Bonsoir,
Merci pour le partage, c’est un beau sujet – et un montant qui mérite un vrai “plan de vol” pour éviter les erreurs de séquencement.
- Avant tout : compartimenter par horizons (et ne plus mélanger les objectifs)
Avec 420 k€ dispo, je mettrais des barrières mentales claires :
• Immédiat (60 k€) : 40 k€ “plaisir” + 15–20 k€ travaux. À laisser en cash/livrets jusqu’à paiement effectif.
• Option RP 5–7 ans (100–150 k€) : capital sanctuarisé hors marchés actions. But : zéro “risque de calendrier” le jour où une opportunité se présente.
• Long terme (reste ~210–260 k€) : moteur de croissance/revenus (PEA + poche obligataire/AV + poche or/BTC).
Le simple fait d’isoler l’“option RP” enlève 80 % du stress sur le timing de marché.
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- Où “parquer” en attendant d’entrer progressivement (ta question n°1)
Trois parkings complémentaires, chacun avec son rôle :
• Livrets réglementés / CAT : pour les décaissements certains < 12 mois (travaux, échéances connues).
• Assurance-vie multi-supports, UC monétaires/oblig. très court terme : pour lisser sur 6–18 mois avec une volatilité minime (attention, ce ne sont pas des fonds € garantis, mais la variation reste faible). Frais de gestion de l’AV à surveiller, sinon ça ronge le rendement.
• Fonds € sur 12–36 mois si tu acceptes l’illiquidité relative et les contraintes du contrat (versements/rachats, éventuelle part UC) : pratique pour “porter” l’option RP sans risque de prix.
Éviter de laisser dormir du cash sur PEA/CTO : sur PEA le cash n’est en général pas rémunéré, autant parquer en AV/monétaire puis basculer selon ton rythme d’achats.
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- PEA : simplifier, mondialiser, garder le stock-picking en satellite
Je rejoins en partie @Eric6 et @Clitorine : aujourd’hui, ton PEA projeté sur-pondère la France et l’Europe et duplique l’exposition (Stoxx50 + World + S&P500 + grosses FR).
• Cœur (≥ 70 % du PEA) : ETF Monde éligible PEA (synthétique par contrainte PEA, mais UCITS, collatéralisé, risque opérationnel maîtrisé) + un tilt modéré (p. ex. +10–15 %) sur Europe ou Quality/Small Europe si tu veux un biais. Garder deux ETF cœur max pour rester pilotable.
• Satellite (≤ 30 %) : 4–6 convictions max (Air Liquide, LVMH/Hermès, Schneider/ASML, etc.). Ça te donne de la saveur sans transformer le PEA en musée.
• EM : à la marge (0–10 %). Ils sous-performent depuis des années ; rien n’interdit le retour en grâce, mais ce n’est pas le cœur de la perf mondiale.
Détail important : si tu envisages de retirer 100–150 k€ dans 5–7 ans, ne planifie pas de le prendre sur le PEA. Même après 5 ans, un retrait entame la magie de la capitalisation et t’expose au risque de vendre dans un creux. Mieux vaut sanctuariser l’option RP hors PEA (voir §1) et laisser le PEA courir le plus longtemps possible.
Rythme d’entrée : lisser sur 6–12 mois en tranches fixes (pas d’“amélioration du market timing” magique, mais ça t’épargne les regrets). Si tu veux un garde-fou : tranches mensuelles + micro-ajustement de 10–20 % en cas de drawdown > 10 % sur l’indice.
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- CTO/AV et obligations : passer de “90 k€ en direct” à une ladder robuste
Acheter des obligations d’entreprises en direct suppose d’accepter le risque d’émetteur et de bien gérer la liquidité. Pour un patrimoine familial, je ferais plus simple et plus diversifié :
• Objectif 5–7 ans (option RP incluse) :
• 40–60 % monétaire/ultra court terme (UC monétaires en AV ou ETF monétaires en CTO).
• 20–40 % IG court/medio (duration ~2–4 ans, Europe diversifiée) via un ou deux fonds/ETF.
• 0–20 % souverains 3–7 ans pour l’effet convexité si les taux baissent.
• Objectif long terme (revenus) : tu peux compléter par un ETF obligataire IG “barbell” (un peu de court, un peu de 7–10 ans) pour capter un peu de bêta taux dans un scénario de détente monétaire.
Avantages : diversification automatique, exécution facile, pilotage par poche. Et si tu tiens absolument à du direct, borne par ligne (ex. 5–10 k€) et reste IG court/moyen terme.
