels de 3 000 € Ă  partir de 70 ans et jusqu’au dĂ©cĂšs.

Le rĂ©sultat confirme la supĂ©rioritĂ© du CTO sur le long terme dĂšs lors que le rendement dĂ©passe 4%. L’absence de frais de gestion permet de maintenir une base de capital plus Ă©levĂ©e, ce qui compense largement la taxation lĂ©gĂšrement plus importante des retraits.

Cas pratique : la rente 2 (investissement Ă  65 ans, retraits Ă  75 ans)

Dans ce scĂ©nario, l’épargnant investit plus tardivement et commence ses retraits plus tard. Il conserve donc mĂ©caniquement ses diffĂ©rents contrats moins longtemps.

Ici, l’assurance vie montre une rĂ©silience plus forte pour les dĂ©cĂšs avant 85 ans sur des rendements modĂ©rĂ©s. Cependant, dĂšs que l’horizon s’allonge ou que le rendement est dynamique, le CTO reprend l’avantage grĂące Ă  sa structure sans frais et Ă  la purge totale des plus-values latentes au dĂ©cĂšs sur le reliquat du capital, mĂȘme si la taxation pour obtenir la rente est lĂ©gĂšrement plus lourde.

ApartĂ© : obtenir 3 000 € nets de rente

Pour se verser 3 000 € nets dans la poche, l’épargnant doit vendre, dans l’une ou l’autre des enveloppes, une quantitĂ© de capital supĂ©rieure afin de couvrir l’impĂŽt. Ce calcul dĂ©pend du ratio de plus-value (notĂ© R) prĂ©sent dans le portefeuille au moment du retrait.

L’assurance vie bĂ©nĂ©ficie d’un abattement annuel de 4 600 € sur la part de gains lors des retraits. Pour une rente de 3 000 €, la totalitĂ© de la plus-value est absorbĂ©e par cet abattement, ce qui ramĂšne l’impĂŽt sur le revenu Ă  0 %. Seuls les prĂ©lĂšvements sociaux de 17,2 % s’appliquent sur la base des gains, expliquant pourquoi le taux global reste de 17,2 % au lieu de 24,7 %. Ce dernier taux ne s’appliquerait que sur la fraction des gains excĂ©dant l’abattement annuel de 4 600 €.

Transmission entre frĂšre et soeur

La transmission entre frĂšre et sƓur constitue une exception notable du fait de la fiscalitĂ© punitive de droit commun (35 % puis 45 %). L’assurance vie offre un avantage bien plus large pour les capitaux modestes ou les durĂ©es raisonnables. Cependant, le compte titres finit par l’emporter Ă  long terme sous l’effet des frais : le point de bascule se situe autour de 25 ans pour les patrimoines importants (plus d’un million d’euros) mais recule au-delĂ  de 50 ans pour les capitaux plus modestes (100 000 €).

Pourquoi l’assurance vie perd pied sur les gros patrimoines ?

Contrairement Ă  la ligne directe, le taux marginal de 45 % est atteint trĂšs vite pour les transmissions entre frĂšre et sƓur (dĂšs 24 430 €). L’avantage fiscal de l’AV se stabilise donc rapidement (31,25 % max contre 45 % en CTO). DĂšs lors, les frais de gestion de 0,5 % par an finissent par peser bien plus lourd que l’économie d’impĂŽt.

Illustration pour 10 000 000 € (30 ans, rendement 5 %), transmis en ligne indirecte :

  • HĂ©ritage Net CTO : 23 780 229 € (TaxĂ© Ă  45 %, mais 0 frais avant)
  • HĂ©ritage Net AV : 22 629 130 € (TaxĂ© Ă  31,25 %, mais aprĂšs 5,7 M€ de frais)
  • Avantage Net CTO : +1 151 099 €

Ici, les frais de gestion (5,7 M€) ont littĂ©ralement dĂ©vorĂ© l’avantage fiscal de l’AV. Plus le patrimoine est Ă©levĂ©, plus l’assurance vie devient inefficace.

Finalement, et de maniĂšre assez surprenante, mĂȘme dans ce cas de transmission en ligne indirecte, l’assurance vie n’est pas recommandĂ©e pour des profils jeunes. Ni pour des profils plus ĂągĂ©s et trĂšs fortunĂ©s.

Cas pratique : l’accident (fermeture d’ETF, arbitrage forcĂ©)

Ce scĂ©nario Ă©tudie l’impact d’une vente forcĂ©e intervenant en cours de vie du placement, par exemple suite Ă  la fermeture d’un ETF.

