Se préparer à un krach ? Votre stratégie

, ,

Je ne te rejoins pas sur le dernier point.

Je pars du principe qu’on ne peut pas timer le marché et donc qu’on ne peut pas savoir quand une crise d’origine financière « approche » (Dans 6 mois ? 1 an ? 3 ans ?).

La preuve en est que certains l’annoncent depuis de nombreuses années … et ceux là ont donc raté une forte hausse, peut être plus importante que la future baisse.

1 « J'aime »

On est d’accord et je n’ai jamais affirmé qu’on puisse le faire.

Mais entre ne pas timer le marché et ne pas pouvoir identifier et analyser des tendances il en passe, sinon même des principes qui, on peut être d’accord sur ça j’espère, ont fait leur preuve comme le DCA ou d’avoir une poche risquée et une sécurisée qu’on ajuste selon les moments de la vie, n’existeraient pas.

Hors DCA / horizon long terme / acheter la baisse et compagnie, et sans aller dans du technique avec options et dérivés, pour parer à un crash 2 possibilités simples :

  • Suivre une stratégie de trend-following sur un ETF selon l’indice boursier (par ex croisement d’EMA bull tu achètes, croisement d’EMA bear tu vends)
  • Acheter des actifs décorrélés des actions (par ordre de pertinence : managed futures, obligations, commodities) et rééquilibrer tous les X mois

Si on suit une de ces strats, les ETF à levier sont un super outil qui en décuplent le rendement.

Je trouve cela assez dommage de lire des commentaires du style “on ne peut pas timer le marché” ou “prévoir le futur” (dans une boule de crystal.

Et aussi de toujours voir ces mêmes graphiques “si vous ratez les 10 meilleurs jours de l’année”…il faudrait afficher le même graphique avec “si vous ratez les 10 pires jours de l’année” pour être honnête. Car quand ça baisse, ça baisse franchement et quand ça monte ça monte moins fort.

Pour revenir sur le sujet initial qui est de se préparer à un krach

  • Sortir des small cap, ou limiter fortement son exposition
  • Sortir des valeurs loisir
  • Éventuellement sortir des valeurs de croissance
  • Potentiellement limiter son exposition aux valeurs bancaires
  • Avoir une poche de cash

Pour les personnes full ETF, ça veut juste dire, vendre une partie de ses ETF

Ensuite, pour contrer l’argument de “la bourse monte toujours sur le long terme”, il faut bien sûr profiter de la baisse en rachetant (plus bas).

Donc pour les ETF, c’est probablement le plus simple, il faut racheter sur des supports. D’une part ne pas viser une trop grosse chute pour ses rachats car le scénario de profiter de la baisse ne se réalisera pas mais aussi ne pas viser trop haut sinon de se retrouver full investi alors qu’une baisse ne fait que commencer.

Pour les actions, viser les actions de qualité, car même si tout le marché descend, ce seront les premières à remonter.

Maintenant chaque krach a ses raisons et le krach de 2001 a visé les valeurs Internet tandis que celui de 2008 les valeurs bancaires. Il faudrait donc voir pour quel raison y aurait-il un krach prochainement.

Le prochain pourrait s’appeler le krach de l’IA…mais aussi la crise de la dette française (on sera aux premières loges pour faire une analyse en temps réel hahaha)

Ma stratégie:

  • Je sors des small caps où j’ai notamment fait de grosses performances (je laisse un reliquat)
  • Je sors des smalls caps où je suis à l’équilibre (ou en faible gain), je mets des ordres de ventes à l’équilibre sur celles qui sont légèrement en perte.
  • J’allège ou vend mes positions grosses caps
  • Idéalement, j’ai une liquidité de mon portefeuille à 50%
  • Je reste patient, et ne rachète pas sur un coup de sang, car forcément je n’ai pas vendu sur les points hauts
  • Je n’achète surtout pas d’or

Acheter de l’or est une mauvaise idée, lorsque les marchés chutent, l’or chute aussi. Beaucoup d’acteurs ont des appels de marge et vendent des positions or ou des actions de qualité.

Et dernièrement, je prends un dérivé orienté baisse des marchés dès qu’un semblant de cygne noir se profile. Le mieux est d’utiliser un levier assez faible, à 2 au maximum, notamment à cause des frais.

Le problème avec les dérivés type bx4, cfd, etc. C’est lorsqu’on les prend et qu’il ne se passe rien. Limite, il vaut mieux se tromper rapidement et prendre sa perte.

Par exemple, pour le bitcoin, j’ai vendu entre 93k ou 98k, soit à l’approche des 100k. Mon pari était que les 100k serait un mur qui serait peut être pas franchi ou alors franchi de peu. Le btc est monté bien plus haut.

