Placer 100 000 € à 72 ans : sécuriser, optimiser, transmettre intelligemment

Bonjour à tous,

Je sollicite vos avis sur une situation patrimoniale concrète.

Ma belle-mère, 72 ans, a hérité récemment d’environ 100 000 € de liquidités suite au décès de son conjoint. Elle est propriétaire de sa résidence principale, qu’elle continue d’occuper, même si une partie du bien est désormais détenue par sa fille (transmission au décès).

Elle dispose déjà d’un patrimoine financier assez sécurisé :

Environ 200 000 € sur des fonds euros via assurance-vie

80 000 € placés en PEL et CEL

Ses livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) sont pleins

Elle souhaite préserver la disponibilité de ces 100 000 € en cas de besoin futur, notamment lié à la dépendance ou à un changement de cadre de vie. En parallèle, elle aimerait éviter que ce capital devienne une source de fiscalité successorale excessive pour sa fille.

Mettre encore cette somme sur un fonds euros lui semblerait redondant et peu optimal, d’où ma réflexion sur des alternatives un peu plus performantes, mais sans prendre de risque excessif. J’ai pensé notamment à des fonds à échéance prudents, qui permettraient d’obtenir un rendement légèrement supérieur.

Avez-vous des suggestions de produits ou de véhicules adaptés à ce profil patrimonial et à cet âge ? Je suis preneur de tout retour d’expérience ou piste de réflexion.

Bonjour @Nicolas1336 ,

Vous notez que votre belle-mère a hérité ce qui indique que la transaction a déjà été réalisée ?
Cela est dommage car une réflexion en amont de la perception aurait sans doute été opportune pour ce souci de transmission à sa fille pour éviter des droits de donation trop important.
Le fait d’accepter cet héritage de 100 000 € devient sans aucun doute une nouvelle source de fiscalité successorale pour sa fille, cela aurait pu être éviter.

Ce qui est fait est fait, on ne peut pas revenir en arrière.

Votre belle-mère a réellement des questions à se poser concernant la transmission de son patrimoine si elle ne veut pas que sa fille perde une grosse partie de celui-ci.

SI nous comprenons bien, elle a une seule fille et elle doit encore détenir la moitié en pleine propriété de sa résidence principale, est ce bien cela ?
Quelle est la valeur de sa part à elle ?

Concernant l’assurance vie :
Qui sont les bénéficiaires de l’assurance vie ?
Les fonds ont ils été placés avant ou après 70 ans ?

En liquidités :
PEL + CEL + Livret A + LDDS + LEP, nous somme sur un total de 125 000 €

Je pense que 200 000 € en Ass Vie + 125 000 € de liquidité + la moitié de la RP suffisent à votre belle mère pour assumer une dépendance sur quelques années mais je ne connais pas précisément sa situation.

Je comprend son sentiment de redondance en investissant les 100 000 € sur un fonds € mais à son âge elle doit rechercher l’optimisation de sa transmission avant le rendement de son patrimoine.

Votre belle mère a t elle déjà réalisée des donations à sa fille ?
Si oui, lesquelles ? Pour quel(s) montant(s) et à quelle(s) date(s) ?

Il existe plusieurs possibilités à votre belle-mère pour ces 100 000 € mais pas seulement car l’ensemble de son épargne est à mon sens à réorganiser. Cependant il est difficile de répondre sans répondre à ces premières questions élémentaires.

Petit tips avant vos réponses : Si les fonds de son assurance vie actuelle ont été placés avant 70 ans, il ne faut surtout pas replacer les nouveaux fonds dessus. Il faut rouvrir une nouvelle assurance-vie.
Cependant, ce n’est peut être pas la solution la meilleure, il existe d’autres opportunités.

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Bonjour, merci pour votre réponse très complète.

Effectivement, l’héritage a déjà été perçu et aucune stratégie n’avait été anticipée en amont, ce qui est dommage, notamment sur le plan fiscal. Comme vous le soulignez, on ne peut plus revenir en arrière.

