Stratégie patrimoniale - Présentation et échanges

Bonjour à tous,

Tout d’abord, une rapide présentation.

Nous sommes un couple marié de 28 et 29 ans, frontaliers au Luxembourg, avec un horizon d’investissement long, voire très long terme.

Nos revenus nets cumulés sont d’environ 8 200 à 8 500 € par mois, pour une capacité d’investissement d’environ 4 500 € par mois.

L’intégralité de notre budget, de notre patrimoine et de nos investissements est commune ; ils sont donc à considérer à l’échelle du foyer. Je suis en charge de la gestion de nos finances.

Nous avons également mensualisé l’ensemble des entrées et sorties de trésorerie intervenant au cours de l’année afin d’avoir une vision plus fidèle de notre capacité d’épargne.

Nous travaillons tous les deux depuis environ 3 à 3,5 ans.

Patrimoine actuel

Épargne de précaution

  • 48 k€ répartis entre Livret A et LDDS, correspondant à notre matelas de sécurité ainsi qu’à un buffer pour les dépenses importantes (vacances, imprévus, etc.).

Résidence principale

  • T2 neuf situé dans le centre-ville de Thionville, avec cave et place de parking.

  • Prix d’acquisition : 340 k€ (hors frais de notaire et cuisine).

  • Emprunt : 325 k€ à 2,50 %.

  • Apport : environ 40 k€.

  • Mensualité : environ 1 550 €.

Actifs financiers (133 k€)

Répartition actuelle :

  • 71 % MSCI World

  • 11 % MSCI India

  • 6 % Or (ETC)

  • 1 % Argent (ETC)

  • 5 % Managed Futures / CTA

  • 6 % Obligations (ETF gouvernementales en EUR, différentes durations et expositions géographiques)

Les ETF actions sont logés sur un PEA (Boursorama), tandis que les autres actifs sont détenus sur un CTO chez Saxo.

Objectifs

Notre objectif principal est la retraite anticipée et, plus largement, la liberté financière. Le calendrier exact reste encore à définir.

Allocation cible

À terme, nous souhaiterions converger vers l’allocation suivante :

  • 67 % MSCI World

  • 4 % MSCI Emerging Markets

  • 3 % MSCI India

  • 10 % Or

  • 2 % Argent

  • 7 % Managed Futures / CTA

  • 7 % Obligations

La différence entre l’allocation actuelle et l’allocation cible s’explique par le fait que nous étions initialement investis à 100 % en actions. Nous préférons aujourd’hui converger progressivement vers notre allocation cible grâce aux nouveaux apports (et le cash excédentaire) plutôt que de vendre des positions et générer des frais de transaction.

Nous disposons également d’environ 40 k€ de liquidités (hors cash flows mensuels) qui seront investis progressivement afin d’atteindre cette allocation.

Notre réflexion

L’idée est de construire un portefeuille de type « all weather », tout en conservant un biais croissance via les actions.

Étant responsable de la gestion des finances du foyer, j’apprécie une allocation qui reste :

  • simple à comprendre ;

  • facile à expliquer ;

  • simple à exécuter dans le temps.

Une fois l’allocation cible atteinte, la fréquence et les niveaux de rebalancing restent à définir.

Nous sommes conscients que la priorité, à ce stade, est avant tout de faire croître le patrimoine plutôt que de le protéger à tout prix. Néanmoins, nous anticipons une progression de nos revenus dans les prochaines années (potentiellement significative), ce qui devrait nous permettre de maintenir un rythme d’investissement soutenu.

À titre indicatif, nos rémunérations fixes actuelles avant impôts se situent autour de 64-67 k€ brut annuel chacun, avec des bonus relativement limités compte tenu de nos niveaux de séniorité. Nous estimons pouvoir atteindre progressivement un niveau proche de 85 k€ brut annuel fixe chacun d’ici 2 à 3 ans, ce qui devrait nous permettre de maintenir une capacité d’investissement élevée.

À plus long terme, une fois un patrimoine financier d’environ 500 k€ constitué, nous envisageons éventuellement d’allouer une petite poche au private equity en investissement direct. Cette réflexion est encore à un stade préliminaire.

J’ai volontairement retenu une approche multi-actifs plutôt qu’un portefeuille 100 % actions, non pas dans une logique de maximisation de la performance, mais afin d’améliorer la robustesse du portefeuille et de rendre psychologiquement plus facile le maintien de l’allocation sur plusieurs décennies.

Mes questions

Je serais ravi d’avoir vos avis ou critiques constructives.

