Somme importante à placer suite à une succession

Bonjour à tous, je me permets de solliciter vos avis car je suis un peu perdue dans mes réflexions.

Je m’appelle Diane, j’ai bientôt 50 ans, je suis célibataire et sans enfants. Je suis résidente fiscale dans un pays d’Outre-mer et donc non soumise à l’IR.

L’an dernier, j’ai perdu mes deux parents et j’ai hérité d’environ 400.000 EUR que je souhaite investir pour préparer ma retraite, sachant que je ne bénéficierai pas de pension issue d’un régime classique.

Je suis propriétaire de ma résidence principale, entièrement payée.

J’ai consulté un gestionnaire de patrimoine qui m’a proposé d’investir 300.000 EUR en SCPI européennes à crédit sur 15 ans (crédit de 270.000 EUR pour profiter de l’effet de levier), et de placer le reste en produits structurés.

Après m’être renseignée sur les produits structurés, j’ai préféré refuser cette idée : j’ai le sentiment que le rapport rendement/risque est surtout favorable à l’établissement financier, avec un risque réel pour moi en cas de scénario défavorable.

Une alternative m’a ensuite été proposée via une assurance-vie luxembourgeoise (à ma demande), avec 3 % de frais d’entrée, 1 % de frais de gestion annuels et 1 % de frais sur la gestion pilotée.

Ces frais me paraissent élevés, surtout quand je vois des offres en ligne avec 0 % de frais d’entrée. Mais je ne suis pas certaine de bien comprendre ce qui pourrait justifier cet écart.

Mon profil est relativement simple : pas d’enjeu successoral particulier, pas de problématique fiscale complexe. Mon objectif principal : générer des revenus ou faire croître mon capital de manière raisonnable pour subvenir à mes besoins à long terme une fois à la retraite.

J’ai ouvert un compte-titres sur IBKR en octobre 2025. Après quelques erreurs (stock picking peu concluant…), je m’oriente désormais vers des ETF type MSCI World. Pour le moment, j’ai investi 15.000 EUR et j’ai déjà perdu presque 2.000 EUR à cause de mon stock picking (j’ai arrêté depuis mais sans revendre mes positions car tant qu’on ne vend pas, on ne “perd” pas).

J’ai récemment pris contact avec Ramify pour investir via une assurance-vie luxembourgeoise.

Mes questions sont les suivantes : Ramify est-il un acteur sérieux ? Ce type de solution (l’AV luxembourgeoise) vous paraît-il pertinent dans ma situation ? Et à hauteur de combien ?
Comment structurer une allocation simple, diversifiée et cohérente avec mon objectif de long terme ?
Faut-il privilégier ETF, assurance-vie, immobilier papier… ou un mix ?

Je commence à me sentir un peu submergée par la quantité d’informations contradictoires, et j’ai surtout peur de faire de mauvais choix avec cet héritage qui - je le réalise - est une véritable aubaine si je ne veux pas travailler jusqu’à la fin de ma vie.

Merci beaucoup par avance pour vos retours !

C’est tout à fait cela.

Je ne suis pas spécialiste des AV lux, mais les frais d’entrée, cela me parait énorme. Si je fais le parallèle avec une AV “classique” il n’y en a pas pour les très bonnes comme vous le mentionnez.

Globalement, je ne sais pas depuis quand vous regardez la partie AV lux, mais prenez le temps d’analyser et de comparer.

Bon courage

(j’ai arrêté depuis mais sans revendre mes positions car tant qu’on ne vend pas, on ne “perd” pas).

Donc tu estimes que les valeurs que tu conserves vont surperformer le MSCI World ? En gardant tes lignes c’est ce que tu fais en tout cas.

Mes questions sont les suivantes : Ramify est-il un acteur sérieux ? Ce type de solution (l’AV luxembourgeoise) vous paraît-il pertinent dans ma situation ? Et à hauteur de combien ?

Mon avis perso : pour 400k€ ne pas s’emmerder avec une AV luxembourgeoise. 2% par an ca veut dire que tu paie 8000€ de frais d’enveloppe / an hors frais des fond à l’intérieur + 12k€ pour avoir le droit de rentrer.

Ces frais me paraissent élevés, surtout quand je vois des offres en ligne avec 0 % de frais d’entrée. Mais je ne suis pas certaine de bien comprendre ce qui pourrait justifier cet écart.

J’imagine que certains frais sont réels de mise en place etc. mais oui c’est cher pour une sécurité plutot relative car il ne faut pas oublier que le principal risque c’est le risque de marché.