Pour répondre à vos questions :

– Oui, elle a une fille unique.
– Elle détient 62,5 % en pleine propriété de sa résidence principale, estimée à 160 000 €.
– Concernant l’assurance-vie : la bénéficiaire est bien sa fille, et les versements ont été effectués après ses 70 ans, donc malheureusement pas d’abattement de 152 500 € applicable.
– Elle dispose de 125 000 € de liquidités (PEL, CEL, Livret A, LDDS, LEP).
– Aucune donation n’a été réalisée à ce jour, donc les abattements de 100 000 € + 31 865 € sont toujours mobilisables.

Concernant son état de santé : elle est actuellement en très bonne forme, très active, et autonome, sans aucun problème particulier à signaler. Bien sûr, on ne peut jamais totalement écarter un risque de dépendance à long terme, mais ce n’est pas une inquiétude immédiate à ce stade.

Le point sensible reste effectivement la peur de manquer si elle venait à avoir besoin de soins coûteux ou d’un hébergement spécialisé. Même si elle parle souvent de transmission, elle n’envisage pas de se séparer de capital dans l’immédiat. C’est ce qui complique les décisions à prendre, et limite les marges de manœuvre.

Encore merci pour vos éclairages, je reste preneur de tout conseil ou piste pour structurer les choses au mieux malgré ce contexte.

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bjr nicolas,

je voudrais juste essayer d’aborder le sujet sous un autre angle.

Je suis kiné en libéral, et ai svt ce genre de discussion avec qques patients : notre rapport avec l’argent. Je comprends que c’est très difficile de donner (et je ne sais pas si je saurai le faire moi même plus tard… la peur de manquer), donc ce n’est en aucun cas un jugement.

Aujourd’hui, belle-maman vit avec sa retraite et probablement une petite retraite de reversion, cela lui suffit-il ??
Ensuite, a t elle de gros besoin (part 6 fois par an en croisière, fais 4 pleins par mois dans sa Porsche…) ??

Elle dispose donc aujourd’hui d’un patrimoine financier de 325k. On va faire un calcul très très grossier… l’espérance de vie en France est de 85 ans pour une femme en France. Un ephad coûte mini 2k par mois (public) jusqu’à 3/4k en privé (peut-être +, je connais pas tous les tarifs de France…).

Si elle a besoin de 30k/an pour se payer son ephad, ca fait 11 ans. Et je ne mets pas volontairement les % que vont générer ces 325k tous les ans (allez, on se fait un p’tit 3%, ca fait 10k par an). Et j e n’ai pas compté la vente de la maison (62% de 160k, donc encore 100k de +…), et je n’ai pas compté le montant mensuel de sa retraite.

Donc si elle touche 10k d’interet, 10k de retraite (800€/mois, elle doit toucher bien +…), elle a un besoin de financement de 10k/an donc avec 325k, elle peut se loger 32 ans… la part des intérêts va diminuer puisqu’elle tape dans le capital, mais bon, calcul très grossier …

je vois svt des patients hérités autour des 60 ans, ils mettent l’argent à la banque car pas besoin, puis lorsqu’ils décèdent, leurs propres enfants héritent et mettent l’argent à la banque et ainsi de suite… donc les banques gardent ad vitam cet argent, qu’elle prête aux petits enfants de ces gens… DONNEZ CE FRIC AUX ENFANTS VOIRE PETITS ENFANTS QUI ONT DES CREDITS !!!

Mais c’est très dur de donner à nouveau (fais lire ce post à ta belle mère, elle verra peut-être les choses différemment…).

Par contre, tres bon post d’Alex : anticiper un max car fille unique, ca va faire mal…

bonne suite

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Bonjour Dan, ENFIN quelqu’un qui pense comme moi. Nos familles font pareille, ce même cercle incohérent de ne rien transmettre de génération en génération au profit des banques. Je compte bien rompre cette boucle avec ma fille.
J’espère que votre réponse ouvrira les yeux à un maximum de familles :ok_hand:

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les banques gagnent à coup sûr !! Elles récupèrent l’argent de papy, avec qques maigres interets, et repretent cet argent aux propres petits enfants, elles gagnent à coup sur !!! et nous, nous perdons à leur profit !!!