Fonds € vs fonds monétaires/oblig. : les offres “boostées” en AV existent, mais lis bien les conditions (période limitée, versement mini, allocation UC obligatoire, plafonds). Les monétaires UC ne sont pas garantis en capital mais la vol est très basse et la liquidité quotidienne.
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- Or et BTC : dimensionner et cadencer
• Or (25 k€) : si c’est une assurance plus qu’un pari, étale en 4–6 tranches et mixe (physique type pièces courantes + ETC adossé à du physique en CTO) ; pense stockage/assurance si physique.
• BTC (25 k€) : plutôt DCA sur 12–24 mois que “attendre 2026–2027” (le “bon moment” est visible rétrospectivement). Et borne l’ensemble “alternatifs” (or+BTC) à ≤ 10 % de ton patrimoine financier pour dormir tranquille.
• Rappel utile : pas d’emprunt pour financer ces poches, et aucun levier.
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- Transmission / enfants / cadre conjugal (soulevé par @Alexandre_HUMBERT)
• PEA pour les enfants : on n’“ouvre” pas un PEA à un mineur, mais il existe le PEA Jeunes (18–25 ans rattachés fiscalement) avec plafond dédié. En pratique pour préparer, le plus efficace est d’ouvrir une AV par enfant (tu restes souscripteur, eux bénéficiaires) et d’y mettre du monétaire/fonds € tant que l’horizon est court, puis basculer vers des UC quand l’horizon s’éloigne.
• Clause bénéficiaire de tes AV : à soigner (clause démembrée, ou clauses avec répartition fine) pour équilibrer au sein du couple et des enfants.
• Régime matrimonial : non précisé. À revoir avec un notaire (communauté vs séparation, préciput, donations partages), surtout avec des écarts d’avoirs entre époux et la présence de biens en indivision/SCI familiales.
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- Réponse point par point à tes doutes
• “Comment sécuriser pendant le lissage PEA ?”
Parkings : AV en UC monétaires/oblig. très court terme + livrets. Évite de “monétiser” dans le PEA (peu ou pas rémunéré). Fixe un calendrier d’achats et exécute.
• “La répartition est-elle redondante ?”
Oui côté actions : World + S&P500 + Stoxx50 + grosses FR, c’est beaucoup de recouvrement. Va vers 2 ETF cœur (World ± tilt Europe) + 4–6 titres FR en satellite. Les EM : 0–10 %. Garde l’essentiel de la “bêta” actions dans le World.
• “Améliorations selon objectifs”
- Isoler l’option RP dans des supports à faible volatilité (AV monétaire/fonds €), pas dans le PEA.
- Transformer la poche obligataire en ladder diversifiée (monétaire + IG court/moyen + un peu de souverain).
- Limiter le nombre total de lignes (objectif : pouvoir tout relire en 30 minutes).
- Mettre par écrit des règles de rééquilibrage (ex. actions ±5 pts autour d’une cible, arbitrages semestriels).
- Or/BTC : en tranches, plafond agrégé ≤ 10 %.
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- Exemple d’atterrissage possible (à adapter)
• Option RP 5–7 ans : 130 k€
50 % UC monétaire AV · 30 % fonds € · 20 % IG 1–3 ans.
• PEA (150 k€ sur 12 mois)
75 % ETF Monde (PEA éligible) · 10 % tilt Europe (Quality/Small) · 15 % 5–6 actions FR/EU de conviction.
• CTO/AV long terme (80–110 k€ selon travaux)
50 % IG 2–5 ans (fonds/ETF) · 25 % monétaire/ultra-court · 25 % “barbell” (un peu 7–10 ans).
• Or/BTC (jusqu’à 50 k€ au total, étalés)
50/50 or/BTC, en 6–10 tranches.
Ce canevas te donne : une poche “opportunité RP” sans risque de timing, un PEA simple qui capture la croissance mondiale, une poche taux lisible, et des alternatives dimensionnées.
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- Deux pièges à éviter (vus souvent dans des plans de cette taille)
- Changer de cap tous les trois mois parce que les marchés bougent : écris ta politique (cibles, bandes de rebal, calendrier d’achats) et applique-la.
- Sous-estimer l’opérationnel : trop de comptes/contrats tuent le suivi. Deux banques + un courtier + deux AV bien choisies suffisent largement. (Et garde trace de tout pour la fiscalité CTO/AV.)
Merci à tous de m’avoir lu.