L’assurance vie offre ici une protection majeure. En compte titres, la vente dĂ©clenche immĂ©diatement l’imposition des plus-values (flat tax de 31.4 %). Cette ponction fiscale ampute le capital, qui cesse de produire des intĂ©rĂȘts composĂ©s sur la somme versĂ©e Ă  l’État. En assurance vie, l’arbitrage est fiscalement neutre tant que l’argent ne sort pas de l’enveloppe.

La carte illustre cette supĂ©rioritĂ© quasi-totale de l’assurance vie. Plus le rendement est Ă©levĂ© et plus l’accident survient tardivement dans la vie de l’épargnant, plus le coĂ»t d’opportunitĂ© de l’impĂŽt anticipĂ© en compte titres est dĂ©vastateur.

Étude de sensibilitĂ© au turnover

La supĂ©rioritĂ© du CTO repose en grande partie sur la purge des plus-values au dĂ©cĂšs. Nous avons vu qu’une vente forcĂ©e est trĂšs nĂ©gative pour cette enveloppe. Ici, nous allons Ă©tudier jusqu’à quel niveau de rotation (proportion du capital vendu/achetĂ© par an) l’avantage du CTO persiste.

Ce graphique compare la probabilitĂ© de rĂ©ussite du CTO face Ă  l’AV selon le taux de rotation annuel (axe Y) et le rendement espĂ©rĂ© (axe X) dans deux contextes successoraux. Le taux de rotation (ou turnover) correspond Ă  la part du portefeuille qui est liquidĂ©e et rachetĂ©e chaque annĂ©e. Cela peut reprĂ©senter :

  • Des reventes forcĂ©es (fermeture d’un ETF par son Ă©metteur).
  • Des arbitrages entre diffĂ©rents actifs (ex: actions vers obligations).
  • Un changement de stratĂ©gie ou de gĂ©rant.

Dans le cas oĂč l’investisseur possĂšde dĂ©jĂ  un patrimoine de 300 000 € (hors CTO/AV), on observe que pour des taux de rotation infĂ©rieurs Ă  5 %, le CTO domine presque toujours. Au-delĂ  de ce seuil, l’assurance vie commence Ă  regagner du terrain grĂące Ă  son enveloppe fiscale interne qui protĂšge les arbitrages contre la flat tax. En revanche, si l’abattement du rĂ©gime gĂ©nĂ©ral n’est pas consommĂ© (0 € de patrimoine prĂ©existant), le CTO reste supĂ©rieur mĂȘme avec une rotation Ă©levĂ©e du portefeuille.

Cas concret : portefeuille diversifié (NTSG, Managed Futures, Or)

Pour illustrer cette robustesse, nous avons simulĂ© une stratĂ©gie diversifiĂ©e composĂ©e de 80 % de NTSG (fonds multi-actifs, 90% actions et 60% obligations), 10 % de Managed futures et 10 % d’or.

Bien que cette stratĂ©gie nĂ©cessite un rééquilibrage annuel entre les trois actifs (gĂ©nĂ©rant un turnover moyen de 2,44 %), le CTO l’emporte dans 84,4 % des cas Ă  30 ans. Le coĂ»t fiscal des arbitrages en CTO est largement compensĂ© par l’économie des 0,5 % de frais de gestion de l’assurance vie et par la purge totale des plus-values lors de la succession.

Évolution de l’avantage selon la durĂ©e (scĂ©nario mĂ©dian)

Une autre analyse, modifiant la durĂ©e de dĂ©tention des deux enveloppes, montre que l’avantage du CTO croĂźt avec le temps avant de se stabiliser, car les frais de l’AV s’appliquent sur un capital de plus en plus massif, mais les plus-values, gĂ©nĂ©rant des taxes dans le CTO s’accumulent aussi, finissant par dĂ©passer les frais annuels de l’assurance vie.

Durée Médiane CTO Médiane AV Avantage CTO Prob. victoire CTO
20 ans 307 434 € 294 407 € +13 027 € 73,0 %
30 ans 563 804 € 538 977 € +24 827 € 84,4 %
40 ans 1 019 056 € 989 926 € +29 130 € 72,2 %
50 ans 1 799 757 € 1 794 266 € +5 491 € 54,1 %
60 ans 3 254 123 € 3 316 243 € -62 120 € 37,3 %
70 ans 6 248 248 € 6 429 552 € -181 304 € 23,8 %