A nouveau, c’est très dur de donner, mais mes parents m’ont prêter 50k, mon frère 15k, j’ai soldé ma rp !!!

J’ai prêté 20k à mon frère pour solder son pret voiture et conso (pour financer son mariage !!).

Mais,aucun jugement , j’insiste, on verra si on a le courage de le faire un jour…

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Merci pour ton message, je suis assez d’accord avec ta description pragmatique de la situation.

Du point de vue de ma belle-mère, c’est plus compliqué. Tant qu’elle reste propriétaire de sa RP, elle a des frais de vie relativement élevés à cause du jardinier, de la chaudière, du ramonage de la cheminée etc. Avant qu’elle ne rentre en EHPAD, elle envisage d’engager du personnel à domicile, ce qui ferait s’élever la facture mensuelle à bien plus de 4000€/mois (avant même qu’elle n’entre en EHPAD). À côté de cela, elle prévoit aussi de s’acheter une nouvelle voiture, plus petite, maintenant que son mari est décédé… sachant que la précédente est invendable.

Ma belle-mère a aussi fait partie d’une génération qui s’est construite par le travail, ce qui explique qu’elle tienne tant à cet argent qui est le fruit des efforts d’une vie.
D’autre part, elle a beaucoup manqué étant jeune. Je pense que cette peur du manque est restée ancrée en elle. Parfois, j’ai même l’impression qu’actuellement, elle pense ne pas avoir assez encore (elle semblait réticente à l’idée d’effectuer une renonciation en faveur de sa fille sur les assurances-vie de son défunt mari). D’ailleurs, si la notaire ne l’avait pas recommandé, je doute qu’elle aurait renoncé. Elle l’a quand même fait, car sa fille lui a promis de mettre ces liquidités en sécurité afin de pouvoir s’en servir pour financer son EHPAD si cela s’avérait nécessaire.

Je ne suis pas devin, mais j’ai également l’impression qu’à vouloir toujours anticiper le pire, on fait un beau cadeau aux banques et à l’État. Cependant, je peux comprendre qu’on veuille anticiper tous les scénarios possibles, y compris les plus pessimistes.

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Bonjour Nicolas,

C’est toujours mieux en effet quand on peut anticiper et faire la pédagogie nécessaire.

C’est déjà bien si elle a accepté de renoncer au bénéfice des assurances vie de son défunt mari, c’est déjà transmis sans reporter sur sa propre succession.

Je sais que ce n’est pas évident avec cette génération (à juste titre comme tu as pu l’expliquer) mais il faut essayer de leur faire prendre conscience de la situation, c’est ce que je fais régulièrement quand je rencontre des personnes dans sa situation.

A savoir :
Son actif successoral à ce jour, se chiffrerait à 495 000 € environ.
Si elle ne met rien en place avant son décès, sa fille devra honorer environ 80 000 € de droits de succession à l’Etat donc elle perdra quasiment l’héritage qu’elle vient de percevoir.
Donc sur 525 000 € environ à percevoir, elle n’en aurait « que » 445 000 €, c’est déjà une très belle somme mais sur laquelle elle perd pourtant 15% de la succession.

Si elle n’a pas réalisé de donation, elle peut réaliser avec le jeu du démembrement une sortie de 188 000 € de son actif successoral en faveur de sa fille sans s’en démunir complètement.
Soit une économie de droits de succession de plus de 37 500 €.
Si elle a des petits enfants majeurs, elle peut continuer à sortir de son actif successoral 91 000 €.
Soit une économie de droits de succession de 18 000 €/ petit enfant
Elle pourrait même utiliser comme levier supplémentaire les sommes perçues par sa fille des assurances vie de son défunt mari pour transmettre hors succession encore plus de fonds.