Avant même de parler d’actifs puis d’enveloppe

Quel est ton rapport aux risques ? Quand souhaites tu partir en retraite ?
A partir de là tu pourras dégrossir et voir la proportion d’actif risqué et sécurisé.

Faut-il privilégier ETF, assurance-vie, immobilier papier… ou un mix ?

Tu mélanges enveloppes et actif attention. Une assurance vie peut etre très sécurisé comme très dynamique
L’assurance vie peut contenir des ETF et des SCPI

Bonjour, pour répondre dans l’ordre :

  1. J’espère juste que c’est la situation “trumpienne” qui fout le bordel sur le cours des actions que j’ai sélectionné et j’espère que d’ici quelques mois, je pourrais les revendre sans “trop perdre”. J’espère juste que la chute brutale des valeurs dont je parle va être compensée avec un peu de patience par une remontée peut-être pas similaire mais qui compensera une grosse partie de la perte que j’engendrerai aujourd’hui si je décidais de tout vendre sans attendre un peu. Et bien sûr, mon objectif ensuite est de m’en débarrasser pour ré-investir dans du MSCI WORLD dès que possible.

  2. Je parlais justement de Ramify car eux proposent un AV luxembourgeoise sans frais d’entrée et 0.96% de frais de gestion pilotée. Cela me paraissait plus raisonnable sachant que j’ai pas les compétences pour prendre toutes les décisions moi-même.

Et en réalité, je finis pas ne plus savoir dans quoi mettre l’argent dont je dispose sans faire de bêtise. J’avais l’impression que l’AV, c’était le plus cohérent ? Sachant que je veux me servir de l’AV pour investir sur des supports relativement sécurisés avec comme principal objectif de couvrir l’inflation au minimum voire plus si je peux trouver des placements “équilibrés” qui ne me feront pas craindre une trop forte volatilité quand je devrais commencer à ponctionner cette enveloppe. Pour rappel, je ne peux compter sur sur la somme mise de côté pour vivre une fois que j’aurais arrêté de travailler dans 10 ou 15 ans.

Comment placer 400 KEUR en bon père de famille si ce n’est pas à travers une AV ?

Merci pour votre réponse. Cela fait déjà plusieurs mois que je me renseigne, j’ai lu des articles, écouté des vidéos Youtube (notamment Finary bien évidemment), lu plein de messages sur des forums. Et j’ai l’impression que plus je me renseigne, moins les choses sont nettes. Je finis par ne plus oser faire de choix alors que j’ai bien compris que le pire c’est de ne rien faire…

Et si je regarde l’AV Luxembourgeoise, c’est parce que je ne suis pas résidente fiscale française, donc je n’ai aucun intérêt à regarder les AV françaises (non ? je n’y connais rien en fiscalité française…).

Merci encore d’avoir pris le temps de répondre.

@Diane16

Franchement, vu ce que tu racontes, je trouve que tu as déjà évité deux très grosses erreurs.

La première, c’est le montage “300 k€ de SCPI européennes à crédit sur 15 ans” alors que ton objectif est surtout de sécuriser ta retraite. La deuxième, c’est le réflexe de dire non aux produits structurés parce que tu n’en comprenais ni le couple rendement/risque ni la mécanique. Sur ces deux points, ton instinct a plutôt bien travaillé. L’AMF rappelle d’ailleurs depuis quelque temps que les produits structurés sont complexes, avec des frais parfois peu lisibles et des risques de mauvaise compréhension chez les particuliers. Donc ta méfiance n’a rien d’irrationnel.

Sur la partie SCPI à crédit, je vais être assez nette : je n’aime pas du tout l’idée dans ton cas. Tu n’as pas besoin d’un effet de levier à tout prix, tu n’as pas d’impôt sur le revenu à gommer, tu n’as pas un besoin de sophistication fiscale, et tu veux avant tout un complément de revenu ou un capital raisonnablement solide pour la suite. T’endetter sur 15 ans pour acheter un actif peu liquide, avec un rendement qui peut baisser, une valeur de part qui peut baisser, et des frais d’entrée très élevés, ça ne colle pas avec ton profil ni avec ton objectif. Le levier immobilier peut avoir du sens dans certains cas. Là, j’ai surtout l’impression qu’on essaye de faire rentrer ta situation dans une recette commerciale.

