Je suis en ligne avec la méthodologie des calculs, pour peu qu’on considère que le rendement des actions et du fonds Euros a une corrélation nulle… Ce qui n’est pas une hypothèse déconnante. ![]()
Il y a plein de subtilités pour faire ce genre de portefeuille avec levier !
Je suis d’accord avec toi, une bonne contrainte à valider, c’est que le portefeuille ne doit pas exploser si des configurations extrêmes se reproduisent.
- Par exemple, ou pourrait limiter son levier pour ne pas avoir d’appel de marge si les actions faisaient -70% et les obligations -20% simultanément, tout en gardant du mou pour payer 3 ans d’intérêts.
- Ou alors définir des règles inflexibles de déleveraging lorsque le taux de levier augmente trop (prix des actions baisse, dette stable > taux de levier augmente) : on augmente le volatility drag, qui a pour effet de baisser le rendement composé d’environ 0,5 x volatilité² par rapport à un montant de levier fixe à la baisse (cas d’une avance sur AV qu’on ne rembourse pas), mais on limite grandement le risque de faire tapis.
Mais ce n’est pas la seule considération de risque à avoir. Avec du levier, la volatilité du portefeuille va aussi s’accroître :
sigma(avecLevier) = sigma(sansLevier) x levier
Et la volatilité a un impact sur le rendement composé. Tu peux l’approximer par :
E(avecLevier) = E(sansLevier) + (E(sansLevier) - tauxLombard) x (tauxLevier - 1) - 0,5 x Sigma(sansLevier)^2 x tauxLevier^2
Où tauxLevier = 1,3 si tu empruntes 30% par exemple, E(x) est l’espérance de rendement et Sigma est l’écart-type.
Pour calculer la répartition optimale en termes d’équilibre entre le rendement et le risque, une méthode usuelle est chercher à maximiser le ratio de Sharpe (les puristes parlent de Mean Variance Optimization) et à ajouter du levier dessus (en tenant compte des coûts de crédit).
La partie difficile, c’est d’estimer les espérances et les volatilités : ça a beaucoup d’impact sur la proportion idéale. En outre, on veut estimer ces informations nettes d’inflation et idéalement d’imposition.
Typiquement, je ne parierais pas sur une espérance de rendement annualisée de 8% pour le MSCI World (mettons 6% nets d’inflation). Je serais plutôt autour de 4% car les valorisations (Shiller CAPE) sont élevées en ce moment. La volatilité à 10 ans peut servir pour estimer la volatilité future, faute de mieux.
Le fonds Euros peut éventuellement être approximé comme un actif avec une volatilité nulle (ce qui fait que la volatilité du mix est celle des actions x le % d’actions comme tu le fais). J’avais extrait les données pour le fonds Euros Exclusif, tu peux considérer qu’il va faire de l’ordre de 1,2% au-dessus de l’inflation pour le moment (plus précisément +0,3% au-dessus du rendement réel des obligations indexées sur l’inflation).
Il ne faut pas oublier d’ôter les frais d’enveloppe et de gestion pour les actions, ils représentent une part substantielle de la surperformance.
Tu peux plugguer ça dans une formule pour tenir compte de ton aversion au risque. Ca revient à maximiser le rendement ajusté du risque (le Solver Excel est un outil bien pratique pour ce genre de trucs) :
RaR = E(Fonds€) + %Actions x (E(portefeuille) - 0,5*%Actions x gamma x sigma²)
Où tu exprimes les E(x) en net d’inflation.
Tu pourras constater que la fraction action baisse assez vite lorsque l’écart entre l’espérance de rendement des actions et l’actif sans risque baisse et que le coût d’emprunt pèse vite dans la balance.
Donc typiquement, là où tu trouves un portefeuille optimal entre 50 et 60% d’actions, je suis plutôt aux alentours de 40%.
La bonne nouvelle, c’est que dans ce genre d’optimisation, le rendement ajusté du risque bouge assez peu autour du % d’actions optimal. Prendre 10% d’actions en plus ou en moins ne va pas radicalement changer la donne.
Tout ça pour ça. ![]()
Après, si t’es un grand malade comme moi, tu ajoutes d’autres actifs dans la simulation (immobilier, obligations, ETFs factoriels…), tu estimes leurs corrélations, tu tiens compte des plus-values latentes sur tes différents supports…
C’est pour ça que je ne partagerai pas mon Excel. Pas parce que je ne veux pas vous aider, mais parce que c’est un monstre construit par strates successives, qui contient trop de trucs codés à l’arrache contextuels à ma situation (et probablement des erreurs). ![]()
Si, tu peux reverser sur la même AV, mais ça ne serait pas optimal : tu veux garder le cash dans une enveloppe non nantie et raisonnablement liquide. Par exemple un PEA (ce qui diminue la volatilité de l’AV car elle contient moins d’actions = moins de risque d’appel de marge) ou sur une seconde AV Boursorama. Mais un CTO peut aussi faire l’affaire. Tu devras de toute façon réaliser des cessions (donc avec impôt) pour rembourser l’avance… A moins d’avoir d’autres sources de crédit pour faire rouler le prêt, mais c’est une autre histoire.