L’avantage du CTO finit par s’inverser entre 50 et 60 ans. À ces horizons, la fiscalitĂ© des arbitrages annuels (taxĂ©s Ă  31.4 % sur les plus-values dans le CTO) finit par Ă©roder la capitalisation plus lourdement que les 0,5 % de frais de gestion de l’assurance vie. Toutefois, ce modĂšle suppose un capital fermĂ©, et unique, investi en lump sum. En pratique, un Ă©pargnant effectuant des versements rĂ©guliers (DCA) peut rééquilibrer son portefeuille sans vendre ses actifs gagnants, simplement en orientant sa nouvelle Ă©pargne vers les actifs sous-pondĂ©rĂ©s. Cette stratĂ©gie de rééquilibrage Ă©liminerait la friction fiscale du CTO. Il semblerait aussi tout Ă  fait entendable, dans cette stratĂ©gie, de s’écarter de l’allocation cible afin de ne pas matĂ©rialiser de plus-values, rendant alors l’avantage au CTO.
Finalement, les rĂ©sultats de cette simulation sont particuliĂšrement conservateurs pour le compte titres puisque l’allocation est suivie Ă  la lettre annĂ©e aprĂšs annĂ©e, sans tenir compte de la matĂ©rialisation des plus-values ni des futurs cashflows permettant le rééquilibrage plus naturel.

Conclusion

Un compte titres sans frais est la solution par dĂ©faut la plus performante pour la majoritĂ© des Ă©pargnants sur le long terme, mĂȘme si des questions de rééquilibrage entrent en jeu. L’assurance vie est un outil d’optimisation spĂ©cifique pour les transmissions en ligne indirecte et/ou sur des durĂ©es courtes. Rappelons par ailleurs que le cadre fiscal utilisĂ© dans ce post ne concerne que les versements effectuĂ©s avant 70 ans. Dans tous les cas, une dĂ©tention supĂ©rieure Ă  30 ans favorise presque toujours le compte titres. Ainsi, si vous avez moins de 60 ans, mĂȘme le meilleur contrat d’assurance vie sera mĂ©caniquement perdant pour vous.

Source : CTO vs AV, quelle est la meilleure enveloppe? - Allocations & stratégies - Forum Finance & Bourse pour investisseurs indépendants | Cayas

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Super intĂ©ressant ! En fait si je comprends bien l’assurance vie n’est quasiment jamais pertinente ?

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Merci pour le partage. Ca serait intĂ©ressant de voir le point de bascule correspondant Ă  la valeur limite d’augmentation de la flat taxe ou l’AV devient plus avantageuse en considĂ©rant que celle de l’AV ne bougera pas (car Ă©norme poids en France) alors qu’il est si facile de taxer ces vilains riches multi milliardaires investissant en CTO. :salt:

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Tu m a régalé et tellement instruit.
Moi qui de plus en plus réfléchis à une solution buy ans hold en respectant ma pondération défini au départ grùce a mon dca

Tout en me gardant la possibilité de donner progressivement aux enfants.
Les sirùnes de l assurance vie luxembourgeois seraient donc pas si bien pour quelqu’un qui se gùre seul et qui change pas tout le temps d allocation?

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Passionnant alors que je commentais sur un autre article sur les avantages de l’AV vs. CTO

En revanche, cela repose sur la pĂ©rennitĂ© du PFU (on a vu l’instabilitĂ© de ce dernier au cours des 30 annĂ©es) et les dĂ©bats sur les taxations de plus-values latentes voire d’opposition Ă  l’IR etc.

Donc c’est quand mĂȘme un pari sur la stabilitĂ© fiscale française (alors que je comprends que la fiscalitĂ© de l’assurance vie est contractuellement fixĂ©e).

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Non ; mais il y a le lobby des assureurs pour veiller au grain (alors que concernant les PEA/CTO, rien du tout).

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Ça parle de purge des PV au dĂ©cĂšs sur un CTO 
mais c’est uniquement sur une donation de CTO non ? Pas sur une succession ?

Les PV sont purgĂ©es en CTO lors des dĂ©cĂšs, seuls s’appliquent les droits de succession.

En AV et en PEA, tu payes les prĂ©lĂšvements sociaux sur les plus-values (sur les UC car tu les as dĂ©jĂ  payĂ©s sur les fonds € au fil du temps). Puis barĂšme et abattement spĂ©cifique pour l’AV et rĂ©gime des successions pour le PEA.

Et oui, le CTO a lui aussi une fiscalitĂ© avantageuse pour les successions, ce n’est pas l’apanage de l’AV. :grin: Le PEA est le plus nul en succession (mais le meilleur pour consommer soi-mĂȘme).

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Ah je savais que ça allait en intéresser certains !
Perso, je savais que l’AV Ă©tait un piĂšge, mais de voir la comparaison matĂ©rialisĂ©e aussi scientifiquement sur des graphiques clairs, j’ai trouvĂ© ça fort.