Des fois, juste le fait de poser des chiffres permet de débloquer certaines situations.

Juste par « curiosité », qui lui a conseillé de verser 200 000 € sur des fonds € d’assurance vie à son âge ?

Concernant les donations et les démembrements, cela peut faire peur au premier abord mais selon les situations personnelles il faut étudier ce qui est le plus pertinent de donner.

De ce que je comprend de la situation, elle souhaite conserver du capital mais finalement c’est les revenus pour honorer les dépenses à venir qui la préoccupe ?
A t elle exprimé un montant ou un delta entre ses revenus actuels et les revenus qu’elle aimerait pour honorer toutes les dépenses mensuelles envisageables ? Si oui, lequel ?

Il y a plusieurs opportunités dans le cas de votre belle-même qui peuvent se compléter mais cela va vraiment dépendre des ses objectiifs personnels.

Bonjour et merci pour ton retour,

Petite question de clarification sur un point : tu évoques la possibilité, via le jeu du démembrement, de sortir 188 000 € de l’actif successoral. Or, dans le cas de ma belle-mère, la seule base patrimoniale actuellement démembrable est sa quote-part de 62,5 % sur un bien immobilier estimé à 160 000 €, soit environ 100 000 € de valeur. Je ne vois pas comment le schéma pourrait permettre d’atteindre les 188 000 € indiqués. Pourrais-tu m’expliquer comment lui permettre de profiter du démembrement au-delà de 100 000 € ?

Concernant les 200 000 € placés en fonds euros : elle a hérité de cette somme à la mort de son frère, alors qu’elle avait déjà 70 ans. Ce n’est pas un choix qui m’a impliqué à l’époque, mais je suppose que son banquier l’a orientée ainsi. En tout cas, cela correspond assez bien à son degré d’aversion au risque : elle n’a jamais investi en bourse, et elle recherche avant tout la sécurité, pas la performance.

Sur sa logique patrimoniale : elle ne cherche pas à générer du revenu. Elle considère que le capital qu’elle détient est là pour être utilisé, le moment venu, si sa situation évolue. Sa grande crainte est de devoir faire face, sur plusieurs années, à des charges lourdes liées à une entrée en EHPAD ou à l’embauche de personnel à domicile. Ce ne seraient pas, pour elle, des dépenses exceptionnelles, mais des scénarios durables qui pourraient profondément entamer le capital qui lui reste. C’est ce risque qu’elle cherche à couvrir, d’où sa réserve face à l’idée de transmettre « trop tôt ».

Merci encore pour tes éclairages.

De rien, profites des conseils et renseignements gratuits :wink:

Concernant ton interrogation sur la possibilité de ta belle mère de sortir 188 000 € de son actif successoral.
En vérité, elle peut sortir de son patrimoine taxable quasi immédiatement environ 88 000 € et donner 100 000 € de Nue Propriété qui sortiront de son actif successoral dans 15 ans.
Donc elle permet d’économiser immédiatement 17 600 € de frais de succession et 20 000 € par la suite.

Comment ça se passe ?
Il n’y a pas que les biens immobiliers que l’on peut démembrer.
Elle peut donc démembrer certains placements pour la même efficacité successorale.

Concrètement, elle donne à sa fille 131 865 € qui cette dernière s’engage à contracter la NP et ta belle mère apporte 56 000 €.
Le jour de son décès, elle aura donc transmis 188 000 €.
De son vivant, elle peut bénéficier du placement ou des fruits du placement.

Pour les 200 000 €, en effet, ça ressemble typiquement à un conseil bancaire qui n’a vu que son intérêt à faire une belle ligne de 200 000 € pour faire plaisir à son chef.
Aucun conseil patrimonial derrière cela.
Son aversion aux « risques » est une chose mais par manque d’explication et de pédagogie ces générations ne veulent placer que sur les livrets et fonds €.
Je ne parle pas d’aller chercher de la performance à tout prix, je parle de faire comprendre à une personne l’intérêt de mettre en place des dispositions pour s’organiser aux mieux.