Sur l’assurance-vie luxembourgeoise, même chose : je ne dis pas que c’est mauvais en soi, je dis que dans ton cas ce n’est pas nécessairement le bon outil. Le Luxembourg apporte surtout trois choses : un cadre juridique solide, le “triangle de sécurité”, et parfois plus de souplesse pour des patrimoines élevés, internationaux ou avec des contraintes particulières. Mais quand on te met 3 % de frais d’entrée, 1 % de frais de gestion annuels et 1 % de frais de gestion pilotée, tu démarres avec un handicap énorme. Si derrière on te met en plus des fonds chargés en frais, tu peux facilement te retrouver avec 2 % à 3 % de coût annuel tout compris. Sur 15 ou 20 ans, c’est considérable. Et pour un profil simple comme le tien, célibataire, sans enjeu successoral spécifique, sans fiscalité française complexe, je ne vois pas ce qui justifie ce niveau de coût. L’enveloppe luxembourgeoise n’est pas une mauvaise réponse. C’est juste souvent une réponse beaucoup trop chère à un problème que tu n’as pas.

Sur Ramify, le point rassurant, c’est que ce n’est pas une plateforme sortie de nulle part. Ils sont bien enregistrés à l’ORIAS, avec les statuts réglementés classiques de courtier en assurance, CIF et intermédiaire en crédit/paiement. Donc sur le sérieux “administratif”, je n’ai pas de drapeau rouge particulier.

Mais ça ne veut pas dire que la solution proposée sera forcément adaptée. Il faut vraiment séparer les deux sujets : un acteur peut être sérieux et te vendre malgré tout un produit qui n’est pas le meilleur pour toi.

À mes yeux, ton vrai sujet n’est pas “quel produit premium choisir ?”. Ton vrai sujet, c’est de structurer les 400 k€ de façon simple, supportable psychologiquement, et cohérente avec ton horizon retraite.

Et là, ton message donne déjà une piste très claire. Tu as ouvert un CTO chez IBKR. Tu as fait une erreur classique au départ, du stock-picking, tu as pris une claque, et tu es en train de revenir vers quelque chose de plus simple, type ETF World. Honnêtement, c’est probablement dans cette direction qu’il faut aller. Le point à corriger, c’est la phrase “tant qu’on ne vend pas, on ne perd pas”. En réalité, la perte existe déjà économiquement. Le fait de ne pas vendre ne la fait pas disparaître, ça la reporte juste. Donc si tes positions de stock-picking n’ont plus de sens dans ton plan, il vaut mieux les regarder froidement comme un coût d’apprentissage et repartir proprement que de les garder juste pour éviter d’acter l’erreur.

Si je devais te proposer une structure simple et réaliste, ce serait plutôt quelque chose comme ça.

Tu gardes une vraie poche de sécurité et de confort. Pas 10 k€ symboliques. Plutôt 18 à 24 mois de dépenses, vu que tu n’as pas de pension “classique” à attendre et que tu veux te créer de la marge. Cette poche peut rester en cash rémunéré, comptes à terme, fonds monétaires, ou équivalent très prudent. Le but n’est pas le rendement. Le but est de ne jamais être forcée de vendre les autres poches au mauvais moment.

Tu construis ensuite une poche “revenu / stabilité” avec des supports obligataires simples et lisibles, de bonne qualité, ou éventuellement une poche monétaire/obligataire selon ce qui est accessible dans ton cadre de résidence fiscale. Le rôle de cette poche n’est pas de battre les actions. Le rôle est de lisser la trajectoire et de financer progressivement les premières années de retraite si besoin.

Et tu mets la partie long terme en ETF larges et peu chers, sans chercher à être brillante. Un World en cœur, éventuellement un peu d’émergents si tu veux, mais surtout pas dix lignes, pas de fonds ésotériques, pas de stock-picking. Le gros intérêt de cette approche, c’est qu’elle est transparente, liquide, peu coûteuse, et que tu peux la piloter toi-même sans dépendre d’un conseiller qui met trois semaines à te rappeler.

Dans une logique très simple, ça pourrait donner un ordre de grandeur du type 40 % prudent, 20 % intermédiaire/stable, 40 % actions monde. Ou 30/20/50 si tu es plus à l’aise avec la volatilité. Ce n’est pas une vérité absolue, mais c’est beaucoup plus cohérent avec “je veux préparer ma retraite sans faire n’importe quoi” que “je mets 300 k€ de SCPI à crédit et le reste en produits structurés ou en AV lux chargée”.

Sur l’immobilier papier, justement, je ne mettrais pas zéro par principe, mais je ne construirais pas le plan autour de ça. Tu peux très bien avoir une petite poche de SCPI ou de REITs plus tard si tu veux diversifier, mais pas comme socle principal, et certainement pas à crédit dans ta situation.

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Bonjour qu’ appelez vous poche sécurité? Des FE?

Merci beaucoup pour votre réponse, elle m’aide vraiment à y voir plus clair.