@Tibq0 @Guigui92 Pour vous répondre sur la flat tax :
En fait ce qui rend le CTO gagnant, c’est surtout la purge des plus-values du cĂŽtĂ© CTO et le paiement des prĂ©lĂšvements sociaux cĂŽtĂ© AV + les frais d’enveloppe qui plombent l’AV malgrĂ© le barĂšme d’imposition plus intĂ©ressant.

En gros, si on fait juste un lump sum et qu’on n’y touche plus, donc qu’on ne matĂ©rialise pas ses plus-values, peu importe le niveau de la flat tax. Et mĂȘme plus que ça : si les prĂ©lĂšvements sociaux augmentent (et historiquement ça a Ă©tĂ© le cas, mĂȘme en AV), ça continue de dĂ©savantager l’AV puisqu’avant d’appliquer le barĂšme spĂ©cifique et l’abattement de 152 500 €, il faut payer les PS sur les plus-values.

En revanche, c’est sĂ»r qu’une modification de la flat tax risque de dĂ©savantager le CTO pour les investisseurs qui ont un portefeuille diversifiĂ© et qui rééquilibrent.

Et j’ajoute un dernier truc : les simulations ont Ă©tĂ© faites ici avec une AV Ă  0,5 % de frais, c’est-Ă -dire les frais les plus bas possibles existants aujourd’hui. Beaucoup d’AV plombent encore plus leurs clients que ça.
J’ose pas imaginer la tĂȘte des graphiques avec une AV Ă  1 %, ou 1,5 % (ou Ă  1,6 % comme Yomoni !).
Faudra chercher oĂč est le vert avec de bonnes lunettes :nerd_face:

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Merci pour le partage, j’ai une assurance pour ma partie sĂ©cure (fond euro) ce qui est probablement une erreur car je suis fiscalisĂ© des prĂ©lĂšvement sociaux tous les ans (l’assureur prĂ©lĂšve pour le compte de l’état). Bonne rĂ©solution de l’annĂ©e : racheter le contrat et le mettre sur un support Ă  risque Ă©quivalent.

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Oui et au contraire peut-ĂȘtre qu’avec des acteurs comme louve Ă  0,35% de frais de gestion annuel l’écart se resserre

En espérant que ça fasse bouger les choses chez les autres assureurs

AprĂšs le gros gros avantage du CTO restera qu’en changeant de rĂ©sidence fiscale on peut purger les plus values pour bien moins de fiscalitĂ© qu’en France


@binbin.bouthenet Oui, je regardais justement ça.

Aprùs, l’AV de Louve Invest, c’est 0,35 % de frais uniquement pour les premiers clients et uniquement sur les UC.
Le reste, c’est :

  • 0,6 % sur les fonds euros
  • 0,39 % sur les UC + 0,21 % = 0,6 % si on prend la gestion pilotĂ©e

Mais c’est top que certains acteurs se mettent à proposer des frais plus bas que le reste de l’industrie.
Reste à voir combien de temps ça prendra aux gros de bouger pour s’aligner


Tant qu’ils auront suffisamment de clients à traire, ils ne bougeront pas.

D’oĂč la seule solution efficace → Ă©ducation financiĂšre pour arrĂȘter de se faire traire.

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Sur le fonds euros ils ont fait + que 4% tous les ans pour le moment (mais ils l’ont lancĂ© au bon moment).
Il reste le problÚme des prélÚvements sociaux tous les ans sur le long terme ça tue par rapport au CTO.

Pour la partie unitĂ©s de compte avec 0,39% dĂ©jĂ  et la possibilitĂ© d’arbitrer gratuitement ça se dĂ©fend face au CTO sur le long terme Ă  priori

Par contre le point de vigilance pour moi c’est l’assureur qui n’est pas trùs gros
J’irais pas mettre 500 000€ chez eux


Autre chose qui n’a pas Ă©tĂ© Ă©voquĂ©e c’est les supports qui disparaissent chez les assureurs
Tu commences une stratĂ©gie avec une rĂ©partition et le support n’est plus disponible, ça casse tout
 sur CTO ça n’arrivera pas Ă  moins d’aller sur des ETFs avec trĂšs petit encours

Mais on rappelle que les FG sur f€ n’ont pas grande importance puisque les taux y sont annoncĂ©s nets de frais.