  1. Que pensez-vous de cette allocation globale ?
  2. Voyez-vous des améliorations possibles ou des biais auxquels je n’aurais pas pensé ?
  3. Les enveloppes actuelles (PEA + CTO) vous semblent-elles pertinentes ?
  4. Une fois les deux PEA remplis, comment poursuivriez-vous l’investissement en actions (CTO, assurance-vie, autre) ?
  5. Plus généralement, y a-t-il un angle mort dans notre stratégie patrimoniale ?
  6. À quel moment considérez-vous qu’il est pertinent de commencer à réduire progressivement le risque d’un portefeuille visant l’indépendance financière ?

N’hésitez pas non plus à me challenger ou à poser des questions si certains points méritent d’être précisés.

Merci d’avance pour votre temps et vos retours.

Bonjour,

Est-ce que vous vous êtes fixé un montant précis pour considérer cet objectif comme atteint ? Des fois commencer par la fin permet de mieux structurer comment y arriver. Y compris le choix des enveloppes et des des allocations.

Hello,

mon avis personnel

Je ne comprends pas la logique derrière cette allocation cible

  • Pourquoi 70% d’actions et pas 30% comme le all weather de ray dalio ou 60% comme le 60/40 ?
  • Pourquoi un 3% d’Inde en plus du MSCI EM ?
  • Pourquoi 10% or? Et pourquoi 2% d’argent ? Pourquoi pas 5 et 5 ? Pourquoi pas 7,5 et 7,5 ?
  • Pourquoi managed futures? Pourquoi 7% ?
  • Etc. etc.

Je n’ai pas d’avis sur cette allocation et ne sais pas si quelqu’un peut vraiment donner un avis. Je pense qu’il faut bricoler si on est capable de répondre à toutes ces questions par soi-même. Si on a vraiment besoin d’avis (pas juste valider), autant faire quelques choses de standard (100% actions, ou 70/30 / 60/40 / etc., ou all weather classique).

Avez-vous les compétences et l’envie de consacrer votre temps à l’investissement en private equity ?

Vous pouvez garder un 100% actions, allocation multi-actifs fixe, vous pouvez faire du glidepath, du bond tent… et je ne sais pas s’il y a vraiment un consensus sur la stratégie.

Bojour.

Je suis d’accord avec AngeloS c’est une grosse surponderation du marché action pour un “All weather” qui ne devrait pas dépasser 30 % mais je comprend la volonté de dynamisation du portefeuille et de vouloir profiter d’une retraite à 60 ans ou avant et d’en finir le plus tôt possible avec les bouchons de l’A31 :slight_smile:.

Pour le mdci india il est déjà contenu dans le MCi emerging market à 15% il fait donc doublon.

Je me demande comment vous avez investi dans les manages futures cta avec un si faible montant ? Etf, fcp ? Je suis curieux de savoir.

Pour les répartitions si vous voulez rester simple et lisible je resterai sur une allocation standard avec 60% de monde et d’emerging, 40% avec de l’obligation higdt yield et un peu d’or pour la décorrélation et fond euro. Moins de ligne c’est plus simple.

Après à vous de trouver les bon ratios.

Le private equity perso je suis méfiant. Il faut des très gros tikets pour trouver des bon fonds.

Au plaisir de vous lire,

Bonsoir et merci pour votre intervention,

C’est un point sur lequel nous sommes encore en réflexion.

Nous avons davantage un objectif de liberté financière qu’un âge de départ précis. Pour l’instant, nous privilégions donc la phase d’accumulation et la construction d’un patrimoine solide.

Nous envisageons également d’autres scénarios qu’un arrêt complet de l’activité, comme le temps partiel ou des missions de consulting ponctuelles, alternées avec des périodes de pause (activité choisie plutôt que subie, du moins sur le rythme).

L’idée est avant tout de construire ce patrimoine dès aujourd’hui (sans pour autant nous priver), afin de nous laisser un maximum d’options lorsque nous serons plus avancés dans notre parcours. La ligne d’arrivée n’est donc pas encore clairement définie, et c’est justement l’un des sujets sur lesquels nous continuons de réfléchir.

Bonsoir et merci pour votre message,

J’ai effectivement réalisé quelques backtests sur différentes allocations en mettant davantage l’accent sur les métriques de risque (max drawdown, VaR conditionnelle, Sortino ratio, etc.) que sur la performance brute. J’ai également testé différentes classes d’actifs et conservé celles qui apportaient une diversification intéressante d’un point de vue des corrélations/covariances et du comportement dans différents environnements de marché.

L’idée n’était pas de chercher à maximiser la performance attendue, mais plutôt d’éviter d’ajouter de la complexité si le bénéfice en termes de diversification ne compensait pas le coût potentiel en volatilité ou en simplicité d’exécution.

Je suis bien conscient que les backtests historiques ont leurs limites (périodes observées, biais de sélection, incertitude sur les rendements futurs), mais ils m’ont surtout servi comme outil de réflexion pour comparer différentes approches et vérifier la cohérence globale de l’allocation.