Mais avec de la patience, j’ai quand même eu raison puisque le btc est descendu sous les 70k. Malheureusement, j’ai relancé trop tôt et en plus sur une autre crypto du top 30. Bonne théorie, mauvaise mise en action.

Pour finir, je pense qu’on est vraiment dans une période propice à une correction des marchés, peut être d’un krach

  • Guerre usa / iran et problèmes d’approvisionnements en pétrole
  • Hausse très forte de marchés, pourrait-on dire rationnelle ?
  • Pénurie de certains composants électroniques et investissements en IA enormes
  • Dette de certains états suite au Covid
  • Échéances politiques (mid terms + shutdown ?)
  • Volatilité des marchés avec Donald (on a quand même eu les Tariffs en avril 2025 et l’Iran en mars/avril 2026)
3 « J'aime »

Je ne suis concerné par aucun de ces points.

Quand on a construit un PEA passif avec 2 lignes ETF (World + EM) et que se présente un horizon incertain ne devrait-on pas faire comme prévu ? Rester passif ?

Ou alors, et si la menace d’un événement négatif majeur se précise, sécuriser sur la poche espèces ? Si c’est le cas… la question qui se pose c’est QUAND ? Quand vendre ?

Ça me semble pourtant vrai.


La routine quoi… les marchés financiers n’ont-ils pas déjà intégrés tout ça ?

1 « J'aime »

Non, l’idée c’est d’être actif à certains moments clés.

Quand on voit la progression d’un ETF EM qui fait +42% en moins de 12 mois, en effet, je comprends que tu ais des doutes.

Le scénario qui t’es proposé, c’est descendre d’un train qui avance à toute allure. Et ne pas vouloir le faire est tout à fait humain.

Mais +42% en moins de 12 mois, est-ce une performance “normale” en finance ? Ou extraordinaire ?

A la question “quand”, c’est plus ou moins maintenant. Si tu demandes une semaine ou un mois précis, en effet, il s’agit de regarder dans une boule de crystal mais ici l’objectif est d’ordre statistique à court moyen terme. Sortir partiellement du marché pour revenir sur une correction. On voit que l’ETF fait régulièrement des -25% (j’ai regardé le LYM7)

Faux, c’est une croyance limitante.

Maintenant si tu entends par là vendre exactement le point haut et racheter exactement le point bas, en effet. Mais pour ma part, j’entends par là de vendre une zone haute et racheter une zone basse sur la base de supports, de fibo et autres AT.

D’accord mais si vous vendez à -30% du point haut et achetez à +30% du point bas ce n’est plus vraiment battre le marché.

Timer le marché c’est vendre et acheter au plus près des points haut et bas. Si ce n’est pas dans ces zones alors il faut trouver une autre expression que « timer le marché » !

S’il était possible de prévoir la chute à court terme, pourquoi les institutionnelles ne vendent pas ?

Il me semble que si ça monte de manière anormal, il y a des ventes et ça se regule. Si personne ne vend et que ça continue de monter, c’est que le prix n’est pas anormal. Malgré les conflits et l’ambiance globale, la situation des entreprises américaines est très bonne. (Après pour les EM dont tu parles j’en sais rien)

Quand il y aura un krash, ça ne sera pas pour les raisons que vous anticipez, car tout ça est déjà pricé avec la probabilité que chaque événement se produisent. Donc soit c’est un nouveau risque qui pop, soit c’est un risque prévu dont la probabilité a augmenté d’un coup suite à un évènement imprévu.

2 « J'aime »

C’est “courant” sur du stock ping., et c’est arrivé historiquement plus d’une fois sur le sp500. Sur mes lignes, le top sur 12 mois fait+143% (alphabet). Même total énergie fait+47%, Des titres que tout le monde connaît et là depuis longtemps. Ces hausses brutales sont justement la raison pour laquelle on dit de rester investi, car il ne faut pas les rater.

Le problème c’est que tu te focalises uniquement sur le prix et que tu ne regardes absolument pas les fondamentaux. On est au coeur d’une révolution industrielle. C’est parce que certains secteurs d’activités sont en très forte croissance qu’on a des pénuries de composants électroniques, ce qui permet à tout le secteur des semi conducteurs d’augmenter ses prix et de réinvestir massivement à son tour, alimentant la croissance d’autres entreprises.

Sortir du marché veut dire rater cette croissance là. Oui la croissance s’accompagne de risques. Mais encore faut-il les quantifier. Personne ne peut dire si la correction aura lieu dans 2 ans, dans 3 ans, ou la semaine prochaine.

En attendant sortir de façon prématuré fait rater une croissance “extraordinaire”. Et shorter le marché ne fera qu’ajouter des pertes concrètes à ton coût d’opportunités.