La situation que tu décris dans sa logique patrimoniale est relativement égoïste (manger le capital plutot que le transmettre) et je ne pense pas qu’au fond d’elle ce soit son souhait véritable.
Par manque de compréhension, d’éducation sur le sujet, les personnes pensent que la seule solution pour financer des futures dépenses un peu plus importantes ils vont être obligé de manger le capital.
Ce qui peut être en partie contrer si on ne fait pas le choix de placer ses fonds exclusivement sur des livrets réglementés, des PEL, des CEL et des fonds €. C’est sur qu’au vu de leurs rémunérations, les intérêts ne suffiront pas et le capital sera amputé.

Je te rejoins sur le fait que si elle a besoin de services à domicile ou d’aller en EHPAD les dépenses seront plus importantes. Mais il faut poser les chiffres avec elle pour je pense au final la rassurer.
Quel est le montant de sa retraite ?
Quel delta pour financer les futures dépenses serait nécessaire ?
Avec le patrimoine actuel, combien de temps peut elle rester à domicile avec des services ? Combien de temps peut elle rester en EHPAD ?

Avec plus de 500 000 € devant elle et les fonds détenus par sa fille, je pense quelle peut y vivre un certain nombre d’années.
Avec une stratégie de complément de revenus, elle pourra largement multiplier cette durée et déjouer pas mal de pronostics non ?

Je sais que c’est dur, mais il faut lui faire comprendre qu’elle va enrichir l’Etat pour rien et qu’en s’organisant bien elle conserve les fruits de son patrimoine pour qu’il lui serve jusqu’à la fin de sa vie.
Un complément de revenu de plus de 1 000 € par mois par exemple serait déjà une belle chose à mon sens.

Je t’avoue que j’ignorais totalement qu’il était possible de démembrer autre chose qu’un bien immobilier. C’est une vraie découverte pour moi, et je suis bien content de l’apprendre. Ça ouvre des perspectives auxquelles je n’avais pas pensé. Cela dit, autant je vois très bien comment fonctionne le démembrement sur un bien immobilier — avec l’usufruit qui correspond à l’usage et la perception des revenus (loyers, etc.), et la nue-propriété qui correspond à la détention des « murs », autrement dit du bien en tant que tel — autant j’ai plus de mal à comprendre comment cela se traduit concrètement lorsqu’il s’agit d’une somme d’argent.

Pourrais-tu m’en apprendre davantage sur ce point ? Je me demande quels sont précisément les droits de l’usufruitier et ceux du nu-propriétaire lorsqu’il s’agit d’une somme d’argent.

Par exemple :

  • L’usufruitier peut-il investir ou dépenser intégralement cet argent ? Et dans ce cas, est-ce que le nu-propriétaire a un mot à dire sur la gestion de ces fonds ?
  • Au moment du décès de l’usufruitier, si ce dernier a investi la somme dans un placement qui a généré des performances, comment sont traitées la plus-value ou, à l’inverse, une éventuelle moins-value ? Y a-t-il un recalcul des droits de succession ?
  • Toujours au moment du décès de l’usufruitier, si ce dernier a utilisé ou dépensé la totalité du capital démembré (en supposant que cela soit juridiquement possible), que se passe-t-il sur le plan patrimonial ? Existe-t-il alors une dette à l’égard du nu-propriétaire correspondant à la valeur de la pleine propriété initiale, ou la somme est-elle définitivement « perdue » pour le nue-propriétaire ?

Je serais vraiment preneur d’un exemple complet sur le plan patrimonial et fiscal, car là-dessus j’avoue que je suis un peu confus.