Pour être transparente, j’ai quand même validé la SCPI à crédit, surtout parce que le taux me semblait correct (3,06 % assurance incluse). Je le vois aussi comme une forme d’épargne forcée : je complète chaque mois ce que les loyers ne couvrent pas. L’idée, c’est surtout de garder suffisamment de cash à côté pour absorber si les choses se passent moins bien. Et si tout va bien, cela me constituera plus tard une rente régulière.

Je me dis aussi que, si je conserve le cash, il faut que j’arrive à le faire fructifier à plus de 3,06 %, sinon le crédit perd une bonne partie de son intérêt et, dans ce cas, autant acheter comptant.

Je pense qu’il y a aussi chez moi une forme de peur de mal faire avec une somme importante, ce qui me pousse spontanément à vouloir déléguer à des professionnels. Mais en même temps, j’aimerais vraiment comprendre suffisamment les choses pour être capable de gérer moi-même, au moins les grands équilibres.

Côté actions, j’ai commencé un DCA sur MSCI World, donc cette partie-là me parle déjà un peu plus.

En revanche, là où je suis vraiment perdue, c’est sur la partie “sécurisée”. À part les comptes à terme, je ne connais pas grand-chose. Si j’ai bien compris, les fonds en euros passent forcément par une assurance-vie. Et si c’est bien le cas, je dois alors forcément passer par un intermédiaire n’est-ce-pas ?

Par ailleurs, si j’ai bien compris aussi, l’assurance-vie française n’a pas d’intérêt particulier pour moi sur le plan fiscal. Dans ce cas, il ne resterait donc que l’assurance-vie luxembourgeoise. Mais celle que Ramify me proposait n’inclue pas de fonds en euros ; si j’ai bien compris, il s’agit plutôt d’un support investi en obligations “investment grade” ou “high grade”.

J’ai également vu qu’il existait des ETF obligataires, mais je ne maîtrise absolument pas cette partie.

Et étant non-résidente, je ne peux pas ouvrir de livrets boostés ou de comptes à terme dans les banques françaises (seule Monabanq a accepté de m’ouvrir un livret boosté, mais ils ne peuvent pas me proposer de compte à terme car il faut être résident fiscal en France).

Du coup, je crois que si je dois réorienter mon sujet, ce serait de savoir comment construire une poche sécurisée dans ma situation ?

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Bonjour Diane.

Je me permets de vous repondre car j’ai la même histoire que vous, a quelques milliers d’euros près. Décès, héritage, quel placement pour faire fructifier sereinement? J’ai connu tout ça et je comprends vos incertitudes.

Je vais essayer de vous répondre simplement.

J’ai aussi hérité de 380.000 euros quasi du jour au lendemain en ne sachant quoi faire de cette somme.

J’ai déjà de l’immo physique payé et sans crédits. Check !

J’ai donc “naturellement “ placé mon “ cash” via Ramify justement ! Pourquoi eux? Interface simple, conseillers pro et disponible, entreprise sérieuse. J’ai tout épluché en termes de contrats d’assurance vie depuis plusieurs moi et Ramify était le bon choix.

Je vous rassure de suite, ils proposent une formule en fond euros! 70% fond euros et 30% unités de compte a 4.4% .

Profil modéré du coup! J’y ai placé 150.000 euros.

J’ai également placé 150.000 autre euros via l’av luxembourgeoise possible a partir de 100.000€ via l’assureur ag2r la mondiale et toujours chez Ramify.

Pour mixer les 2.

Et ma fois ça fonctionne très bien! Je dors paisiblement sur mes 2 oreilles et je patiente tranquillement que le “pactole” grossisse .

Simple. Efficace!

Ils gèrent tout! Frais <1%!

Pour le reste j’ai mis 10k sur un LEP, 10k livret A et 20k sur le compte courant rémunéré a 2% chez trade republic!

Et tour fonctionne parfaitement!

Faite simple, vous n’en serez que plus sereine :ok_hand:

Je comprends beaucoup mieux votre blocage maintenant, et franchement c’est le bon sujet. Le vrai point n’est plus tellement “quel produit choisir”, mais plutôt “comment construire une poche prudente dans votre situation de non-résidente, sans vous enfermer dans une enveloppe compliquée et chère”.

Sur la SCPI à crédit, c’est lancé, donc je ne vais pas refaire le match. Le sujet maintenant, c’est surtout d’éviter d’ajouter une deuxième couche inutilement sophistiquée par-dessus. Et c’est pour ça que je reste réservé sur l’assurance-vie luxembourgeoise qu’on vous a proposée. Avec 3 % de frais d’entrée, 1 % de frais annuels et encore 1 % de gestion pilotée, vous partez vraiment avec un gros handicap. Pour un besoin aussi simple que le vôtre, je trouve ça trop lourd.