2 « J'aime »

Je lis avec attention vos échanges,

merci en tout cas d’avoir recentré le débat !

C’est l’un des points fréquemment soulevé et il y a plusieurs arguments, je ne saurais d’ailleurs les lister tous.

Mais l’un d’entre eux est l’inertie et un autre est qu’un institutionnel ne peux pas solder toutes ses lignes comme ça le vendredi 15 mai parce qu’il a lu notre discussion. En effet, peut être que sur certaines lignes, il n’y a pas la profondeur de marché suffisante / un carnet d’ordre d’acheteurs qui fait qu’il ne fera pas bouger significativement le prix d’une action ou d’une autre.

Cela pourrait aussi provoquer une prophecie auto-réalisatrice. Tel fond vend toute sa ligne de l’action X, il doit donc avoir une information que les autres n’ont pas, donc faisons de même.

Ca m’a aussi fait pensé qu’on utilise de plus en plus l’analyse technique, et d’ailleurs, l’analyse technique est bien plus facile à programmer dans son algorithme que de la géopolitique ou des news.

Donc, si un support est cassé, une mm200 ou autres indicateurs et que tout le monde utilise les mêmes méthodes, tu peux très bien avoir une grosse baisse de marché.

D’ailleurs, tous les événements ne sont pas pricés, d’une part sont-ils pricés, d’autre part sont-ils pricés à leur juste valeur ?

En fait, ces +42% faisaient référence à un ETF, et non une action particulière.

Rappelle toi le nombre de fois où les fondamentaux étaient bons et l’action massacrée ou au contraire les fondamentaux très mauvais et l’action était très bien valorisés. Les prix des actions ne sont pas forcément rationnels.

Très presqu’en train de me donner la définition d’une bulle spéculative.

La pénurie des composants est provoquée par l’anticipation de l’importance des entreprises IA qui, aux dernières nouvelles sont des gouffres financiers.

Il me semble que j’ai évoqué l’idée d’être liquide à 50%, je fais mes ventes dans la montée et non pas d’un coup. Je ne suis liquide qu’à 20% à l’heure actuelle. Il y a un mois j’étais full investit.

Il y a un équilibre bénéfices risques à prendre en compte. Gagner 10% vs subir une correction de 30%

Mon argument est qu’à l’heure actuelle il y a beaucoup d’incertitudes. Tu m’évoques d’ailleurs les progrès de l’IA mais toutes les sociétés du SP500 ne sont pas des sociétés IA. Et même pour implémenter l’IA, il faut qu’elles investissent (dépensent).

Je ne suis pas convaincu par les niveaux des indices, donc je me dérisque.

Le short est à appliquer, comme je l’ai indiqué, à un moment particulier. Il ne doit pas être trop anticipé. Il peut être déclenché sur une confirmation de la cassure d’un support ou sur une baisse des volumes couplée à un prix en hausse, etc.

Tu l’utilises lorsque par exemple, tu penses que la tendance est haussière à long terme mais baissière à court terme: tu ne vends pas tes actions mais tu te couvres en cas de baisse.

De même qu’acheter une action qui peut continuer à baisser, le short a lui aussi ses risques. C’est un outil pour le thème “se préparer au krach”

Je trouve cette doxa comme quoi on peut pas timer le marché fascinante. Portant il existe quelques stratégies connues et reconnues qui tentent de timer le marché et de faire de la rotation entre les classes d’actifs :

  • le suivi de tendance avec des moyennes mobiles
  • les approches momentums (et là y’a le momentum relatif et absolu avec Gary Antonacci)
  • tout ce qui est GTAA de Meb Faber.

Personnellement j’irai jusqu’à dire qu’un rééquilibrage de portefeuille c’est du market timing puisque la stratégie dit quand bouger. J’ai un coup de cœur pour le Portefeuille Permanent d’Harry Browne.

J’aime bien l’investissement passif aussi. Mais on peut construire un portefeuille et on est pas obligé d’être dans une approche passive. Je trouve ça dommage cette façon de dire que le market timing c’est forcément penser avoir une boule de cristal alors que ça peut reposer sur une stratégie.

Je pense qu’on peut être conscient de ses biais psychologique et de ses limites en tant qu’être humain et chercher des approches pour en tenir compte.

Encore une fois, en gestion de portefeuille y’a des choses sympas à explorer.

2 « J'aime »

Se tenir à sa stratégie ce n’est pas du market timing, vous ne cherchez pas à anticiper les mouvements haussiers ou baissiers mais simplement à respecter des objectifs définis à l’avance.