Sur le fond, je te rejoins aussi sur ton analyse plus générale. Je suis convaincu que si elle avait une meilleure compréhension de l’impact de ses choix, notamment sur les gains que réaliseront la banque et l’État au détriment de sa fille, elle chercherait probablement à optimiser les choses autrement. L’un des grands obstacles, c’est que ma belle-mère n’est pas très à l’aise avec les sujets complexes, surtout financiers. Elle n’a pas un profil très scolaire, elle se sent vite dépassée quand on aborde ces thématiques, même quand on essaie de vulgariser. Il faudra donc que je trouve un moyen très simple et visuel de lui faire comprendre les enjeux, en évitant tout jargon. À ce titre, je te remercie encore pour les bonnes questions que tu poses à la fin de ton message. Je vais essayer de faire l’exercice avec elle. Poser ces chiffres à plat pourrait réellement l’aider à se projeter et surtout à se rassurer.

D’ailleurs, quand tu évoques la possibilité d’un complément de revenu de plus de 1 000 € par mois, est-ce que tu penses à une stratégie basée sur des placements financiers type bourse (obligations, ETF, etc.) ? Ou envisages-tu d’autres supports plus « conservateurs » mais un peu mieux rémunérés que les livrets réglementés ?

Merci encore pour ton temps et la qualité de tes explications. C’est précieux, surtout quand on n’a pas de conseiller réellement compétent sous la main.

J’apprécie de pouvoir te faire avancer dans la réflexion même si finalement toutes les idées ou préconisations ne seront pas mises en place si ta belle mère est vraiment réfractaire mais au moins tu es curieux et tu t’intéresses.
C’est ces relations que je recherche avec les clients car cela permet le plus souvent de construire de belles stratégies.

Pour les solutions en démembrement, je fais toujours une présentation aux deux « parties » car, comme dans ton cas, c’est une vraie décision de famille à prendre en concertation.

Il est possible :

  • De démembrer des clauses bénéficiaires d’assurance vie pour transmettre des montants plus importants.
  • D’ acquérir des biens immobiliers en démembrement afin d’optimiser la transmission, la fiscalité, le montant des revenus.
  • De démembrer ou de souscrire en démembrement des contrats de capitalisation.
  • De démembrer ou de souscrire en démembrement des parts de SCPI.
  • Etc…

Pour répondre à tes questions, il est compliqué de te donner une réponse unique à certaines d’entre elles car cela peut déprendre du type de placement mis en place.

  1. L’usufruitier dans un contrat de capitalisation a, par défaut, l’ensemble des droits de rachat, arbitrage sauf si une convention de démembrement a été mise en place permettant de cadrer les pouvoirs par exemple un montant maximum de rachat annuel ou cumulatif, une obligation d’information du NP en cas de rachat de plus de X % de la valeur du contrat, accord conjoint, etc…
    En cas de bien immobilier ou de parts de SCPI, l’US a besoin la plupart du temps de l’accord du NP pour effectuer une vente par exemple.
    C’est vraiment à voir lors de l’opération, à border avec le conseiller ou le notaire, à établir entre les « parties » pour une meilleure clareté.

  2. Lors du décès, l’US revient au NP sans formalité fiscale et donc sans droits de succession même si plus-value ou moins-value.

  3. Dans la plupart des cas, le capital utilisé est « perdu » et il n’y a pas de compensation. Le NP réalise l’opération en connaissance de cause. Mais cela peut être bordé par la convention de démembrement ou le notaire pour plus de clareté sur le sujet.

Exemple :
Je te prends l’exemple pour des parts de SCPI puisque je parlais d’une opportunité de compléments de revenus.
Je ne parle pas de bourse (ETF, Obligations, actions, …) car au vu de sa sensibilité, de son âge et de l’objectif ce n’est pas du tout adapté.

La fille achète la NP des parts des SCPI (70% de la valeur) et la belle mère achète l’US Viager des parts (30 % de la valeur)
Ta belle-mère utilise le don de 100 000 € et le don de 31 865 € en faveur de sa fille en lui virant les fonds directement et elles procèdent ensemble à la souscription.
La fille va verser 131 864,60 € et la belle mère 56 513,40 € soit une souscription totale de SCPI de 188 378 €.
Ta belle mère étant usufruitière des parts, elle va percevoir la totalité des revenus des 188 378 € comme si elle les avaient souscrites en PP.
Si on part sur une projection de 5% de taux de distribution (largement atteignable à ce jour), cela lui fait 785 € de compléments de revenus par mois.