Sur les fonds euros, oui, vous avez bien compris, ça passe par une assurance-vie. Mais ça ne veut pas dire que “poche prudente” = “assurance-vie obligatoire”. Et surtout, si l’AV lux qu’on vous propose n’a même pas de fonds euro, elle ne répond pas vraiment à votre besoin de base qui est d’avoir quelque chose de stable et lisible.

À votre place, je simplifierais les choses en séparant trois poches.

La première, c’est une poche de sécurité pure. Celle-là doit être disponible, peu volatile, et capable d’absorber un imprévu ou une période moins bonne sur la SCPI sans vous obliger à toucher à vos actions. Dans votre cas, vu le contexte, je la verrais assez large. Pas 6 mois de dépenses, mais plutôt 18 à 24 mois pour être vraiment sereine. Cette poche-là peut très bien être construite avec du monétaire en euro, du cash rémunéré si vous y avez accès, ou des supports très courts. Ce n’est pas sexy, mais ça fait le travail.

La deuxième, c’est une poche prudente un peu plus “travaillée”, mais qui reste simple. Là, les obligations de bonne qualité peuvent avoir du sens. Pas du high yield, pas des fonds compliqués qui font un peu tout, pas des produits qu’on ne comprend qu’après trois rendez-vous. Juste quelque chose de propre, lisible, investment grade ou souverain euro. Il faut juste garder en tête qu’une poche obligataire peut bouger, donc ce n’est pas du capital garanti. C’est plus stable que les actions, mais ce n’est pas un livret.

La troisième, c’est la poche long terme, et celle-là vous l’avez déjà commencée. ETF monde, progressivement, sans stock-picking. Franchement, c’est probablement la partie la plus saine de tout ce que vous avez mis en place jusqu’ici.

Là où je vous trouve lucide, c’est quand vous dites que la taille de la somme vous pousse à vouloir déléguer. C’est humain. Mais c’est justement dans ce moment-là qu’on se fait souvent embarquer dans des solutions “premium” qui coûtent cher surtout parce qu’elles ont l’air rassurantes. Alors qu’en réalité, vous n’avez pas besoin d’un produit sophistiqué. Vous avez besoin d’un plan simple que vous comprenez et que vous pourrez tenir sur la durée.

Sur l’assurance-vie française, je nuancerais un peu. Ce n’est pas parce que vous êtes non-résidente qu’elle ne sert à rien. En revanche, vous avez raison sur le fond, l’intérêt fiscal français n’est clairement pas le cœur du sujet pour vous. Donc je n’en ferais pas la pièce maîtresse du dispositif.

Si je résume de façon très concrète, je ferais plutôt quelque chose dans cet esprit :

une vraie grosse poche de sécurité très stable,

une poche intermédiaire en obligations simples et de bonne qualité,

et la poche actions monde à côté.

Autrement dit, votre poche prudente n’a pas besoin d’être “un contrat”. Elle peut très bien être un assemblage simple et compréhensible. Et honnêtement, dans votre situation, je trouve ça plus rassurant et plus propre qu’une AV luxembourgeoise chargée en frais.

Donc non, vous n’êtes pas obligée de passer par un intermédiaire cher pour construire quelque chose de prudent. Et non, vous n’avez pas besoin d’un produit compliqué pour faire les choses sérieusement. Le plus important, c’est que chaque poche ait un rôle clair. C’est ça qui permet ensuite de dormir tranquille.

Bonjour Benoît. Un grand merci pour cette nouvelle réponse très détaillée. Ce sont exactement des conseils comme les vôtres qui m’aident, petit à petit, à y voir plus clair. Pas aussi vite que je le voudrais car c’est un domaine tout nouveau pour moi mais je sens que ça s’ancre doucement.

Par exemple, hier encore, j’ai découvert ce qu’était l’€ster. Je commence à comprendre que ça peut être plus pertinent qu’un livret classique, mais qu’il faut quand même rester attentif à l’évolution des taux de la BCE et savoir ajuster au bon moment. Et là, j’essaie de comprendre ce que je lis sur la volatilité des ETF obligataires fonction de la duration moyenne des obligations qu’ils contiennent… Ce qui me fait mesurer l’ampleur de ce que j’ai encore à apprendre.

Bref, j’avance en glanant des informations dans tout ce que je lis et écoute.

J’ai parfois l’impression d’être une gamine en train d’apprendre à tracer ses premières lettres pour, un jour, réussir à écrire correctement.

Merci encore d’avoir pris le temps de me donner autant d’explications détaillées ! N’hésitez pas si vous avez d’autres conseils !!