Je suis arrivé à la conclusion que cette allocation représentait un compromis intéressant entre plusieurs objectifs :

  • conserver un moteur de croissance important via les actions ;

  • améliorer la robustesse face à différents régimes de marché ;

  • rester suffisamment simple à exécuter et à maintenir dans le temps.

Le All Weather de Ray Dalio est effectivement beaucoup plus défensif que ce que nous recherchons, notamment parce que notre situation patrimoniale, notre horizon d’investissement et notre capacité d’épargne sont différents. La comparaison était davantage à titre indicatif, l’objectif n’est pas de reproduire cette allocation, mais plutôt de construire un portefeuille capable de mieux traverser différents environnements de marché, notamment lors de périodes où les actions ne progressent pas de manière linéaire.

Concernant le private equity, je pense avoir une base théorique solide grâce à mes études (masters en finance + CFA), mais je suis conscient que la partie la plus importante en PE relève souvent davantage de la sélection des opportunités et de la compréhension des entreprises et des situations d’investissement de manière opérationnelle.

Il faudra également éviter le piège consistant à complexifier une stratégie simplement parce qu’une approche plus simple paraît trop « ennuyeuse ». C’est un point que je garde en tête.

Merci également pour la remarque sur le glidepath, je ne connaissais pas ce concept. Je vais regarder plus en détail cette approche, notamment dans une logique de transition entre phase d’accumulation et phase d’indépendance financière.

Bonsoir et merci pour votre retour,

Je commencerai par souligner que la référence à l’A31 m’a bien fait sourire.

J’ai également essayé de détailler un peu la logique derrière l’allocation dans une réponse juste au-dessus, en espérant que cela apporte un peu de contexte. J’y expliquais notamment pourquoi j’avais évoqué le portefeuille All Weather, qui a déjà été challengé à plusieurs reprises :

« Le All Weather de Ray Dalio est effectivement beaucoup plus défensif que ce que nous recherchons, notamment parce que notre situation patrimoniale, notre horizon d’investissement et notre capacité d’épargne sont différents. La comparaison était davantage à titre indicatif : l’objectif n’est pas de reproduire cette allocation, mais plutôt de construire un portefeuille capable de mieux traverser différents environnements de marché, notamment lors de périodes où les actions ne progressent pas de manière linéaire. »

Concernant l’Inde, le fait qu’elle soit déjà présente dans le MSCI Emerging Markets me fait effectivement hésiter. Deux options me paraissent cohérentes : soit supprimer complètement le tilt Inde au profit d’un MSCI Emerging Markets uniquement, soit conserver une légère surpondération via une ligne dédiée. À ce stade, je penche plutôt pour la seconde solution, car j’ai une conviction modérée sur le potentiel de croissance du pays à long terme, tout en restant sur une pondération limitée.

Je réfléchis également à utiliser le nouvel ETF MSCI AC d’Amundi éligible au PEA afin de réduire le nombre de lignes et le nombre d’ordres à passer.

Concernant les managed futures, j’utilise l’ETF UCITS d’iMGP (LU2951555403). En revanche, il est encore très récent, ce qui constitue évidemment une limite et peut en freiner certains.

J’avais également identifié quelques fonds CTA avec des tickets d’entrée « relativement » accessibles (autour de 10 k€), mais cela reste peu pratique dans notre cas.

Enfin, concernant le portefeuille 60/40, les backtests que j’avais réalisés reposaient sur 60 % de MSCI World (sans émergents) et un unique ETF obligataire gouvernemental de duration intermédiaire. Je vais refaire tourner les simulations ce week-end en testant notamment une poche high yield afin d’observer l’impact sur les différents indicateurs de risque. De mémoire, j’avais écarté les obligations high yield ainsi que les obligations d’entreprises, car leur comportement était relativement proche de celui des marchés actions. L’effet diversifiant me paraissait donc assez limité, mais cela mérite d’être retesté.

Sur les hypothèses que j’avais retenues jusqu’à présent, la complexité supplémentaire (par rapport au 60/40 décrit ci-dessus, qui n’était peut-être pas la meilleure implémentation possible) semblait malgré tout apporter un gain intéressant au regard du couple rendement/risque.

D’ailleurs, cela vaudrait peut-être le coup que je mette les résultats au propre et que je les partage sur le forum si cela peut intéresser certains.

Excellente soirée !

Que pensez-vous de cette allocation globale ?
Vous êtes bien partis, mais je pense qu’elle gagnerait à être simplifiée.

Voyez-vous des améliorations possibles ou des biais auxquels je n’aurais pas pensé ?
À mon sens, vous avez beaucoup de convictions (Inde, or, argent, CTA, private equity demain…). Je me demanderais lesquelles sont réellement les vôtres, et lesquelles proviennent de lectures, vidéos ou portefeuilles modèles.