Le jour du décès, les parts de SCPI reviennent en PP à sa fille et c’est elle à ce moment là qui percevra les compléments de revenus. Elle assure donc à sa fille des revenus réguliers dans le temps également.

Est-il plus intéressant de « manger les 188 000 € » par des retraits successifs du fait des dépenses (Services, EHPAD, etc…) ou de transmettre le capital et de ne vivre que sur les revenus générés ?

Elle peut faire le même principe avec les petits enfants.
L’intérêt est encore plus « intéressant » car les petits enfants bénéficient d’un abattement pour le don classique qu’ils n’ont pas sur la succession.
Ils peuvent aussi bénéficier du don de sommes d’argent de 31 865 € s’ils sont majeurs.
Si on combine les deux dons, les opérations avec les petits enfants seront de 91 000 € par petit enfant.
Avec un seul petit enfant, on arrive à un complément de revenu de plus de 1 000 € par mois.

Si elle souhaite protéger sa fille, il peut être mis en place une réserve d’usufruit pour sa fille afin que ce soit elle qui bénéficie de l’US des parts des petits enfants à son décès. Loisir à elle de percevoir les revenus toute sa vie ou d’y renoncer afin que les petits enfants deviennent PP.

Je ne dis pas que c’est la solution qu’il faut à tout prix mettre en place mais c’est une piste à étudier plutôt que simplement mettre 200 000 € sur un contrat d’assurance vie qui rentrera pour 170 000 € dans la succession comme son conseiller bancaire a fait à l’époque.
Et de l’accroitre encore de 100 000 € avec la succession actuelle.

J’espère ne pas t’avoir perdu dans mes explications un peu techniques mais que je pense interessantes dans ton cas.
Je sais que l’on est sur Finary pour apprendre et faire soit même les choses mais de tels montages ne sont jamais abordés. Et il est compliqué de mettre en place tout seul sans accompagnement ce type de solution (notaire et conseiller) car peu de personnes prennent le temps de perfectionner autant les stratégies.

En tout cas, n’hésites pas si tu as d’autres questions, on peut encore travailler ta problématique ensemble.

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Les indicateurs synthétique de risque pour les ETF obligations sont de 3 ou 4 sur 7, similaires aux SCPI.

Nous avons la chance aujourd’hui d’avoir accès à des instruments disponibles chez ishares, bnp, xtrackers et consorts beaucoup plus diversifiés que les SCPI, moins chargés en frais, et beaucoup plus liquides.

L’avis indiquant que les obligations ne sont pas du tout adaptées me semble radical et je ne le partage pas. La bourse et les obligations méritent au moins d’être mentionnés, d’autant qu’il est possible de ne pas choisir et de prendre les deux, obligations et SCPI.

J’ajouterais également qu’un CTO peut aussi être démembré, ce qui n’est pas mentionné dans le post par ailleurs instructif.

Dans la mesure où les avantages successoraux majeurs des assurances vie, l’abattement de 152500€, ne sont plus accessible passé 70 ans, Il faut rappeler que le CTO dispose d’avantages successoraux quel que soit l’âge qui mériteraient d’être évalués dans ce cas. Notamment car le pru des titres peut être majoré des droits de succession, ce qui peut parler à une fille ou un beau fils familier de la bourse. Et de permettre in fine d’effacer des plus values effectuées par ailleurs.

Un indicateur de risque ne veut pas dire que c’est adapté à la situation présente.
Vous allez faire investir la belle mère dans des ETF obligataires? Pour quel objectif ? Dans quelle enveloppe ? Pour quel rendement ?

Vous avez en effet le droit de ne pas partager mon avis et fort heureusement.
J’ai juste donné un exemple pertinent parmi tant d’autres car j’ai bien dis qu’ils y avaient de nombreuses opportunités.

