Ah, chouette idée, @MadeInJack.
Malheureusement, je ne suis pas très convaincu par certains de ses arguments, même si « on est dans le même camp ». Je suppose que les futurs que je juge souhaitables doivent être assez similaires aux siens ! ![]()
Notamment celui sur le risque physique, qu’il utilise pour évacuer la question du coût du capital, me semble à côté de la plaque. Par définition, les risques environnementaux sont portés par tous les acteurs, qu’ils soient peu polluants ou très polluants. Ce qui compte de ce point de vue c’est la nature des activités, pas leur caractère polluant. Par exemple, prenons un logisticien qui a des camions électriques et un autre qui a la flotte de camions la plus polluante de la terre. S’il y a des inondations qui coupent les routes et emportent les ponts, nos deux logisticiens sont emmerdés pareil.
Les entreprises qui seront les plus pénalisées seront certainement celles qui n’auront pas pris de mesures de protection, mais on ne peut pas en déduire brutalement que les entreprises moins polluantes seront moins impactées que celles qui continuent à polluer. Il réutilise le même argument dans la section sur les performances de l’ESG, la même réfutation s’applique.
Sur le fond, j’adhère à l’idée que ceux qui ne se préparent pas seront pénalisés, mais il ne donne pas d’arguments forts sur le fait qu’orienter ses activités en ESG te protège mieux. C’est une hypothèse qui me semble raisonnable, mais elle n’est pas étayée ici.
Il évacue la question du rendement avec un tour de passe-passe rhétorique, la fausse concession : « je crois en les marchés efficients » suivi de « il faut avoir des convictions ». Désolé, mais c’est contradictoire. ![]()
Si le collège des investisseurs a évalué avec l’information actuelle que l’ESG était une source de profits futurs supérieure alors ils sont prêts à payer pour cela et le prix de ces entreprises a convergé vers la moyenne… Réduisant leur espérance de superformance future par rapport au reste du marché.
L’engagement actionnarial est un argument plus convaincant.
Toutefois, si on achète des ETF on vote comme Vanguard ou BlackRock, qui ont indiqué leur préférence pour l’ESG. Il est donc bien possible que nos droits de vote induisent plus de pression actionnariale pro-ESG si on a un MSCI World vanilla, car nos représentants vont avoir tendance à voter pro-ESG dans des entreprises non ESG. Inversement, prêcher les convertis (i.e. voter ESG au board d’une entreprise déjà bien avancée en ESG), c’est moins utile.
En outre, je soupçonne que l’Etat (qu’on peut orienter par nos votes de citoyen) a encore plus d’impact sur le sujet de par son pouvoir législatif. Je pense aussi que l’on a plus d’impact individuel en causant avec ses voisins, en isolant sa baraque, etc.