Les enveloppes actuelles (PEA + CTO) vous semblent-elles pertinentes ?
Oui. Pour moi, l’enveloppe est secondaire. Ce qui compte, c’est ce que vous mettez dedans.

Une fois les PEA remplis ?
Je poursuivrais simplement sur CTO. Votre objectif ressemble beaucoup à ce que la littérature anglo-saxonne appelle le FIRE. Je vous recommande vivement de lire The Simple Path to Wealth de JL Collins.

Un angle mort ?
Oui : vouloir toujours ajouter quelque chose. Vous parlez déjà de private equity à 500 k€, alors que votre stratégie est déjà très élaborée aujourd’hui.

Vous écrivez :

« J’ai volontairement retenu une approche multi-actifs […] afin d’améliorer la robustesse du portefeuille et de rendre psychologiquement plus facile le maintien de l’allocation sur plusieurs décennies. »

Je comprends parfaitement le raisonnement. En revanche, vous êtes encore dans la phase de construction du patrimoine. À l’échelle de plusieurs décennies, je trouve dommage de sacrifier du rendement potentiel alors que votre principal moteur reste votre capacité d’épargne et le temps.

À quel moment réduire le risque ?
Pour quelqu’un dont l’objectif est l’indépendance financière, je ne raisonnerais pas en âge mais en situation. L’idée n’est pas forcément de réduire progressivement le risque, mais d’atteindre un capital suffisamment important pour qu’un taux de retrait raisonnable permette de financer durablement votre niveau de vie.

Je pense que vous gagneriez énormément à lire la littérature anglophone sur le mouvement Financial Independence, Retire Early (FIRE). Vous y trouverez beaucoup de réponses à vos questions, souvent avec une approche beaucoup plus simple que celle que l’on rencontre habituellement sur les réseaux sociaux.

D’avance, bonne lecture à vous deux ! :open_book:

EDIT:
J’ai l’impression que tu cherches déjà à optimiser les détails d’un patrimoine que tu es encore en train de construire.

À 28 ans, avec 4 500 € de capacité d’investissement mensuelle et plusieurs décennies devant toi, ton principal moteur sera probablement la régularité de ton épargne bien plus que l’optimisation de ton allocation au pourcent près.

Bonjour et merci pour ce retour détaillé.

Concernant la simplification, mis à part la petite allocation en argent, chaque classe d’actifs retenue m’a semblé apporter une contribution plus ou moins importante en termes de diversification ou de profil rendement/risque. À titre d’exemple, j’avais écarté les obligations high yield ainsi que les obligations d’entreprises, leur comportement étant relativement proche de celui des marchés actions. L’effet diversifiant me paraissait donc assez limité.

J’ai effectivement été influencé par de nombreuses lectures, des cours, des papiers académiques, mais aussi des vidéos et des forums présentant parfois des approches totalement opposées. Cela m’a surtout permis d’élargir le champ des possibles et de remettre en question certaines idées reçues.

Ensuite, j’ai essayé de construire une allocation cohérente à partir de plusieurs backtests, tout en gardant quelques principes directeurs :

  • conserver un moteur de croissance important via les actions ;

  • améliorer la robustesse face à différents régimes de marché ;

  • rester suffisamment simple à exécuter et à maintenir dans le temps.

Je suis bien conscient que les backtests ont leurs limites et qu’ils ne préjugent en rien des performances futures. Ils m’ont surtout servi comme outil de réflexion pour comparer différentes approches.

J’avais également été assez marqué par un passage du livre What I Learned Losing a Million Dollars de Jim Paul. Il y décrit le moment où il doit annoncer à sa femme et à sa famille qu’il a perdu une fortune sur une position en contrats à terme sur le soja, ainsi que le sentiment de honte et de peur qui l’accompagne. Au-delà de l’aspect financier, c’est surtout la dimension psychologique qui m’avait interpellé. Cela a probablement renforcé mon envie de construire un portefeuille suffisamment robuste pour être plus facile à conserver dans des environnements de marché difficiles.

Concernant les enveloppes, je m’attendais effectivement à davantage de réponses orientées vers l’assurance-vie. À la lecture des différents retours, poursuivre simplement sur CTO une fois les PEA remplis me semble finalement être la solution la plus cohérente. Nous avons de toute façon encore de la marge avant d’atteindre les plafonds des deux PEA.

Enfin, je vais me pencher sur la littérature FIRE. Je vais commencer par The Simple Path to Wealth de JL Collins, comme vous me l’avez conseillé, ainsi que Quit Like a Millionaire de Bryce Leung et Kristy Shen, qui revient lui aussi très régulièrement dans les recommandations de lecture.

Merci encore pour votre retour.

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