Par rapport à quoi? Y a pas de f€ sur CTO :smirk:
Et puis leur f€ n’est que trùs faiblement investissable, c’est plus facile d’annoncer un taux que tu sers à peine:

la part investie sur le fonds euro CORUM EuroLife ne peut pas dépasser 10 % lors des nouveaux versements ou arbitrages

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Oui, et hors pĂ©riode promotionnelle, ils ne font pas rĂȘver :slight_smile:

Et les rendements sont nets de frais de gestion, mais avant impÎts et prélÚvements sociaux


Pour rappel, l’inflation Ă©tait de 5,2% en France en 2022 et 4,9% en 2023


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Tres interessante analyse dont je ne suis pas sur de comprendre tous les elements. Toutefois je me pose la question - si tu as une imposition tres forte (minimum 31,4% pour les capitaux mobiliers et plus de 40% pour les revenus fonciers ), pour capitaliser en variant les supports notamment avec une dose de fonds euros/SCPIs et en arbitrant pour securiser progressivement le partimoine - est ce que la detention en directe CTO/SCPIs fait mieux qu’une assurance vie type Spirit 2 avec ses 0,5% de frais annuels? Instinctivement je penche pour l’AV car la fiscalite FR est tres punitive des lors que tes revenus lors de ta vie active est assez eleve mais j’avoue ne pas etre sur :slight_smile:

C’est l’autre point que je trouve seduisant dans l’AV - pouvoir securiser de grosses plus values sur des ETFs ou des loyers de SCPIs sur un fonds euros sans passer par la case impot me semble tres attractif pour degager une rente sereine et securisee une fois a la retraite ou lors de baisse de revenus

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Bonjour,

Êtes vous sĂ»r qu’il faille payer des prĂ©lĂšvements sociaux sur la partie unitĂ© de compte sur une AV en cas de transmission suite Ă  un dĂ©cĂšs ? Il me semble que c’est ce qui est dit plus haut et que c’est faux ? (Mais j’ai peut ĂȘtre mal compris)

Merci

C’est pourtant bien vrai : au dĂ©cĂšs de l’assurĂ©, les prĂ©lĂšvements sociaux s’appliquent sur les plus-values d’UC en assurance-vie.

Contrairement aux plus-values sur CTO, qui sont effacĂ©es au dĂ©cĂšs, mais dont le montant total transmis rentre dans l’assiette de taxation successorale progressive.

Source : Les prélÚvements sociaux en assurance-vie


L’article de loi en question (mais c’est franchement laborieux à lire) :

article L.136-7 du Code de la sécurité sociale, II-3°-c :

c) Lors du dĂ©nouement des bons ou contrats ou lors du dĂ©cĂšs de l’assurĂ©. L’assiette de la contribution est calculĂ©e dĂ©duction faite des produits ayant dĂ©jĂ  supportĂ© la contribution au titre des a et b nets de cette contribution.

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Sans doutes, mais il faut rappeler des évidences :slight_smile:

  • Si tu veux de la perf alors tu achĂštes des actions, et alors tu acceptes de la volatilitĂ© et du risque.
  • Si en revanche tu veux de la tranquillitĂ© et une faible volatilitĂ©, alors tu acceptes que la perf soit limitĂ©e (en f€ notamment).

À l’heure actuelle (mais il est vrai que c’est pas toujours le cas), il me semble que les obligs en direct ou via OPCVM/ETF ne procurent ni performance ni tranquillitĂ©. Et c’est pourquoi elles ne me sont pas utiles.
Remarque, je peux en dire autant des SCPI :grin:

Performance, faible vol, liquidité, on ne peut en choisir que deux :grinning_face:

  • Perf + faible vol: Private Equity (et encore, ça ne se porte pas si bien non-plus ces temps-ci).
  • Perf + liquiditĂ©: actions
  • Faible vol + liquiditĂ©: f€

OĂč sont les obligs en direct? :thinking: :grin:

Une perf infĂ©rieure aux grandes capitalisations et la mĂȘme volatilitĂ©. La volatilitĂ© est simplement masquĂ©e car il n’y a pas de transactions.

Et le monétaire ou livrets ?

Si tu veux de la tranquilité, tu adaptes simplement ton allocation obligataire à ton horizon de temps.

Si c’est Ă  court terme → monĂ©taire
Si horizon 3 ans → tu prends un fonds datĂ© avec une Ă©chĂ©ance Ă  3 ans et tu sais exactement combien tu vas toucher. Contrairement au fonds € oĂč le rendement versĂ© est incertain, au bon vouloir de l’assureur :slight_smile:

Ah, là dessus on est bien d’accord !
Selon moi, investir en SCPI n’est jamais une bonne idĂ©e.
C’est un produit trĂšs vendu par les conseillers en gestion de patrimoine, qui sont grassement rĂ©munĂ©rĂ©s pour les commercialiser (jusqu’à 10% des montants investis). Mais ce n’est absolument pas une prioritĂ© pour une bonne gestion de patrimoine.

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