Faire du market timing c’est exécuter des ordres de vente pour sortir avant une baisse notable des marchés ou d’un ou plusieurs titres et exécuter des ordres d’achat pour rentrer avant une nette reprise des marchés ou d’un ou plusieurs titres.

Ces décisions de vente ou d’achat doivent être dictées par l’analyse, sortir ou rentrer au bon moment sur un coup de chance ce n’est pas timer le marché.

Market timing c’est timer le marché donc décider quand entrer ou sortir.

Je suis désolée mais du suivi de tendance ou un momentum absolu, c’est exactement ça le principe de ma maigre compréhension. C’est dire : ça baisse, il est temps de sortir. Ou ça monte, il est temps d’entrer.

Oui mais, en tout cas de mon point de vue, la décision d’entrer ou de sortir doit être dictée par la tendance du marché, pas par une stratégie définie à l’avance (à moins que la stratégie ne soit de… timer le marché !).

Ce que je veux dire c’est que rééquilibrer son portefeuille pour respecter une certaine répartition de ses titres ce n’est pas timer le marché. Sécuriser sa PV dès qu’un palier est atteint non plus…

On ne peut pas dire qu’on a « timer le marché » à chaque fois qu’on vend ou qu’on achète, ça n’a pas de sens.

Avoir acheter des titres liés au pétrole et au gaz parce qu’on a anticipé la fermeture du détroit d’Ormuz c’est timer le marché, les revendre 1 mois avant la réouverture du détroit pour sécuriser les PV alors que les titres sont encore haussiers ce n’est plus du market timing. À mon sens…

1 « J'aime »

Personne ne dit qu’en est impossible.

Il est par contre prouvé un nombre incalculable de fois grâce à des études et des données concrètes qu’il est très improbable de faire mieux en gestion active qu’en gestion passive.

Sources :

  • Les rapports SPIVA par exemple. Sur 10 ans, ils montrent systématiquement que la grande majorité (souvent entre 85 % et 98 % selon les catégories) des gérants actifs n’arrivent pas à battre leur indice de référence sur une décennie.

https://www.spglobal.com/spdji/en/documents/spiva/spiva-europe-mid-year-2025.pdf

  • Baromètre actif / passif Morningstar : 75% de 'la gestion active ne bat pas la gestion passive.

Et des études comme ça, il y en a des centaines.

Ça semble donc assez évident que parier sur la gestion active est statistiquement parlant un mauvais calcul. C’est possible que ça marche, mais c’est improbable.

Après, quand on voit le nombre impressionnant d’hommes persuadés de pouvoir faire atterrir un avion de ligne en cas d’urgence, ça ne m’étonne pas trop que beaucoup soient persuadés de pouvoir se ranger dans les 10% capables de battre le marché.

1 « J'aime »

Bah si on pense que battre le marché c’est avoir vendu 3 mois avant le krach c’est possible ! :face_savoring_food:

La pénurie est du au fait que la demande est supérieure à l’offre. La production 2026 de sk hynix était déjà entièrement vendue en 2025. Ce ne sont pas des anticipations, ce sont des ventes et des bénéfices concrets et actuels.

Le sp500 capte les gagnants, en tout cas à l’échelle américaine. Peut être que openai ou anthropic ne survivront pas. Mais ils ne sont pas coté, ils ne font pas partie du sp500. S’ils ne survivent pas leur infrastructure sera rachetée à la casse par Microsoft ou Amazon. La vraie question à long terme c’est est-ce que l’IA est là pour rester. Je pense que oui. On ne reviendra pas en arrière.

Tu parles d’incertitudes. Mais le rendement est par essence corrélé à l’incertitude et au risque. Soit tu prends des risques, soit tu n’en prends pas. Mais je n’ai pas l’impression que tu ajustes ton risque sur des bases rationnelles. Les prévisions de bénéfices des entreprises n’ont pas drastiquement changées en un mois. Et elles se sont plutôt améliorées que dégradées.

La mesure académique du risque est la volatilité. Là aussi elle indique d’être investi, puisque le risque a baissé.

Sur ta stratégie de trading, en coupant tes gagnants, tu coupes également ton espérance de rendement. Quand le sp500 fait entre -30% et 50% et est plus souvent dans le vert que dans le rouge, l’espérance de rendement est positive sur le long terme. En vendant quand ça fait+10% paradoxalement tu dégrades statistiquement ton espérance de rendement sur le long terme.

1 « J'aime »

Tout à fait d’accord (enfin même ça, ca doit se discuter un peu…j’aime pas les conclusions trop absolues). Mais c’est un autre sujet et j’ai quasiment que des ETF ou ETC (hors PEE et actions en directe).

Je parlais vraiment de stratégies actives et pas de fonds actifs.