La solution assurance vie ne dispose plus de l’abattement de 152 500 € mais de l’abattement de 30 500 € et de l’exonération des PV, cela n’est pas négligeable par rapport à conserver les fonds sur un PEL, CEL ou livrets mais il y a mieux à faire.

Par contre, le CTO ne dispose pas d’avantages successoraux en lui même.
C’est le fait que les PV sont purgées au jour du décès et que les droits de successions et autres frais vont venir augmenter le PRU des titres détenus. Cela reste un pari sur l’avenir de PV ayant besoin d’être gommées.
Quid des acteurs sur le marché qui vont être compétents pour effectuer cette opération ^^
Trade Républic ?
Fortunéo ?
BoursoBank ?

C’est une solution envisageable mais compliquée à mettre en place pour une dame de 72 ans pas du tout familière de la bourse et de son fonctionnement.

Scrollez le forum ou cherchez primo pierre via la fonction de recherche. Vous verrez que beaucoup de personnes ayant investis en SCPI ne maîtrisaient absolument pas les risques auxquels ils se sont exposés, et le regrette aujourd’hui. Je pourrais donc émettre la même remarque: est-ce que cet actif est bien adapté à cette dame de 72 ans. Car le fil laisse penser que les SCPI sont des instruments « simples » par-rapport aux instruments disponibles en bourse. Mais je ne vois pas sur quelle base cette affirmation peut être justifiée.

La succession sera peut-être dénouée dans 20 ans. Il faut prendre les choses dans le bon sens. Soit l’allocation peut être réellement travaillée avec une réelle diversification, différentes classes d’actifs, quitte à être accompagné. Soit il faut aller vers des actifs réellement non risqués type fond euros, ce qui exclut les SCPI.

Sur les questions de succession il est de toute façon pertinent de s’adresser a minima à un notaire.

Je ne comprends pas votre démarche.

Vous militez contre les SCPI alors que ce n’était qu’un exemple pour illustrer les donations en démembrement et l’efficacité du montage.
Mais comme je l’ai di, il existe plein d’autres solutions demembrables.
Prendre l’exemple de primo-Pierre est un peu simpliste, parlez d’illiquidités n’est pas représentatif du marché.

Vous philosophez de grandes phrases sur l’obligataire et la pertinence pour ce cas très précis mais vous n’apportez aucun argument, aucun chiffre, aucune situation réelle.
Soyez factuel et montrez la pertinence de votre idée pour la belle mère.

Bien sûr qu’avec un tel montant, une telle situation et une telle problématique, il faut se faire accompagner mais ce n’est pas la doctrine première de ce forum.

Le notaire va pouvoir expliquer la succession et mettre en musique certaines idées mais il n’aurait pas toutes les solutions possibles et surtout il ne peut pas les conseiller.

Non, j’interroge votre blocage concernant la bourse alors que vous savez pertinemment que de nombreux supports existent et permettent de s’adapter à tous les profils de risque.

Vous êtes sur un site visant à démocratiser l’investissement. Ne soyez pas étonné qu’on vous réponde quand vous affirmez que la bourse n’est pas du tout adaptée.

L’auteur même du sujet parle de fonds à échéance.

Concernant les chiffres que vous demandez sur l’obligataire, le fait est que sur le sujet, les plafonds de donation, les valeurs d’usufruit et de nue propriété ne dépendent absolument pas du type d’actifs. Autant être clair là dessus.

Quand on est en phase de réflexion sur un projet, autant avoir la vue globale de tous les possibles. C’est la seule façon d’avoir un avis éclairé vous ne pensez pas?

Ou bien comment troller le sujet de @Nicolas1336.

Vous ne faites pas avancer sa réflexion, vous n’apportez aucune solution.

C’est bien de philosopher sur de la diversification, sur « de nombreux supports » existent, etc…
Vous n’apportez rien.

Vous êtes fâché parce-que je parle de produits que vous ne vendez pas?

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Quelqu’un qui enfreint les règles de la communauté en tentant d’attirer les membres du forum vers les services de sa société a t’il des leçons à donner ?