Câest bien trop absolu votre raisonnement. Tout dĂ©pend du taux, de la durĂ©e de lâopĂ©ration, de lâabsolue certitude de garder le bien jusquâĂ la fin du prĂȘt (vu que lâon rembourse la plupart des intĂ©rĂȘts au dĂ©but de lâemprunt), etc. Le simple fait dâacheter avec un prĂȘt Ă 100% ne garantit en aucun cas la rentabilitĂ©, en particulier avec des taux relativement Ă©levĂ©s dâemprunt (ce qui ne semble pas ĂȘtre le cas ici). En partant de votre principe, il serait selon vous dans tous les cas plus rentable dâacheter sa rĂ©sidence principale plutĂŽt que dâĂȘtre en location, ce qui, contrairement Ă la pensĂ©e commune du « je jette de lâargent par les fenĂȘtres en location », est faux dans un grand nombre de cas, notamment en cas de revente infĂ©rieur Ă une douzaine dâannĂ©e en moyenne en ce moment en France.
Idem pour un achat locatif : trĂšs souvent, la rentabilitĂ© mĂȘme avec effet levier est un leurre. DĂšs que lâon se plonge dans les chiffres, et pas sur des principes gĂ©nĂ©raux et absolus, on se rend compte que pour accrocher une bonne rentabilitĂ© en LMNP, il faut impĂ©rativement trouver LE bien exceptionnellement pas cher, particuliĂšrement bien situĂ© et dans lequel des menus travaux redonnent beaucoup de valeur. Ce type de bien est rare, et demande une rĂ©elle expertise ; expertise que peu dâinvestisseurs dans lâimmobilier ont. Le but Ă©tant bien sĂ»r de se rapprocher le plus possible dâun cash flow positif, dans quel cas, oui il faut foncer. Mais aujourdâhui, entre les taux, les prix dâachat et la fiscalitĂ© peu avantageuse, Ă part quelques experts super bien renseignĂ©s, je ne vois pas qui y arrive.
Et je parle en connaissance de cause : en France on est tellement conditionnĂ© par le fait que TOUT LE MONDE ne jure que par lâinvestissement immobilier, que personnellement jâen ai fait un paquet des simulations dâachats pour mise en location ou pour achat de parts de SCPI, Ă crĂ©dit ou sans crĂ©dit. Dans tous les cas, je nâai jamais dĂ©passĂ© le 5% de TRI (que jâai mĂȘme rarement atteint). Câest selon moi bien trop peu pour une capacitĂ© dâemprunt rĂ©duite pendant 20 Ă 25 ans, trĂšs peu de flexibilitĂ© / liquiditĂ© de lâinvestissement, horizon obligatoire jusquâĂ la toute fin de lâemprunt sinon la rentabilitĂ© dĂ©gringole, etc. Surtout comparĂ© Ă beaucoup dâautres types dâinvestissements bien plus liquides et flexibles avec des TRI historiques supĂ©rieurs.
Bref, il ne faut pas se dire que lâeffet de levier est forcĂ©ment un bon plan : la rĂšgle gĂ©nĂ©rale dans lâinvestissement de tout type est justementâŠquâil nây a pas de rĂšgle gĂ©nĂ©rale. Si vous tombez dans des travers de ce type, que vous consultez plus de vidĂ©os YouTube que vous ne passez de temps Ă faire travailler vos propres chiffres, vous ĂȘtes certains dâĂȘtre déçus un jour. Chaque investissement se calcule prĂ©cisĂ©ment, et uniquement lĂ on peut ĂȘtre capable de se dire si le levier est mieux dans tel cas ou non.